Rentrée universitaire: 4 jours ^^

Je commence l’université dans 4 jours, en programme de génie des bioressources au campus Macdonald de McGill (aucun lien avec la chaîne de restaurant). Pour ceux qui ne connaissent pas le campus, je crois que c’est probablement le plus beau de l’île de Montréal, car il n’est pas au centre-ville, mais bien à Ste-Anne-de-Bellevue, à la pointe de l’île. Macdonald, c’est une ferme expérimentale, un éco-musée, les facultés de l’environnement, de sciences de l’agriculture et de l’environnement et l’école de nutrition, ce qui nous vaut 2000 étudiants. Ma résidence en compte 240 ^^.

Ça a été une saison un peu chargée que cet été; après 5 jours de vacances en mai, la job a commencé, j’ai eu le temps de faire 2 Grandeurs Natures, voir ma blonde le plus souvent possible (ce qui veut dire pas très souvent, mis à part le mois de juin où nous l’avons hébergée ^^), travailler 48 heures/semaine en moyenne et pas faire grand chose à la job (un sauveteur fait pas grand chose quand il n’y a pas de baigneurs…), un déménagement dans ma première résidence hors de chez mes parents (la résidence du Laird Hall de McGill) et toutes les préparations qui vont avec, ainsi que la fin d’un amour qui aura duré deux ans et demie avec ma copine (chose dont ce blog ne parlera pas; je suis désolé, mais je ne crois pas que cela concerne la vie publique du web et je ne veux pas transformer mes billets en lamentations).

L’été aura donc été chargé de tout ce qu’il peut contenir en changements, et le travail en a pris la majeure partie du temps. Mais bon, assez parlé à ce sujet et voyons ce de quoi je voulais parler: la rentrée universitaire.

Une grosse tâche d’entre devrait couler sur ce billet pour exprimer la colère de ce qui se passe en ce moment. Pour l’instant, dans ma facture de frais pour mes 15,5 crédits de cour, le gouvernement provincial m’impose un coût légèrement supérieur à 900$. D’ici 2012, ce coût surpassera 1350$ en frais fixes que tout universitaire doit payer pour une session d’environ 15 crédits. C’est le prix de ma session complète, à cause des “frais champignon” (frais de technologie de l’information, frais athlétiques à tous les étudiants, etc.).

Pour ma part, mes frais totaux sont comblés au 3/4 par lesdits frais fixes, qui ont déjà augmenté de 50$ cette session-ci. À l’automne 2012, ils auront augmenté de 500$ de plus pour une seule session. Le montant actuel n’est pas encore une grosse hausse; c’est pourquoi les étudiants se sont mis sur le qui-vive dès le départ. Plusieurs facultés de différentes universités tiennent déjà en main un mandat de grève obtenu en AG l’an dernier, attendant la renaissance d’une cohésion générale étudiante qui fut présente il y a 2 ans, lorsque les associations s’unirent (plus ou moins de bonne foi) pour protester dans une coupure au régime de prêts et bourses.

La communauté étudiante a les couteaux sortis devant une Assemblée Nationale élue en grande majorité par une population plus âgée qui ne tient pas, selon eux, compte de leurs intérêts. Le dernier budget contenait très peu d’investissements dans le domaine post-universitaire, mis à part la bonification du régime de prêts et bourses, pour que les moins aisés puissent payer la hausse de frais en empruntant des sous à la banque. Et la promesse du gouvernement Charest d’investir 10$ pour chaque dollar investi par les étudiants? Elle a été oubliée, car il est plus important de respecter une promesse de baisses d’impôts. Pourtant, lorsque l’on s’est rendus compte du déséquilibre fiscal et suite à un manque de transferts du fédéral, on a coupé en éducation et on a mis à la retraite des experts de la santé expérimentés. Maintenant que les transferts nous reviennent, on préfère respecter une promesse de baisses d’impôts, plutôt que de respecter l’investissement dans l’avenir d’une génération. Il aurait pourtant été légitime de réinvestir une partie du transfert de la péréquation dans les lieux où on a coupés, soit la santé et l’éducation (même si ce sont les deux ministères les plus coûteux).

L’éducation post-secondaire n’a pas été très populaire à l’Assemblée Nationale dans le budget. Les clans de l’opposition en ont très peu parlé, même si la campagne d’André Boisclair s’était d’abord faite sous ce thème lors de la course à la chefferie qu’il emporta. Ce n’est plus une priorité. Nous ne sommes plus une priorité.

On se demande ensuite pourquoi les jeunes ont les couteaux sortis et sont prêts à entrer en grève pour leurs revendications. Personne ne les protège, et même la chef du PQ n’est pas récalcitrante à un dégel. Ils ne suivent plus que l’un des principes de base: “Aide-toi et le Ciel t’aidera!” Devant l’absence d’intérêt vis-à-vis ce dégel, il incombe du rôle des étudiants, les victimes de cette mascarade idiote de baisses d’impôts, de se faire entendre de tous. Le tout devrait débuter, comme cela a été durant la coupure en prêts et bourses, par des actions symboliques et sensibilisatrices, suivi de l’organisation d’une grève générale dans les universités. Cette fois, malheureusement, la place des cégeps est plutôt questionnable, mis à part que ce sont les étudiants actuels du cégep et qui désirent atteindre un degré universitaire qui pairont le plus cher… Par exemple, pour moi, une session coûte 1350$. Dans 5 ans, elle coûterait 1800$, et peut-être un peu plus, si les frais afférents venaient à augmenter. Mon coût annuel dans mes études serait de 3650$ au lieu de 2750$ (l’an prochain, ma session en coûtera 1400), ce qui surpasse ce que j’ai gagné dans mon été. Ajoutez à cela l’appart, la bouffe, les vêtements, les effets scolaires et les dépenses connexes (qu’on le veuille ou non, les étudiants aussi ont le droit de sortir pendant les 3 ans d’études) et vous avez à peu près un portrait général des dépenses étudiantes, un poids de plus dans notre éducation. Et tous ces frais doivent être payés à une période où l’on a environ 15 heures de cour et environ deux fois ce temps en devoirs.

Donc, les études n’ont plus seulement un but éducatif, mais aussi d’éducation. Il incombe du rôle d’une population scolarisée d’aider à éduquer les citoyens de leur pays. Il incombera aussi, dès le début de leurs études de niveau supérieur, d’éduquer les gens sur l’état de l’éducation post-secondaire au Québec, ainsi que de la difficulté d’y accéder.

Alors aux gens de mon âge qui lisent ce blogue et se préparent à un retour en classe musclé, je vous souhaite une bonne rentrée. N’écoutez pas le discour de gens élus par une génération qui voit votre enrichissement intellectuel comme une dépense, enrichissez-vous de celle-ci et montrez à tous la valeur du diplôme universitaire que vous désirez obtenir.

Le Slow Food: contre la restauration de masse

Plusieurs ont sûrement déjà entendu le terme Slow Food, mais pour la majorité, ça c’est arrêté là. On sait, uniquement par le nom, que ce mouvement s’oppose idéologiquement aux chaînes de restauration rapide, mais qu’en est-il de plus?

Le Slow Food a été lancé en 1986, en Italie. Plusieurs le considèrent comme la branche culinaire de l’altermondialisme. Dans le monde entier, le mouvement compte environ 80 000 membres, séparés dans une centaine de pays. Ce nombre, bien que très modeste, a part contre une organisation très très fiable; il y a un organisme de Slow Food représentant le Canada, un pour le Québec, certains pour les grandes villes (Calgary, Vancouver, Toronto, etc.) et plusieurs branches dans d’autres pays, toutes reliées à Slow Food International. L’organisation est tout aussi exemplaire dans plusieurs autres pays.

Ce mouvement lutte contre l’industrie de l’agriculture et le fast-food, car elle estime que ceux-ci standardisent et uniformisent nos goûts. En effet, si l’on va faire notre épicerie dans un super-marché de Montréal, Québec, Chicoutimi ou San Francisco, on sera surpris du nombre d’articles semblables; certains auront même la même marque.

Au-delà de l’épicerie, on verra le pire dans les chaînes de restauration rapide. La franchise uniformise les stratégies de gestion, de marketing et, jusqu’à un certain point, uniformise le menu. Un Big Mac à Paris ressemblera au Big Mac de Shanghaï et à celui de Washington. Les fast-food changent nos façons de manger et l’uniformisent.

Pour s’opposer à cette uniformisation, le mouvement Slow Food promeut la diversité culinaire en encourageant à consommer la gastronomie locale. On prétendra peut-être que la gastronomie Québécoise est moche, mais cela n’est qu’à moitié vrai; nos fromages, cidres et notre hydromel ont gagné, dans les dernières années, des prix internationnaux. Plusieurs groupes, comme certains monastères (à Oka et Saint-Benoît-du-Lac, par exemple), offrent d’excellents produits artisanaux. Il est dommage que l’on en trouve si peu dans nos tablettes d’épicerie. Et qui parmi vous serait assez barbare pour cracher sur la terrine de canard ou de sanglier du Québec? Notre culture culinaire existe; elle est inspirée de la France et des États-Unis, elle est très méconnue, mais elle n’est pas inexistante.

Il est aussi intéressant de consommer de la nourriture indigène, selon Slow Food International. Une espèce indigène, c’est une variété de plante ou un animal dont l’évolution s’est faite localement. Par exemple, il existe plusieurs variétés de fraises, de framboises, de maïs, de bleuets, etc. Lorsque Charles Darwin a publié son livre Sur l’origine des espèces, où il parle de la sélection naturelle, il appuyait sa théorie sur l’observation de plusieurs oiseaux des îles Galapagos, certains de la même espèce, mais aux caractéristiques différentes et adaptées à leur milieu respectif. Avec le temps, les oiseaux s’étaient, par exemple, adaptés au type de nourriture disponible dans leur milieu.

Il en va de même pour les autres espèces animales et végétales. En temps normal, une espèce d’arbre fruitier qui pousse dans le même sol acide depuis quelques siècles sera mieux adapté au climat, au type de sol et à ses nutriments disponibles, à son apport habituel en eau et mêmes aux vermines de la région. Ses fruits auront donc un goût particulier, différent du même arbre fruitier, mais qui a poussé dans une région aux conditions différentes. Malheureusement, en ce moment, cette diversité d’espèces a été amputée par d’autres besoins. Par sélection artificielle, on diminue le nombre de types de graines disponibles aux agriculteurs, pour choisir des espèces dont les fruits pouriront moins vite, survivront mieux au transport, quitte à employer plus d’engrais qu’il n’en faudrait pour une espèce indigène. Ainsi, votre Big Mac a été fait relativement avec le même type de boeuf, de laitue, de céréale (pour le pain et le sésame par-dessus), de cornichon, de tomates et d’oignons que celui commandé par un Californien. Il y a fort à parier que vos frites ont été faites avec la même variété de pommes de terre, même.

Au total, l’organisation Slow Food International affirme que depuis 1900, on a perdu 75% de la diversité agriculturelle en Europe, et 93% en Amérique. 33% des variétés d’élevage sont aussi disparus, ainsi que 30 000 sortes de légumes cultivés. Ces chiffres continuent encore à s’accroître.

Un exemple de fruit qui a failli disparaître est le melon de Montréal (Montreal market muskmelon). Ce melon sucré extrêmement gros et à chair verte s’apparente plus ou moins au melon miel.


Ce melon peut atteindre un poids de 15 lbs et est adapté pour le sol des basses-terres du Saint-Laurent, mais plus particulièrement pour la région de Montréal et des environs. Il a été importé de France au XVIIe siècle (ce qui fait probablement de lui une des premières plantes importées en Nouvelle-France). Au début du XXe siècle, on le cultivait au pied du Mont-Royal. Ce melon était un des aliments préférés du roi Édouard VII d’Angleterre, et s’exportait jusqu’à New York et Boston (un rare exploit à l’époque). Son prix (25 à 35$ la douzaine à l’époque) en faisait un aliment de luxe.

Par contre, ce melon est mal adapté à une culture industrielle, car il demande une attention particulière et journalière. Il est aussi difficile à transporter (imaginez un camion rempli de trucs ronds, très fragiles et pesant environ 12 lbs chacun… trouvez un moyen de les livrer en un seul morceau!) et ne s’adapte pas facilement à la culture dans d’autres régions. Résultat: en 1954, plus aucun fournisseur de semances ne fournissait de graines de melons de Montréal. Plus tard, le US Department of Agriculture retrouva en Iowa des graines de ce melon, et on recommence lentement à en planter dans cet état et ici, dans les fermes biologiques et des jardins communautaires bien précis, comme le Cantaloup Garden du quartier Notre-Dame-de-Grâce à Montréal. Heureusement pour notre patrimoine culinaire et gastronomique, le melon de Montréal commence à renaître, même si ce n’est pas le cas de toutes les espèces que nous avons perdues. Vous remarquerez aussi que vous ne retrouverez plus jamais de votre vivant ce fruit, même s’il est produit près de chez vous, dans les rayons d’épicerie…

Le melon de Montréal est une espèce indigène qui a contribué à notre diversité gastronomique et qui différenciait notre alimentation et notre cuisine des autres. Quand on dit que la gastronomie Québécoise est presque inexistante… à qui la faute! Cette diversité culinaire est une richesse. L’uniformité de l’alimentation, par la culture du fast-food, des chaînes d’épicerie dépendantes les unes des autres et le climat de mondialisation, où l’argent surpasse le bon goût (dans plusieurs sens) dans l’alimentation, nuit à notre diversité et à notre patrimoine gastronomique. Apprenez à consacrer quelques repas, dans votre semaine ou dans votre mois, à une gastronomie locale, proche de la vôtre et de vos racines.

Liens:
(Je vais essayer d’adopter une nouvelle façon de faire mes liens, et de les travailler un peu plus. Afin de vous inciter à lire certaines sources, je vais mettre en gras celles que je considère les plus intéressantes. Mais maintenant, de retour à l’article ^^.)

Slow Food:

International:
http://www.slowfood.com/

Canada:
http://slowfood.ca/

Québec:
http://www.slowfoodquebec.com/

Wikipedia:
http://en.wikipedia.org/wiki/Slow_Food

Passeport santé:
http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/DossierComplexe.aspx?doc=slow_food_do

Melon de Montréal:
http://www.vehiculepress.com/montreal/urban_melon.html
http://www.jardinpotager.com/semencesdumelondemontreal.htm
http://www.travellady.com/Issues/Issue61/montrealmelon.htm

ASC – Agriculture soutenue par la communauté

C’est un mouvement dont je connais peu moi-même, celui de l’ASC. Avec de la chance, ce billet sera peut-être plus court que les autres, mais n’y comptez pas trop.

L’Agriculture soutenue par la communauté (en version abrégée: ASC) est un mouvement relativement nouveau au Québec, âgé d’environ 12 ans. C’est un mouvement social et environnemental qui revoit le lien entre le producteur et le consommateur de produits maraîchers biologiques.

Le principe est assez simple, même s’il nous semble inusité. Au lieu d’acheter une quantité “x” du produit “y“, on achète une partie de la production d’une ferme pendant la saison. Les fermes, en majorité, sont reconnues comme biologiques par un organisme (Québec Vrai). Lorsque le fermier récolte ses légumes ou autres produits, il les livre une fois par semaine à un point de chute près de chez vous, où vous pouvez aller vous procurer un panier. Les produits varieront selon la saison de récolte; au printemps, par exemple, il y aura plus de légumes racines (patate) et durant l’été, ceux-ci peuvent être remplacés par du céleri, des tomates ou de la courge (selon la période de l’été, car chaque espèce et chaque légume/fruit a une période de récolte particulière). Le contenu du panier dépend donc de ce qui est mur en ce moment.

L’ASC est un phénomène si particulier que les gens qui achètent des produits ne sont pas considérés comme des “clients”, au sens propre du terme; ce sont des partenaires ASC. Cp,,e. dams un certain sens, ils ne paient pas pour un bien précis, mais une part de la récolte d’une ferme, le terme “client” n’est pas adapté.

Il y a plusieurs avantages à devenir un partenaire ASC: votre produit est certifié biologique (dans les vrais cas d’ASC – d’ailleurs, Équiterre a entrepris un partenariat avec plusieurs ASC, vous assurant de la qualité biologique du produit), par exemple, même si on confond souvent le terme “biologique” avec d’autres (produit du terroir, produit local, etc.). Les produits de l’ASC sont facilement disponibles et extrêmement frais. Dans la majorité des cas, ils ont été cueillis la semaine où ils sont livrés. La nourriture que vous mangez est donc d’une extrêmement grande qualité nutritive et gustative. De plus, pour un prix raisonnable (la ferme ASC du potager André-Samson, par exemple, livre des paniers pendant 18 semaines pour 411$, pour un peu moins de 23$/semaine), vous obtiendrez une quantité raisonnable de produits à un prix comparable à l’épicerie. Ces produits viennent du Québec et encouragent l’économie locale, sans négliger que votre nourriture n’a pas parcouru les 2600 km nécessaires, en moyenne, pour se rendre à votre assiette. Équiterre estime que d’acheter pour 20$ de plus en produits Québécois chaque semaine créerait 100 000 emplois dans la province.

Les agriculteurs biologiques tirent profit du programme d’ASC. Par exemple, certaines fermes demandent à ce que la part des partenaires soit payée au printemps. Cela leur permet d’éviter d’emprunter de l’argentt à une institution financière pour acheter leurs semences et l’équipement nécessaires pour le champ. Ainsi, ils n’ont pas à rembourser les intérêts du prêt. Équiterre offre aussi, aux fermes qui adhèrent à leur mouvement ASC, une expertise de gestion et offre de l’aide sur les techniques d’agriculture biologique, très différentes de l’agriculture conventionnelle et qui varie même d’une espèce à l’autre. Le programme assure aussi un revenu stable. Lorsqu’un producteur vend son produit à une épicerie, celle-ci doit acheter de grandes quantités, qu’un petit producteur ne peut pas toujours fournir. Avec la mondialisation de l’agriculture, plusieurs produits sont importés (les haricots viennent de Chine – même si nous avons des producteurs ici, les produits biologiques d’épicerie viennent de Californie, les bananes d’Afrique, les oranges de Floride ou de la vallée de l’Ocanaghan, etc.) et nos producteurs ne peuvent pas rivaliser dans tous les domaines, face à cette compétition. L’agriculture biologique est aussi plus variable que l’agriculture conventionnelle; en cas de multiplication de parasites, on ne peut recourir aux pesticides. Grâce à l’ASC, malgré cela, les revenus de la ferme locale restent stables et suffisants. Ce programme permet aussi au producteur d’offrir son produit à un prix décent; l’absence d’intermédiaire assure ce prix.

Comme l’agriculture biologique n’est pas subventionnée par le gouvernement du Québec et paie les mêmes redevances que l’agriculture conventionnelle (même si elle pollue moins, et revient donc moins cher pour le gouvernement, et est plus difficile à gérer pour l’agriculteur), l’ASC est aussi une façon pour l’agriculteur bio de mieux s’en sortir sans faire payer la note aux consommateurs. De plus, comme le producteur doit fournir une variété de produits, il évite les catastrophes naturelles provoquées par la monoculture. Par exemple, si un producteur de maïs tombe sur de mauvaises conditions pour le maïs, ce n’est pas que sa production qui baissera, mais aussi la totalité de son gagne-pain. La polyculture, bien que plus complexe, permet de compenser ce type de problèmes, ralentit l’apauvrissement du sol et diminue la prolifération de vermines.

Il existe néanmoins quelques inconvénients au programme ASC. D’abord, il ne faut pas confondre “produit biologique certifié Québec Vrai” avec “produit local”, “produit du Québec” et “produit du terroir”, ce sont des entités différentes. Ensuite, les fermes biologiques ont de la difficulté à se reconvertir dans les premières années. Il faut ré-enrichir un sol apauvrit par la monoculture intensive et devenu dépendant aux engrais chimiques, trouver des alternatives aux pesticides et apprendre à cultiver une diversité de plantes.

Le dernier inconvénient revient au consommateur. Comme les partenaires ASC ont droit à une part de production, si la production diminue, la part obtenue diminue elle aussi. Les mauvais producteurs (ils existent) nuisent donc à la totalité du mouvement ASC. Par contre, il est très rare que les récoltes de plusieurs produits aient une diminution de production dans divers produits. Si la récolte de céleris est mauvaise, par exemple, le producteur peut fournir une plus grande quantité de pommes de terre pour remplacer le manque à gagner.

Ainsi, l’ASC réinvente le lien entre le producteur et le consommateur, grâce à une agriculture plus locale, où les intervenants sont plus liés et plus proches les uns des autres.

Au Québec, il existait 107 fermes en 2006, qui participaient au mouvement ASC. Elles avaient 8000 partenaires, ce qui désservait environ 22 400 personnes en produits frais chaque semaine. Dans la région de Montréal et Laval, 37 fermes ont installé un point de chute et désservent 9355 personnes.

Liens:

Vidéo avec des propriétaires d’ASC sur l’agriculture biologique:
http://www.terroirsquebec.com/blog/index.php/2007/04/25/105-agriculture-soutenue-par-la-communaute

Coop la Maison Verte, point de chute de plusieurs ASC à Montréal:
http://www.cooplamaisonverte.com/fr/node/15

Communiqué de presse d’Équiterre:
http://www.gaiapresse.ca/documents/020507Equiterre_000.pdf

Étude sur l’ASC, faite par Équiterre:
http://www.equiterre.org/agriculture/pdf/ASC-Rapport_marche_ASC_Annexe07.pdf

Quelques fermes désservant Montréal:

Ferme Morgan
Produits d’élevage biologique de canard, sanglier, boeuf, mouton, etc. Cette ferme ne fait pas dans l’ASC conventionnelle, mais vend des produits bio et offre des points de chute à Montréal:
http://www.fermemorgan.com/index.html

Potager André-Samson
http://www.potagerandresamson.com/accueil.htm
Prix: 22$/semaine + 15$ de cottisation pour Équiterre, soit
411$ pour 18 semaines

Exemple d’un panier hebdomadaire:

1 melon d’eau orange
2 livres de tomates
1 chopine de tomates cerises
1 laitue feuille de chêne verte
1 zuchinni
1 concombre
6 épis de maïs sucré
1 sac de pois mange-tout
2 choux-raves
1 botte de sauge

Update: voici un engin de recherche pour trouver les ASC associées à Équiterre dans votre région.

http://www.equiterre.org/agriculture/paniersBios/listeFermes.php#recherche

L’emballage

En revenant de l’épicerie et en déballant certains achats, on peut remarquer une particularité; la pizza surgelée, par exemple, est emballée dans un plastique, lui-même emballé dans du carton. Le plat congelé classique en est toujours ainsi, que ce soit en format individuel ou plus gros. Vous ouvrez votre deuxième sac (de plastique) d’épicerie et rangez vos biscuits, placés en “snack pack”, des emballages individuels, pour vos lunchs. L’objet suivant est un poulet, que vous avez acheté dans un “case” de plastique, qui aurait le volume nécessaire pour contenir deux poulets désossés sans avoir à les comprimer.

Bon, cette petite mise en situation suffit pour vous introduire à la problématique de l’emballage. L’emballage est présent dans presque tous les produits, souvent durant plusieurs étapes de transformation. Il est souvent nécessaire, afin de transporter un produit intact du point A au point B, mais sert parfois à autre chose. Regardons, par exemple, le cas de la pizza surgelée. Certaines marques sans nom (locales de l’épicier, habituellement) arrivent à emballer leur pizza dans une simple pellicule plastique et à placer un carton sous la pizza pour assurer rigidité et transport et/ou entreposage sécuritaire. Et je dois l’avouer, j’achète pas souvent de ces pizzas-là! J’achète habituellement la bonne vieille pizza à laquelle on a ajouté une boîte de carton, car la belle image et les couleurs m’attirent comme une pie. Ça m’arrive souvent de me faire avoir par une pub gratuite, alors que la pizza, sous la pellicule plastique, est bien moins attrayante que celle retouchée et imprimée sur le carton. Donc, parfois, l’emballage a un but publicitaire qui lui est parfaitement accessoire et inutile d’un point de vue environnemental (mais pas d’un point de vue commercial).

Allons maintenant voir ce qu’il y a avec les emballages individuels classique. Vous savez pas mal ce dont je parle: les jus dans des mini-cartons, les Snak Pak, les portions individuelles de compotte de pomme, salade de fruits. Ça aussi, le garde-manger de notre famille en regorge ^^. Par contre, il faut savoir que plus on sépare une même quantité en petites portions, plus il faut de l’emballage. À la place d’acheter des petites portions individuelles, il serait bien d’acheter des plus grosses boîtes et de prendre 2 minutes de son temps le matin pour les mettre dans des contenants ré-utilisables (classique: les tupperware!). En plus d’être écologique, c’est plus souvent qu’autrement économique, car pour une même quantité, les portions individuelles reviennent presque toujours un petit peu plus chères.

Le dernier cas est celui du poulet, dans mon exemple. Vous avez sûrement remarqué, dans certaines grosses épiceries, des produits (souvent de la viande), emballés dans une “boîte” de plastique avec un top transparent et un fond noir. Ça, par contre, on n’en achète pas chez nous. On le voit parfaitement, le produit est suremballé. Il faudrait un conducteur sans permis pour réussir à abimer de la viande pendant son transport, même en camion. Qui plus est, les petites épiceries (comme la mienne) ou dans les boucheries, on vous fournit des sacs petits pour vous servir de la viande fraîche du jour, qui parfois tourne sur la broche devant vos yeux. Et le prix est, lui aussi, souvent moins cher que celui d’un poulet d’épicerie suremballé, même si les deux viennent probablement de l’abattoir le plus proche.

On ne peut pas parler d’emballage sans parler du petit sac de plastique que l’on emploie pour le transport de l’épicerie, de nos vêtements et, en fait, de la quasi-totalité de nos achats. On estime que ces sacs ont une durée d’utilisation moyenne de 20 à 30 minutes. Par contre, elles resteront dans le dépotoir pendant près d’un siècle avant de se dégrader. C’est environ 288 000 fois plus long que le temps que vous l’utiliserez. Les épiceries ont donc commencé à vendre des sacs réutilisables, et certains centres d’achat ont donné suite à cette idée. En Irlande, une loi est passée pour ajouter une taxe symbolique de 25 cents par sac de plastique utilisé. Depuis, la quantité de sacs qui se retrouvent dans les dépotoirs a drastiquement baissé, au point où il n’en reste presque plus. On parle d’une baisse de consommation de 95%.

L’emballage est un problème récurrent dans d’autres industries que celles de l’alimentation. Plusieurs jeux sont suremballés, pour attirer l’oeil. Ou si vous doutez du poids de l’emballage, allez chez Costco et regardez comment les produits sont emballés. Au final, en poids, on jette le 2/3 de ce que l’on achète dans la semaine qui suit. Cela a un impact sur les coûts en éboueurs et en recyclage (23$/t pour les ordures, 40-60$/t pour le recyclage).

En conclusion, on peut emballer pour garantir la fraîcheur ou la qualité d’un produit que l’on transporte sur de longues distances. Par contre, l’emballage a souvent un tout autre, qu’il soit publicitaire, de faire des portions individuelles ou de laisser le produit paraître plus gros. Il existe des façons de réduire notre achat d’emballage (car quand on achète un produit, on achète son contenant): ne pas se laisser impressionner par la couleur et l’attrait d’un emballage superflu, et fuir les emballages individuels pour des plus gros formats moins emballés. Consommer local ou acheter directement du producteur est aussi une bonne idée, car plus le lieu de production est proche, en règle générale, moins on a besoin de transport et donc, d’emballer trop le produit. Quant à acheter directement du producteur, moins on a besoin d’intermédiaires et donc d’étapes différentes d’emballage en transport.