Le PIRE

Récemment, le parti de la Lucidité au Québec, le PIRE (Parti de l’Immonde Racaille Économique) a attiré mon intérêt. J’y ai trouvé de fort intéressantes suggestions, comme de contribuer à l’effet de serre pour innonder et nuire aux pays du Sud, ce qui favoriserait l’immigration vers le Québec. Détruire les milieux naturels est aussi une grande priorité, afin de pouvoir construire des condos et des parcs automobiles qui remplaceraient les parcs naturels. Voilà quelques suggestions que je me dois de faire au PIRE:

Sur la question du mont Orford:

Le Parti Néo-libéral du Québec propose de vendre une partie du Mont Orford pour faire des bénéfices qui serviraient à acheter d’autres territoires, plus vastes. Ma suggestion est simple: comme chaque partie du Mont Orford semble valoir deux fois plus que tout ce qu’il y a autour du Mont Orford, pourquoi ne pas dynamiter la montagne et en offrir les miettes aux propriétaires terriens autour de cette montagne, en échange de leurs terres? C’est comme ça, pour le PIRE, que la montagne appartiendra à tout le monde.

Sur le taux de natalité au Québec:

L’Action démagogique propose, afin d’augmenter le taux de natalité au Québec, d’offrir un bonus de 5000$ à une famille qui choisit d’avoir un 3e enfant. Bien que l’intention de hausser le taux de natalité soit louable, aucune famille ne décidera de faire un 3e enfant pour 5000 dollars. La position du Parti Néo-Libéral et du Party Québécois est de favoriser le Centre pour Plusieurs Ennuis (CPE), un mouvement contrôlé par des lobbys influents syndicalistes, très dangereux.

Le problème est que l’Action Démagogique du Québec propose une approche très populaire dans les CPE: le renforcement positif. Le PIRE devrait proposer le renforcement négatif; une femme qui n’a pas d’enfant une fois par année, et ce dès l’âge de 16 ans, devrait s’exposer à des amendes ou une sentance de 3 mois dans une prison masculine, ce qui garantirait au moins qu’elle aurait un enfant l’année suivante.

Sur l’accomodement raisonnable:

L’Action Démagogique du Québec a aussi compris un problème: celui de l’immigration. Le problème est que nous laissons entrer dans notre pays des étrangers qui ne sont pas accoutumés à nos us et coutumes, nous, peuple de la ceinture fléchée et de Quebecor. En favorisant l’immigration de Québécois de souche, nous n’aurons plus de problèmes avec l’accomodement raisonnable.

Sur les soins de santé:

Il faut couper dans les soins de santé publics ET privés. Comme cela, on assurera un roulement de la population, et cela préviendra le problème majeur du vieillissement de la population qui s’en vient vers nous. D’ailleurs, il faudrait lancer un programme de retour au travail pour les retraités qui ont jusqu’à 98 ans, pour qu’ils puissent ré-apprendre tout ce que l’alzheimer leur a fait oublier. Ça, c’est lutter contre la maladie!

Sur l’éducation primaire et secondaire:

Le parti Néo-Libéral du Québec et le Party Québécois ont de bonnes intentions en voulant augmenter les heures de cour, mais ils ne les emploient pas de la bonne façon. L’école devrait avoir lieu de 6h30 AM à 17h PM, contenir 15 minutes de pause pour dîner et 2 minutes entre chaque cour. Nous proposons, dans notre réforme, de présenter un bulletin qui n’est ni chiffré, ni lettré. Nous proposons comme bulletin d’écrire sur un morceau de papier: “passe” ou “échec”. Les cours supplémentaires devraient être, au primaire, des cours d’initiation au néo-libéralisme.

Il serait bien aussi de réciter entre amis à la maternelle un livre de Milton Friedman avec dessins. Les étudiants du secondaire ont besoin de cours d’histoire, aussi. Nous proposons d’ouvrir le Québec vers l’étranger, et de leur donner un cour sur les périodes historiques suivantes: “L’URSS – Pourquoi le socialisme n’est pas viable”, “La philosophie grecque – une histoire dépassée” et “Les États-Unis – un model en formation”

Sur la politique économique du Québec:

Afin d’assurer les transferts économiques, il faut que le Québec profite de la vague massive d’industrialisation du moment. En ce moment, toutes les grandes entreprises rêvent de s’installer dans certains pays privilégiés: le Tiers-Monde. Pour que le Québec demeure compétitif dans le contexte économique actuel, le Québec DOIT prendre les mesures nécessaires pour devenir, lui aussi, un pays du Tiers-Monde, et ainsi profiter de la vague d’investissements corporatistes pour s’enrichir.

Sur le scandale des commandites:

Si de telles mesures étaient monnaie courante, ce ne serait plus scandaleux. Le PIRE devrait encourager ce genre d’initiatives, surtout si ces particuliers contribuent à sa caisse électorale.

Coter les partis politiques à la bourse:

D’abord, parce que la bourse est la plus grande démocratie qui soit. Ensuite, parce que l’on n’aurait plus besoin de voir les intentions de vote dans les sondages. Il ne suffirait que de voir les indices boursiers. Cela favoriserait aussi les fusions de partis: l’an dernier, l’Union des Forces Parasites et l’Option Mitoyenne ont fondé le Québec Solitaire. Dans notre système, il suffirait simplement que l’UFP ait 51% des parts de l’Option Mitoyenne pour assimiler son électorat.

Remplacer le CPE Québécois par le CPE Français:

Notre Centre Pour Plusieurs Ennuis (CPE) est un problème majeur auquel le PIRE devrait s’attaquer. Comme le suggéraient les français, notre CPE devrait s’inspirer de leur modèle, proposé l’an dernier. Ainsi, les enfants de 4 ans auraient droit à un Contrat de Première Embauche. Les parents pourraient donc déposer leurs enfants au travail le matin, et aller le chercher quand ils ont fini leur journée, à 20h du soir. Ainsi, comme les enfants travaillent eux aussi, il n’y a pas de conflits d’horaires entre le CPE et le travail des parents. Ça, c’est une vraie conciliation travail-famille.

Ce sont mes premières suggestions pour le PIRE, seul parti social-corporatiste au Québec… Et si vous ne comprenez pas ce que ça veut dire, c’est parfait!

Lien vers le site du Parti de l’Immonde Racaille Économique (PIRE): http://www.pire.ca/

Gratuité scolaire, un choix social nécessaire!

Mmh… Je m’étais dit que je ne posterais pas souvent (peut-être aux 3-4 jours…), mais malheureusement, on dirait que ce ne sera pas le cas. Je passe pas mal de temps sur ce blog, et je commence à trouver d’autres blogs intéressants, soit pour en montrer la simplicité ou un raisonnement pas très poussé, soit pour appuyer des idées que je trouve bien.

Mais bon, le moment est venu de parler un peu d’un enjeu qui me tient à coeur: la gratuité scolaire. Pour ceux qui ne le savent pas encore, j’effectue quelques furetages ou je lis quelques études par moments sur l’environnement et l’éducation (je n’oserais jamais parler de “recherche” pour ce que je fais), car ce sont les deux sujets qui s’approchent le plus de mes idéaux et qui me semblent férocement négligés/ignorés par la population en général, ou par les médias. Mon discour sur la gratuité, par contre, se trouve à être purement idéologique, par contre, et ne se base que sur très peu de recherches.

Pourquoi la gratuité scolaire?

D’abord, il faut savoir qu’actuellement au Québec, nos frais de scolarité oscillent, pour le réseau universitaire, entre 1400 et 2200$ par année, ce qui est très bas par rapport aux autres provinces et au reste de l’Amérique, qui tire de l’arrière, et de loin, derrière nous. Au cégep, ce montant est beaucoup plus bas (pour ma part, je paie 206$ par année, dont une partie va pour les services étudiants, comme l’asso, le club de jeux de rôle, d’électronique, etc.). Pourtant, au secondaire, les frais de scolarité sont nuls, à moins d’aller à l’école privée. Les gens croient donc qu’il est important que l’éducation soit accessible, au moins jusqu’à un certain point.

Personnellement, je crois qu’elle devrait être entièrement financée par l’État. Je crois avoir expliqué dans mon premier message que si nos frais sont si bas, c’est car nous avons décidé de favoriser l’éducation dans notre société, et que celle-ci soit abordable. Cela a ramené en quelques années notre taux de scolarité à presque rattraper la moyenne de l’Ontario, au niveau du ratio de personnes ayant suivi des études de niveau supérieur (remarquez que cette année, nous remarquons une légère chutte de personnes postulant au cégep). On ne peut nier que la fondation d’une éducation laïque et la prise en main des institutions d’enseignement supérieur par l’État a été un des pas marquants de la Révolution Tranquille, avec la nationalisation de la santé et le développement progressif d’Hydro-Québec. En baissant les frais de scolarité et en créant un régime de prêts et bourses (nous sommes encore la seule province à en avoir un), nous avons aidé à l’entrée à l’école de milliers d’étudiants, qui sont maintenant sur le marché du travail et contribuent à l’épanouissement de notre société.

On nous dit pourtant que nos frais de scolarité sont devenus “trop” bas. L’ADQ propose une indexation à l’inflation (alors que le salaire minimal, lui, n’arrive même pas à la suivre, mais que le salaire des cadres supérieurs des écoles, lui, augmente de façon constante) qui endetterait les étudiants un peu plus chaque année, le salaire moyen étudiant étant loin de suivre ladite inflation.

Le PLQ, quant à lui, va encore plus loin, en proposant une hausse de 50$ par session pendant 10 sessions (pour nous induire en erreur, ils préfèrent dire “5 ans”), ce qui résulterait en une hausse de 500$ par session en 2012 par rapport aux frais actuels (1000$ par année, en vérité, contrairement à ce que disent les médias – et je vous invite vous-mêmes à faire le calcul). Mais cela a déjà été mentionné auparavant dans mon dernier article…

L’Iris a effectué une étude indépendante, commandée par L’Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante (ASSÉ), et a estimé le coût de la gratuité scolaire à 550 millions de dollars par an. Interrogés sur ces chiffres, les représentants du ministère de l’Éducation ont balayé du revers de la main cette étude, car elle affirme qu’elle ne tient pas compte du nombre d’étudiants supplémentaires qui s’inscriraient au cégep et à l’université si elle était gratuite (retenez bien ce point, il est extrêmement important). Selon eux, une telle mesure coûterait plutôt un milliard de dollars, suite à l’embauche d’un plus grand nombre de progesseurs pour combler l’arrivée de nouveaux étudiants.

Mais bon… en voulant avancer trop vite, j’oublie où j’en suis rendu. Je dois expliquer un peu pourquoi je crois en la gratuité scolaire. Je crois en celle-ci, comme les révolutionnaires tranquilles croyaient que Hydro-Québec allait profiter au peuple, même si le projet était fort audacieux et fort coûteux. Qui, maintenant, irait contredire qu’ils ont fait le meilleur choix? La vérité est que la gratuité scolaire favoriserait l’entrée de plus d’étudiants dans les cégeps et universités, ceux-ci n’ayant plus besoin de se soucier de la barrière financière que sont les frais de scolarité, qui grugent le peu de sous dans les poches des étudiants. Cela permettrait à la classe plus pauvre, aux notes moyennes, mais insuffisantes pour obtenir des bourses, de pouvoir étudier sans avoir à s’endetter à outrance. Ces gens pourront suivre une formation qui fera d’eux des ingénieurs, des travailleurs sociaux et des infirmiers qui pourront ensuite contribuer au mieux-être de notre société, non seulement en exerçant un travail qualifié, mais aussi parce qu’en général, un bachelier redonne en impôts beaucoup plus qu’un élève avec un DES ou un DEP. De plus, plusieurs affirment que nous subissons une concurrence déloyale (mais méritée) de la part des pays du Tiers-Monde, qui sont prêts à travailler jour et nuit pour une bouchée de pain. Or, des emplois à haute formation scolaire sont plus stables que des emplois moins scolarisés, et il y a très peu de chances que des ingénieurs indiens viennent nous concurrencer dans la fabrication de nos ponts. Une formation supérieure et une population mieux éduquée assure de plus grandes perspectives d’emploi pour les individus, mais aussi une croissance plus élevée et plus stable pour l’État. De plus, de nombreuses études disent que de nombreux postes se libéreront, avec la retraite à venir des baby-boomers, et il nous faut une main d’oeuvre qualifiée pour la remplacer. L’UQAM a même du ouvrir, il y a un an, un programme de gestion publique, car aucune autre institution ne l’offrait et que d’ici 10 ans, 60% des hauts fonctionnaires de l’État auront pris leur retraite (plusieurs ne seront pas remplacés, rassurez-vous).

Devant un État en besoin urgent de main d’oeuvre qualifiée et de citoyens érudits, dans un contexte où une grande partie des postes moins qualifiés sont exportés vers des pays en voie de développement, le gouvernement peut-il se permettre d’imposer des contraintes financières aux étudiants qui désirent étudier aux cycles supérieurs? La réponse est simple: non!

Mais la situation est toute autre pour le gouvernement. En plus de vouloir hausser les frais de scolarité, les universités inventent de plus en plus de frais afférents (Radio étudiante, installations sportives, matériel de laboratoire, matériel technique – ce qui n’est pas la même chose que le matériel de laboratoire selon les dirigeants d’université) pour hausser en cachette la facture étudiante. Au lieu de planifier un meilleur avenir, l’État tente de décourager les gens prêts à étudier et s’ampute de futurs travailleurs qualifiés. Elle baisse les impôts des particuliers (particulièrement des entreprises), offre des exemptions d’impôts à d’autres, ne lutte pas contre l’évasion fiscale, et vient ensuite nous prévenir que les années à venir s’avèrent plus difficiles, car nous perdons notre capacité à payer et que notre dette augmente, qu’il faudra couper dans nos programmes sociaux et que le Québec n’a plus la capacité de payer des frais de scolarité abordables.

L’État doit d’abord faire son Mea Culpa en matière de problématiques, car elle-même contribue à cette “apocalypse” qu’elle prédit, par son irresponsabilité. En même temps, elle doit investir dans l’avenir, afin qu’il puisse être florissant. L’avenir du Québec, c’est les jeunes. Ces jeunes qui s’entassent dans des appartements, étudiant 15 heures par semaine, travaillant à ces études 15 à 20 heures de plus, et utilisant une autre partie importante de leur temps à effectuer un emploi à un salaire de crève-faim (souvent, le salaire minimum, car peu d’employeurs sont prêts à offrir un salaire à prix décent s’ils savent que la personne doit travailler à temps partiel et qu’ils ne peuvent la contacter tout le temps, car celle-ci est aux études). Le salaire moyen des étudiants étant de 9700$ (pour les hommes, car il est de 1000$ plus faible pour les femmes) doit donc payer l’appartement, la nourriture, les vêtements, le chauffage, l’eau chaude, le transport, les frais de scolarité et les livres (sans oublier un surplus pour quelques imprévus et parfois des sorties), plusieurs sortent de l’université avec une dette pouvant atteindre 10 000$, sur lesquels des intérêts s’activent après 6 mois. La situation étudiante n’est pas la même pour tous, mais plusieurs personnes doivent tenter durant leurs études de trouver un moyen pour joindre les deux bouts, avec un salaire de 3000$ sous le seuil de la pauvreté. Ce n’est pas tout le monde qui, comme moi, a des parents qui ont accepté de payer les frais de scolarité.

Un autre point m’intrigue: les Québécois reconnaissent l’importance de la gratuité d’un système public au secondaire, afin de permettre aux personnes moins fortunées d’avoir un DES. Suivant cette optique, ils reconnaissent que jusqu’au secondaire, l’éducation est un droit universel, et presque un devoir. Ce choix de société, de dépenser de l’argent pour que tous aient cette chance, ne s’étend pas jusqu’au cégep et à l’université. Pourquoi? Pourquoi n’est-ce pas aussi important de permettre à quelqu’un de s’éduquer jusqu’à son plein potentiel, s’il en a les moyens intellectuels? À mon avis, le choix de société que nous avons fait n’est pas suffisant: il doit s’élargir à une éducation gratuite en totalité, et accessible à tous et à toutes, peu importe leur situation financière.

Les arguments réfractaires

La gratuité scolaire est encore très contestée et on en parle très peu, une fois le Bac en main. Pourtant, son coût est extrêmement bas; 550 millions ne représente que 1% du budget provincial, et les plus pessimistes balancent au hasard le chiffre de 1 milliard de dollar, ce qui n’en représenterait que 2%. Chaque année, le Québec perd 2,6 milliards de dollars en évasion fiscale. La branche la plus aisée, quant à elle, trouve des moyens de s’exempter de sommes importantes d’impôt, ce qui peut totaliser 450 millions. Le PLQ propose des baisses d’impôt de 1,9 milliards de dollars. La question que tous cherchent: avons-nous les moyens de nous permettre la gratuité scolaire? OUI, et il le faut!

Compte tenu qu’un bachelier rapporte, dans sa vie, 550 000$ de plus à l’état qu’une personne ayant un DES, une telle mesure se veut même être un investissement à long terme.

Un autre argument que j’entends souvent chez les plus âgés est que les étudiants sont des glandeurs, qu’ils ratent leurs cours, ne sont pas motivés et que les universités sont des “machines à BS”.

Premièrement, je connais plus de personnes qui n’ont pas de Bac qui sont sur le bien-être social que de bacheliers, de maîtres, de docteurs ou de techniciens. Deuxièmement, la taxe à l’échec a été abolie il y a quelques années, justement parce que l’on ne veut pas brandir la menace de l’argent sur les étudiants, comme une épée de Damoclès, pour les inciter à performer.

Là où vous avez raison est que CERTAINS étudiants (ne généralisons pas) ne travaillent pas suffisament à l’école (je fus parmi eux). Mais cela ne signifie pas qu’ils sont stupides, qu’ils n’ont aucun potentiel ou qu’ils ne feront pas d’excellents travailleurs. Je me suis trouvé choqué, d’ailleurs, que l’on se dise que la solution à un tel problème serait de faire payer à tous les étudiants des frais de scolarité, comme si cela allait aider les gens à se “prendre en main”. Ce genre de problèmes est peu fréquent, il peut être réglé par de bien meilleurs façons que par l’endettement étudiant (des centres d’aide, de mentorat, des activités en groupe qui favorisent l’étude, un meilleur encadrement).

Un autre argument, plus individuel, est celui qui dit que lorsque les gens étaient jeunes, ils payaient leurs frais de scolarité. En 1970, les frais étaient de 500$ par année. En suivant l’inflation, ils devraient être actuellement de 800 à 900$. En vérité, nous sommes rendus de 1400 à 2200$. Qui plus est, je crois que vous (et moi, dans 3 ans) avez un choix à faire: oui, il est difficile de concilier le travail et les études, avec ou sans frais de scolarité, mais vous avez la possibilité d’alléger d’une partie de leur fardeau la prochaine génération. C’est d’abord votre choix, et non celui des étudiants, mais selon ce que je sens, quand ceux-ci seront diplômés, ils n’oublieront pas leur lutte pour une éducation accessible à tous.

Le dernier argument est celui des politiciens: aucune étude ne prouve que la gratuité scolaire augmenterait le nombre d’inscriptions. Non. Mais pourtant, le ministère de l’éducation et des loisirs lui-même a prétendu (plus haut) que les chiffres de l’étude sur la gratuité scolaire de l’IRIS étaient irréalistes, car elle ne tenait pas compte du nombre d’étudiants supplémentaires qui s’inscriraient dans les cycles d’études supérieures. Donc, même s’ils prétendent qu’aucune étude ne le prouve, eux aussi présument qu’un plus grand nombre de personnes voudront suivre une formation post-secondaire, advenant la gratuité scolaire.

Alors, est-ce une mauvaise chose d’étudier? Est-ce une mauvaise chose de ne laisser comme seul critère de sélection pour l’admission aux études post-secondaires les notes d’évaluation? Est-ce une bonne chose que les étudiants sortent de l’université avec une dette de 10 000$?

Sommes-nous vraiment si sans le sous qu’on le prétend? Une population éduquée, mieux rémunérée et qui rapporte plus d’argent en impôts, et se tient à l’abri de la concurrence des pays moins scolarisés, est-ce un mauvais investissement pour l’État?

Site web sur la gratuité scolaire: http://www.gratuitescolaire.info/spip.php?rubrique2

Sur la notion de développement durable

Voilà, je vais parler un peu de ce qu’est le développement durable, selon plusieurs point de vue, mais particulièrement de ce qu’il représente à la majorité politique que l’on a choisi d’élire. J’emploierai ce terme, car j’avoue avoir entendu plusieurs ministres l’employer ces derniers temps, tant au provincial qu’au fédéral, et qu’aucun ne m’a donné l’impression de savoir vraiment ce que signifiait ce terme.

Le site de wikipedia donne une excellente définition du terme “développement durable”. L’article fait partie du projet wikipedia 1.0, et peut donc être considéré comme suffisament fiable.

Le rapport Bruntland, publié en ‘87 (donc aussi vieux que moi) avança le terme maintenant populaire de “développement durable”. Ce développement suggérait de tenir compte de trois sphères importantes: la sphère sociale, la sphère environnementale et la sphère économique. Un développement durable assure donc une croissance globale du bien-être des gens: il aide la société et améliore notre situation, il contribue en partie à son économie et ce, en tentant de laisser la plus petite empreinte écologique possible.

Mais pendant que certains politiciens prétendent tenir une approche de “développement durable”, la situation réelle est toute autre. En vérité, l’aspect “économique” est allé, durant les 20 dernières années, dévorer totalement les enjeux du développement social et environnemental.Premièrement, depuis de nombreuses années, on nous dit que nous sommes constamment de plus en plus riches par rapport aux années précédentes. Les sociétés s’enrichissent, le PIB augmente, l’inflation est régulière. À en suivre cet exemple, on croirait que si la tendance se maintient, dans 100 ans, chaque personne aura dans sa cour une montagne d’or, une lamborghini de l’année, deux ordinateurs, un garage et un chalet.

Comme on s’en doute bien, la réalité est toute autre.En fait, le développement économique du Québec et de la majorité du monde est en croissance. Cela n’est pas toujours vrai pour le développement social. Le tiers de la planète vit avec 1$ et moins par jour. Cette richesse que l’on produit est possédée à 80% par le 20% des hommes les plus riches de la Terre. Aux États-Unis, 10% de la population retiennnent 90% de la richesse du pays.Ces chiffres sont loin du Québec et du Canada? En effet, mais regardons un peu notre nation. L’inflation annuelle est en moyenne de 2%. De 1990 à 2007, le salaire minimum, véritable indicateur de l’enrichissement de la classe pauvre, est passé de 7,00$/h à 7,75$. Pendant cette même période, l’inflation implique que le coût de la vie augmente de 14%, alors que le salaire des plus pauvres d’entre nous a augmenté de 11%. Le développement durable implique aussi une croissance au niveau du développement social, et cela tient aussi du fait que tous puissent s’enrichir, et que l’écart entre les riches et les pauvres diminue. Pourtant, la classe pauvre de 2007 est encore plus pauvre que celle de 1990. Malgré cela, notre économie ne cesse de croître, mais ces gens-là, qui en ont le plus besoin, n’en profitent pas. Le développement économique mondial se fait au profit des plus aisés, et le développement social est négligé.

Pire encore, notre gestion de l’environnement est encore plus alarmante. Alors que les experts les plus optimistes estiment que les réserves de pétrole mondiales seront épuisées d’ici 50 ans, alors qu’il faut 10 000 ans pour qu’il soit créé de façon naturelle, d’autres voient un signe alarmant dans le réchauffement planétaire, alors que les autorités de l’ONU affirment qu’il y a 66% de probabilités que l’être humain ait un rôle important dans ce réchauffement climatique. Sans même tenir compte de cela, le smog dans les grands centres urbains, comme Montréal, fait que les autorités suggèrent de ne pas rester trop longtemps dehors, en particulier pour les personnes âgées et les gens ayant des problèmes pulmonaires. Les entreprises de voiture vendent des voitures ultra-polluantes, comme les VUS (véhicule utilitaire sport – qui ont une *grande* utilité pour les gens qui voyagent 2000 km par année), à des consommateurs qui n’ont pas besoin de moyens de transport aussi dommageables. On développe des méga-maisons énergivores dans les banlieues, à prix modiques pour la qualité du travail (et la grosseur d’une maison si vide), vu l’éloignement de la ville et que la maison est presque fabriquée dans une usine. Ces maisons consomment une énorme quantité d’électricité et sont souvent bâties dans des milieux humides, qui sont une richesse écologique où grouillent des espèces de plus en plus menacées par notre mode de vie. On asperge de pesticides la nourriture qui entre ensuite dans la chaîne alimentaire avant d’arriver en quantités faramineuses dans notre organisme. Sinon, il n’y a qu’à voir le bel exemple de non-respect du développement environnemental fait à notre forêt boréale, au Québec. L’erreur Boréale a su éveiller la conscience globale de notre province devant le traitement que l’on fait à ces arbres, alors que l’on procède presque à des coupes à blanc, en opérant une machinerie lourde sur un grand territoire, ce qui détruit les jeunes pousses et apauvrit le sol. Il est donc clair que l’empreinte écologique des activités humaines n’est pas minimisée.

La conclusion à cela? Au Québec, comme dans la majorité du monde, le seul développement qui croît depuis 20 ans est économique. Un jour, les barrières sociales et les barrières environnementales, toutes deux intimement liées aux facteurs économiques, devront prendre de l’ampleur, si nous voulons vraiment que le développement profite à tous et à toutes, maintenant comme dans l’avenir.

Notons que certaines entreprises adoptent une approche de développement durable. Dans plusieurs villes, des entreprises ont compris que de limiter leur empreinte écologique assurait un meilleur environnement et que la gestion responsable de la ressource naturelle permettait à l’entreprise de survivre plus longtemps. De plus, investir dans la communauté autour de soi permet aussi d’avoir des gens en meilleure santé, mieux éduqués, plus heureux, qui contribueront mieux à la croissance économique, car celle-ci se soucie aussi du mieux-être de ses travailleurs et de l’environnement dans lequel elle évolue.

Lien vers l’encyclopédie libre wikipedia (article du le développement durable): http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9veloppement_durable#B.C3.AAtisiers_du_d.C3.A9veloppement_durable

L’éducation, un droit acquis? Un privilège bourgeois?

Voilà, c’est le premier message de mon blog, et je me suis dit de soulever certains points sur l’éducation, la situation des étudiants, de sortir du chapeau magique quelques chiffres lancés au hasard sur la campagne électorale et d’afficher clairement les valeurs que je trouve importantes dans ma société personnelle.

Premièrement, je dois affirmer que je suis, selon le cadre actuel, considéré comme “à gauche”. Pour ma part, je me considérerais comme centriste dans une société idéale, mais le Québec actuel est une société très adroite au niveau de ses prétentions. Je monterai un article bientôt sur le développement durable, et montrerai en quoi nous sommes très hypocrites de considérer nos gouvernement comme venant de “centre-gauche”.

Bon, voilà deux paragraphes d’introduction et je n’ai même pas encore présenté ce dont je veux parler. Il s’agit de l’enjeu de l’éducation. Est-ce un bien acquis ou est-ce un privilège?

Pour commencer une argumentation, il faut prendre une position claire sur les définitions. Je considère comme un “bien acquis” quelque chose qui est gratuit et accessible. Un privilège est une chose pour laquelle il faut payer pour profiter de ses avantages.

Or, le système d’éducation coûte de l’argent, au niveau des études post-secondaires comme aux autres. Il faut payer les infrastructures, les employés, les bureaucrates (seul domaine qui n’a pas été coupé à l’UQAM cette année et dont le budget a été augmenté, malgré l’endettement), les professeurs, etc. Le système d’éducation, peu importe comment on le voit, coûte de l’argent. Ce n’est pas un bien acquis, car il faut dépenser pour en profiter.

Comme le système d’éducation n’est pas un bien acquis, il faut savoir comment il est financé. Les étudiants, en ce moment, défraient une petite partie des coûts, mais la majorité du système est payée par le gouvernement, et donc indirectement, par les impôts des contribuables. Cela est du par un principe fort simple: une population éduquée profite à l’ensemble de la société, bien au-delà de profiter à l’individu. En effet, nous avons besoin de médecins, d’infirmiers, de scientifiques qui font progresser la recherche et les innovations technologiques. Les entreprises ont besoin d’employés compétents dans leur domaine, les fonctionnaires ont besoin d’une formation pour bien exercer leurs fonctions et, bien que je doive me retenir de vomir pour le dire, les comptables et les économistes ont même une certaine utilité dans notre société. Donc, l’éducation n’est pas un bien acquis; c’est un CHOIX SOCIAL que notre gouvernement, et donc nous, qui l’avons élu, a pris d’en défrayer la majorité des coûts, afin de rendre l’éducation accessible à une plus grande partie de la population (je ne dis pas “à tous”, car à mon avis, seul la gratuité permet d’en faire ainsi. La gratuité scolaire sera un sujet abordé dans un autre message).

En cochant notre bulletin de vote, nous faisons des choix sociaux, sans nous interroger sur les répercutions de ces choix. Je crois avoir montré plus haut que l’éducation n’est ni un droit, ni un privilège bourgeois, et qu’il est accessible à la majorité de la population ayant la volonté de s’impliquer dans des études postsecondaires. L’éducation, c’est un CHOIX DE SOCIÉTÉ, et je crois vivre dans une société qui a choisi de permettre aux gens d’être éduqués sans avoir à s’endetter à outrance ou à être issu de classes aisées pour pouvoir se permettre de suivre des études post-secondaires, si vitales au bon fonctionnement de notre communauté.

Passons maintenant aux chiffres. Je vais faire un chiffre approfondi du dégel des frais de scolarité proposé par le gouvernement libéral.

On affirme actuellement que la hausse représenterait 500 dollars après 5 ans, selon les journalistes, et 2$ par semaine selon le premier ministre sortant, Jean Charest. Cette hausse est qualifiée par celui-ci et ses principaux défendants de “raisonnable”. À titre d’étudiant, je tiens à voir si ces allégations sont fondées.

Le programme libéral propose une augmentation des frais de scolarité de 50$ par session, pendant 5 ans. Comme il y a traditionnellement 2 sessions (sans compter le trimestre d’été) d’études par an par étudiant, cela représenterait un total de 10 sessions en 5 ans. L’augmentation est donc, effectivement, de 500$ sur 5 ans.

TOUTEFOIS, là où les journalistes se trompent, c’est en chiffrant ce dégel à environ 26% de hausses de frais. Les journalistes se fient au principe que cette hausse serait de 500$ par année. Malheureusement, cette hausse est, en réalité de 500$ PAR SESSION. La position libérale à ce niveau est claire; il s’agit d’une hausse de 50$ par session et non une hausse de 50$ par année. Comme une session serait d’environ 884$ par année pour 15 crédits, cette hausse de 500$ la ferait monter à 1384$ par session, soit 1000$ de plus chaque année, et non 500. Pour un étudiant qui paierait 1768$ par an en frais, cela représente, non pas 26%, comme le prétendent les journalistes, mais 56,6%.

C’est une hausse de près de la moitié des frais de scolarité (selon les écoles, dépendant des frais afférents de l’établissement) qui est jugée comme étant “raisonnable” par le Parti Libéral du Québec. Voyons maintenant les affirmations de M. Charest.

“Une hausse de 2$ par semaine”. Sauf que cela ne s’appliquerait qu’à la première session. À la deuxième session, la hausse par rapport à la situation actuelle serait de 4$, à la troisième, de 6, etc. À la fin, cette hausse de 1000$ représenterait des dépenses additionnelles de 19,23$ par semaine, soit environ 2h30 de travail supplémentaire au salaire minimum pour les étudiants déjà surendettés.

La solution de Jean Charest? Hausser les prêts et bourses. L’endettement étudiant, déjà très élevé, devrait donc augmenter, et ses standards devraient être revus, car il est faux de dire qu’une famille qui fait des revenus de plus de 40 000$ par an peut vraiment permettre à son enfant de venir étudier à Montréal (ou une autre ville), de payer 2768$ par an en frais de scolarité, ainsi que ses dépenses habituelles (livres, transport, nourriture, appartement, vêtements, etc.) sans se serrer la ceinture jusqu’à l’étranglement. De plus, ce ne sont pas tous les étudiants qui sortent de l’université avec des perspectives d’emplois rentables. Les historiens et les professeurs, qui peuvent faire des revenus de 35 000$ par an, ont déjà bien de la difficulté à rembourser les 10 000$ d’endettement de leurs études, pour pratiquer le métier qu’ils aiment (sans compter que les intérêts s’appliquent sur les 3 années d’étude, une fois le délai de 6 mois après les études passé, comme pour une carte de crédit qui offre “ne payez rien avant 3 mois” et qui facture des intérêts sur ces 3 mois si vous ne payez pas avant).

La proposition de Jean Charest nuit à l’accessibilité aux études post-secondaires, et cela est un fait. Elle nuit aussi à la situation déjà difficile des étudiants “carrément dans le rouge” qui paient déjà beaucoup, compte tenu que la majorité d’entre eux travaillent au salaire minimal pour payer leurs études, à des emplois saisonniers ou à temps partiel, sous le seul de la pauvreté (environ 12 700$).

J’ai dit plus haut que l’éducation accessible était un choix de société. Le choix que propose le Parti Libéral du Québec cette année est aussi un choix de société: celui de faire payer plus cher aux étudiants pour une éducation (ne nions tout de même pas les investissements que le PLQ veut faire dans l’éducation post-secondaire) de meilleure qualité, mais plus difficile d’accès. Ce document n’a pas pour but de dire qu’il ne faudrait pas voter PLQ, mais que si vous le faites, vous devez être conscient du choix que vous faites. Personnellement, je crois en une éducation accessible et de qualité, et je crois que c’est le choix de société que les Québécoises et les Québécois veulent faire. Nous verrons ce qu’il en est lorsque ceux-ci iront poser leur croix sur leur bulletin de vote.