Le vrai "bac vert"

On prétend au Québec que l’on est vraiment pro-environnement et l’on essaie de nous faire croire que l’on est les meilleurs en Amérique à ce niveau. Cela n’est pas entièrement faux, mais on oublie parfois de citer que l’on veut nos organismes acceptent la création de ports méthaniers, ou de vendre des terrains sur un parc public pour qu’un riche milliardaire ayant un chalet au lac Memphrémagog puisse y construire des condominiums de luxe (avouez qu’un condo sur une des plus belles montagnes du Québec, à proximité d’une station de ski, un village touristique merveilleux – soit Magog – et la station de Jouvence, ça a de quoi faire rêver!).

Oui, malgré nos prétentions écologiques, il nous arrive de prendre des décisions qui ne vont pas en accord avec cette philosophie.

Mais le plus grand fléau de notr “egologique”, c’est de négliger certaines choses faites ailleurs dans les Amériques et de ne pas assez s’informer. Par exemple, la ville de Seattle a lancé un projet où plusieurs villes américaines ont décidé, contrairement à leur gouvernement, de respecter les engagements du procole de Kyoto. Ceux-ci avaient espéré obtenir 140 autres villes qui auraient effectué le même engagement (afin de symboliser les 141 pays signataires du protocole de Kyoto), mais malheureusement, seulement *sarcasme* 500 villes ont témoigné leur intérêt dans cette idée. À croire que les États-Unis ne sont pas si “anti-écolo” que ça ^^.

Par contre, ce n’est pas le sujet de cet article. Peut-être que plus tard, je parlerai un peu de Seattle, mais chaque chose en son temps. Pour l’instant, je vais parler de Toronto et du nouveau “bac vert”, lancé dans la ville depuis juin 2003.

Le “bac vert” de Toronto est un système de collecte de matières compostables, à l’image de ce qui se fait avec la collecte d’ordures ou du bac de recyclage. Les matières compostables représentent environ 30% de nos ordures. Cela signifie qu’en plus des matières recyclables, environ 300 lbs. de ce que l’on jette chaque année (car on jette un peu moins d’une tonne de déchets par année) serait utilisable, mais que l’on préfère l’envoyer infecter le site d’enfouissement. En effet, combien de personnes ont un composteur dans leur cour? Ma famille en a un et notre université organise un programme de vermicompostage. Résultat: je ne me sers quasi-jamais de ma poubelle.

Le programme du “bac vert” vise quelques municipalités et déssert 510 000 habitations. Cela fait un peu plus d’un million de personnes, ou une personne sur 7 au Québec.

L’avantage du bac vert est de réduire les ordures. À un moment où la gestion des résidus solides est devenu un enjeu important (la ville fait enfouir ses déchets dans l’état du Michigan – ce qui n’est pas gratuit) pour la région de Toronto et des environs. La ville de Toronto a réussi à réduire l’enfouissement de ses déchets de 32% en 2003, grâce à l’arrivée du réseau de compostage.

Au Québec, certaines petites municipalités offrent/offraient la collecte du bac de compostage, pour alimenter des usines. Encore là, on n’a jamais approché du 510 000 habitations.

En France, le compostage public a parfois causé de graves problèmes. Plusieurs imbéciles ont mis de la vitre dans leur bac de compost, et celui-ci a été concassé avec les résidus organiques. En épendant le compost dans les champs, les résidus organiques se sont mélangés à la terre, alors que la vitre est restée sur la surface du champ et reflétant les rayons du soleil, pour donner une ambiance plus ou moins dégueulasse à ces champs. Espérons que personne ne sera assez idiot pour le faire ici, ou que l’on trouvera un moyen de pallier à ce problème.

Liens

Ville de Toronto – Programme du “Green Bin”
http://www.toronto.ca/greenbin/index.htm

Article détaillé de la ville:
http://www.fims.uwo.ca/newmedia/newmedia2004/garbage/garbage_weeks_d4_p.htm

Canadadivided.com

Un site web existe depuis quelques mois, intitulé canadadivided.com

Ledit site est un ramassis de gens, de plusieurs allégeances politiques, qui croient que le bilinguisme canadien est une dépense extrêmement coûteuse qui devrait être coupée. Les Canadiens français du Canada, étant en forte minorité, ne devraient plus bénéficier d’un bilinguisme illusoire. Afin de corroborer avec cette mentalité, le groupe croit que la meilleure solution pour le Québec est sa séparation.

La mentalité faite par ce site est tout à fait logique. Elle blâme la loi 101 pour brîmer les droits des anglophones au Québec. Une telle issue est tout à fait discutable, car le seul droit qui y est brimé est celui sur l’affichage publicitaire (chose à laquelle plusieurs compagnies se sont adaptées, en lançant des “slogans” en anglais, qui n’étaient pas assujettis à cette loi). On se rappellera, lors du lancement de la PS2, que la publicité ne portait un message qu’en anglais: “Live in your world, play in ours”. Comme ce slogan était une marque déposé, la loi 101 ne s’y appliquait pas.

Bon, jusque-là, il n’y a aucun problème. Le gros défaut du site n’est pas chez ses fondateurs, mais chez les gens qui ont adopté l’idéologie. M. Flemming, un des fondateurs du site, est une personne très respectueuse et parlable, bien qu’il n’ait pas beaucoup de respect pour ma pauvre personne ^^. Par contre, plusieurs utilisateurs utilisent des préjugés ou des fausses idéologies pour justifier une haine gratuite envers toute personne employant le mot “bonjour”, un peu à la manière de quelques rares québécois qui jouent la vierge blessée en entendant la mot “hello”.

À titre d’exemple, un des posteurs réguliers de ce site arbore un drapeau du Québec, où les quatre fleur-de-lysées ont été remplacés par des crois gammées. Un autre traite de “biggot” toute personne défendant la nation Québécoise. Mais le pire se trouve dans une section, où l’on compare la nation Québécoise aux nazis, avant l’époque de 1938.

Sur cette section, Marv Jason, un ancien habitant de Montréal, compare les gangs de rue aux chemises brunes d’Hitler, affirme que la communauté anglophone du Québec est en chutte libre (et il est le seul à le faire) et montre des copies qu’il envoie aux médias pour dissuader les gens d’aller au Québec. Il affirme que notre province n’est “pas digne d’être démocratique”.

Le pire de ce qui s’est passé sur ce site est arrivé cette semaine. Un article parlait d’une jeune fille qui aurait été “vendue” d’un gang de rue à l’autre, à Montréal, pour environ 3000$ en argent et en drogues. La nouvelle est assez dégueulasse, avouons-le. Imaginons la dégueulasserie d’un tel acte… déjà que la prostitution n’est pas le refuge des gens les plus respectables de la province. Plus tard, on a appris que la jeune fille n’a pas été vendue, mais qu’elle serait probablement en fugue.

Que ce site parle d’une telle nouvelle est un cas particulier, mais bon… Ce qui suivait, de la part de M. Jason l’est beaucoup plus. Après avoir publié l’article à ce sujet de “The Gazette”, il prétent que le Québec aurait d’abord été colonisé par des putes. Cela n’est pas faux, car certaines “Filles du Roy” envoyées au Québec étaient effectivement d’anciennes prostituées. À cette époque, on envoyait les criminels dans les colonies et les britanniques y employaient des esclaves… Donc les ancêtres des nations d’Amérique (du côté des Blancs) sont des tire-laines, des représentants cléricaux et des esclaves noirs.

J’ai demandé à M. Jason le lien entre son affirmation sur “notre colonisation par des putes” et la vente de la jeune fille en septembre 2007. Celui-ci a répondu que “c’était dans nos gènes”. Je l’ai traité de racisme et on m’a banni du site ^^.

N’oublions pas que le racisme et la xénophobie sont deux choses. La xénophobie, c’est la haine des nations. Le racisme, c’est la croyance qu’il existe une “hiérarchie des races”. Les sionistes sont racistes, car ils croient en la suprématie des Juifs. Les Orangistes sont racistes, car ils croient en la suprématie de la race Saxonne et anglicane. Les esclavagistes sont racistes, car ils croient que certaines races sont inférieures aux autres au point de pouvoir en faire des esclaves. Ça, c’est du racisme. De croire que parce qu’une fille est Québécoise, il est explicable “qu’elle soit une putte et qu’on la vende pour 3000$ en argent et en drogues”, ça aussi, c’est foutrement raciste.

Alors, je tenais à montrer un peu à tous ce qu’est la face de canadadivided.com . Ce site est tenu par des gens fort respectables, mais permet à des gens de lancer des propos irrespectueux et de se faire protéger quand ils emploient une argumentation raciste.

Je vous invite à visiter ledit site de www.canadadivided.com , d’aller voir le forum et de dire bonjour à M. Marv Jason. Je vous invite à être respectueux avec lui, mais à souligner ses propos qui sont vraiment racistes (et non ceux qui sont simplement xénophobes) en les dénonçant hautement et vertement.

Le design d’éoliennes – William Kamkwamba

Je ne ferai pas un article long (hé oui, voilà, c’est arrivé!) et me contenterai de vous laisser ce lien vers le site de TED (Technology, Entertainment, Design). TED organise des conférences avec plusieurs conférenciers chaque année, et cette fois, ils ont reçu un jeune du Malawi qui, à 14 ans, a créé une éolienne dans sa cour, en s’inspirant d’un livre à ce sujet. L’éolienne est faite à partir de panneaux de bois, d’une roue de bycicle et d’autres matériaux. Elle a un potentiel de 12 Volts lorsqu’il y a un vent assez fort. L’éolienne peut alimenter 4 lumières et deux radios.

http://www.ted.com/talks/view/id/153

Le vidéo vous prendra 5 minutes à écouter, ce qui est presque aussi long que de lire un de mes articles normaux.

Je dois avouer que je suis impressionné par le courage de cette personne. Le site de TED affirme qu’ils auraient invité William Kamkwamba à une conférence après avoir entendu parler de lui sur la blogosphère.

Je n’utiliserai pas ce médium afin de montrer mes affiliations politiques quant à l’Afrique; on s’écarterait sérieusement du sujet. Il suffit de dire que plusieurs personnes là-bas ont un désir de créer et d’améliorer leurs conditions de vie, et que malgré les petits moyens qu’ils ont (par exemple, le manque d’accès à l’électricité), ils réussissent de petites prouesses grâce à leur énorme débrouillardise.

Le jeune William Kamkwamba souhaiterait bâtir une seconde éolienne, plus puissante, afin de pouvoir créer un système d’irrigation pour les champs.

Énergies, partie 6: L’éthanol d’ici et d’ailleurs

Tant de sujets à publier et si peu de temps pour le faire… Je dois m’excuser des délais d’une semaine que je mets entre chacun de mes articles, mais j’essaie de les documenter le plus possible, afin que vous soyez surs que je n’essaie pas de vous servir une bouze de vache (de piètre qualité d’ailleurs!) à la place de l’information que les lecteurs méritent d’avoir.

Mon billet actuel porte sur l’éthanol, un carburant qui peut sembler à la fois prometteur et à la fois très inutile. En effet, les optimistes y voient une solution qui pourrait réduire notre consommation de carburant pétrolier, et d’autres perçoivent ce mode de production de carburant comme une énorme perte d’investissements précieux (car on manque toujours d’argent, même quand on le compte en millions).

L’éthanol classique
Cet éthanol dont nous entendons couramment parler est produit à partir de maïs, de canne à sucre, de soja ou d’autres plantes. L’éthanol fabriqué à partir de ces produits peut être utilisé par la suite comme carburant pour voitures. Par contre, il ne faut jamais oublier que les voitures ont été fabriquées pour supporter l’essence faite à partir du raffinage du pétrole. Depuis quelques années, les compagnies de voitures ont créé des véhicules au “carburant flexible”, c’est-à-dire qu’elles peuvent carburer selon différentes sources. Les voitures les plus connues sont celles qui de type “E85″. Ces modèles ont un senseur de concentration d’essence de pétrole dans le moteur, qui leur permet de s’adapter au carburant dans le réservoir. Le E85 signifie “Ethanol 85″, ce qui veut dire que le moteur peut fonctionner dans des conditions raisonnables tant que la concentration d’éthanol dans le carburant ne dépasse pas 85% d’éthanol (il faut donc que 15% du carburant soit de l’essence de pétrole).

L’éthanol a des caractéristiques intéressantes: elle contient, par exemple, 80% moins de contaminants potentiels que le carburant classique. Elle est issue d’une ressource qui, jusqu’à un certain point, est renouvelable, car elle provient de l’agriculture. Son coût de production n’augmentera donc pas dans les années à venir, à moins d’une hausse importante dans la demande en biocarburants. Pour l’instant, son coût de production est d’environ 0,40$/L, ce qui rend ce carburant moins cher que l’essence, avec ses nombreuses redevances versées au pays producteur, au pays où celui-ci est consommé et à la “maigre” marge de profits que les entreprises se gardent.

Par contre, d’autres problèmes se présentent. La culture de l’éthanol met en danger la souveraineté alimentaire des pays qui en produisent trop. En effet, les champs que l’on utilise à la culture d’un produit qui sera transformé en éthanol ne servent pas à produire de la nourriture. On doit donc importer plus de nourriture ou la transporter sur de plus grandes distances… dans des camions à essence. De plus, l’agriculture consomme, elle aussi, de l’énergie; selon David Pimentel, du Cornell University, il faudrait 29% plus de combustibles fossiles que l’énergie rapportée par l’éthanol. Cela est du au fait que les engrais sont souvent fabriqués à partir de gaz naturel et que la transformation de la matière première en éthanol peut être très énergivore. Pour la majorité de l’éthanol fabriqué à partir de différentes sources (maïs, soja, bois, etc.), le rendement est égal ou inférieur à celui du maïs. Les données montrent aussi que si on transformait toute la production américaine de maïs, de riz, de blé et de soja en éthanol, cela ne représenterait que 4% de la consommation annuelle de carburant du pays. Il faut donc cultiver sur d’énormes territoires pour obtenir très peu de carburant, au rythme où nous en consommons, bien sur. Et celui-ci n’est pas encore près de diminuer, à moins que nous n’y soyons forcés.

Malgré ces problèmes, le marché de l’éthanol grossit aux États-Unis, car il est possible d’obtenir une petite portion du marché. Les Américains se cherchent d’ailleurs toutes les alternatives possibles pour arrêter de dépendre du pétrole du Moyen-Orient et du Vénézuéla, demandant même au Canada de faire sa part en augmentant l’assèchement de nos puits et de nos sables bitumineux (au coût d’extraction extrêmement énergivore – il faut parfois plus d’énergie pour en extraire le pétrole que ce que la combustion du pétrole ne rapporte).

Mais ne généralisons pas tous les cas d’éthanol. L’éthanol de maïs a ses propres problèmes et chaque culture a ses avantages et désavantages. La technologie pourrait aussi aider à augmenter le potentiel de ce carburant (même si l’éthanol des produits de l’agriculture ne prendra jamais une portion significative de notre consommation), et les régions du monde ont chacune leur spécificité à ce sujet. Par exemple, si la France devait carburer entièrement à l’éthanol fabriqué à partir de maïs, il faudrait un champ ayant une superficie équivalente à la taille du pays au complet! Mais au Brésil, par exemple, la culture de la canne à sucre et 30 ans de recherches et développement dans la production et la transformation d’éthanol ont permis au pays de se démarquer de tous les autres.

L’éthanol brésilien
On estimait que 2006 serait, grâce à la production d’éthanol du Brésil, la première année de l’histoire où le pays aurait atteint l’équilibre énergétique (autant d’énergie importée que d’énergie exportée). L’éthanol brésilien, contrairement à ailleurs dans le monde, a une grande importance dans la consommation de carburant du pays, et avec raison! À la pompe, l’éthanol coûtait 0,53US$/L, contre 0,99US$/L pour l’essence ordinaire. Moi aussi, je prendrais de l’éthanol, à ce prix-là. Le carburant “naturel” est cependant 30% moins efficace que le carburant orfinaire. Il faut donc que le carburant ordinaire soit inférieur à 70% du prix du pétrole classique pour être rentable.

Grâce à la production de canne à sucre dans le pays, 40% du carburant consommé est de l’éthanol. Depuis 2003, les concessionnaires automobiles ont créé des véhicules au “carburant flexible”, capables de fonctionner, peu importe la proportion d’éthanol dans le carburant (de 0 à 100%, et non comme le E85). Certains concessionnaires envisagent même de ne produire que ce type de voitures maintenant.

Les essors technologiques ont d’ailleurs permis aux brésiliens de faire chuter le coût de production de l’éthanol de 0,60US$/L à 0,20$/L, soit 50% du coût de production moyen de l’éthanol ici. Par contre, l’exemple brésilien possède aussi ses propres problèmes. Plusieurs automobilistes ne font plus confiance à l’essence ordinaire et optent pour l’éthanol, ce qui crée une forte demande et les agriculteurs ont de la difficulté à y combler. De plus, les Américains aimeraient aussi pouvoir importer une quantité de cet “argent liquide” vers leur pays. Actuellement, il doit y avoir au Brésil un peu moins de 400 champs de canne à sucre dont la production est liée à la fabrication de carburant.

Devant les difficultés de l’éthanol à répondre à une demande constante, des scientifiques se sont mis à la recherche de procédés qui permettraient de transformer, à faible coût, de produire de l’éthanol par d’autres méthodes que la fermentation du glucose. C’est ainsi que les États-Unis et, depuis peu, le Québec, se sont mis à la recherche de nouvelles façons de profiter de ce marché.

L’éthanol cellulosique et le cas du Québec
En 2007, lors des élections, Jean Charest a promis de convertir 5% de la consommation actuelle de carburant à transport (ce qui représente 400 millions de litres par année) en biocarburants. C’est d’ailleurs une des seules promesses (avec les baisses d’impôts et les promesses qu’il a faites et dont on ne voulait pas) qu’il semble prêt à tenter de réussir. Cette année, Éthanol Greenfield a ouvert, à Varenne, une usine de production d’éthanol, qui créerait 120 millions de litres de ce carburant chaque année. Durant les 6 premiers mois de son ouverture, elle en a fait 60 millions, ce qui semble montrer que l’estimation des experts était assez proche de la vérité.

Par contre, on ne crois pas que la production québécoise d’éthanol “conventionnel” puisse surpasser ces 120 millions de litres. C’est pourquoi le gouvernement du Québec, Kruger, Ultramar, Ethanol Greenfield elle-même, CRB et Enerkem Technologies ont démarré, conjointement avec l’université de Sherbrooke, un projet de 23 millions pour la recherche en éthanol cellulosique.

L’éthanol cellulosique cherche à trouver des moyens alternatifs de produire de l’éthanol avec des produits ne contenant pas de glucose. On songe ainsi à créer de l’éthanol à partir de résidus solides (votre voiture pourrait carburer à partir de produits de vos poubelles!), de résidus de l’agriculture qui ne sont pas utilisés (on songe par exemple aux tiges et aux feuilles de maïs, pour faire d’une pierre deux coups – on fait de l’éthanol conventionnel avec l’épis et de l’éthanol cellulosique avec le reste) ou de résidus de coupe forestière. Ce dernier objet peut être payant, car les compagnies forestières qui sont au Québec ont actuellement des problèmes, du au dollar canadien (si on pouvait se débarasser du Canada et de leur foutue devise albertaine…) qui est en hausse et nuit à nos exportations de ressources naturelles, et a du procéder à des mises à pied. Maintenant, la création d’éthanol cellulosique pourrait aussi créer des emplois, en plus de limiter la crise forestière.

La chaire sur l’éthanol cellulosique de Sherbrooke a plusieurs buts: faire de la recherche dans ce nouveau domaine afin de donner au Québec une part de ce nouveau et (selon le premier ministre) prometteur marché. Il a aussi pour but de prouver la faisabilité économique de la production de cet éthanol cellulosique, ce avec quoi je suis plus ou moins en accord (j’expliquerai tout à l’heure). Le dernier but est de permettre à l’université de former une main d’oeuvre capable de gérer cette nouvelle technologie, et compétente dans ce domaine.

Je ne suis pas trop en accord avec la méthode de l’université de Sherbrooke et des entreprises privées dans la création de cette chaire pour une simple raison. Le projet de recherche sur l’éthanol cellulosique en est un de 23 millions (environ). Il comprend de la recherche, ainsi que la création d’une usine à Westbury, où on se concentrera sur les matières résiduelles urbaines (poubelles) et une autre usine à Bromptonville, où on se concentrera plutôt sur les matières résiduelles forestières et agricoles. Le problème est que l’investissement dans la chaire est de 1,275 millions de dollars par année, pendant 5 ans. Cela totalise un peu plus de 6 millions. L’usine de Westbury a été estimée au coût de fabrication de 8,2M$, et celle de Bromptonville à 9M$. Ainsi, on voit que l’on investit 6,375M$ en recherche et développement pour une nouvelle technologie, et 17,2 M$ pour sa commercialisation. Cela me semble un peu inégal, car on favorise la production au détriment du développement. Le résultat est que l’on risque d’avoir des moyens technologiques moins efficaces ou pire, qu’un autre pays, comme les États-Unis qui investissent des centaines de millions en recherches locales, n’arrive à nous distancer et à trouver de meilleurs moyens de production. Oui, la faisabilité économique peut être importante, mais une telle recherche aurait pu mériter de meilleurs investissements.

Conclusion
L’éthanol est un carburant particulier, bien différent du pétrole. Il apporte ses avantages et des inconvénients qui lui sont propres, et a une capacité de production bien limitée avec nos moyens actuels. Par contre, nous tentons du mieux que nous le pouvons d’améliorer ces moyens. L’exemple du Brésil nous montre tout de même qu’avec de la volonté, il y a une possibilité de faire quelque chose avec ce carburant, si nous sommes prêts à y mettre l’effort nécessaire. Plusieurs gens ont de grandes visions sur l’éthanol; pour plusieurs, elle est due à une mégalomanie aveugle, où l’on croit voir un jour des stations d’essence sans essence dans un avenir rapproché. Croyez-moi, on servira de l’ordinaire pour encore assez longtemps! Mais peut-être que dans un avenir proche, on ne verra plus que de l’ordinaire, du suprême et du diesel dans nos pompes.

Liens utiles (les meilleurs sont en gras et rouges):

Sur l’éthanol classique et le cas du Brésil:

Wikipedia – Ethanol
http://en.wikipedia.org/wiki/Ethanol#As_a_fuel

Washington Post – Brazil’s Road to Energy Independence – August 20, 2006
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2006/08/19/AR2006081900842.html

Cornell Ecologist’s Study finds that producing ethanol and biodiesel from corn and other crops is not worth the energy
http://www.news.cornell.edu/stories/July05/ethanol.toocostly.ssl.html

Forget the Ethanol Myth – Avoid Biofuel Bubble
http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601039&refer=columnist_wasik&sid=aOS8e5kvDESE

The Biofuels Boom: Implications for Agriculture, Energy, and Automotive
http://www.globalinsight.com/Highlight/HighlightDetail6798.htm

Iowa Corn – E85
http://www.iowacorn.org/ethanol/ethanol_5a.html

Le marché agricole a ses limites (Les Affaires)
http://www.lesaffaires.com/article/1/nouv/2007-07-07/444166/-le-marche-agricole-a-ses-limites-.fr.html

Éthanol Greenfield va bien (Les Affaires)
http://www.lesaffaires.com/article/0/grande-entreprise/2007-08-31/463433/ethanol-greenfield-va-bien-.fr.html

Greenfield Ethanol
http://www.greenfieldethanol.com/


Sur l’éthanol cellulosique et le Québec

Université de Sherbrooke
http://www.usherbrooke.ca/liaison_vol41/n19/a_ethanol.html

Communiqué de presse du gouvernement du Québec
http://www.premier-ministre.gouv.qc.ca/salle-de-presse/communiques/2007/juin/2007-06-07.shtml

Québec veut carburer à l’éthanol (Les Affaires)
http://www.lesaffaires.com/article/2/economie/2007-06-07/442155/quebec-veut-carburer-a-lethanol.fr.html

Planète Urgence – article bien détaillé (et vulgarisateur) : L’éthanol cellulosique, prix de l’espoir:
http://www.infosdelaplanete.org/2015/l-ethanol-cellulosique-prix-de-l-espoir.html

Énergies, Partie 5C: Le pétrole – Bilan de l’année 2006

Je passais tout innocement dans le couloir qui me menait à la piscine où je travaille, jeudi dernier, quand un enfoiré de journal appelé le National Post m’est apparu sur une table. Personne pour le réclamer, je l’ai donc pris en me disant que comme mes shifts font 9h30 et que j’aurais 5-6 clients cette journée-là (j’en ai eu 2…), aussi bien lire le journal… Je passais donc dans les BD (car le National Post a presque juste ça d’intéressant, sauf ses propos xénophobes parfois), quand j’ai tourné au cahier maudit… LE FINANCIAL POST. Les articles m’ont confirmé le genre de préjugés que j’ai; à la dernière page, un hurluberlu appelait à éliminer les libéraux de Colombie-Britannique, car ceux-ci proposaient l’autonomie énergétique de la province, ce qui pour le type qui a écrit l’article était une aberration ridicule qui détruirait toute l’économie de BC.

Par contre, un autre article richement écrit m’a intéressé par son titre…

http://www.canada.com/nationalpost/financialpost/story.html?id=7bd3bdc5-8af5-425a-9875-7507731c1c52&k=93003

Comme j’ai effectué quelques bouts de messages sur le pic pétrolier et l’avenir du pétrole, j’ai pris bien soin de lire l’article. Je vous conseille de le faire aussi.

La situation de cette année n’est pas encore dramatique, mais selon cette source, il semblerait que les réserves de pétrole mondial connues n’ont augmenté que de 1% cette année. Les réserves de pétrole, c’est simple: ce sont les sources de pétrole connues additionnées à celles découvertes par année, auxquelles on retire le pétrole extrait. En gros, cette année, on a découvert presque autant de pétrole que l’on en a consommé.

Ce n’est pas un résultat si impressionnant, car les réserves connues de pétrole n’augmentent plus beaucoup depuis les dernières années, même si on y dépense plus d’une centaine de milliards chaque année pour essayer d’en trouver. Par contre, portez bien attention à ceci:

Global oil reserves would have fallen by 2.1% over the last two years without a 6.4 billion barrel increase in Canada. Oil production barely budged from 2005.

C’est assez inquiétant, donc, car sans les sables bitumineux du Canada, on aurait consommé plus de pétrole qu’on en aurait découvert. Une autre partie de l’article traite aussi des investissements de capital, dans le but de découvrir de nouvelles sources de pétrole. Cette année, ce capital investi a été de 30% supérieur à l’an dernier, où on avait augmenté nos investissements de 60 milliards de dollars déjà. Donc, on a dépensé près de 400 milliards de dollars cette année, pour jouer au sourcier cherchant du pétrole, mais on a obtenu des résultats médiocres. Cela est un signe que l’on s’approche du jour où l’on connaîtra exactement les réserves totales de pétrole dans le monde. On approche aussi rapidement du jour où l’on verra les réserves connues de pétrole dans le monde diminuer, à cause d’une consommation trop élevée et de découvertes trop maigres. Une telle perspective a de quoi inquiéter les pétrolières sur l’avenir de leur industrie à long terme, et les consommateurs sur leur utilisation du pétrole en général.

Résultat? Ma conclusion est simple: l’apocalypse est encore très loin d’approcher, et il reste encore plus de 250 milliards de barrils en réserve dans le sol (certains seraient durs à aller chercher, car ce ne sont pas toutes les réserves qui sont exploitables pour le moment et le seront un jour, sans payer très cher). Par contre, on remarque que notre consommation est très élevée, au point où elle paraît sur les réserves mondiales de pétrole. On voit aussi que l’on doit investir plus d’argent, beaucoup plus, pour trouver beaucoup moins de pétrole. Ce sont les conclusions de l’année 2006 sur l’extraction et la découverte de gisements de pétrole.