Les CPE et le taux de natalité

http://www.top-logiciel.net/news-article.storyid-1933.htm

On le sait bien, car on nous le dit souvent; le taux de natalité au Québec est extrêmement faible. On se plaint des enfants uniques et des “enfants-rois” (terme ridicule, vous reconnaîtriez pas un enfant unique dans une foule - soit dit en passant, je suis l’aîné d’une famille de 3 enfants) chouchouttés par leurs parents. Il est vrai qu’un enfant unique a plus d’attention de la part de ses parents que s’il avait 3 frères, mais parfois, c’est le train de vie actuel qui démotive les parents à avoir d’autres enfants. Comprenons-nous bien: les parents qui ont un seul enfant ont, pour la majorité, les moyens financiers d’avoir plusieurs enfants. Les raisons qui retiennent les parents d’avoir plus d’enfants ne sont pas économiques; ce sont des questions personnelles bien plus que financières.

C’est pourquoi quand j’entends parler du “bébé-bonus” de M. Dumont, ça me titille un peu (surtout qu’il prétendrait atteindre le taux de fécondité de 2 -ne pas confondre avec le taux de natalité - alors que l’on est à 1.6 et que l’on n’a pas atteint ce seuil symbolique depuis 1970). Les raisons pour lesquelles le taux de natalité est si faible ne viennent pas de nos finances, qui se portent relativement bien, et beaucoup mieux que durant le baby-boom, qui a connu son pic dans les années ‘60. C’est souvent l’absence de services pour venir en aide aux parents et le temps que les parents peuvent allouer à leurs enfants qui entrent en cause. Les études de Statistiques Canada à ce point sont formelles; il semblerait que le temps supplémentaire alloué au travail au cour des dernières années a grugé du temps qui jadis était passé en famille. Avec l’arrivée des femmes sur le marché du travail, notre structure sociale au niveau de l’aide aux familles a du s’adapter, et a fait d’énormes progrès.

Prenons d’abord le CPE, sur lesquels les insatisfaits chargent toujours à qui mieux mieux. Il y a 10 ans, il y avait 50 000 places en garderies privées (30$/jour, parfois) disponibles au Québec. Depuis la création des CPE, nous avons 200 000 places en garderies publiques et privées de disponibles. Nous pouvons donc faciliter une meilleure conciliation famille-travail en permettant aux parents qui veulent retourner travailler de le faire, tout en s’assurant que leur enfant sera bien surveillé et que l’on s’occupera de lui. Ces garderies coûtent cher aux contribuables (qui paient la différence), mais qui peut s’en plaindre, quand un tel service vient en aide à tant de familles?

Mario Dumont propose de donner des récompenses aux entreprises qui veulent permettre aux parents d’enfants de moins de 16 ans d’avoir un horaire mieux adapté à la vie familliale. Il est vrai qu’en ce moment, dans plusieurs secteurs, être parent est devenu un moins extrêmement négatif. À l’embauche, certains dirigeants des ressources humaines voient les parents comme des gens qui ne pourront pas faire beaucoup d’heures supp, qui prendront leur congés en même temps que les autres (problématique majeure quand plusieurs employés prennent la semaine de relâche en congé) et qui ont une vie importante en-dehors du travail. Pour les gens qui ne sont pas ancrés dans leur carrière, avoir un enfant, c’est presque un problème au niveau strict de l’embauche. Il faut donc faire changer ce préjugé chez les entreprises, et M. Dumont a une bonne idée en voulant favoriser les entreprises prêtes à aider les parents.

Par contre, on croirait presque que l’ADQ est allée piger dans les idées de Québec Solidaire. L’an dernier, QS avait lancé un plan pour les familles, voulant ainsi permettre d’augmenter le nombre de semaines de vacances aux employés (afin de pouvoir passer du temps avec les enfants) . QS proposait aussi de donner une allocation familiale universelle (ce avec quoi je continue à être en désaccord - investissons dans les services d’abord). C’est assez particulier de voir les adéquistes rire de Québec Solidaire et de poser leur pré-campagne électorale en lançant des propositions gauchistes (Vous pouvez consulter le cadre financier de QS et verrez les deux engagements qui ont été pris, et chiffrés, en 2007). Quel est le parti des familles?

Poursuivons un peu avec l’importance de la structure sociale d’aide aux familles. Je ne crois pas que le gouvernement puisse vraiment forcer les gens à procréer plus (même si l’Église a réussi l’exploit dans le passé, le plus haut nombre de naissances au XXe siècle a été pendant la révolution tranquille). Le taux de natalité dépend du temps que l’on peut allouer aux enfants, du train de vie que l’on mène, des services capables de nous aider et de nos moyens financiers (qui en ce moment se portent bien). C’est aussi une question de mentalité; veut-on vraiment avoir des enfants? Il y a des fois où je vois des gens dans la trentaine à qui je ne confierais pas un sac de farine.

Une chose que l’on remarque est que devant l’avancée du Québec au niveau des structures sociales d’aide au famille, le reste du Canada commence à vouloir suivre. Le fédéral est de plus en plus poussé pour financer les garderies à l’extérieur du Québec. On a vu dans le passé que lorsque le Québec lançait une mesure de gauche qui fonctionnait bien (comme le CPE), les Canadiens voulaient l’adopter. Ce fut le cas avec l’assurance-maladie, c’est le cas actuellement avec le débat sur les frais de scolarité (pendant que la droite se bat ici pour qu’ils reviennent à la moyenne canadienne, les Canadiens se battent pour que leurs frais redescendent à la moyenne Québécoise).

À mon avis, le seul incitatif que le gouvernement peut faire actuellement pour favoriser le taux de natalité serait de permettre aux gens d’avoir plus de temps pour concilier le travail et la famille. Je suis parfaitement pour la proposition de QS de changer les normes du travail pour permettre aux gens d’avoir le droit à une semaine de congé supplémentaire payée (la première année, les gens ont droit à 2 semaines, la 2e à 3 semaines). L’Europe a 5 semaines après 3 ans (nous 4) et reste productive.

Je voulais en profiter aussi pour tester un peu mes capacités à jouer sur le logiciel Matlab (un logiciel pour ingénieurs qui fait du calcul avancé et peut générer des graphiques à partir de matrices). J’ai donc compilé les données sur le taux de natalité et les naissances au Québec durant le XXe siècle. Je ne suis pas comme le site d’Antagoniste, et ce graphique n’a donc pas été tronqué au niveau des axes. Cela induirait les lecteurs visuels (comme moi) en erreur.Ce que je vois de ce taux de natalité est que le seuil de (taux nécessaire pour regénérer une population) en taux de natalité n’a pas été atteint depuis plus de 40 ans. On remarque aussi une mini-mini hausse du taux de natalité dans la dernière année, mais elle est plus facile à voir si l’on fait un zoom sur la période 1986-2006.
Ici, l’on remarque que les années ‘90 ont fait relativement mal au taux de natalité, qui diminuait lentement. On remarque par contre qu’en 2005-2006, une petite croissance s’amorçait. La croissance a été faible (de 0,08 enfants/personne de 2005 à 2006 et de 0,01 de 2004 à 2005), mais elle est suffisante pour rendre les gens plus optimistes quant à la hausse du taux de natalité. On remarque aussi qu’avec notre taux de natalité actuel, il est impensable de penser à soutenir notre population sans avoir recour à un bon taux d’immigration. N’oublions pas non plus que les nouveaux arrivants sont souvent la branche la plus innovatrice d’une nation.
Ce graphique montre le taux de fécondité en fonction des années. Le taux de fécondité est le nombre d’enfants par femme. Pour une société qui se regénère, on estime qu’il faut un taux de fécondité de 2.1 . Au Québec, en 2006, nous étions à environ 1.62 . Le taux de fécondité de 2.1 a été atteint la dernière fois en 1969, il y a presque 40 ans. Voilà pourquoi je crois que l’ADQ devrait se fixer un objectif plus réaliste que celui de retourner à un taux de fécondité de 2; je doute que ce soient les mesures politiques qui nous permettront de faire cela, en fait.

En conclusion, je ne crois pas que les moyens financiers vont aider le taux de natalité. Ce qu’il faut, c’est que les gens aient du temps libre, veuillent des enfants, aient une relation stable (ce qui est rare de nos jours - mais j’espère pouvoir dire que j’en ai une avec ma copine) et avoir une structure sociale capable de nous aider à élever un enfant.

Données obtenues à l’institut de la statistique du Québec

Article du Devoir de 2007, sur la hausse du taux de natalité de 8% au cour de l’année 2006:
http://www.ledevoir.com/2007/01/27/128896.html

C’est la saison: ASC


Salut à tous,
Ce petit message est pour vous rappeler qu’en ce moment, c’est le moment pour prendre une entente avec les producteurs biologiques pour profiter du programme d’ASC (Agriculture Soutenue par la Communauté). Équiterre a lancé sa campagne, et il reste encore des places. Si vous êtes intéressés à avoir des légumes frais et biologiques (certains ne sont pas certifiés, mais Équiterre demande certaines mesures), contactez-les maintenant:

http://www.equiterre.org/agriculture/paniersBios/index.php

Pour plus d’informations sur le système d’ASC, suivez ce lien vers l’article que j’avais publié il y a un petit bout.

Le biomimétisme - un design inspiré de la nature

Qu’on le veuille ou non, le gaspillage inutile est présent partout dans notre industrie. La tuyauterie conventionnelle, par exemple, comporte des structures en angle de 90 degrés (causant de la friction), dans des tuyaux extrêmement petits, et augmente les besoin en énergie pour faire circuler une même quantité d’eau.

Ce gaspillage a toujours des raisons: des raisons économiques (il coûte cher de faire quelque chose d’efficace), un manque de durabilité, un manque d’audace souvent légitime… Mais dans plusieurs cas, cela est du à un manque de connaissances.

C’est il y a environ 10 ans que l’on a commencé à intégrer dans nos designs, de façon officielle et accrue, des idées issues de la nature. Bien entendu, on utilise depuis longtemps des idées inspirées d’autres animaux ou plantes, mais maintenant, l’on commence de plus en plus à regarder ce qu’ils font, à comprendre le fonctionnement du procédé et à l’intégrer à des designs humains.

L’idée d’imiter des procédés naturels créés par d’autres espèces s’appelle le biomimétisme. Depuis sa création, il existe une base de données spécialisée en connaissances issues du biomimétisme. Je crois que le mieux pour vous éclairer sur cette nouvelle façon d’innover et de fabriquer des produits est de donner des exemples:

1- Le Eastgate Building à Harare, Zimbabwe - Une gracieuseté des termites


Vous voyez le petit bâtiment avec de nombreuses cheminées, à l’avant du gratte-ciel? Qui ôserait croire que le système de ventilation du Eastgate Building est en fait inspiré des termitières Africaines… Les nids de termites sont particuliers, du au fait que ce sont des régulateurs de température extrêmement efficaces. Même les nids de termites du Sahara (avec des écarts de température très élevés entre le jour et la nuit) restent à une température plus ou moins normale, entre 80 et 90 degrés Farenheit. Les nids peuvent avoir un diamètre de 16 pieds et une hauteur tout aussi grande. Par contre, les termitières sont souvent enfoncées dans le sol, afin de profiter de sa faible influence par la chaleur ambiante (géothermie). Une ventilation centrale adaptée permet aussi de garder la termitière au frais pendant les journées extrêmement chaudes, en plus de fournir de l’ombre et l’humidité nécessaires. Le soir, la ventilation distribue la chaleur du sol aux aires supérieures. Les murs de termites sont faites d’un matériau (terre et mélange de salive de termite) qui imitent les propriétés du ciment.

Le matériau et le système d’aération ont créé un système passif de contrôle de température. En s’inspirant de cette méthode efficace de design présente chez les termites, un architecte du Zimbabwe a créé le Eastgate Building (un centre d’achat et, si je ne me trompe pas, des étages à bureaux).

Le bâtiment utilise des méthodes de refroidissement passif, rendus possibles grâce à un espace aéré au centre, des matériaux particuliers, l’orientation des fenêtres (pour qu’ils ne soient pas alignés au sud afin de minimiser la création de chaleur), l’ombrage du bâtiment, etc. Pendant le jour, les matériaux absorbent la chaleur pour que la température n’affecte pas l’air ambiant. Le soir, lorsque la température extérieure est plus élevée que celle des matériaux, ceux-ci relâchent l’excédent de chaleur, qui est redistribué dans le bâtiment par l’aération passive au centre, et sort à l’extérieur par un long système de cheminées. Le jour revient et le cycle redémarre.

Résultat: vous avez un bâtiment avec peu de variations de températures, en copiant le modèle d’architecture d’une termitière. Qui le croirait en voyant les deux images?

http://en.wikipedia.org/wiki/Eastgate_Centre,_Harare

2- Nettoyer comme une feuille de lotus


On croirait entendre une nouvelle position de yoga louche… ou possiblement un slogan Nouvel-Âgiste. Je ne crois pas être encore hippie à ce point, pourtant (même si j’avoue que j’ai recommencé à écouter du Carlos Santana souvent ces derniers temps). En fait, cette idée a été appliquée par Lotusan, une compagnie qui fait… des peintures et des vernis pour l’extérieur!

L’effet lotus est un trait intéressant, étudié par les biologistes. Le meilleur exemple, dans la nature, en est bien sur la feuille du lotus, mais son principe se trouve dans d’autres espèces, sous différentes façons. Le principe est simple: la structure d’une feuille de lotus n’est pas entièrement uniforme; elle possède de microscopiques pics et des “creux”, où la poussière s’amasse (un peu comme la neige qui se ramasse au bas d’une pente - pour rester de circonstances). Lorsque l’eau tombe sur une feuille de lotus - comme lorsqu’il pleut -, les particules liquides d’eau doivent circuler sur la feuille en passant par les “creux”, amassant sur leur chemin la poussière qui s’y est amassée. L’eau tombe éventuellement de la pointe de la feuille, emportant avec elle la poussière qu’elle a amassée en chemin. On a donc une feuille auto-nettoyante!

Quelle est l’utilité pour un fabricant de peintures pour l’extérieur? En ville, l’amas de poussières émises par les passants, les voitures (surtout - la poussière est d’ailleurs aussi un polluant majeur dans le smog) et les activités humaines s’amassent facilement sur les murs, leur donnant un aspect assez morose. Cela crée aussi un milieu idéal plein de nutriments pour certaines bactéries indésirables, qui dégradent votre peinture avec le temps.

Les peintures et vernis Lotusan, quant à eux, repoussent l’eau et la poussière, ont un effet auto-nettoyant, empêchent la propagation de bactéries, de mousses ou d’algues.

http://www.paintpro.net/Articles/PP705/PP705_ProductProfiles.cfm

http://www.stocorp.com/allweb.nsf/lotusanpage

3- La toile d’araignée - un matériau résistant et… biodégradable!


Il reste encore beaucoup de mystères sur la toile d’araignées. Ce que l’on sait, c’est qu’elle est issue de sécrétions de différentes glandes de l’araignée, et possède des caractéristiques bien particulières, selon sa position sur la toile. Sa composition n’est donc pas uniforme. Il faut donc une soie d’araignée plus robuste sur les coins de la toile, par exemple, et cela nécessite un mélange particulier de sécrétions. Les araignées, en ce domaine, en savent plus que bien des biochimistes.

La recherche dans les toiles d’araignées et leur composition sont très populaires, ces derniers temps. Ses caractéristiques font que ses usages pourraient être multiples. On vous l’a probablement déjà dit, mais la soie d’araignée a une force de tension supérieure à l’acier. L’acier a une force maximale de tension (avant de casser) allant autour de 440 MPa (méga-Pascals). La toile d’araignée, quant à elle, a une pression de tension d’environ 1100 MPa, selon le Journal of Materials Science. Bien entendu, c’est bien loin du Kevlar (3000 MPa), mais son autre avantage entre dans son poids. La toile d’araignée possède une densité extrêmement faible.

On sait bien ce que l’on peut faire avec un matériau qui aurait des propriétés proches de la toile d’araignée. La vérité est qu’il coûterait probablement fort cher de fabriquer ce produit, et qu’il aurait une grande valeur. Par contre, ses usages potentiels sont encore multiples. La soie des toiles d’araignées sont des produits biodégradables. Des expériences ont montré dans le passé qu’il n’y a pas de réponse immunologique de la part du corps humain en présence de la soie. Ainsi, ce matériau pourrait servir à enrober des matériaux pendant des opérations chirurgicales. Que diriez-vous si un matériau aux propriétés propres de la toile d’araignée pouvait servir à créer des remplacements de ligaments, par exemple? En attendant que l’on en arrive là, les recherches pour trouver des matériaux inspirés de la toile d’araignée continuent, et pourront sans doute aider à trouver des solutions d’avenir.

Autre article sur la toile d’araignée, cette fois dans l’armée: http://www.ssc.army.mil/about/pao/pubs/warrior/97/nov/silk.htm

Donc, vous voyez un peu mieux ce qu’est le biomimétisme. Loin d’être le principe de prendre un processus naturel et de l’utiliser, le but est de remodeler ce processus pour l’adapter au design humain. Au lieu de, par exemple, fabriquer une termitière en lieu de bâtiments, l’on s’inspire des techniques de contrôle de température issues des termites pour l’intégrer à nos constructions de béton. Le biomimétisme est un nouvel outil de design extrêmement intéressant pour les mordus et les gens intéressés à créer les technologies de l’avenir.

Liens sur le biomimétisme:
http://biomimicryinstitute.org/
http://web4.ecolo.be/spip.php?article14

Pour des articles sur le biomimétisme, reliés à diverses espèces, suivez le lien suivant:
http://database.biomimicry.org/start.php
(Tappez, par exemple, Maple, et regardez l’article sur l’érable dans l’onglet “Organisms Results”)