Le design de Apple

Je ne suis pas un gros fan d’Apple. En génie, on a de la difficulté à se trouver un Matlab et des logiciels du genre pour le système d’opération et c’est nul. Mais je dois avouer que j’aime bien iTunes et que c’est la façon dont je me procure ma musique.

Mais cette semaine, Apple a sorti, suite à de nombreuses rumeurs, sa nouvelle génération de MacBook Air. La plus tenace, maintenant confirmée, concerne le boîtier monocorps fait à partir d’un seul bloc d’aluminium. Grâce à de l’innovation basée sur des techniques d’aérospatiale (habituellement, des ingénieurs en matériaux assez fous et qui dont les percées technologiques ont créé plusieurs matériaux de luxe, comme l’aérogel, les composantes du LZR-Racer, LE maillot de bain, etc.), les boîtiers de Macbook ne seront faits qu’à partir d’un seul et unique bloc d’aluminium, ce qui simplifie la pièce elle-même, n’ayant plus besoin d’autant de vis et de membres de jointures. Rien qu’en regardant sur mon Acer, j’arrive à repérer sur le haut 3 vis, ainsi qu’une douzaine dans le partie inférieure de mon ordinateur. Et là, ce n’est que l’extérieur du boîtier. Une bonne partie d’entre elles sont nécessaires, par contre, pour introduire des pièces (la batterie, les processeurs, etc.) et y avoir accès pour des réparations. Puisque le boîtier n’est fait que d’un matériau et d’une seule structure, la résistance de l’ordinateur devrait être améliorée. Par contre, le boîtier doit être d’encore meilleure qualité que les ordinateurs conventionnels, car une seule faille entraîne la destruction de tout l’ordinateur.

Ça me rappelle un des pires échecs d’ingénérie de l’histoire; celle de l’écrasement de 4 étages de corridors du Hyatt Regency de Kansas City. L’effondrement a causé 100 morts et 200 blessés (comme quoi il n’y a pas qu’au Québec que les ponts s’écroulent). La cause de l’effondrement est là:

La firme d’ingénieurs responsable avait conçu les 4 étages de corridor sur des barres uniques attachées avec un écrou en bas. Les installateurs ont transféré les barres uniques en une barre reliant chaque étage, et en ajoutant des écrous. À cause de cela, les écrous du bas des étages retenaient deux fois plus de charge que prévu et la structure arrivait à 30% de la force pour laquelle elle avait été conçue. Celle-ci s’est écroulée au moment où une trop lourde charge (lire: trop de personnes) se trouvaient sur celle-ci. Dès que l’on a trouvé la cause de cet effondrement, la firme d’ingénieurs en question a perdu sa license et a du payer de lourds dédommagements, car elle n’avait pas su superviser la construction adéquatement et qu’un tel défaut aurait du être souligné.

Un petit moment de plaisir

J’ai regardé cette nouvelle pub pendant la game de hockey avant-hier, et la musique de Claude Dubois m’est restée dans la tête.

C’est vraiment l’une des pubs les plus plaisantes à regarder, surtout pour quelqu’un comme moi qui n’ouvre pas sa télé très souvent ^^. Il y a des gens qui l’ont critiqué et qui voient le fait de montrer des gens heureux comme une “dépense gouvernementale”. Moi, je trouve que ça rafraîchit une journée.

Un commerce écologique

Mis à part dans l’esprit des plus obtus, les gens sont arrivés à accepter que l’économie et le commerce peuvent se mêler grâce à des mesures gouvernementales qui exigent que les entreprises adoptent des comportements jugés acceptables par la population. Comme une entreprise n’a, pour base, que le but de générer des profits, il faut donc qu’il soit profitable d’avoir des comportements plus écologiques. Le protocole de Kyoto avait d’ailleurs inclus un point important qui était de diminuer progressivement les investissements dans les secteurs émettant beaucoup de GES (le gouvernement Canadien continue encore à financer le pétrole, un secteur très rentable).

Les moyens pour transformer cette économie en écologie ne font toutefois pas toujours l’unanimité. Malgré tout, le Québec fait finalement partie d’une bourse du carbone, qui n’a pas attendu après le gouvernement Canadien pour se former.  D’ici 2012, le système devrait être implanté. Le governator lui-même a d’ailleurs raillé un peu les institutions fédérales du Canada et des États-Unis, plus lentes à agir que les 4 provinces et les 7 états pionniers d’Amérique du Nord qui travaillent à l’implantation de ce système, ouvertement appuyé par la CCM (Chambre de Commerce du Montréal Métropolitain) et autres chambres de commerce du Québec.

En vérité, les entreprises, comme les gouvernements, ont une entropie majeure au niveau de l’environnement. Malgré le Colorado Institute et les entreprises qui, chiffres à l’appui, ont prouvé qu’il était rentable de prévenir le gaspillage et de construire pour économiser les ressources et limiter les produits sortants, peu d’entreprises ont pris ce virage à moins d’y être forcées. La bourse du carbone sera-t-elle le moyen de les faire réagir? Wal-Mart, 3M (qui innove dans le domaine depuis 30 ans), Interface et plusieurs autres n’en ont pas eu besoin pour agir et sauver de l’argent, mais si c’est ce que ça prend pour innover…

Une autre solution existe aussi, et c’est celle d’aider les consommateurs (citoyens et corporatifs) à adopter les bons comportements en émettant une taxe sur le carbone. Le concept est relativement simple; pour qu’une telle action soit acceptable, il ne faut pas que cette taxe soit une nouvelle dépense pour un ménage. Il faut que ce soit une taxe neutre, c’est-à-dire que l’argent que le gouvernement empoche en taxes doit être économisé ailleurs dans la poche du citoyen (en impôt, c’est la façon la plus logique de faire). En mettant un prix sur les émissions de carbone via des taxes sur les produits qui en émettent traditionnellement le plus (les combustibles fossiles comme le charbon et le pétrole, par exemple), on donne un coût aux dommages environnementaux.

Pour l’instant, une bonne partie des revenus gouvernementaux vient de l’imposition aux entreprises et aux particuliers. La taxation, c’est une façon de faire payer les gens pour un comportement. Pour l’instant, on taxe, via l’impôt progressif, les gens pour s’enrichir. C’est logique, car ces personnes ont plus d’argent à leur disposition, mais d’un autre côté, dans un monde où l’on prétend que la création de richesse passe par l’enrichissement, cela paraît étrange de pénaliser les gens financièrement parce qu’ils s’enrichissent.

Au lieu de cela, utilisons notre système de taxation pour inciter les gens à avoir un comportement préférable, comme l’action de moins polluer. Pour cela, il suffit de retirer une partie de notre imposition et de le transférer sur une taxe sur le carbone. Au lieu de pénaliser les gens qui s’enrichissent et ont les moyens de payer (il faut le faire malgré tout, à mon avis, et je crois que cela est un service social), pénalisons aussi les personnes qui ont un comportement qui fait qu’ils émettent plus de gaz à effet de serre nuisant à la qualité de l’air, ou qui utilisent des sources d’énergie non-renouvelables. En temps normal, une règle de pouce dit que les gens plus riches émettent plus de GES, et cela ne devrait pas changer de beaucoup les revenus des gens. Par contre, cela conscientisera les gens que de savoir qu’une partie de l’argent qu’ils donnent au gouvernement est due à leur empreinte écologique et qu’une manière d’économiser de l’argent en impôt, c’est de polluer moins.

C’est pour cela que durant la campagne, 230 économistes ont donné leur appui à un système de taxes sur le carbone, comme le proposait le PLC. Selon eux, une économie saine passe par un environnement sain. Il faut dire que le système de taxe sur le carbone est une idée lancée depuis longtemps et qui obtient de plus en plus d’appuis. Paul Hawken a révolutionné le monde corporatif dans les années 1990 en montrant, dans son livre The Ecology of Commerce, que les environnementalistes, à ce moment les ennemis jurés des entreprises, avaient raison de protester et qu’il existait des façons (comme la taxe sur le carbone) pour repenser l’économie mondiale et réussir à rallier les mots “écologie” et “économie” sans avoir recour au greenwashing.

Le climat économique actuel nous montre que ce n’est pas l’implantation d’une perspective écologique à l’économie que nous devons craindre. Ce que nous devons craindre, c’est l’imprudence démesurée et la mauvaise gestion économique. Plusieurs personnes voient, dans cette crise actuelle, une occasion de transformer l’économie, de “repenser le capitalisme actuel”. Lui permettre de mieux répondre aux perspectives environnementales d’avenir, via un système de taxe sur le carbone, devrait aussi être envisagée.

Retour d’élections

Contrairement à ce que plusieurs autres personnes pensent, les élections ont changé bien des choses. En voilà quelques-unes:

Stephane Dion is not a leader

Les places gagnées par le NPD et les Conserves se sont faites aux dépens du PLC. Techniquement, cela est causé en bonne partie parce que Dion avait un plan qui pouvait tenir la route (et qui fut appuyé par des économistes), mais n’a pas été capable de le transmettre à la population. En gros, ça prouve ce que l’on savait déjà: Dion n’est pas un chef inspirant et son avenir est des plus incertains.

Les partis ont la chance d’obtenir la légitimité par rapport à leurs idées

Les Conserves ont dissout la Chambre, en partie parce que c’est dur de diriger un gouvernement minoritaire, mais aussi parce que c’est dur de faire de nouvelles propositions qui doivent être acceptées par les autres partis et la population. Plus le temps passe et plus le gouvernement perd de la légitimité, et pour la ré-obtenir, il faut qu’il revienne en élections. La vérité, c’est qu’à l’ouverture de la Chambre à la fin de 3 mois de vacances, aucun parti n’avait encore d’idées sérieuses à proposer. La campagne électorale a permis aux partis de proposer aux électeurs, plus ouverts que les partis qui s’opposent à vous en chambre, des plans pour le Canada.

La tension entre les partis

Durant la campagne, on a remarqué une différence majeure entre les idéologies des Conservateurs et des 4 autres principaux partis. Les attaques ont convergé vers Stephen Harper et l’on remarque qu’au niveau des valeurs, le NPD, le PLC et le PVC se rencontrent facilement, ainsi que le Bloc un peu (quoique la priorité du Bloc demeure les intérêts du Québec). Dans ce sens, on voit que Harper aura, malgré que c’était la cause officielle de la dernière campagne, encore plus de difficultés à obtenir des appuis dans ses projets.

Ce qui serait intéressant, c’est que comme l’on voit que les 3 partis d’opposition ont des atomes crochus, il serait possible de voir un gouvernement de coalition qui prendrait le pouvoir. Avec le départ de Dion, cela devient moins envisageable (et l’on n’a pas trop envie d’envisager Dion comme premier ministre), mais c’est ce qui, selon moi, serait le mieux. 50 à 60% de la population a voté pour ces 3 partis, contre 32% pour les Conserves. Il me semble plus logique que ces 3 partis, qui ont plusieurs points en commun au niveau des valeurs, forment un gouvernement efficace, au lieu d’avoir un gouvernement qui sera incapable d’avancer, car celui-ci possède des valeurs aux antipodes des trois autres partis.

En gros, ces élections n’ont pas permis de régler la situation de gouvernement minoritaire, nous a coûté de l’argent (hé oui, une élection coûte des sous), mais nous débarassera probablement de Dion, permettra un front plus uni face aux Conservateurs et devrait ramener quelques idées à la Chambre des Communes, ce dont l’on a bien besoin.

L’innovation contre la régulation

Il y a de gros débats que je considère comme de la foutaise. L’un d’entre eux est le vieil adage qui dit que trop de lois sont un frein à l’innovation. Voilà bien un avis stupide! Un exemple vient de ce blogueur, qui croit que les régulations de l’EPA ont mis un frein à l’innovation d’une petite compagnie qui vendait une sorte de porte-clé qui nous permet de manipuler des objets sans s’infecter des germes que la surface contient.

Bon, alors là, je suis désolé, mais je trouve d’abord cette invention ridicule. Si le fait de toucher une poignée de porte est une source de crainte pour vous et que vous n’en dormez pas de la nuit, apportez-vous un gant de latex.

L’exemple que j’ai donné est un peu ridicule, avouons-le, mais il représente l’opinion de plusieurs personnes, de milieux très différents, qui braillent sur les lois gouvernementales en disant que celles-ci mettent un frein à l’innovation et peuvent même “mettre en danger des secteurs clés”. Pourtant, malgré des nouvelles régulations dans le monde agricole année après année, on arrive toujours à produire plus de nourriture sur un même territoire ET à répondre aux demandes de nouvelles régulations. L’augmentation des bandes riverraines est un exemple; devant de nouvelles régulations pour protéger nos cours d’eau, il est interdit depuis un bon bout de temps d’utiliser des produits chimiques à une certaine distance des cours d’eau. Qui plus est, il faut même y planter des espèces qui seront capable de prévenir l’érosion, afin de s’assurer qu’un minimum d’eau contaminée par les pesticides ne se rende dans les rivières. Cela mène actuellement le Québec à plusieurs recherches sur la valorisation de ces bandes riverraines, dont l’utilisation de plantations de saules pour prévenir l’érosion et servir de récolte de biomasse utilisable comme source d’énergie. Notez bien que le saule est l’arbre qui donne la plus grande quantité de matière par acre au Canada. Il peut se récolter à tous les 3 ans, et plusieurs personnes dans mon département font des recherches sur l’adaptation de machinerie lourde à la récolte de cet arbre.

Donc, contrairement à ce que l’on prétend, l’étendue des bandes riveraines au Québec, une nouvelle loi qui coupe sur la quantité de territoire où l’on peut répendre des pesticides, devient une source d’innovation, car elle ouvre aux agriculteurs la possibilité de cultiver de nouvelles sources de revenus, en plus de prévenir la pollution des cours d’eau. C’est un peu ce que je veux dire: les régulations sont un moyen de guider l’innovation vers des idées qui nous intéressent, et de chasser de la tête des ingénieurs des idées qui pourraient être “indésirables”.

Il faut avouer que dans l’histoire des bandes riveraines, il y a de quoi être fier. En fait, les agronomes et les ingénieurs agricoles sont probablement les personnes vivantes qui sont les plus responsables de la croissance de notre espérance de vie. Grâce à des études poussées sur la façon de nous nourir, il est possible d’augmenter nos rendements de production de nourriture via l’irrigation, l’utilisation d’engrais chimiques et naturels ainsi qu’une meilleure compréhension des conditions environnementales en agriculture. Un autre truc est que, de tous les ingénieurs, nous sommes probablement ceux qui peuvent affirmer avoir trouvé les solutions les plus efficaces pour résoudre les problèmes dans notre domaine. Chaque fois qu’une nouvelle législation entre en vigueur dans le domaine agricole, la recherche s’active pour réussir à trouver de nouvelles et meilleures façons de faire, afin de profiter aux agriculteurs et aux acheteurs en général. En ce moment, par exemple, la recherche sur l’épandage et le contenu de phosphore dans les champs (un composant qui enrichit le sol dans certaines quantités et le contamine lorsqu’il y en a trop – ce qui est le cas de plusieurs régions au Québec) battent leur plein dans la province. L’épandage est un défi de grande taille, si on considère que chaque vache produit environ 65 kg de fumier par jour et que l’on utilise 15L d’eau par vache par jour pour nettoyer les étables.

Mais bon, je m’égare. Ce que je veux dire, c’est que là où il y a des régulations, il y a de l’adaptation. Cette adaptation attire l’innovation, le besoin de faire quelque chose de bien dans les limites fixées par le gouvernement ou la municipalité. Cela permet de faire évoluer la société dans une direction plus “durable”, comme en prévenant la pollution des lacs (et donc, directement, la prolifération des algues bleues qui réclament de bonnes quantités de phosphore).

D’un autre côté, il faut aussi se demander si une innovation qui sort des cadres “légaux” que l’on émet est souhaitable. Lorsque les gens disent que l’innovation est freinée par des régulations trop lourdes, en vérité, cela signifie que l’on aimerait pouvoir innover en dehors des législations qui nous sont données. Dans certains cas, certaines contraintes sont parfois ridicules. Toutefois, dans la quasi-totalité des cas, les lois ont une raison d’être et sont nées de concertations et de consultations qui ont montré qu’il était plus souhaitable d’interdire de faire quelque chose que de le permettre. Dans un tel cas, pourquoi vouloir innover dans des directions que la population ne trouve pas “souhaitable”?

Il faut faire attention, par contre: certaines lois sont vraiment idiotes. Les municipalités ont parfois sorti des régulations idiotes qui ressortent d’une querelle entre deux voisins plutôt que d’une réflexion poussée. Ce sont des cas relativement communs (il y a toujours 2 ou 3 lois dans ce genre dans les municipalités et MRC du Québec), mais il faut savoir s’y adapter et protester contre des lois stupides et inutiles. Cela ne veut pas dire que toute les lois ne sont pas importantes ou n’ont pas un but important derrière celles-ci.

Mon avis sur l’innovation est simple: il faut être capable de créer un produit qui est, non seulement, économiquement viable, mais qui répond aux attentes des clients et des régulations. Si vous n’êtes pas capable d’innover en respectant les cadres légaux de la région dans laquelle vous vendez votre produit, c’est que ce produit ne devrait pas être commercialisé. Point final.

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