Je disais que je ne suis pas d’accord tout le temps avec Amir Khadir ou avec le parti pour lequel je vote (Québec Solidaire). Et c’est correct! Je ne connais personne qui appuie tous les motifs derrière les intentions des partis pour lesquels ils votent. Voilà un petit exemple: le deuxième point d’Amir, cette fois sur l’environnement:
Amir commence par nous dire que 52% de notre énergie vient de combustibles fossiles. En vérité, cette tranche est surtout reliée au transport, qui représente un peu moins de 40% de notre facture, et au chauffage au gaz naturel ou au mazout lourd. Le Québec n’utilise virtuellement pas de charbon. Pour la production électrique, soulignons que 97% de notre électricité est hydroélectrique, la seconde énergie renouvelable la plus utilisée au monde (après la biomasse, dont la forme la plus utilisée est de brûler du bois de chauffage). Quand on nous dit ensuite que l’éolien représente 0.01% de notre production énergétique, c’est vrai. D’ici quelques années, par contre, l’on aura environ 3000 MW, suite à l’implantation “butchée” du premier appel d’offres de 1000 MW d’énergie éolienne et du second appel d’offres, cette fois de 2000 MW. 3000 MW, ça représente environ la production de 11% de l’électricité du Québec. Au total, l’énergie éolienne représenterait donc entre 5 et 6% de l’énergie (toutes sources confondues – électrique, thermique, etc.) consommée au Québec, ce qui ferait de nous les leaders en éolien au Canada si rien ne change dans les autres provinces. Wow! Les Québécois seraient les seconds plus grands consommateurs d’énergie hydroélectrique (et d’énergie verte) au monde, en terme de pourcentage de la consommation énergétique, le plus grand producteurs d’énergie éolienne au Canada et parmi les leaders dans le domaine en Amérique, et ce probablement d’ici 2012, soit 4 ans.
Oui, ce sont des compagnies étrangères, oui, le premier appel d’offres a été mal fait et ne devrait pas rapporter beaucoup de redevances aux communautés locales et presque aucun bénéfice pour le Québec, mais c’est grâce aux groupes de pression sociales, défendus par Québec Solidaire, que ce second appel d’offres a été un plus grand succès, que l’exercice d’évaluation a été plus rigoureux et que la consultation de la population a commencé à se faire de façon plus adéquate. C’est grâce à ces communautés citoyennes, que Québec Solidaire défend, si le second appel d’offres a respecté la population Québécoise, et ce même si les Québécois ne possèdent pas entièrement les entreprises qui ont saisi l’appel d’offres. J’ajoute d’ailleurs que lors du second appel d’offres, le PLQ, suite à des pressions, a du demander aux contracteurs que certaines parties de leurs turbines viennent de contracteurs Québécois. C’est pourquoi on voit des camions se promener sur la 40 avec, derrière eux, une tour ou certaines parties de turbines à éoliennes.
Pour le blâme sur les gens qui veulent extraire du pétrole Gaspésien, je ne la comprends pas. Si ça nous permet de faire venir moins de pétroliers des Émirats Arabes Unis, après leur escale en Angleterre, pourquoi pas? Le pétrole Gaspésien a la réputation d’être presque raffiné quand il est extrait et pourrait nous permettre de détourner certains navirres qui empruntent la voie navigable du Saint-Laurent.
Par contre, dans la conclusion d’Amir, je suis entièrement d’accord. Le Québec a le potentiel pour devenir la “batterie” du système électrique du Nord-Est de l’Amérique, et peut produire de l’énergie capable de concurrencer, au niveau du prix, n’importe quelle centrale au charbon des États-Unis, en plus de pouvoir vendre aux gens des énergies propres et de réaliser ce défi de taille qu’aucun autre endroit n’est prêt à réaliser.
La gestion d’Éole-Québec est aussi révolutionnaire, à mon avis. Créer un pôle de recherche et des modèles de gestion pour profiter à 100% de notre potentiel éolien, comme nos modèles de gestion nous permettent de profiter de l’hydroélectricité (en vendant 4% de notre électricité à l’étranger, on fait 30% des revenus de Hydro-Québec). Cette nationalisation tranquille a été créée pour profiter le mieux possible aux communautés prêtes à implanter des éoliennes, car elle créerait des entreprises de coopératives de vent, selon des modèles qui ont prouvé leur rentabilité en France. Elle permettrait aussi aux Québécois de pouvoir se procurer des turbines à éoliennes dans un marché qui est actuellement en pénurie, car il serait possible de commander des pièces en plus grandes quantités. Un des défauts actuels des petits projets d’éoliennes est que les fabricants ne font plus de petites quantités de turbines, parce qu’ils sont trop débordés. Dans ce cas, non seulement les revenus reviendraient aux Québécois, mais seraient surtout distribués dans les régions (bon moyen de combattre l’exode rural), impliqueraient les citoyens (moins d’appréhension dans les communautés par rapport aux éoliennes), mais en plus, cette nationalisation créerait de la richesse au Québec, par l’implantation d’un pôle de recherche et l’investissement dans une industrie “dans le vent”. De quoi fermer le clapet aux libre-marchéistes vulgaires qui essaient de vous faire croire que le gouvernement est une grosse dépense qui n’a jamais rien fait de bien.
Alors, comme je vous disais, je ne suis pas toujours d’accord avec Amir Khadir. Sur le point de vue de l’énergie, ses chiffres sont un peu… désuets, car Québec Solidaire est un parti qui regarde en avant et qu’il donne des chiffres un peu arriérés au niveau des éoliennes. Par contre, sur le dossier de l’énergie, je crois moi aussi qu’Éole-Québec est une des meilleures façons pour le Québec de prospérer dans le marché énergétique du Nord-Est de l’Amérique. Je continue d’appuyer Québec Solidaire, et je vous invite tous à aller voter pour eux aux prochaines élections (et surtout pour Amir).
(En haut, la centrale de Beauharnois, à l’est de Montréal; elle a une capacité de 1755MW)
Aujourd’hui, j’ai lu un petit article extrêmement bien documenté sur les serres fonctionnant avec les eaux salines dans les pays plus chauds et qui ont de la difficulté à gérer la demande en eau et la demande en nourriture. Comme dans certains pays, l’agriculture représente 90% des besoins en eaux de la région, plusieurs pays tentent de trouver des moyens de répondre à ces deux besoins vitaux qui risquent d’entrer éventuellement en conflit l’un avec l’autre. Rendu au moment où il faudra choisir entre se nourir et s’abreuver, ce ne sera pas l’argent qui viendra les aider, mais la création d’un plan de gestion efficace et l’ingénérie de solutions simples et fonctionnelles. L’initiative des serres d’eau salines est proposée en partie par le