Hypersexualisation

Ouep, s’il y a un sujet qui revient périodiquement, mais dont on ne parle jamais en profondeur, jamais assez, c’est bien celui de la sexualité chez les jeunes.

En fin de semaine, durant les préparatifs de GN, une de mes amies en sciences humaines me parlait de son ESP, qui portait sur l’hypersexualisation. Une lecture rapide de synthèse de travail m’a montré certains cas… du genre d’un médecin de 20 ans d’expérience a vu, en 2006, son premier cas de patient avec la chlamydia dans l’oeil. On parle aussi que de plus en plus filles (et non femmes) perdent leur virginité vers l’âge de 12 ans, au point que cela en devient vraiment alarmant. Les magazines comme Filles ou Adorables, qui s’adressent à des enfants de 12 à 14 ans, reçoivent de plus en plus de lettres qui demandent « comment faire une bonne pipe à mon chum ». Ce qui est le plus inquiétant, toutefois, semble être la révolution dans les pratiques sexuelles chez les jeunes.

Un de mes amis de Beauce parlait de quelque chose qui s’était passé à une école secondaire proche de chez lui. Les « Rambo partys ». Le but de ce jeu était d’obtenir le plus de marques de rouge à lèvres sur son pénis. Inutile de dire que ce jeu est aussi une culture biologique de MTS… D’un autre côté, plusieurs garçons et filles sont incitées à faire des 3-some.

Je me considère comme très puritain à ce niveau, âgé de 19 ans et depuis 2 ans et demie en couple avec Jade ^^, et j’en suis fier, mais d’entendre ce genre d’histoires sur des enfants de 12-14 ans, je trouve ça horriblement dégueulasse. Et bien que l’on dénonce plus souvent le cas des filles, celui des garçons aussi doit mériter une attention particulière, lui aussi, car cela m’étonnerait que cette situation ne soit que féminine.

Les sexologues voient de plus en plus de cas de perte de virginité à une jeune âge, mais en général, l’âge où les filles et les garçons font un choix d’avoir une relation « par amour », lui, ne change pas. C’est chiant de dire cela, mais j’ai l’impression que les plus jeunes ne sont plus aptes à mieux comprendre ce que devrait (ou pourrait) signifier d’aimer quelqu’un…

Enfin, il y a une question que je me pose là-dedans, car je ne suis ni sexologue, ni quelqu’un qui s’y connait dans le débat psychologique qui pourrait mener à régler ce qui est probablement un problème.

Mais honnêtement, qu’est-ce que cela voudra dire, dans 10 ou 20 ans, de faire l’amour (pour les jeunes et pour les vieux)? Qu’est-ce que cela veut dire actuellement d’avoir des relations sexuelles? Joue-t-on avec quelque chose qui, au fur et à mesure que nous jouons avec, est en train de perdre tout son sens?

L’environnement nuit à l’économie… Non! L’économie nuit à l’environnement!


Je me suis dit de mettre ça comme titre de message, que ça ferait pas mal l’affaire dans ce cas-ci. Le ministre John Baird a obtenu les conclusions d’une sérieuse enquête qui explique que pour appliquer le projet de loi C-288 (le vote des partis de l’opposition en faveur du respect des éléments du protocole de Kyoto), le Canada devrait de toute pièce créer une récession économique.

Voilà quelques conclusions:

275 000 Canadiens perdraient leur emploi d’ici 2009;
le prix de l’électricité bondirait de 50 % après 2010;
le coût du plein d’essence pour une voiture bondirait de 60 %;
le coût du chauffage au gaz naturel d’une maison doublerait.

Loin de mettre en doute ces chiffres, je me contente de faire un constat bien simple… L’environnement (par l’atteinte des cibles de Kyoto) NUIT à l’économie. C’est la conclusion que l’on nous donne, par ces graphiques et cette étude du ministère même de l’environnement.

Ouep, je dois avouer que je n’ai jamais aimé notre modèle économique, basé sur du financement public pour que des entreprises restent dans notre province/pays afin qu’il crée des emplois. Je n’ai jamais aimé voir l’imposition moyenne d’un contribuable être de 45%, celle d’une entreprise à 31% (d’ailleurs, plusieurs font des achats au nom de leur entreprise, ça revient moins cher). Je ne comprends pas pourquoi personne ne s’est jamais insurgé du fait que l’on donne 30 ans de crédits d’impôts à certaines compagnies. Elles assurent des jobs? Et alors? L’argent des individus, par l’entremise de l’état, est investi dans cette entreprise, pourquoi celle-ci devrait être financée par nos impôts, être créditée des siens (qui sont moins élevés que les nôtres) pour assurer des emplois qui paieront des impôts qui leur reviendront en partie, du au financement qu’on leur donne? Enfin… je cracherai pas mon venin plus longtemps.

La seule chose que j’ai de la difficulté à comprendre est le constat suivant: l’environnement nuit à l’économie, c’est un fait. Mais l’économie nuit-elle à l’environnement? Qu’est-ce qui est plus important au ministère de l’environnement? Atteindre les cibles de Kyoto ou atteindre les cibles d’un déficit zéro? Que l’on emploie l’incompétence d’autres pays et une possible récession économoique comme arguments centraux, moi, ça me dégoûte profondément. “Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde” (Ghandi).

Les citoyens ont des propositions, qui n’entraîneraient aucune récession économique, et qui ne fonctionnent que par la conscientisation.

1. Arrêter le lobbying des promoteurs immobiliers qui demandent aux urbanistes de dézoner les milieux humides (qu’ils s’installent ailleurs).

2. Indiquer à l’achat d’un véhicule sa consommation en essence ET ses émissions de GES (deux indicateurs très différents) sur sa fiche signalétique, lors de la vente.

3. Émettre des droits d’immatriculation plus élevés aux véhicules plus polluants.

4. Émettre un quota d’exploitation pétrolière pour assurer une ressource qui sera encore profitable aux actionnaires de Shell dans 25 ans. Cela réduira aussi la contamination des rivières albertaines.

5. Instaurer des centres de recherche en génie environnemental. Actuellement, le génie environnemental de la polytechnique est une spécialisation (Disponible aux membres de l’Ordre des Ingénieurs et non aux nouveaux étudiants). Il faut être ingénieur déjà pour pouvoir étudier dans ce domaine. Le génie le plus proche de l’environnement, en majeure/baccalauréat, est la majeure de 111 crédits de génie des bioressources de McGill, qui offre une spécialisation en génie bioenvironnemental ou dans des domaines connexes.

6. Ne pas refuser un investissement de 4,5 milliards en éolien au Québec venant d’une entreprise privée (je martèle ce point, devant l’incompétence du gouvernement Charest au niveau d’une saine gestion éolienne).

7. La création d’une bourse du carbone, qui récompenserait les entreprises qui émettent peu de GES au détriment de celles qui en émettent trop.

8. Inciter les gens à se procurer des toits-verts, des chauffe-eau solaires (toutes les maisons en possèdent au Japon et leur prix est d’environ 500$ – de marque Toshiba – ne serait-ce pas une brillante façon pour les manufactures automobiles de l’Ontario de développer un nouveau marché et de faire des profits supplémentaires en développant une telle technologie?) passifs et offrir un tarif spécial d’achat d’électricité pour les gens qui produisent moins de 3-4 MW (en gros, les maisons qui utilisent une énergie d’appoint en électricité).

9. Investir dans les initiatives écologiques. Je parle d’ingénieurs qui font des recherches en environnement, de prototypes de moteurs électriques, de recherche et développement en énergie éolienne et de développement de nouveaux plastiques faits de biopolymères, et non de dérivés du pétrole.

Ces méthodes feront-elles une récession économique majeure? Non. Qu’est-ce qu’elles demandent? Que l’on reconnaisse, non seulement que l’environnement peut nuire à l’économie, mais que l’économie nuit actuellement grandement à l’environnement. Que l’on reconnaisse qu’en ce moment, le rôle de l’environnement est toujours derrière celui de l’économie, comme la lutte sociale est derrière l’enrichissement des bourgeois par cette même économie, et que c’est à cause de cette mentalité réfractaire si le problème de pauvreté est toujours aussi frappant dans le monde, et que nous assistons à un réchauffement progressif de la planète du à des facteurs humains (en plus des taches solaires). L’approche que je propose est celle d’un développement durable qui n’ampute pas notre avenir, mais assure sa prospérité. Et par prospérité, je parle de prospérité environnementale, économique et sociale. Utiliser un seul de ces trois termes pour parler de prospérité, c’est en négliger les facettes. Les conservateurs ont raison de dire que l’atteinte de Kyoto est difficile à réaliser, mais que ce n’est pas de leur faute. Ils ont tord de ne pas mettre leurs culottes et de trouver des façons de montrer aux gens comment ils peuvent faire une différence importante dans l’atteinte de ces objectifs. Je sais que ce n’est pas leur priorité, mais dans ce cas, qu’ils n’emploient pas d’études ridicules qui expliquent en quoi les objectifs de Kyoto sont irréalisables. Au moins, on pourra se mettre d’accord, au Canada, pour dire qu’on est pas d’accord avec eux.

Graphique des émissions globales de GES depuis 1990: http://www.ec.gc.ca/doc/media/m_123/images/figure3_l_f.gif

Communiqué de presse du ministère de l’environnement
http://www.ec.gc.ca/default.asp?lang=Fr&n=714D9AAE-1&news=2EF3E5A6-6015-46E8-A0E5-08B1C88FB4C0

Le ministère de l’environnement

J’aime bien, finalement, que mon blog prenne une approche plus environnementale que politique, quoique ces enjeux sont souvent liés. En effet, l’environnement est lié intimement aux politiques gouvernementales, celles-ci tentant d’exprimer la voie du peuple, et les décisions du gouvernement affectant fortement les impacts environnementaux, vu les conséquences multiples qu’elles impliquent.

Après tout, ce sont les gouvernements qui décident du zonage des territoires, afin de permettre aux promoteurs de construire des maisons extrêmement énergivores sur les milieux humides de Terrebone. Ce sont aussi eux qui construisent un nouvel autoroute pour assurer un accès plus facile vers la ville de Montréal pour les automobiles. Ce sont aussi eux qui appuient (ou n’appuient pas), à l’échelle du pays, les entreprises qui oeuvrent dans l’environnement. Leurs politiques affectent le “marché du carbone”, comme les paroles des conservateurs (les engagements de Kyoto sont “irréalistes”), qui détruisent toute la crédibilité de nos entreprises dans un nouveau marché mondial, lucratif, mais fragile.

Mais ce sont aussi eux qui s’assurent de nos programmes de recyclage, au niveau municipal. Qui tentent (enfin, certains partis le tentent) de favoriser un développement d’énergies vertes par l’éolien. Ce sont les municipalités qui assurent un transport en commun entre les villes qui s’avère souvent efficace. Ce sont les MRC qui appuient des entreprises en recherche environnementale pour que celles-ci les aident à régler des problèmes de pollution en faisant preuve d’innovation et en utilisant des technologies plus vertes.

Le lien entre la politique municipale, provinciale et fédérale, et la lutte pour l’environnement, est extrêmement serré. Chaque décision d’un gouvernement a une empreinte écologique énorme. Mais c’est à se demander parfois si le gouvernement s’en soucie vraiment, ou remarque la profondeur des conséquences de ses actes.

Inutile de dire que le ministère de l’environnement a une enveloppe budgétaire de 120 millions au provincial, soit 0,2% du budget (en gros, on paie des inspecteurs avec ça… Et encore, les inspecteurs des eaux sont tenus de faire un checkup aux 5 ans dans les usines).

Mais en outre-passant simplement l’argent, car l’environnement est une valeur et cela, ça n’a pas de prix, voyons qui ont été les derniers ministres de l’environnement:

Au fédéral:

Le ministre actuel, John Baird, est un ancien politicien provincial de l’Ontario. De sa vie, il a toujours fait de la politique. Son site explique qu’il fut d’abord conseiller spécial au ministre fédéral des communications et ne relate pas d’expérience antérieure.
http://www.johnbaird.com/about_john.asp

La mielleuse (mais honorable) Rona Ambrose, sa prédécesseure, était d’abord chroniqueure politique en Ontario et travaillait dans une firme privée sur les législations publiques. Son site, malheureusement uniquement en anglais, est disponible ici.

http://www.ronaambrose.com/default.asp?id=66&menuID=66

Avant elle, Stéphane Dion était responsable de l’environnement, prétendant qu’il allait “sauver la planète” à la conférence de Montréal sur les changements climatiques. Il a enseigné l’administration publique et les sciences politiques (notamment l’économie politique) jusqu’en 1996, où il a fait le saut en politique. Sa formation est spécialisée en sociologie.

http://www.stephanedion.parl.gc.ca/biography.asp?lang=fr

Au provincial:

Line Beauchamp, nouvelle ministre de l’environnement et du développement durable, possède une formation en psychologie. Elle fut adjointe à l’enseignement dans ce domaine à l’UdM, dg d’une station de radio, membre du CA de l’ACEF-centre (l’Association coopérative d’économie familiale), membre du CA de mon cégep et dans le CA de la régie des installations olympiques.

http://www.assnat.qc.ca/fra/Membres/notices/b/beal2.shtml

Avant elle, Claude Béchard dirigeait ce ministère. Ce docteur en administration publique a enseigné au département d’aménagement de l’université Laval, fut conseiller du PM et est vice-président du PLQ.

http://www.assnat.qc.ca/fra/Membres/notices/b/becc1.shtml

Thomas J. Mulcair le précédait. Il avait une formation en droit et en droit civil de l’université de McGill. Il travailla comme professeur en droit, avocat et notamment en tant que président de l’Office des professions du Québec. Il fut aussi un excellent entraîneur de hockey amateur.

http://www.assnat.qc.ca/fra/Membres/notices/m-n/mult1.shtml

Lors du dernier mandat péquiste, André Boisclair était ministre de l’environnement. Il a suivi des études en sciences économiques à l’UdM avant de partir faire une maîtrise à Harvard. Il fut président de la FAECQ (ancêtre de la FECQ) et son expérience est surtout en politique.

http://www.assnat.qc.ca/fra/Membres/notices/b/boia1.shtml

La conclusion…

Je sais que la lecture plus haut fut assez longue et répétitive, mais je tenais quand même à montrer que ces gens sont des politiciens respectables, plusieurs ont d’ailleurs toujours une position élevée (en fait, tous sauf Thomas Mulcair, mais cela ne saurait tarder).

Par contre, en lisant tous ces CVs, une chose frappe. Hormi leur titre de ministre de l’environnement, aucun de ces hommes et aucune de ces femmes n’a d’expérience, de formation ou ne s’est impliqué(e) socialement dans un domaine environnemental avant d’avoir été nommé ministre de l’environnement. Je ne questionne pas leurs motivations, je sais que plusieurs ont fait un excellent travail durant leur fonction (d’autres moins), mais je me questionne: pourquoi a-t-on besoin de nommer des avocats, des économistes, une “columnist” ou une diplômée en psychologie dans le domaine environnemental? À la limite, pourquoi des administrateurs publiques?

Pourquoi ne pas favoriser des gens dont le champ d’expertise est l’environnement? Pourquoi les 3 derniers ministres, autant au provincial qu’au fédéral (et je ne parle pas des précédents) n’ont-ils, dans leur CV, aucune expérience liée directement à l’environnement? Une formation dans le domaine? Peut-on accepter, par exemple, de mettre quelqu’un qui n’a eu aucune implication sociale, aucune formation ni aucun lien dans le domaine de la santé au ministère de la santé? Cela serait illogique, et reviendrait à gâcher le potentiel réel de ce ministère. Alors pourquoi le fait-on en environnement et surtout, pourquoi les citoyens l’acceptent-ils?

Le coût du transport

Ouep, je savais que je pèterais ma bonne intention de faire une publication par jour… Au moins en faire une coupe quand même.

Aujourd’hui, je vais parler du coût environnemental du transport. Cette situation sera moins complexe que tout ce dont je parle en environnement, car elle découle de la simple logique.

Le transport est le problème #1 en environnement, au niveau des émissions de gaz à effet de serre (GES). D’une étude à l’autre, il oscille entre 65 et 80% des émissions totales du Canada, bien que les statistiques du gouvernement tendent à prouver que ce nombre serait plus proche de 80 que de 65%. Contrairement à la croyance populaire, les émissions de GES au niveau du transport ont augmenté depuis 10 ans, à un ratio d’environ 20%, ce qui est équivalent à la diminution de tous les GES dans les autres domaines. Il est donc légitime que l’on en parle un peu.

Je crois que l’on sait déjà tous que l’arrivée de certains véhicules polluants sur le marché (VUS) qui ne vont pas en synegie avec les besoins du moment cause une partie du tord. L’étalement urbain vers des zones qui n’offrent pas de transport en commun efficace en fait autant. Comme les gens ont tendance à s’éloigner des centres, ils ont plus de chemin à faire, souvent en voiture, et dans le trafic, au lieu de profiter de stationnements incitatifs déficients. Ça, on le sait très bien.

Ce que l’on ne sait pas, ou plutôt ce que l’on néglige, c’est le coût du transport de la matière. Par exemple, quel chemin a fait une banane avant de se ramasser à Berthierville? (Ville prise presque au hasard, il se trouve que je la connais alors…)

1. La banane est cueillie en Afrique.
2. Un camion achemine la banane jusqu’à une ville, où elle est vendue (avec plusieurs de ses amies) à une entreprise.
3. L’entreprise achemine un autre transport par camion jusqu’à un port, ou à un aéroport, jusqu’à Montréal.
4. Pendant que les bananes murissent dans la cale, l’avion/le bateau arrive à Montréal. On prend les caisses et on les amène dans un autre camion jusqu’à Berthierville, où la elle sera vendue.
(5. Si on veut vraiment aller pousser très très loin: vous achetez votre banane et prenez l’auto jusqu’à la maison… Mais là c’est pousser très très loin.)

On note que pour transporter la banane du bananier à votre assiette, il aura fallu 3 camions, un avion ou un bateau et une automobile (la vôtre!). Cela n’inclut pas les fréquents intermédiaires entre le producteur et le revendeur qui se charge d’amener le produit par avion ou par bateau. Le temps que cela prend avant de se ramasser dans notre assiette est si élevé qu’on dit que les aliments “murissent dans les caisses”. Même lorsque vous mangez chez MacDonald’s, il faut se rappeler que le boeuf de votre hamburger a été élevé au Brésil, transformé aux États-Unis et servi au Canada. Ça en fait, du transport!

Selon Laure Waridel, auteure de “L’envers de l’assiette”, un produit parcourt 2500 à 4000 km en moyenne avant d’atterir dans votre assiette. Qu’il soit économique financièrement ne signifie pas qu’il est économique écologiquement.

La solution à cela? Mangez le plus possible localement. Ce n’est pas facile de trouver des fruits en hiver ici, mais il faudrait encourager les gens à bâtir des serres qui permettent de pratiquer une agriculture à l’année longue et fournissent des fruits et légumes de qualité. L’été, par contre, aucune excuse n’est valable. Au prix où les producteurs “donnent” (vendre est un terme bien trop fort, vu le maigre profit qu’ils font) leur maïs, au nombre de kiosques de marchés locaux qui sont ouverts durant la saison des pommes ou des baies l’été, il n’y a aucune excuse.

Une meilleure agriculture n’est pas seulement biologique. N’oubliez pas que ce que vous mangez et qui vient d’ici a eu le temps de murir sur la vigne ou dans son habitat naturel, qu’il a été cueilli souvent moins de 24h auparavant et qu’il n’a pas parcouru l’équivalent d’un océan avant d’arriver dans votre estomac.

Suggestions de lecture:

Le CÉCRIER de l’UQAM a créé le guide de consommation responsable DÉCODE! Le guide est disponible en version pdf sur leur site:
www.cecrie.org

Montréal, ça roule… Beaucoup trop!

Mmmh… Désolé pour mes amis des régions, mais ce message s’adressera surtout aux usagers qui passent souvent dans Montréal. Je profite du message pour donner quelques éclairements en même temps sur ma vie ^^.

En ce moment, je suis bien occupé par l’organisation d’un Grandeur Nature dans la région de Saint-Barthélémy (près de Berthierville, entre Montréal et Québec quoi!), une de mes passions. Ceux qui me connaissent savent que même si ma tête est à l’environnement et la justice sociale, mon coeur demeurera dans les jeux de rôles, à rêver de refaire tout ce qui existe.

D’ailleurs, pluggons notre site: www.geocities.com/asganar5

Comme vous vous en doutez, vu la simplicité crasse du site, une version plus jolie est en cour. Il faudra simplement attendre quelques jours avant que celle-ci ne soit disponible. Cette petite page web n’est que la version html simplifiée de notre site.

Mais oui, maintenant que j’ai pluggé mon GN, parlons un peu de choses moins importantes. Aujourd’hui, je me suis présenté à une conférence sur le transport à Montréal, donnée par le chef de Projet Montréal, Richard Bergeronm dans le cadre de la semaine de l’environnement. Vous devinerez que comme ce domaine est mon fer de lance, d’autres articles viendront garnir ce blogue au courant de la semaine. Je vais me donner un défi d’un message par jour, mais je sens que je vais rater mon objectif mardi… Enfin!

Projet Montréal est le parti municipal qui s’oppose au parti de Gérald Tremblay et propose d’audacieux projets à la population de la ville. Le principal d’entre eux est de diminuer le nombre de voitures qui circulent dans la ville et d’encourager un tranport en commun efficace. Pour cela, on propose une tarification abordable, la fermeture partielle ou totale de certaines rues clés de la ville au transport automobile, le déplacement à vélo et la construction de tramways sur certaines artères principales de la ville.

Les cyniques ne se plaisent pas à balayer du revers de la main tout le projet, refusant même d’écouter un seul argument de ce que les gens ont à dire à ce sujet. Les médias, quant à eux, n’en parlent jamais. Où alors en parlerons-nous? Bah, pourquoi pas ici?

Plusieurs gens qui n’habitent pas à Montréal se plaignent que lorsqu’ils allument la télé, on leur donne l’état du trafic dans la ville. Je suis totalement d’accord avec eux; j’habite Montréal, et l’état du trafic ne m’intéresse pas non plus. Que l’on en entende parler dans les radios de Chicoutimi rend la situation encore plus absurde.

Je ne parlerai pas de la Montréalisation dans ce sujet, peut-être un autre par contre, mais je vais parler du transport à Montréal. D’abord, ce qu’il faut savoir, c’est que notre ville est assez bien faite au niveau du transport, si nous ne parlons que du centre-ville. Nous avons un métro, 200 lignes d’autobus, 5 lignes de train de banlieue, une ligne de métro qui va à Longueuil et, à partir de la semaine prochaine, une autre qui viendra de Laval. Niveau étalement urbain, je crois que nous avons fait des accomodements très raisonnables avec les banlieues. Ce qui me surprend, c’est que malgré tout, chaque matin, le pont Jacques-Cartier et l’autoroute 40 soient toujours – et seront probablement encore très longtems, engorgés. Ce qui est frustrant là-dedans est que non seulement ces routes sont engorgées par des voitures, mais que les gens soient seuls dans ces voitures, pour la grande majorité. Le co-voiturage, c’est un tabou dont on parle une fois aux deux ans, en voyant une pub à la télé et en riant de celle-ci. Pourtant, si la moitié des gens se mettaient à deux par voiture avec leur voisin ou même, comble de l’inconcevabilité, leur femme ou leur mari (dans certains cas, cela se fait déjà), l’engorgement serait déjà moins important.

Les Statistiques du Canada tendent à montrer que nous n’atteindront pas les enjeux du protocole de Kyoto, et ce même dans notre province. Pourtant, au Québec, le secteur des bâtiments résidentiels, malgré une hausse ces dernières années des projets de constructions, a su diminuer ses émissions de GES de 12%. Les journalistes, quant à eux, dénoncent le fait que le domaine commercial ait, en même temps, connu une hausse d’émissions de GES de 78%. Mais malgré cette hause qui nous semble si astronomique, nous serions capables de respecter les enjeux de Kyoto, si ce n’était d’une hausse de 30% d’émissions de GES de la part des véhicules (toutes sortes confondues – automobiles, véhicules légers, motos, etc.), qui sont responsables actuellement de l’émission de 80% des GES émis au Québec, et a connu une hausse importante depuis 1992. Le pourcentage d’augmentation est moins élevé que dans le domaine commercial, mais comme les automobiles étaient déjà responsables de 75% de la pollution en 1992, il est vrai, comme le prétend Stephen Harper, que les objectifs du protocole sont irréalisables, À LA SEULE ET UNIQUE CONDITION QUE NOUS NE REMETTIONS PAS EN CAUSE NOTRE FAÇON DE VOYAGER. Comment pourrions-nous réduire nos émissions de GES de 12% si nous accroissons sans arrêt le nombre d’automobiles sur nos routes, alors que nous savons que c’est là la principale cause de cette pollution.

Avec un étalement urbain croissant, un manque d’incitation à prendre le transport en commun, un transport en commun déficient dans les banlieues et un nombre croissant de gens qui troquent, même en ville, l’autobus pour l’automobile, pensant que le VUS hybride (comble de l’aberration, le VUS étant un véhicule à tendance polluante et ne répondant pas à des besoins, mais bien à des caprices) guérit de tous les péchés, nous devenons de plus en plus esclaves de l’industrie polluante. Comment expliquer autrement que notre rapport exportations-importations au Québec a chutté de 14 milliards (plusieurs blâment encore les syndicats) en 5 ans, alors que durant cette même période, nous avons importé 11 milliards de dollars de plus en pétrole pour combler cette demande dans le domaine des transports, alors que le prix du baril de pétrole échappe totalement à notre contrôle, puisque nous n’en produisons pas.

Montréal est d’ailleurs le centre de ces problèmes, avec le trafic que les radios annoncent jusqu’en Gaspésie. La solution au problème de trafic que propose le PLQ serait d’ouvrir des voies pour les automobiles en construisant de nouveaux ponts? Non! La solution est beaucoup plus simple: revoyons notre façon de voyager. Ouvrons des voies au transport en commun sur certains autoroutes et augmentons les stationnements incitatifs, si l’on veut faire une différence. Avec moins d’automobiles sur ces routes, moins d’engorgements, et une partie de ce que nous dépensons en transport en commun sera économisé dans l’entretien des routes, les soins de santé dus au smog (qui tue prématurément 1500 québécoisEs chaque année) et donnera une économie à celui qui utilise le transport en commun, car il n’aura pas à payer trop de gaz (d’ailleurs, qu’est-ce qui est plus polluant que de laisser son moteur au neutre dans le trafic pendant 1h et avancer de temps en temps).

L’automobile est le principal problème environnemental de Montréal. Pourtant, notre gouvernement continue de prioriser son utilisation dans la ville. Pire encore, ils croient ensuite qu’il sera possible d’atteindre leurs engagements (non pas objectifs, mais bien des engagements) pris à Kyoto. En n’incitant pas leur population à commencer à trouver d’autres solutions de transport et en ne rendant pas ces services disponibles, ils encouragent indirectement la pollution.

Quelle solution serait la meilleure?

D’abord, inspirons-nous de l’Europe. L’automobile apportait plusieurs problèmes dans la ville, car il était difficile de trouver des places de stationnement (L’opéra de Détroit est d’ailleurs un stationnement à étages actuellement). Les solutions avancées en Europe et de plus en plus en Amérique sont de livrer la guerre aux automobiles à l’intérieur des grandes villes. Pour cela, il faut offrir aux gens une alternative fonctionnelle et efficace. Actuellement, 275 villes dans le monde ont adopté les tramways.

Le défaut du bus est qu’il emploie la même route que l’automobile. Celui du métro et du monorail est qu’ils n’empiètent pas sur les automobiles. Seul le tramway est un moyen de transport efficace, rapide et fiable qui prend du terrain sur la route en empiétant sur la circulation des voitures. D’ailleurs, la compagnie qui produit 40% des tramways du monde est… Bombardier!

(Je dois partir à mon cour d’histoire, la suite sera ajoutée ce soir)

Suite…

Oui, l’entreprise qui construit 40% des nouveaux tramways est Bombardier, cette entreprise dont le siège social est au Québec. Cette entreprise qui risque de signer un audacieux projet de tramways à Toronto de 200 km, mais qui n’en a pas encore signé à Montréal.

A-t-on besoin d’autres exemples? Voyons certaines villes qui ont adopté le tramway ou vont l’adopter. Les citoyens de la ville de Munich, par exemple, capitale de la BMW, utilisent le transport en commun 340 fois par année en moyenne. Dans la région de Montréal, c’est 120 fois par année. Pour se rendre de la ville à l’aéroport, un important complexe a été bâti afin d’assurer le transport, grâce à un train à lévitation magnétique. Au lieu de voir cela comme une dépense folle, la population de Munich voit en cela un investissement qui facilite le transport des passagers de l’aéroport à la ville, leur permet de visiter la ville sans utiliser le transport automobile et accroît le tourisme.

Une autre donnée intéressante: toutes les villes de plus de 200 000 habitants en France sont maintenant dotées de tramways; c’est la même chose en Allemagne. La Suède, quant à elle, offre un système de trains efficace, alors qu’au niveau de la superficie et de la répartition de la population dans son territoire, elle se compare au Québec. Le TGV, quant à lui, fait la fierté de la France.

Besoin d’exemples plus proches de nous et de quitter le vieux continent pour avoir certains faits d’ici? Toronto planifie un projet de 200 km de tramways, proposé non pas par le parti de l’opposition dans la ville, mais par le parti au pouvoir. Buffalo, cette petite ville américaine, possède 145 km de tramways. Houston, une des capitales de l’automobile (comme Munich), en possède 120 km.

Outre le tramway, il serait temps de repenser notre application du transport. Ne serait-il pas plus profitable pour notre santé, notre environnement et notre dépendance économique au pétrole de promouvoir des énergies plus saines et un mode de transport public efficace à l’intérieur de Montréal, ainsi que de l’extérieur vers l’intérieur. Afin de mener cette guerre au trafic et à l’automobile, dont nous dépendons si honteusement alors que nous avons la possibilité de l’utiliser beaucoup moins, ne serait-il pas mieux de commencer à faire ce que toutes les autres villes sont en train de faire: lui restreindre l’accès? Favoriser des allées piétonnières (lors d’activités piétonniaires sur Ste-Catherine ou à la plaza St-Hubert, les rues sont toujours bondées, comme au festival de Jazz)? De créer des pistes cyclables? De retirer l’accès à l’automobile pour certaines rues en construisant un tramway?

Données par internet:

Le chemin ferroviaire de Suède: http://www.canit.se/~griffon/railways/maps/swerails2000.png

Projet Montréal:
www.projetmontreal.org

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