Le “greenwashing”

Le greenwashing, c’est la prétention de commercialiser un produit “vert” qui ne l’est pas tant que ça lorsque l’on regarde un peu plus en profondeur. Le terme a été inventé en 1986 lorsque les hôtels encourageaient les gens à “sauver l’environnement en ré-utilisant leurs serviettes”. En vérité, les hôtels faisaient très peu pour sauver l’environnement. 22 ans plus tard, plusieurs hôtels n’ont pas encore de politique de recyclage. La ré-utilisation des serviettes avait plutôt pour but de permettre aux gestionnaires de couper dans les coûts de nettoyage et de blanchisserie de ce produit très utilisé en hôtellerie.

La majorité des labels verts comportent, à un endroit ou un autre, du “greenwashing”. Dans la majorité des cas, on se concentre sur un attribut vert en cachant les autres attributs. Par exemple, un papier fait de fibres recyclées vendu sous cette marque de commerce cache souvent qu’il aurait employé d’énormes quantités de chlore pour retirer les encres du papier à recycler. Plusieurs usines de fabrication de papier recyclé relâchent dans leur écosystème des boues chlorées néfastes à l’environnement.

Mais récemment, je pense qu’on a vraiment atteint le fond du barril avec l’entreprise BAE systems, un des plus grands fabricants d’armement, qui veut créer des armes dans une perspective environnementale (car bien sur, on doit s’assurer que l’utilisation de nos armes ne fasse de mal à personne)! J’aime le titre de cet article: Environmentally-friendly fire. La compagnie voudrait utiliser des véhicules d’assaut hybrides pour réduire les émissions de dioxyde de carbone et retirer de ses jets certains RDD. Pour réduire les risques de santé dus aux balles de fusil, BAE voudrait aussi réduire la quantité de plomb dans les balles de fusil. Ces initiatives ont été appuyées par le Ministry of Defence Britannique.

Cela vient bien sur s’ajouter aux autres concepts un peu stupides, comme les cigarettes biologiques et les produits garantis sans CFC (note: les CFC ont été bannis de toute utilisation par le protocole de Montréal, émis en 1987, mais plusieurs produits affichent encore fièrement ne pas en contenir). Certains produits, biologiques ou non, avec impact ou non sur la couche d’ozone, ne devraient pas se vanter d’aider l’environnement. C’est un peu ce que je pense au sujet des armes et des cigarettes… Je n’ai rien contre le fait de produire des armes moins dangereuses pour l’environnement, mais à mon avis, ça ne devrait pas être le souci principal des fabricants d’armes… Ce devrait être de produire moins d’armes!

Le MAPAQ, la listériose et le fromage de lait cru

Au début du mois de septembre, une réunion a eu lieu en Estrie pour remettre une série de prix sur la ruralité à des artisans et des visionnaires qui avaient agi pour leur région. À l’occasion de cette célébration, on a remis le premier prix “Hommage” à M. Jacques Proulx, ancien président de l’UPA-Estrie, qui devint ensuite président de l’UPA du Québec. Jusqu’à mars dernier, M. Proulx était maintenant le président de l’organisme Société rurale du Québec.

Par voie de communiqué, l’honorable M. Jean Charest transmettait ses félicitations, alors que deux députés de la région étaient présents pour souligner l’implication et les services que M. Proulx a rendu au milieu agricole du Québec. La ministre des affaires municipales et des régions, Nathalie Normandeau, et le député de Richmond, étaient présents. Mme Normandeau a d’ailleurs, elle aussi, félicité M. Proulx pour son implication qui a changé l’avenir des régions du Québec.

M. Proulx a d’ailleurs profité de son éditorial pour lancer des roches au Ministère de l’agriculture, des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ).

C’est un peu particulier que M. Charest et Mme Normandeau transmettent leurs félicitations à quelqu’un qui a si directement attaqué un ministère Québécois, mais c’est pour plusieurs raisons. M. Proulx, premièrement, méritait les éloges qui lui étaient destinés, et deuxièmement, le MAPAQ méritait de se faire ramener à sa place pour la gestion de la crise de listériose au Québec.

Suite à l’éclatement de listériose au Québec, le MAPAQ a effectué des tests chez des fromages de lait cru du Québec et a détecté des traces de la bactérie listeria dans 16 usines et commerces. Suite à cela, des inspecteurs ont effectué des “descentes” dans plusieurs fromageries et magasins spécialisés, en pleine fin de semaine (moment où les gens font des achats de fromage). En fait, 300 installations au Québec ont reçu la visite d’inspecteurs en une fin de semaine. De grandes quantités de fromage ont été saisies pour être ensuite passées à l’eau de javel, histoire de les “désinfecter” et de s’assurer qu’aucun test à la listeria ne puisse jamais être validé sur ces meules de fromage. En agissant rapidement, le MAPAQ est persuadé que cette action aura sauvé des vies.

Le problème n’est pas dans la justification de l’action du MAPAQ. Selon moi, quand 16 installations montrent un certain niveau de bactérie listéria, c’est une source d’inquiétude justifiable. Les fromages du Québec auraient été, selon les évaluations, la cause de 9 cas de listériose (dont un décès) dans la province au cour de cette année. L’âge moyen des personnes touchées est de 79,4 ans. 9 cas, ce n’est pas beaucoup, mais il est vrai que cela nécessite des mesures. Habituellement, ce serait des mesures légales qui visent à accroître les conditions de salubrité dans les installations des fromageries, ainsi qu’une multiplication des contrôles au cour des années à suivre. Dans ce cas-ci, on a plutôt choisi de rappeler les fromages et d’agir par après dans ce sens. Le problème est que cela a porté un dur coup à la réputation des artisans-fromagers du Québec, qui travaillent dur depuis 15 ans et qui commencent à peine à obtenir une réputation internationale au niveau de la qualité de leur produit. Une action aussi musclée de la part du MAPAQ vient leur donner un coup assez dur, en plus de les priver des revenus de la vente de ces fromages. Pour certains commerçants, les pertes se sont élevées jusqu’à 16,000$, mais ce sont des cas exceptionnels. Le problème n’est pas d’avoir agi pour prévenir des cas de listériose, mais d’avoir agi de façon trop forte, au point où ces actions portent atteinte à une industrie fragile qui commence à peine à gagner ses titres de noblesse au Québec.

Jacques Proulx a été encore plus indicatif que moi. Il a fustigé les “hystériques du MAPAQ” et leur incombe la responsabilité de fermetures à venir dans l’industrie du fromage Québécois. Sous le couvert de bonnes intentions, le MAPAQ a vraiment donné un coup de poing dans le ventre à un domaine (les fromages de lait cru) qui a d’ailleurs du se battre contre le Ministère de l’agriculture pour être reconnu.

En attendant, moi je continue à m’acheter des fromages du Québec. Je ne suis pas un grand connaisseur, mais je sais que j’aime ça et j’ai confiance en leurs conditions de salubrité… surtout si on les compare aux fromages français… Leurs conditions sont, dans plusieurs cas, bien pires que les nôtres, mais je ne crois pas que l’on verrait des inspecteurs entrer dans un commerce et saisir des fromages pour un rappel. Si c’était le cas, ce serait les clients qui les sortiraient à coups de pied au derrière!

Je vote républicain

Parce que je ne pense pas mériter d’assurance-maladie…

Élections à venir

Je suis déménagé et la session a commencé. Donc, en tant que bon étudiant, je perds fréquemment le fil de l’actualité et je le reprends de temps en temps. La semaine dernière, j’ai appris qu’il y aurait des élections fédérales.

Pour l’occasion, je me suis dit que j’allais donner un peu mon opinion là-dessus et revoir les derniers sondages de début-septembre au sujet des intentions de vote.

Voilà les derniers sondages Léger-Marketing et Environics. Comme vous voyez, l’écart PCC et Bloc est assez louche dans ces sondages. D’après moi, c’est fort peu probable que le BQ et le Parti Conservateur soient au coude-à-coude au Québec.

Par contre, c’est clair qu’on voit que le Bloc bat de l’aile, au profit des conserves. Ça fait plusieurs mois qu’on n’a pas signe de vie au fédéral, que ça avance très peu et que personne ne s’y intéresse car, disons-le, c’est le fédéral. Le PCC a gagné des points en martelant le fait que le Québec “prend des forces”… Ne parlons pas du siège à l’UNESCO et de la muselière de nos représentants que l’on enlève par moments s’ils sont sages, s’il vous plaît. Les libéraux ne doivent pas espérer une grande percée au Québec non plus; habituellement, ils récoltent peu de sièges à l’extérieur de Montréal, mais en plus, leur chef n’est pas très apprécié. Il y a 4 ans, je me rappelle avoir entendu Thomas Mulcair dire clairement en ondes: “Le problème en environnement actuellement, c’est Stéphane Dion.” Pour ses élections, Stéphane a décidé de faire de son cheval de bataille l’environnement, avec plusieurs mesures que j’applaudirais et trouverais audacieuses, venant de la bouche de n’importe quel autre politicien.

On remarque aussi que beaucoup de gens penchent vers Layton et le NPD. Avec l’arrivée dudit Mulcair dans Outremont, les gens ne voient plus le NPD comme le tiers-parti qui ne pourra raffler aucun comté. D’ailleurs, avec un tel pourcentage d’intentions de vote, il ne serait pas étonnant que le NPD sorte des prochaines élections avec quelques sièges au Québec. Je n’en serais pas trop déçu, car cela pourrait probablement leur permettre de se faire mieux connaître de l’électorat d’ici.

Au Canada, on voit l’image. Aux dernières élections, le Bloc avait 11% des votes. Il est à 8%. Les Verts font une petite poussée et le NPD connaît des bons chiffres. Il se pourrait, par contre, que certains Libéraux virés NPD revoient leur vote dans l’isoloir suite à une peur bleue.

Selon moi, ces élections ne vont pas changer la composition de la chambre, mis à part des pertes pour le Bloc, un plausible gain pour le PCC et une légère perte pour le PLC. Mais je ne pense pas que l’on donne un mandat majoritaire aux conservateurs. Une chose que cela pourrait amener, par contre, c’est du renouveau. Les partis aux communes n’ont plus de grands plans, mis à part des problèmes qui ne furent pas réglés depuis les dernières élections (le conflit Afghan et le cas d’Omar Khadr, par exemple). De nouvelles élections, c’est l’occasion pour les partis de revenir voir les gens et d’organiser avec eux de nouveaux projets, car il faut l’avouer, les dernières rentrées parlementaires à Ottawa ont été assez plates merci!

Mais maintenant, je vais y aller de mon petit grain de sel pour ces élections-ci.

À mon avis, le PCC nous ment, non pas de mauvaise foi, en disant que le Québec prend des forces sous son joug. On réclame plus de transferts de péréquation (ce qui veut dire que l’on mendie plus de sous – pour baisser nos impôts, qui plus est), notre siège à l’UNESCO a le droit de parole quand le Canada a le droit de parole et la reconnaissance de la nation Québécoise implique, selon le Parlement, qu’elle est conditionnelle à la présence dans la nation Canadienne. Une nation, ce n’est pas quelque chose de conditionnel, et même si je suis souverainiste, je trouve que c’est insidieux de dire: “tant que vous resterez dans le Canada, nous sommes d’accord que vous êtes en soi une nation. Mais si vous ne faites plus partie du Canada, vous n’en formerez plus une.” (Je fais référence au fait que le texte de la chambre des Communes reconnaît que le Québec forme une nation dans un Canada Uni, ce qui signifie que l’existence de la nation Québécoise est conditionnelle à la présence du Québec dans le Canada). En gros, le Québec n’est pas devenu plus fort qu’auparavant sous Harper, selon moi; il est devenu plus dépendant envers le Canada. On reconnaît de façon limitée son existence en tant que nation, on lui permet de se taire sur son siège à l’UNESCO et on l’achète, non pas en stimulant son économie, mais en lui donnant une charité dont nous n’avons pas besoin. Pour moi, ce n’est pas comme celaa que le Québec prendra de la force pour vrai.

D’un autre côté, Stéphane Dion, comme je l’ai mentionné, est paradoxalement ridicule. On croirait que son plan vert a été conçu après qu’il ait lu “The Ecology of Commerce”. On n’entend rien d’autre que quelques petites idées, et je dois avouer qu’en tant que personne qui ne suit pas bien fort l’actualité ces derniers temps, son idée de taxe sur le carbone (taxe neutre) ne sonnerait pas bien à mes oreilles si je ne savais pas d’où il tire son idée. S’il veut défendre sa taxe sur le carbone comme il faut, qu’il soit plus audacieux, qu’il arrête d’être prudent et explique c’est quoi une taxe sur le carbone et pourquoi ce serait utile à notre économie, aux poches de certaines personnes capables de bien gérer leurs affaires et que c’est une idée légitime et bienfaitrice. En ce moment, son argumentaire ridiculise la philosophie derrière une telle manoeuvre. S’il veut gagner des votes, il faudra qu’il soit plus convaincant que cela et qu’il apprenne à se mouiller.

Le Bloc, quant à lui, a été complètement ignoré ces derniers temps. Mis à part d’avoir entendu çà et là les noms de Gilles Duceppe et de Maria Mourani, je ne sais pas trop ce qui se passe avec eux depuis l’an dernier. C’est dommage, car le Bloc est le meilleur représentant des Québécois. Pour plusieurs députés, le travail dans les comtés est exemplaire aussi.

Les Verts du Canada… Pour moi, je suis écologiste, mais je reste d’abord un scientifique de l’environnement. D’après moi, un développement environnemental doit s’intégrer dans une structure sociale et économique profonde, et je crois que les PV, au provincial comme au fédéral, ont fait des progrès à intégrer leurs idées dans de telles perspectives, si bien que le PV est devenu plus qu’un parti qui n’adopte que des causes environnementales, mais essaie de se mêler du social et de l’économie. Mais ils ne s’en mêlent pas assez pour gagner mon vote.

Le NPD est aussi un bon parti que j’aime bien. Thomas Mulcair et Jack Layton sont des politiciens que je respecte; Mulcair, parce qu’il ne marche pas toujours sur la ligne et Layton parce qu’il est naturellement sympathique. Par contre, ceux-ci, au lieu de se rallier au projet de taxe sur le carbone de Dion, ont complètement balayé du revers de la main une idée de taxation neutre (la taxe augmente et les impôts diminuent de façon généralement proportionnelle). Je comprends que le fait que Dion ait eu l’idée agace… Elle m’agace d’ailleurs, mais je crois qu’une telle idée mériterait justement d’être plus amplement développée par des gens qui sont capables d’avoir une certaine respectabilité dans le domaine des politiques environnementales. Je trouve quand même que c’est un bon parti avec de bons éléments, mais qu’il est vrai que pour l’instant, j’attends de voir les promesses. Pour l’instant, je ne vois que leurs figures et pas assez leurs plans.

Voilà, c’est à peu près tout ce que je vois pour les élections à venir. Pendant le mois qui suit, attendons-nous à voir beaucoup de sorties: les conservateurs vont faire quelques promesses sobres et jouer le jeu de la menace de récession, les Libéraux vont tenter de nous convaincre de l’importance de l’environnement, le Bloc va chercher à trouver des enjeux importants aux Québécois et pour lesquels ils peuvent apporter quelque chose, le NPD va chercher à asseoir ses électeurs et promettre des mesures sociales et parfois, on entendra parler un peu d’annonces du Parti Vert du Canada.

Sur ce, bonne campagne électorale! C’est un peu dommage que ça entre en conflit avec le début de la saison de hockey, mais ça fera plus de bagarres à la télé.

Pourquoi il faut agir

Ça me fait bizarre de devoir écrire un billet à ce sujet, mais c’est probablement en bonne partie à cause du fait que la rigueur scientifique est absente du débat public sur les changements climatiques que je dois en parler. Car oui, ce billet va parler plus ou moins directement de l’effet de serre et de la théorie du “Man-made Global Warming”. J’écris ça après avoir vu un blogueur sur le site de la belette employer des arguments sur une “théorie du complot” au sujet des changements climatiques.

Que l’on comprenne ma position de façon bien simple là-dessus: en l’absence de données entièrement concluantes, en la présence d’un modèle théorique valable pour susciter des inquiétudes et en fonction des conséquences de nos choix, je crois qu’il faut agir pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre à un niveau jugé raisonnable. Ça a l’air compliqué comme ça, alors je vais essayer d’expliquer un peu ma position.

Premièrement, il faut savoir ce que l’on veut dire par le terme de “l’effet de serre”. Ce terme fait bien sur une analogie aux serres, qui utilisent une surface vitrée pour profiter d’un grand ensoleillement et dont la surface de verre “emprisonne” une partie des rayonnements, ainsi que la chaleur. On pourrait simplifier cela en comparant cet effet à la loi physique de la réfraction de la lumière.

La réfraction, c’est la déviation de lumière de son cour normal lorsque les conditions du milieu dans lequel elle circule changent. C’est un effet que l’on peut constater lorsque l’on voit une discontinuité dans un objet qui trempe dans l’eau.

En temps normal, on parle de réfraction lorsque la lumière change de milieu (du vide à l’air, de l’air au verre ou de l’air à l’eau, par exemple). Chaque milieu où circule la lumière a ce que l’on appelle un indice de réfraction, qui détermine à quel point la lumière est déviée. Le vide est le milieu le moins réfringeant, suivi de l’air. Il faut aussi noter que lors d’un changement de milieu, il y a toujours une partie de la lumière qui est réfléchie par la surface (dans le cas où la lumière passe de l’eau à l’air, c’est environ 5%).

Par contre, lorsque la lumière passe d’un milieu plus réfringent (comme de l’eau) à un milieu moins réfringent (comme de l’air), il peut se produire un phénomène. Au-delà d’un certain angle, la lumière ne peut pas entrer dans le second milieu et est réfléchie vers son milieu d’origine. C’est ce que l’on appelle la réflexion totale interne. Si cela vous intéresse de savoir son fonctionnement, je vous conseille Wikipedia.

Voilà un peu ce qu’est la réflection totale interne. Mais revenons à l’effet de serre. Les gaz à effet de serre étant “moins lourds” que l’air à la surface, ceux-ci ont tendance à s’élever dans l’atmosphère jusqu’à ce qu’ils trouvent une couche atmosphérique à peu près équivalente à leur densité, où ils ont tendance à rester. La présence de gaz vient changer la composition de l’atmosphère et donc, ses propriétés (comme la réfringence de cette couche d’air). En modifiant la réfringence de la couche, certains rayons provenant de la Terre, qui en temps normal auraient continué leur périple dans l’atmosphère, sont réfléchis par réflexion totale interne et restent “emprisonnés” dans l’atmosphère. Comme il y a plus de rayons du soleil sur Terre et que le soleil est, directement ou indirectement, la seule source d’énergie et de chaleur sur la planète (les combustibles fossiles, la biomasse, les vents, la formation de gisements sont tous directement ou indirectement de l’énergie solaire), celle-ci se réchauffe.

La réflexion totale interne est un phénomène physique employé dans plusieurs domaines. C’est ce qui est employé en télécommunications par la fibre optique, un des moyens physiques les plus rapides pour transférer des données (et qui coûte extrêmement cher). Les informations, passant par la lumière, sont réfléchis tout le long du câble, si bien que même si la lumière ne circule pas en ligne droite, la transmission d’informations est extrêmement fiable et vite.

L’effet de serre suit des principes physiques indéniables. En vérité, ce que je vous donne là est une explication simplifiée, sans ajouter les 10,000 variables qui en sortent et sans incorporer de thermodynamique avancée dans l’équation, mais c’est une petite explication qui a pour but de montrer la base scientifique derrière les scientifiques qui affirment que les changements climatiques seraient peut-être dus en bonne partie à l’activité humaine.

Mais la vérité est qu’il y a encore bien des inconnus dans l’équation, et des débats sur les modèles à adopter. Les scientifiques ne font pas consensus, même dans le GIEC, sur l’impact qu’a cet “effet de serre” du à des accumulations de GES (le gaz carbonique et le méthane étant les plus connus) dans l’atmosphère. On peut presque indéniablement dire que cela emprisonne des rayons dans l’atmosphère et que cela réchauffe la température de l’air au niveau du sol, mais à quel point? C’est une mesure difficilement quantifiable, auquel aucun modèle actuel ne fait consensus.

Qui plus est, la climatologie est une combinaison de différents facteurs. L’effet de serre n’est qu’un tout petit facteur comparé à d’autres effets. Plusieurs scientifiques décorés voient dans la multiplication des taches solaires au cour des dernières années un autre facteur responsable d’un changement climatique. Une plus forte activité moléculaire dans le soleil peut en effet augmenter la force de son rayonnement. De plus, les réchauffements sont naturels dans une planète qui évolue et connaît des changements. La température de la Terre n’a jamais été une constante.

C’est ce qui fait que beaucoup de gens sont sceptiques face à la question climatique. On se demande quel est notre impact dans un cycle naturel. Nous, qui jouons aux Dieux en voulant contrôler notre environnement, doutons de notre capacité à le modifier à grande échelle. Personnellement, je trouve cela un peu irréaliste, mais c’est possible que l’on n’ait qu’un petit impact sur les changements climatiques. Le GIEC lui-même affirme qu’il y a 66% des chances que l’Homme ait une influence sur les changements qui affectent en ce moment notre monde. Cela laisse croire qu’il est possible, effectivement, que nous ne soyons pas si importants qu’on ne le prétende.

Mais trève de bavardage là-dessus, je crois que l’important est de savoir que les gens qui parlent du changement climatique ne sont pas que des environnementaleux qui cherchent à saborder le monde économique en imposant des balises trop restrictives pour rien (même la CCM suggérait de placer une bourse du carbone, d’ailleurs). Le tout repose sur des connaissances scientifiques qui, au mieux de nos connaissances actuelles, montrent qu’il y a un danger potentiel.

Pourquoi il faut agir

Je dois remettre le titre ici, car je vais maintenant expliquer ma position; au mieux de notre connaissance actuelle, les changements climatiques pourraient être l’effet d’un cycle, mais la notion de précaution nous impose d’agir pour faire comme si l’Homme était la cause du changement climatique et de prendre des mesures concrètes.

J’ai longtemps hésité avant d’écrire cet article, car je suis un ingénieur et que je me rapproche beaucoup plus des sciences de la vie que des sciences politiques. Car le débat sur les changements climatiques est, au cour des 15 dernières années, passé de la sphère scientifique, rigoureuse et expérimentale, à la sphère publique, devenant un enjeu politique employé pour culpabiliser les gens. Il a d’ailleurs envenimé les débats entre des idéologistes (les négationnistes et les éco-fascistes étant les deux extrêmes) au point où la population elle-même en oublie la science derrière le phénomène, qui prend parfois des dimensions religieuses dans les deux camps. Et moi, je dois vous l’avouer, je n’aime pas m’adresser à des gens qui ne m’écoutent pas, alors j’ai longuement boudé le sujet et j’ai préféré ne pas en parler. Plus on s’éloigne de la science, plus on s’éloigne de la recherche de la vérité et moins on cherche à donner l’heure juste.

Mais somme toute, je crois que je vais me ranger du côté de ceux qui croient que l’issue est inquiétante et qu’il faut agir. Comprenons-nous bien; même s’il est possible que notre impact soit négligeable sur la hausse de la température, il est dangereux pour nous d’émettre des GES au niveau actuel. Pourquoi? Parce que les changements climatiques sont des changements et que nos structures ne sont pas toutes faites pour s’adapter si facilement à de grands changements dans un intervalle de temps trop court.

Il faut comprendre que le choix va dans nos agissements. Si on me demandait s’il fallait tout mettre en oeuvre pour arrêter d’émettre du dioxyde de carbone, je m’y opposerais. Mais comme tout le monde, je crois qu’il est important de prendre conscience qu’il est possible de diminuer nos émissions de GES, que cela est souhaitable pour des raisons de sécurité (car nous savons que ces émissions pourraient être la cause de changements climatiques majeurs) et que les questions de réchauffement climatique sont inquiétantes, mais qu’il est très dur de blâmer quoi que ce soit en climatologie à ces changements, sur une base scientifique solide.

Il faut aussi se préparer à des changements dans nos façons de faire. En construction de routes, par exemple, les systèmes de drainage des routes peuvent être conçus pour résister à une pluie de 24h qui arrive une fois aux 10 ans, par exemple (je ne sais pas si c’est la norme, 10 ans, mais cela m’a l’air d’être le cas). Or, dans la région du Québec, très humide (il y a plus de précipitations que d’évapotranspiration), les spécialistes des eaux ont remarqué que les pluies deviennent plus fortes depuis un peu plus de 5 ans. Une pluie qui survenait auparavant une fois aux 10 ans pourrait maintenant apparaître une fois aux 8 ans, ce qui nuit à la durabilité de nos routes et de nos constructions. Dans certains cas, cela peut donner lieu à des affaisements de route plus fréquents. Cela montre qu’au-delà de seulement prévenir les changements climatiques, il faudra trouver des manières de concevoir certaines choses pour qu’elles s’adaptent adéquatement à ces changements. Mais encore là, pas de panique; ces changements sont peut-être dus à d’autres facteurs, à un cycle, et il faut faire preuve de prudence avant de changer les normes sans que le besoin ne soit présent. C’est un peu contradictoire, mais tout est une question de gestion adéquate.

Alors il faut bien comprendre une chose sur les changements climatiques: peu de gens dans le monde scientifique contredisent le fait qu’il fait plus chaud qu’au début du XXe siècle. La Terre est un système changeant, mais il est possible qu’en ce moment, nous ayons beaucoup à voir avec ce changement. L’important, c’est d’arriver à diminuer nos manières d’influencer cela, tout en trouvant des moyens de mieux vivre, c’est-à-dire en trouvant des façons de nous adapter aux changements qui sont provoqués par les forces naturelles et artificielles de la Terre.

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