Pourquoi vénérons-nous notre auto?


(Cette image vient d’un parking à New York)

Question fort importante à se poser au sujet de l’automobile: pourquoi la vénérons-nous? Je tiens à écrire ce billet, bien que je sache fort bien que plusieurs personnes qui lisent mon blogue ne roulent pas beaucoup. Alors à défaut de changer les choses, peut-être arriverai-je au moins à changer des mentalités ou à vous soulever quelques questionnements.

Premièrement, voyons le cas de l’auto actuellement. L’automobile Québécoise est parfois petite, mais ces dernières années, on voit de plus en plus de VUS sur le marché. D’un autre côté, une technologie de moteur hybride (quelquefois installée dans des VUS… ce que j’ai toujours trouvé douteux) a aussi été lancée récemment et commence, à très petite échelle, à se faire voir dans les parkings. Le coût semble être le principal élément dissuasif à l’achat de ces automobiles. Quand on sait que le moteur est responsable de 10% du coût de production, on se demande d’ailleurs pourquoi ces automobiles coûtent 10 000$ de plus. Un autre véhicule est apparu récemment sur nos rues: le Hummer. Cet “auto” à forme de camion est un ancien prototype de l’armée et consomme 25l/100km. Quelques Montréalais se le sont procurés.

Il faut aussi parler du carburant de l’automobile. Le transport consomme 50% du pétrole du monde. Il y a 3 ans, il y a eu une grande vague d’inquiétude lorsque son prix au litre a dépassé le dollar. Depuis, il n’est pas surprenant de le voir grimper à 1,30$ durant les périodes de forte demande. Un an après la vague d’inquiétude sur la possibilité de hausser le prix au-dessus de 1,00$/l, ce prix était devenu normal. Il faut aussi savoir que dans le moteur, seulement 15% du pétrole du réservoir est transformé en énergie pour avancer; le reste se disperse en chaleur. Les gaz relâchés par le pot d’échappement sont, par exemple, le monoxide de carbone, dyoxide
de carbone et le monoxide d’azote (les 3 plus grands composants du smog urbain, après l’ozone), pour ne nommer que ceux-ci. L’efficacité du moteur est donc l’une des pires! Un foyer de chauffage convertit 40% de son énergie en chaleur, pour les moins efficaces.

Voilà donc quelques données sur l’impact environnemental de l’auto. Je crois que je vais passer à une analyse plus économique.

L’industrie Québécoise ne profite pas de l’auto. Nos voitures proviennent soit d’Ontario, soit du Mexique. Pour le Québec, nos retombées économiques équivalent à zéro.

L’industrie Québécoise ne profite pas du marché des pièces d’automobiles. À ma connaissance, nous ne faisons aucun pneu et peu de nos entreprises ne vendent des pièces aux magnae de l’automobile. Total des retombées économiques: à peu près 0.

L’industrie Québécoise ne profite pas de l’industrie pétrolière. La preuve: nous ne l’utilisons même pas pour produire de l’électricité. Il y a 20 ans, des agents économiques (bien avant que l’on ne se soucie de l’environnement) ont jugé qu’il était plus rentable de faire des barrages à 1000km au Nord de nos habitations qui consomment de l’électricité que d’ouvrir des centrales à énergie thermique. Et ils avaient raison! Nous avons maintenant, suite aux hausses du prix du barril, l’électricité la moins chère d’Amérique et fournissons de l’électricité jusqu’à New York, en période de pointe.

Le Québec n’a pas découvert de gisements exploitables de pétrole. Nous avons une raffinerie à Pointe-aux-Trembles. Un des employés m’a d’ailleurs confié que si on savait la moitié de ce qui s’y passait, cette raffinerie fermerait. Bilan économique du pétrole au Québec: une raffinerie. Au total, en éliminant les petites retombées, c’est aussi la totalité du bilan économique du Québec pour tout le marché de l’industrie automobile, des pneus aux pièces, de l’assemblage à la consommation de carburant. Une raffinerie.

Passons à l’aspect social. D’abord, selon l’OMS, les accidents de la route sont responsables de 2,2% de la mortalité mondiale. L’auto tue 650 Québécois par année et 3000 canadiens. La guerre en Afghanistan nous a fait pleurer la mort de 60 soldats, depuis 2001. Pendant ce temps, on a tué pas moins de 15 000 personnes sur les routes du Canada, dont 3250 au Québec. Sans calculatrice, c’est 250 fois plus.

L’automobile est doublement responsable du phénomène de banlieusardisation de la couronne de la ville de Montréal.

D’abord, la banlieusardisation rend nécessaire l’utilisation de l’automobile, voire de deux chars. Cela permet aux gens d’aller faire des achats ou d’aller travailler, souvent dans la ville principale. Donc, l’auto rend la banlieue accessible.

La seconde raison vient des motifs pour lesquels on habite en banlieue. Oui, il y a des raisons économiques, mais elles sont bien faibles quand on voit la dépense que l’on doit faire pour le char, l’essence, etc. Les motifs dont je parle sont ceux de sécurité, de verdure et de tranquilité.

On craint la sécurité en ville en partie à cause des “gangs de rue”, pourtant rares à Montréal, mais surtout pour la sécurité de nos enfants lorsqu’ils traversent la rue. On a peur qu’une auto les écrase.

Ensuite, on cherche la tranquilité, loin du bruit et de l’achalandage de la ville, le bruit étant causé par… les voitures!

Finalement, on cherche la verdure alors qu’en ville, on a du remplacer celle-ci par la route nécessaire pour faire circuler les automobiles.

Au final, de ces 3 raisons, l’automobile est la raison principale ou la seule responsable du problème. Pour aller plus loin, 44% des habitations de Montréal n’ont pas d’auto. Les causes de cette automobilisation de la ville, qui nuisent à sa sécurité, sa tranquilité et à l’accès à des parcs pour les Montréalais vient en fait des automobiles qui viennent en bonne partie de la banlieue (où les habitations ont presque toutes 2 autos ou plus), lieu où les gens vont pour fuir les problèmes causés par l’automobile!

En dernier, il ne faut pas oublier que plus les gens vont s’installer en couronne, plus il faut construire de nouvelles maisons loin de Montréal. Les urbanistes estiment qu’actuellement, les nouvelles maisons sont construites en moyenne à 36 km de la ville de Montréal. Pour quelqu’un qui travaille au centre-ville, cela fait 72km par jour, 300 jours par année, soit 21 600km/an. Uniquement pour se rendre au travail. Avec ces conditions, mieux vaut prendre une garantie 5 ans, plutôt que 100 000 km.

En conclusion, l’automobile, au niveau environnemental, est un fiasco. D’un point de vue économisuqe, le marché Québécois est très limité. Au niveau social, l’automobile tue 250 fois plus que la guerre en Afghanistan et est responsable de la banlieusardisation, de la dégradation de la qualité de vie à Montréal et de longs déplacements pour les tâches les plus simples, comme le travail. L’environnementaliste, l’économiste et le sociaologue arriveraient donc à la conclusion suivante, de 3 façons différentes: l’automobile n’est pas bonne pour le Québec.

Poussons même le débat un peu plus loin. L’an dernier, Jean Charest a suscité la controverse quand il a appuyé un contrat pour de nouveaux wagons offert sans appel d’offre. Le contrat a été octroyé à Bombardier par la STM, à la grande frustration d’Alstom. Le but de Jean était de créer des emplois au Québec.

Justement! Attendu que l’industrie automobile ne crée presque pas d’emplois au Québec, pourquoi n’irions-nous pas prendre le virage du transport collectif? Nous avons le siège social de la compagnie qui construit le plus de nouveaux tramways au monde: Bombardier. Elle a créé le tramway de villes comme Munich, ainsi que le monorail de Las Vegas. Mais à Montréal, dans le province où cette compagnie a vu le jour, elle rénove un réseau de métros… Pourtant, des villes commer Sherbrooke, Québec et Montréal bénéficieraient de l’amélioration de leur réseau de transport en commun. Les tramways de Bombardier font la fierté des villes qui l’ont choisi; il est silencieux, rapide, beau et confortable.

Poussons la coche d’un cran et favorisons un meilleur transport interurbain. Je me rappelle, l’an dernier, moi et ma blonde pouvions nous rendre de Montréal à Berthier en bus pour 10$, directement, 2 fois par jour. De là, on pouvait se rendre chez ses parents. Depuis, le trajet de bus a été annulé. Pour le remplacer, on peut prendre le bus Montréal-Repentigny, Repentigny-Joliette et Joliette-Berthierville. Pour un prix 3 fois supérieur, on peut déarquer à Berthier avec un bus d’Orléans-Express, qi fait le trajet Québec-Montréal.

Si vous allez en France et faites le trajet Paris-Lyon en auto, on vous traitera de fou, voire d’idiot. Prenez le TGV, c’est non seulement plus rapide, mais ça revient aussi moins cher. C’est plus confortable et calme que votre voiture. Ainsi, au Québec, il faudrait 1h58 pour faire Montréal-Toronto en TGV et 48 minutes pour Montréal-Québec. L’expertise de Bombardier en transport sur rail pourrait aussi nous aider à réaliser un tel projet, alors que la tendance va déjà s’élargir au train à lévitation magnétique. Il serait donc avantageux socialement, économiquement et meilleur pour l’environnement de créer de tels projets et de renforcer le transport en commun urbain ET interurbain. C’est ça, le développement durable que devraient prôner nos élites politiques!

Énergies, partie 4: L’efficacité énergétique, le négawatt et la maison autonome

Voilà, cet article se veut plutôt une panoplie de petits articles, que je ne veux pas me donner la peine d’écrire dans une oeuvre trop lourde. Plusieurs ont sûrement entendu parler de la mystérieuse légende de la maison autonome, qui selon les bobards ne nécessiterait pas d’acheter d’électricité à une compagnie et la produirait elle-même. On raconte que dans certaines régions du monde, peut-être même la nôtre, une poignée d’habitations auraient réussi à atteindre ce cap. Des gens, peut-être en exagérant les faits, affirment même que les propriétaires de ces maisons font de l’argent en vendant des surplus (vraisemblablement, cela doit *sarcasme* être une fable… production autonome, c’est louche, mais avec des SURPLUS, on y croit pas!) à leur compagnie d’électricité…

Croyez-le ou non, c’est vrai. Dan Chiras, l’auteur du Homeowner’s Guide to Renewable Energy en possède d’ailleurs une (preuve de cohérence, car un type qui veut vous vendre des poissons et ne veut pas en manger n’est pas très convainquant. Bien plus qu’environnementale, la motivation de M. Chiras est aussi économique. Voilà donc quelques moyens d’arriver à une meilleure autonomie économique. Pour cela, n’oubliez pas que la consommation la plus verte est celle que l’on ne consomme pas (le négawatt).

L’isolation
Si vous n’isolez pas votre maison et comptez atteindre une efficacité énergétique, vous êtes un imbécile! Non seulment êtes-vous ignorant ou paresseux, mais cette paresse et cette ignorance vous fait débourser 50 à 100$ supplémentaires chaque mois de l’hiver (3 mois au Québec, même si les touristes défendent ardemment qu’il dure 6 mois), et un peu durant le reste de l’année, mais surtout en confort. Comme on le dit, l’hiver, une maison mal isolée réchauffe l’extérieur. Assurez-vous de colmater les fissures et de bien isoler vos fenêtes, voire de demander les conseils d’un professionnel en isolation.

Avoir des fenêtres sur la façade du sud
L’hiver, le soleil est à son niveau le plus bas. Avoir des fenêtres qui font face au sud vous permettra de réchauffer (en partie) votre maison passivement, et donc réduira vos besoins en électricité pour le chauffage.

Durant l’été, le soleil est à son plus haut niveau dans le ciel. Au lieu d’entrer par la fenêtre, les rayons du soleil frapperont le toit de votre maison. D’où l’utilité de la suggestion suivante:

Avoir un toit vert
Hé oui, encore lui! Comme le soleil tappera fortement le toit l’été, un toit goudronné et noir absorberait les rayons du soleil et réchaufferait votre maison, fort peu utile quand il fait déjà 30 degrés. Avec un toit à 40 degrés, votre maison devient un autocuiseur efficace! Un toit verdi de plantes permettra que celles-ci absorbent les rayons du soleil pour effectuer la photosynthèse, et aidera à tempérer votre maison. Elle sera donc plus confortable et vos électroménagers de refroidissement (le frigo ou la clim) consommeront moins d’électricité.

Mon article sur les toits vers

Le chauffe-eau…
Le Japon est rempli de chauffe-eau solaires passifs, qui réchauffent partiellement votre eau grâce à l’énergie solaire, sans utiliser d’électricité. Le pays du Soleil levant utilise donc cette énergie pour compenser le prix majestueux de son électricité. Qui plus est, les chauffe-eau passifs de marque Mitsubishi peuvent être vendus là-bas pour seulement 500$. Le système est soit en métal, soit peinturé noir (pour absorber les rayons du soleil) et peut être placé sur le toit ou à côté de la maison. Habituellement, le système fonctionne par gravité, et permet de faire une convexion entre le chauffe-eau passif et votre chauffe-eau électrique conventionnel. Donc, si votre chauffe-eau passif vous fait économiser 25$/mois, au bout de 1 an et 8 mois, vous l’aurez payé. Si celui-ci dure 5 ans (soyons pessimistes…), vous aurez économiser 1500$, pour un investissement de 500$. En gros, vous sauvez 2 fois le prix de votre achat, en plus de ne pas utiliser d’énergie pour une partie du travail que la nature fait très bien sans celle-ci.

Changer ses ampoules pour des fluocompactes, prendre des électroménagers certifiés EnergyStar et lutter contre les énergies fantômes
Les ampoules fluocompactes ont une durée de vie plus longue, ce qui les rend plus rentables que les ampoules conventionnelles. Elles consomment aussi moins d’énergie. Toutefois, quand elles sont mortes, n’oubliez pas de les envoyer à la collecte sélective, car elles contiennent des traces de mercure, ce qui peut être néfaste pour votre site d’enfouissement local et l’environnement autour.

Les électroménagers certifiés EnergyStar sont des électroménagers qui ont volontairement rempli des standards supérieurs aux demandes de la loi. En plus, le gouvernement offre maintenant un rabais sur ces électroménagers… Pourquoi s’en priver?

Les énergies fantômes, quant à elles, servent à garder un appareil au chaud pour qu’il s’ouvre instantannément quand vous appuierez sur ON. C’est un peu absurde, car on peut comparer cela à un four qui resterait toujours préchauffé à 400 F, pour le moment où vous cuisineriez. Pourtant, les télés, les ampoules conventionnelles (surtout celle de votre frigo), les power-bars, votre ordi, votre écran d’ordi et votre télévision, pour ne citer qu’eux, sont des électroménagers qui consomment de l’électricité même quand ils sont à OFF. C’est idiot? Oui, ça l’est. Si vous trouvez que vous vous faites rouler, le truc est de débrancher votre électroménager à énergies fantômes quand vous ne l’utiliser pas. Cela prendra peut-être 2 secondes de plus d’ouvrir votre télé.

D’autres trucs sont bien connus pour limiter votre utilisation d’électroménagers, mais ils sont bien connus: l’été, remplacer la sécheuse par la corde à linge, faire des brassées de linge sale seulement quand on a pas mal de linge sale, etc. À ce niveau, je ne crois pas avoir besoin de faire un dessin.

Opter pour plusieurs sources de production électrique et pouvoir faire des réserves
Les moyens de production électrique locale les plus connus sont l’éolien et le solaire. Pour le solaire, le modèle classique est un panneau voltaïque qui se place sur le toit, alors qu’une éolienne ressemble à une girouette. Si vous avez un petit cour d’eau près de chez vous, la meilleure solution serait le microhydroélectrique. Cette énergie est rarement utilisée à l’échelle locale, car il faut un cour d’eau qui “descend en pente” sur une longue distance, afin de fonctionner par gravité.

Il est important d’opter pour plusieurs sources, car le débit d’électricité produite par l’éolien ou le solaire n’est pas entièrement régulier. Pour cette même raison, faire des réserves d’électricité dans des piles au lithium permet de vous alimenter en périodes de forte demande.

Si vous désirez chauffer votre nouvelle maison au bois, renseignez-vous sur le foyer de masse
Le foyer de masse est une oeuvre de maçonnerie complexe et coûteuse. N’essayez pas de le construire vous-même. Il est aussi très lourd et est habituellement construit dans les maisons neuves. Pour votre maison, il faudrait sûrement renforcir le sol. Maintenant que ses points négatifs ont été soulevés, sachez que ces foyers étaient employés au Petit âge de glace, période la plus froide du Moyen Âge. Côté chauffage, ils ont fait leurs preuves dans la cour des grands. Le foyer de masse a pour avantage de convertir 80% de l’énergie de la combustion du bois en chaleur (contre 40 à 60% pour les foyer de chauffage, et 15 à 20% pour le foyer décoratif). Un feu dans le foyer peut réchauffer la maison pendant 12 heures. Facile d’entretien, une autre caractéristique intéressante est son impact environnemental, car ses émissions de fumée, de monoxyde et de dioxyde de carbone, sont de beaucoup diminués par les “chambres” par lequel cette fumée circule (et qui retient la chaleur). Comme le gros défi de la maison autonome québécoise est de chauffer l’hiver (le passif étant insuffisant), le foyer de masse est une excellente idée.

Voilà donc, en quelques idées, certaines manières employés pour rendre une maison autonome énergétiquement. Mais ne soyez pas dupes; il est très difficile d’avoir une maison autonome, mais très facile pour la maison moyenne de diminuer sa consommation - et sa facture - d’électricité. Les moyens sont parfois simples, parfois complexes, mais une personne attentive et intelligente saura trouver des idées à la fois économiques et écologiques pour lui, son portefeuille et pour les autres.

Énergies, Partie 3: Les hydroliennes

Cet article aurait pu se greffer à celui sur l’énergie marémotrice, mais je voulais faire un billet de plus et je trouvais le dernier article trop long. Je vais donc parler des hydroliennes.

Première question: kossé cé ça? On s’en doute probablement par le nom, mais je vais vous le confirmer. Une hydrolienne est une éolienne qui va dans l’eau. Ce qu’il faut savoir, c’est que l’eau n’est pas aussi “immobile” qu’on le croit. Comme je l’ai montré dans le dernier article sur le fonctionnement des marées, il existe des courants dans l’eau. Le Gulf Stream, par exemple, peut parfois aller à 2 m/s dans la Floride. Ce nombre, bien que petit, est rarement surpassé par les courants marins. Les courants de profondeur de zones de marées (appelés originalement courants de marée), par contre, peuvent parfois atteindre 5 m/s. Cela ne semble pas beaucoup? Effectivement. Par contre, il faut savoir que l’eau qui actionne les turbines est 800 fois plus dense que l’air dans laquelle les éoliennes tournent. Donc, malgré la vitesse des courants de marée, il faudrait une éolienne dont le diamètre de l’hélice est deux fois plus grand pour égaler une hélice à hydrolienne.

L’hydrolienne a plusieurs avantages:
-D’abord, les courants de marée sont alternatifs. Cela signifie qu’ils ne vont que dans deux sens (aller et retour). Les vents changent souvent du Nord-Est au Sud-Est, en allant pour le Sud-Ouest. Le vent n’obtient donc pas toujours un transfert optimal d’énergie. L’hydrolienne, oui.

-L’exploitation proche des côtes peuvent faciliter l’entretien (bien qu’il soit difficile de devoir aller en profondeur pour faire l’entretien de grosses hélices).

-Les hydroliennes peuvent capter l’énergie marémotrice. Par contre, contrairement au barage de la Rance, les hydroliennes ne devraient pas avoir d’aussi lourdes conséquences écologiques. L’envasement de la centrale est aussi un problème pour la Rance, mais pas pour une hydrolienne en mouvement.

Plusieurs projets expérimentaux ont été lancés pour les hydroliennes. Le Hammerfest Strom en est un. TidalStream en prépare un en Angleterre, basé surtout sur une énergie éolienne que l’on pourrait adapter pour les courants marins en profondeur. Le coût de production de l’électricité pourrait éventuellement atteindre 0,045 euros/KWh, soit environ 6,9 cents/KWh. Pour l’instant, les études disent que le coût actuel serait plutôt de 9,07 cents/KWh pour les hydroliennes qui utilisent les courants de marée, mais les entreprises croient pouvoir offrir des modèles plus économiques ou plus efficaces, comme TidalStream, qui propose une turbine semi-submersible (avec une composante qui “flotte” au-dessus de l’hydrolienne et facilite l’entretien sous-marin).

Les éoliennes sont à un stade d’expérimentation, mais on peut s’attendre bientôt à en entendre parler dans un futur proche.

Article de wikipedia sur les éoliennes:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hydrolienne

L’énergie hydrolienne, une énergie qu’il ne faudrait pas négliger:
http://generationsfutures.chez-alice.fr/energie/hydrolienne.htm

Une explication du projet de TidalStream à Pentland Firth, Angleterre (c’est le site que je vous suggère pour avoir plus d’informations, si vous êtes prêts à chercher et lire un peu ^^):
http://www.johnarmstrong1.pwp.blueyonder.co.uk/

Énergies, Partie 2: L’énergie marémotrice

Voilà, j’ai décidé de partir une petite série sur l’électricité, la façon dont elle est produite et son potentiel. Je vais bien sur commencer par parler des énergies renouvelables.

J’ai déjà lancé un billet sur l’énergie éolienne un peu plus tôt. Je vais donc continuer en effectuant un court exposé sur une “nouvelle” énergie: l’énergie marémotrice.

Vous n’avez jamais entendu parler d’énergie marémotrice? Moi non plus, jusqu’à tout récemment. La raison qu’il faut maintenant se poser est la suivante: pourquoi? Je vais tenter d’y répondre, mais aussi de vous éclairer sur le sujet.

Comme vous vous en doutez, l’énergie marémotrice vient des marées. Pour ceux qui ignorent ce qui cause les marées, sachez que c’est du à la position de l’astre lunaire qui gravite autour de la terre en 28 jour, alors que la planète effectue une révolution sur son centre en environ 24h. Comme la Terre tourne plus vite, la lune change de position par rapport à un lieu sur la Terre (d’où la raison pour laquelle elle bouge dans le ciel, se levant et se couchant). Comme la lune a une certaine attraction gravitationnelle, quand elle est plus proche, elle attire l’eau vers elle, et quand elle est plus loin, elle l’attire moins. De façon très simplifiée, c’est le phénomène des marées: quand la lune est loin, le niveau de la mer est plus bas que quand la lune est plus loin.

Au total, cette dénivellation des mers et des océans dissipe l’équivalent de la combustion de 2 gigatonnes (millions de tonnes) de pétrole chaque année., soit 22 000 TWh par an. Cela équivaut à environ 20% de l’énergie que l’humanité consomme (ouep, si on n’utilisait que du pétrole, il en faudrait 10 000 000 de tonnes par année). Bien évidemment, on ne peut récupérer tous ces 22 000 TWh et les convertir en électricité. L’énergie marémotrice a donc un potentiel assez faible, comparé à l’énergie éolienne (si l’on convertissait 0,1% de l’énergie éolienne mondiale, on pourrait subvenir aux besoins en électricité de l’humanité). Par contre, l’énergie marémotrice a un avantage: il est facile de prévoir, à un temps x, l’énergie qui sera produite. Il ne suffit que de connaître la position de la lune par rapport à un point et la géographie du lieu.

Il existe deux façons de transformer l’énergie marémotrice en électricité D’abord, comme dans l’usine de la Rance (terminée sous Charles de Gaulle en France, en 1966, en Bretagne), on peut se servir du changement de dénivellation entre la marée haute et la marée basse pour actionner des turbines à la surface de l’eau.

À mon avis, ce type de fabrication ressemble à un barrage hydroélectrique. Cette technique de production d’électricité, par contre, s’appuie sur la variation du niveau d’une mer, d’un golfe, de l’océan (à la limite, mais ça se limite aux baies). La seconde technique, plus prometteuse, serait d’exploiter les courants des marées dans le fond des eaux. Ce mouvement, présent à petite échelle dans les courants marins (où il atteind parfois 1 km/h) comme le Gulf Stream, est présent à plus fort échelle près des côtes, où il peut atteindre 5 km/h (à noter que comme l’eau est plus “dense” que l’air, de l’eau qui circule à 5km/h produit une bonne quantité d’électricité). Avec une turbine ou une hydrolienne (qui fera part d’un autre article), on peut ensuite créer de l’énergie mécanique, qui peut être convertie en électricité.

Près de la ville de Hammerfest, Norvège, on expérimente ce deuxième mode de production (on l’appelle “usine marémotrice à énergie cinétique”, contrairement à la Rance, qui est en énergie potentielle). On estime la production d’électricité à 32GWh par année. La puissance du complexe Hammerfest Strom, formé de 20 hydroliennes, aurait une puissance de 10 fois supérieure à la centrale marémotrice de la Rance, qui produit 90% de l’électricité produite en Bretagne (notez que l’on ne produit pas beaucoup d’électricité en Bretagne, car la Rance ne fournit que 3% de la consommation de la province, même si elle dessert 300 000 habitants).

Au Canada, dans l’Atlantique se trouve la baie de Fundy. Cette baie a la réputation d’avoir le plus grand dénivellement de marées du monde. On estime qu’à certains endroits, la baie aurait un potentiel de puissance 5 338 MW. Pour comparer cela à une autre énergie que nous connaissons, le complexe LG-2 a une puissance de 5 616 MW.

Alors, bien que l’énergie marémotrice n’ait qu’un petit potentiel comparativement aux autres énergies quasi-renouvelables (aucune énergie n’est entièrement renouvelable, mais plusieurs le sont “presque”), elle possède quelques avantages:
-Elle est prévisible
-Elle est renouvelable (jusqu’à un certain point)
-Sa rentabilité se compare à certains projets éoliens, selon les régions
-L’entretien des centrales marémotrices cinétiques est peu fréquent (mais il est compliqué à effectuer, car la majorité de ces complexes sont sous l’eau)

J’avais posé une question au début: pourquoi n’en parle-t-on pas? On nous rabat souvent les oreilles avec l’hydroélectricité, l’éolien et le solaire, mais on ne parle pas des nouvelles technologies qui continuent à se multiplier.

C’est qu’en fait, l’Amérique, en niveau d’innovation technologique au niveau de l’électricité, est arriérée par rapport à l’Europe. La Grande-Bretagne, par exemple, tente de trouver de nouvelles sources d’énergie. Pour une île, le pouvoir des marées et le potentiel des vents sont d’excellentes idées. En Amérique, produire de l’électricité avec autre chose que du pétrole, du gaz naturel ou du charbon (ou de l’hydro au Québec) est encore une fantaisie que l’on considère coûteuse (et cette vision entraîne une crise annoncée dans deux de ces ressources, soit le pétrole et le gaz naturel, d’ici 2050). Au niveau des alternatives à de nouveaux modes de production d’énergie, l’Europe est en train de prendre des initiatives qui seront peut-être irratrapables pour nous, Américains, qui consommons 25% des ressources d’un monde pour lequel nous représentons 4% de la population. Je me fais un peu pessimiste en disant cela, mais lorsque les ressources non-renouvelables commenceront à manquer, nous devrons nous tourner vers les entreprises européennes, qui ont un champ d’expertise important dans les domaines parallèles de production d’énergie (remarquez qu’il y a une expertise américaine très forte en photovoltaïque, pour l’énergie solaire, mais qu’elle n’est pas suffisante).

Article wikipedia sur l’énergie marémotrice:
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nergie_mar%C3%A9motrice

Sur le Hammerfest Strom:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hammerfest_Str%C3%B8m

Sur la Rance:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Usine_mar%C3%A9motrice_de_la_Rance

Site de tidekraft, sur le Hammerfest Strom:
http://www.e-tidevannsenergi.com/

Invitation à tous

Suite à une suggestion de Tétoine, je me suis rappelé de quelques paroles que quelqu’un de très connu, quelque part, avait dit:
“Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es.”

Donc, afin d’en savoir plus sur les bloggers, mais surtout de récolter des suggestions de livres, j’aimerais partir un petit mouvement: que tous puissent placer dans leur sidebar de blog un top 5 de leurs lectures. Cela pourrait éveiller l’esprit de certains visiteurs curieux et intéressés (moi, qui travaille 9h par jour sur le bord d’une piscine vide). Qui plus est, je propose de venir ici poser votre top 5 de tous les temps de vos lectures ^^.

Voilà donc mon top 5 actuel:

L’assassin royal, tiré de la Farseer Trilogy et Tawny Man Trilogy
Excellente série fantastique

Shogun
Un roman historique sur le Japon, à une époque peu après sa colonisation, où le daimyo Toranaga tente d’utiliser les colonisateurs pour obtenir l’influence politique qui le mènerait au Shogunat (dirigeant du pays, nommé par l’Empereur).

1984
Roman d’anticipation qui montre une possible évolution du totalitarisme, à une époque où la pensée peut être un crime et où chaque mouvement peut être épié par les partisans de “Big Brother”.

Irlande
Par une suite d’histoires issues de la tradition orale, certaines vraies, d’autres historiques et quelques-unes inventées, l’auteur nous montre la beauté de son pays, tout en nous renseignant sur son histoire.

La ferme des animaux
Portrait cocasse du communisme, où les protagonistes sont peints comme des animaux. Il explique que le capitalisme est indestructible, car il s’impose par la force et le pouvoir obtenu par une classe dirigeante, qui obtient l’assentiment de la majorité des classes inférieures, à cause de leur ignorance et de leur désir de faire partie de cette classe supérieure.

Partagez vos lectures en grand nombre!

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