L’eau courante: un cocktail explosif?!

Il y a quelques mois, quand mes études en génie des bioressources ont commencé, je suis tombé sur un article dans le Coopérateur agricole qui traitait de problèmes en Alberta au niveau des citoyens des régions rurales. L’article a d’ailleurs gagné certains prix au Canada, pour la qualité de son sujet et de sa recherche. Je vous conseille fortement de le lire!

L’Alberta tire une grande partie de ses revenus d’exploitations de gaz naturel, qu’elle consomme ou importe ensuite aux États-Unis. En fait, cette activité est plus rentable pour le gouvernement (8.34 milliards $) que l’exploitation pétrolière (1.46 milliards). Or, ses réserves de gaz naturel conventionnel ont commencé, il y a quelques années, à décroître et à ne plus pouvoir combler une demande croissante. Des entreprises, dont EnCana en tête, ont donc commencé à exploiter le charbon comme source de gaz naturel. On appelle cela du GNC: le gaz naturel de charbon, appelé Coalbed Methane en anglais. Lorsque le charbon se forme sous le sol, la décomposition de la matière organique qui a mené à sa formation produit aussi du méthane (par digestion anaérobique), qui est lui-même emprisonné dans le charbon. Le gaz naturel, presque sous forme liquide, est contenu dans des orifices poreux du charbon et peut en être extrait en diminuant la pression dans le charbon pour le faire relâcher le gaz. Ce mode d’extraction est considéré comme “plus propre” que l’extraction conventionnelle de gaz naturel, car il ne relâche pas de sulfure d’hydrogène. Si vous avez déjà senti des vapeurs de ce gaz, ça s’apparente à une ôdeur d’oeufs pourris… Et bien entendu, c’est un gaz hautement toxique et inflammable.

Par contre, le GNC (gaz naturel de charbon) est une source de faible volume de gaz naturel. Ces sources sont relativement abondantes, mais elles n’ont pas de grosses réserves. Donc, ces sources nécessitent un investissement élevé, qui est maintenant devenu rentable en Alberta à cause d’un prix du gaz naturel qui atteind, comme le pétrole, des sommets inégalés ces derniers temps. En 2006, il y avait 10,723 puits d’extraction de GNC en Alberta, localisés surtout dans le centre de la province, proche d’Edmonton et de Calgary. D’ici 10 ans, la province prévoit qu’il y aura 50,000 puits sur son territoire.

Le plus grave problème des GNC, par contre, est leur source. Comme ce gaz naturel est extrait de sources de charbon, la source n’est pas trouvée à la même profondeur que le gaz naturel classique.  Les sources de GNC se trouvent de 100 à 150 mètres dans le sol, à une profondeur très faible et proche de la profondeur des réserves souterraines d’eau des régions rurales d’Alberta.

Récemment, des citoyens se sont plaints de mauvaise qualité de l’eau provenant de leurs acquifères. C’est le cas, par exemple, de Dale Zimmerman, un fermier qui affirme que 12 de ses vaches sont mortes au cour des dernières années, après que leur estomac ait littéralement pris en feu. La consommation d’une eau riche en méthane, ajoutée aux bactéries anaérobiques contenues dans les estomacs de la vache, pourraient en être la cause, selon lui. Un laboratoire a disséqué une de ses vaches et aurait plutôt affirmé que cette mort serait du à un empoisonnement alimentaire du à une bactérie contenue dans son fourrage. Étrangement, le laboratoire aurait disséqué une vache à tête rouge et blanche, alors que la vache de M. Zimmerman avait la tête noire et blanche…

Un autre cas est celui de Jessica Ernst, une technicienne en environnement, dont l’eau courante produit une flamme bleue lorsqu’elle entre en contact avec le feu. J’ai testé avec une allumette, et quand je la mets dans l’eau du robinet de Montréal, le feu s’éteint. Donc l’eau de la ville n’est pas SI mauvaise que cela.

 

L’eau du robinet de Mme Ernst contient 44,800 ppm de méthane (ou, si vous préférez, 29.4 mg/L). Le gouvernement américain estime qu’une concentration de plus de 28 mg/L peut engendrer de sérieux problèmes de santé. Il y a quelques années, Jessica Ernst n’avait pas de problème d’eau, mais l’exploitation de GNC semble être pour elle l’explication la plus logique de ce changement dans son eau courante. Depuis, elle est devenue une sorte de doyenne pour de nombreux citoyens qui se plaignent à l’Energy and Utilities Board (EUB) d’Alberta.

Car il faut dire que Mme Ernst n’est pas la seule dans une situation cocasse de ce genre. Sa voisine et sa famille auraient souffert d’irritations à la peau après avoir pris une douche. Leur eau aurait un effet pétillant, un peu comme du 7UP. Des analyses ont montré une présence allant jusqu’à 66 mg/L de méthane dans leur eau de robinet, soit environ 101,500 ppm. Rendu là, son puits d’eau courante pourrait presque devenir une source envisageable de gaz naturel pour chauffer sa maison… D’autres cas ont montré qu’en plus de contamination au méthane, les puits pouvaient contenir des niveaux anormaux de propane et de buthane.

Le problème, pour les citoyens, est qu’il est difficile de prouver que les GNC sont réellement en cause dans ces changements dans l’eau de leurs maisons. Pour plusieurs, il ne fait aucun doute que les exploitations voisines de gaz naturel de charbons sont une cause importante, mais encore faut-il le prouver! Sans analyse préalable des eaux, il est difficile de démontrer que le problème est apparu après l’installation (et bien entendu, rares sont les personnes qui analysent leur eau avant que des problèmes ne surviennent). Le second problème vient des causes possibles de ces contaminatios au méthane. Certaines études prétendent que des puits auraient pu être contaminés par des bactéries naturelles. De plus, les puits artésiens souterrains d’Alberta ne sont pas toujours entièrement étanches, et les fuites de méthane peuvent avoir été causées par des défauts dans les puits, qui auraient laissé le méthane s’infiltrer du sol jusqu’à l’eau courante, ce qui ne serait donc pas le fait des exploitations des GNC, mais d’une mauvaise conception des réserves d’eau.

Ce que l’on sait, par contre, c’est que depuis l’implantation des 10,000 puits GNC dans les régions d’Alberta, il y a eu de nombreuses plaintes de citoyens sur la contamination des eaux. Le problème est que comme il est presque impossible d’incomber le blâme de la piètre qualité des eaux aux compagnies qui exploitent le gaz naturel, ce sont les citoyens qui doivent payer la facture de décontamination de leur eau, parfois avec une petite aide gouvernementale. Dans certains cas, il est peut-être même moins cher de creuser un nouveau puit. Dépendant des lieux, la décontamination peut coûter entre 5000 et 15,000$.

En Alberta, 650,000 personnes dépendent de sources souterraines d’eau pour combler leurs besoins. 

Lettre d’un ami à un autre ami

Je ne sais pas pour vous, mais en secondaire 3, je me suis écrit une lettre dans le cadre d’un court. Aujourd’hui, je l’ai reçue! Alors, comme je l’ai trouvée mignonne, j’ai décidé de me faire un peu exhibitionniste et de la publier. Si vous y comprenez rien, c’est pas grave ^^.

Jeudi, 14 juin 2002,

C’est mon dernier cour de latin (probablement à vie) et on m’a demandé de parler de ma génération pour que tu remarques comme tu étais con il y a environ 5 ans. Tu vas entendre parler de valeurs qui étaient les tiennes et aussi des attentes que tu avais face à la vie.

Valeurs: tes principales heures de travail étaient consacrées à passer 6 heures par jour à un collège privé où tu portais un uniforme laid. Tu passais le reste de ton temps aux sports (water-polo, volley-ball) et à l’ordinateur (diablo 2). Le peu de temps qu’il te restait, tu jouais avec ton meilleur ami Julien Gravel, la belle Marie-Jo (ton ex) et Stéphanie Cyr (Comme elle peut m’endurer?). Tu avais commencé les Donjons et Dragons “Grandeur Nature” avec Frédéric-Guillaume Rollet et la gang. Ton cercle d’amis, c’était le water-polo; ta vie, surtout les ordis et l’école et ta passion, les belles filles =).

Prédiction: Je ne sais pas de quoi tu as l’air, mais je vais essayer de deviner. À 19 ans, je vais être en sciences humaines au cégep, l’ADQ va être au pouvoir au Québec et Paul Martin au Canada, mais on s’en fout. Les Expos vont partir, le Canadien va peut-être gagner une autre coupe Stanley. Britney Spears va être laide et vieille. À part ça, je vais avoir un emploi à mi-temps (pas chez McDo, s’il te plaît).

C’est pas mal tout!

Max

 

J’ai trouvé le message tellement mignon que je me suis dit que j’y répondrais, par courtoisie. C’est moche de laisser une lettre que l’on a reçue sans réponse…

Salut Max,

Je t’écris de façon un peu ironique, car je sais que le jeune type qui a écrit cette lettre n’existe plus que dans les souvenirs de certains. Il a grandi, et c’est merveilleux. Je me demande ce que ça te ferait de savoir de quoi tu as l’air maintenant, à 20 ans. Mais je te jure une chose: tu es un spécimen bien unique, Max, et j’ai jamais revu quelqu’un qui puisse te ressembler.

Maintenant, tes hobbys sont devenus assez variés et tu as une vie où tu as appris à t’adapter à un chaos plus ou moins constant. C’est ce que ça prend, tu sais. Jongler avec un monde qui change, ça n’est pas donné à tous. Tu as quitté le water-polo à l’âge de 15 ans, un an après avoir écrit cette lettre, et Diablo 2 est devenu un des plus grand classiques de l’histoire du jeu vidéo sur ordinateur. Il y a de quoi! Tu es en train de passer plein d’heures à t’amuser là-dessus, mais n’en oublie pas tout le reste. Tes amis, ta gang que tu avais à l’époque, tu dois la chérir; elle a toujours été là pour toi et tu as été là pour elle.

Mais malgré tout, tu as quand même laissé certaines choses derrière toi. L’idée du cégep en sciences humaines a été abandonnée vers la fin du secondaire, pour réaliser le rêve qui n’était pas le tien de faire des études en médecine. Une petite erreur de documentation comme il en arrive à 5% du monde qui s’inscrit en sciences natures t’a ramené en sciences pures et appliquées plutôt qu’en sciences de la santé. La découverte de l’école publique sans uniforme, de l’amour (un vrai amour, comme celui dans les films, mais en mieux, même s’il ne durera pas toute ta vie) t’a désintéressé un peu des études et tu as fini ton cégep en 3 ans, sans trop savoir où tu allais. Tu as fini par appliquer dans un programme universitaire d’ingénieur en bioressources. Si tu ne sais pas c’est quoi, ce n’est pas trop grave; tu n’en savais pas beaucoup plus quand tu es entré dans le programme, mais tu verras avec le temps que tu as probablement fait un des meilleurs choix de ta vie en t’y rendant. Ça t’aura montré où tu veux aller, ce que tu veux faire pour le reste de ta vie. Ça t’a permis de te faire tes propres rêves.

Alors c’est ça, Max. C’est ce à quoi tu as l’air à 20 ans. Un homme, encore jeune, avec des buts à atteindre. Et c’est merveilleux.

Et tu as raison sur un point important quant à la politique: on s’en fout! Tu verras; il y a bien plus important que ça dans la vie.

Manx

dimanche, 27 juin 2008

P.S. Ne t’inquiète pas, tu n’as jamais travaillé chez McDo. Et si ça peut te faire sourire un peu plus, ton ex Marie-Josée, elle l’a fait. Mais ne lui en veux pas trop, c’est une chic fille.

 

Les bois à croissance rapide: le bambou et le saule

Antipollution était intéressé à avoir quelques articles sur le bois. J’ai donc profité de ma journée de congé et de repos pour faire une petite recherche, histoire d’accroître mes connaissances dans le domaine.

 Plusieurs doivent se rappeler du film de Richard Desjardins sur l’Erreur Boréale, sorti il y a quelques années au sujet des pratiques forestières destructrices effectuées dans le Nord du Québec (la bonne vieille coupe à blanc). Vous serez sûrement heureux d’apprendre que depuis cette époque, les pratiques forestières sont devenues beaucoup plus consciencieuses, du à des pressions citoyennes et à la volonté de satisfaire l’opinion publique. Mon grand-père (vendeur de machinerie lourde pour les agriculteurs et PME) me racontait d’ailleurs qu’il vendait de plus en plus de machines pour transport de bois à petit volume, pour des exploitations forestières moins “industrielles” et plus responsables. Il y a des façons de gérer une forêt sans détruire sa viabilité à long terme et l’industrie forestière Québec semble avoir décidé de relever ce défi (du moins, dans le Sud du Québec, car je ne connais pas très bien la situation au Nord du fleuve).

Malgré tout, le Ministère des Ressources Naturelles, des Parcs et de la Faune (MRNPF) désire augmenter ses rendements en coupe forestière, tout en remédiant au problème de la surexploitation. Pour cela, le Québec essaie de concentrer sa recherche en foresterie pour trouver des arbres à croissance rapide qui pourraient être récoltés plus d’une fois aux 30 ans. On se concentre surtout sur le potentiel des cultures de peuplier. Dans les années ‘90, Domtar avait même loué quelques parties de la terre de mon grand-père pour expérimenter le potentiel de croissance de certaines essences dudit peuplier. En 10 ans, la plantation à rejoint la hauteur de la forêt de sapins et de feuillus qui se trouve juste à côté d’elle.

Ce tournant du Québec vers les essences à croissance rapides représente un mouvement que plusieurs pays ont commencé à suivre. D’ici 2050, la FAO estime que le 3/4 du bois destiné à des fins commerciales proviendra d’essences à croissance rapide.

C’est un peu pour ça qu’ajourd’hui, je vais parler de deux espèces à croissance très rapide: le bambou et le saule.

Le bambou

Le bambou ne pousse, bien entendu, pas au Québec. Par contre, cette plante (car le bambou n’est pas un arbre, mais vient plutôt de la famille des graminées, qui comprend le riz, la canne à sucre et le switchgrass) est vraiment le leader des essences à croissance rapide, du à sa vitesse de croissance et à ses propriétés uniques. Pour mieux vous référez, sachez qu’une plantation de bambou produit 6 fois plus de biomasse qu’une forêt traditionnelle.

En effet, le bambou arrive à maturité après 3 ans et peut donc être récolté. La plante vit environ 20 ans. Sa croissance moyenne (selon les espèces) est de 7 à 10 cm par jour. Comme vous vous en doutez, le centre d’une plante de bambou est creux (c’est d’ailleurs une des propriétés d’une tige). Pour ceux qui ont suivi un cour de génie mécanique de niveau universitaire, vous savez probablement qu’une structure creuse offre une plus grande résistance pour un même volume.

La densité du bambou est aussi extrêmement faible (300-400 kg/m-cube). Malgré cette faible densité, c’est un matériau très rigide, du à une grande concentration de silice dans la tige de la plante. En fait, le bambou est tellement solide que dans plusieurs cas, il peut même arriver à remplacer l’acier dans certaines structures  dans des conditions particulières (comme pour ajouter résistance à la tension dans le béton). Petite bulle: le béton résiste très bien à une pression en compression, mais il brise facilement s’il est étiré. Pour compenser ce problème, on ajoute souvent des barres d’acier dans une structure de béton, afin que celle-ci puisse absorber la tension. Dans certaines constructions en Asie (et je présume que ces constructions ne doivent pas demander trop de force en tension), on a remplacé les barres d’acier par des tiges de bambou.

Un dernier avantage du bambou est son aisance de traitement. Un bambou bien traité résiste facilement à l’humidité, aux insectes et à la moisissure. Cela lui permet d’avoir une durée de vie accrue. À cause de cela, le bambou est utilisé en construction (notamment pour les revêtements de sol, certains sols de bambou étant même certifiés écologiques) ou dans la fabrication de meubles. Le bambou apporte d’ailleurs un vent d’exotisme en design, avec des formes plus rondes et cylindriques que du bois d’érable coupé de façon rectangulaire, ce qui donne un style particulier aux créations.

Finalement, les plantations de bambou ont aussi quelques bénéfices environnementaux. Vu ses racines solides, le bambou arrive à mieux emprisonner l’eau dans les sols et donc à combattre l’érosion des terres. Comme sa croissance est rapide, il peut aussi servir de brise-vents érigés rapidement dans certaines régions du monde.

Le saule

Le saule fait partie de la même famille que le peuplier: les salicacées. Selon les espèces employées, les essences de saule à croissance la plus rapide peuvent être récoltées tous les 3 à 5 ans. Il est relativement facile de produire des saules par multiplication végétative (des formes naturelles de reproduction asexuée qui engendrent des clones, comme le marcottage, le bouturage ou le greffage). C’est un arbre qui pousse naturellement au Canada. D’ailleurs, c’est tellement vrai que le Salix viminalis (une espèce de saule) a obtenu le rendement de biomasse ligneuse le plus élevé jamais enregistré au pays. Par contre, la superficie de saule est encore relativement petite; la superficie mondiale de terres à saule n’est que de 176,000 ha (ou 1760 kilomètres carrés). Le gouvernement du Canada considère la superficie de saules au pays si petite qu’elle ne l’inclut pas encore dans ses inventaires nationaux. Or, on remarque au niveau mondial une hausse de la production de saules, vu sa vitesse de croissance et la découverte de plusieurs utilisations qui pourraient servir à faire des produits utiles.

La recherche en saules se fait surtout en Nouvelle-Zélande, pays qui emploie les salicacées dans plusieurs domaines. Par exemple, les feuilles du saule peuvent parfois servir de fourrages pour animaux. Le saule peut aussi servir à produire de la bioénergie (notamment pour les poêles à granulés, en produisant les granules nécessaires à la combustion). Finalement, une étude menée au Québec* a montré que le salix viminalis, l’essence de saule à haut rendement, pourrait servir à remplacer jusqu’à 30% du bois nécessaire pour fabriquer des MDF (Medium-Density Fiberboard). Ce matériau d’ingénérie est un composite fait de matériaux de bois de petite taille et réunis ensemble pour créer un matériau avec des caractéristiques particulières. Le MDF est surtout utilisé pour son esthétisme et son faible coût et peut employer des arbres qui n’ont pas un tronc très gros. Il est utilisé pour le design d’intérieur. Comme plusieurs usines fabricant des MDF sont actuellement en manque de matières premières (de bois), créer une filière de bois capable de croître très rapidement pourrait atténuer, voire régler ce problème, en plus de créer un matériau encore moins cher.

La famille des salicacées est aussi reconnue pour leurs bénéfices environnementaux. En Nouvelle-Zélande, des plantations de saules servent d’ailleurs à stabiliser les berges. Il serait possible, au Québec, d’utiliser les saules comme bande riverraine et, avec une gestion adéquate, de les récolter pour générer un revenu. En Chine, les saules ont été placés pour combattre la désertification des régions de l’ouest. Mais l’un des gros avantages du saule serait dans la phytoremédiation (utilisation de plantes et de microbes pour décontaminer un site). Les salicacées ont la réputation d’absorber les métaux lourds, comme le cadmium.

*Use of short-rotation coppice willow clones of Salix viminalis as furnish 
in panel production 
Forest Products Journal, Septembre 2006, Volume 56, Issue 9, p.47-52

L’aérogel: un matériau de science-fiction

En 1999, la sonde Stardust a été lancée, avec pour un de ses principaux buts de capter des particules de poussière interstellaire dans un collecteur spécialement conçu à cet effet.

La particularité de ce collecteur est son matériau. Le collecteur de Stardust était composé de blocs d’aérogel placés en alvéole, afin d’y emprisonner les poussières, comme on le voit sur l’image plus haut.

L’aérogel est un matériau vieux d’environ 75 ans. Il est issu d’un gel dont on retire le liquide par séchage, afin de la remplacer par de l’air. Résultat: l’aérogel est composé à 95% d’air, pouvant aller jusqu’à une composition de 99.8% en air. Malgré que l’aérogel soit solide, il possède donc des caractéristiques qui lui sont uniques: Sa densité est la plus faible de tous les solides (pouvant aller jusqu’à 1.9 mg/centimètre cube, avec en moyenne 3 mg/centimètre cube… Pour vous orienter, l’air a un poids de 1.2 mg/centimètre cube). L’aérogel possède, en plus de celui-là, 14 autres entrées dans livre des records Guinness, donc le matériau solide ayant la meilleure propriété d’isolation. Cela est causé par le fait qu’elle annule presque entièrement trois modes de transfert de chaleur: la convection (mouvement des molécules dans un fluide), la conduction (transfert de chaleur d’un lieu à plus haute température vers un lieu à plus basse température) et la radiation (radiation électromagnétique productrice de chaleur, un peu comme la chaleur produite par une ampoule incandescente).

Comme vous pouvez le voir sur l’image plus haut, l’aérogel est presque entièrement transparent. Vu sa composition en air, ça étonne très peu. Habituellement, l’aérogel a une légère teinte bleutée. C’est un matériau fragile (le matériau se déforme peu avant de briser) et friable (il a tendance à se réduire en plusieurs petits morceaux).

Par contre, l’aérogel est un matériau bien particulier à produire. Il demande de bonnes sources d’énergie pour faciliter le procédé de séchage et est souvent dérivé de matières premières coûteuses. C’est pour cela que ce matériau était méconnu et peu employé, excepté dans des domaines clés où ces propriétés étaient désirées et où le coût de production n’était pas un facteur important (comme dans le domaine aérospatial, où la NASA dispose de grands budgets pour réussir à créer des matériaux expérimentaux liés à une recherche poussée dans un environnement bien particulier). Or, depuis 1999 et le voyage de Stardust, l’aérogel attire de plus en plus d’attention, et l’on commence à trouver des façons de produire un matériau plus économique qui pourrait être employé pour des utilisations plus “anodines” que de collecter de la poussière dans l’espace. L’une de ces utilités serait l’isolation des fenêtres.

L’isolation des maisons est un enjeu bien important dans la consommation d’énergie. Habituellement, la chaleur a tendance à s’échanger entre les lieux les moins bien isolés. Les fenêtres font partie de cette catégorie, car la fibre de verre est très peu isolante. À épaisseur égale, ce matériau est 39 fois moins isolant que l’aérogel. Les bâtiments éco-énergétiques emploient des fenêtres à double épaisseur, qui consiste en deux épaisseurs de fenêtre et un espace vide au centre, où le gaz (de l’air ou, mieux encore, un gaz rare nommé l’argon), peut isoler un peu mieux la fenêtre. Une fenêtre à double vitrage avec une lame d’air au centre peut réduire le transfert de chaleur de 30%.

Dans l’isolation des fenêtres, la lame d’air ou d’argon au centre pourrait être remplacée par ce matériau, qui est un coupe-son et un isolant hors-pair. Le groupe Aspen Aerogel estime que d’installer ce type de fenêtres coûterait 2$/pi carré de fenêtre pour l’isolation seulement, et que l’installation de l’isolation se repaierait en moins de 3 ans, grâce aux coûts économisés en consommation d’énergie par rapport à une fenêtre normale. Au fil des ans, le coût de production de l’aérogel pour ce genre de pratiques a aussi diminué drastiquement; on estime que d’ici 2010, l’aérogel aurait un coût de fabrication extrêmement avantageux et plus que compétitif. Donc, d’ici quelques années, vous entendrez probablement de plus en plus parler de ce matériau.

D’ailleurs, la recherche continue pour trouver de nouvelles manières de créer un aérogel de bonne qualité dérivé de sources plus économiques, afin de pouvoir trouver des applications à ce matériau. Beaucoup de recherche se fait autour de la silicate de sodium, une molécule dont on pourrait tirer les aérogels de silice.

 

Rice hulk

 

Une autre avenue intéressante viendrait du maérogel, un produit encore en cour de recherche en Malaisie. Le maérogel serait un aérogel de silice produit à partir de déchets agricoles du riz, et ayant un coût de transformation inférieur de 80% à l’aérogel conventionnel tel qu’il est transformé actuellement. Il serait aussi de meilleur qualité que l’aérogel commercial que nous connaissons actuellement et aurait un mode de préparation simplifié.

Vidéo d’Omar Khadr à Guantanamo

*Avertissement: Coeurs sensibles, je vous dis tout de suite que ce vidéo est très lourd, mais que cela ne doit surtout pas être une excuse pour ne pas le regarder…

Je ne sais pas si vous l’avez vue ce matin, mais pour moi, ça a été un méchant choc… Un vidéo d’Omar Khadr, un des prisonniers de Guantanamo et un citoyen Canadien, interviewé par un membre de la Service Canadien du Renseignement de Sécurité (SCRS) alors qu’il avait 16 ans et se trouvait à Guantanamo.

Durant une partie du vidéo, il montre les points physiques de son corps où il ne va pas bien et prétend, à un moment, qu’il a perdu ses yeux et ses pieds (ce qui ne semble pas vrai). L’agent du SCRS lui répond qu’il a l’impression que Omar Khadr “a l’air d’aller bien” (médicalement parlant). Mais ce qui me frappe surtout, c’est l’impression de désespoir que l’on voit et l’aisance des agents qui conversent dans une prison… avec un kid de 16 ans condamné pour meurtre et qui a vraisembablement perdu tous ses moyens. Pour ça, je dois dire que j’admire l’agent pour son calme et que je lui donne tout mon mépris pour la tâche ingrate qu’il accepte de faire.

Cette vidéo m’a pas mal choqué… Honnêtement, je ne pleure jamais, et c’est la première fois en plusieurs mois que j’ai de l’eau dans les yeux. Plusieurs ont parlé d’Omar Khadr (qui a mon âge, en passant… Au moment de cet interrogatoire, je finissais mon secondaire 4) comme d’un enfant-soldat… Je le verrais plutôt comme un enfant-prisonnier. Je sais qu’il a grandi depuis cet interrogatoire (il aurait environ 21 ans), mais passer 5 ans en prison n’est pas vraiment le chemin vers l’âge adulte que je préfère.

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