Combien pour ce sac?

À partir de maintenant, Loblaws (ainsi que ses filiales Provigo, Maxi, Maxi & Cie., les marchés Tradition, etc.) vend le sac polyvalent le moins cher du monde! Pour 5 sous, vous pouvez acheter un de ces merveilleux sacs de plastique.

Effectivement, Loblaws a choisi de faire payer les consommateurs pour l’utilisation de sacs de plastique d’épicerie, et ce sans s’attendre à une quelconque intervention gouvernementale. C’est d’ailleurs un peu dommage que le gouvernement provincial ne soit pas chaud à la plastax, qui a connu des succès en Irlande. Malgré tout, le ministère de l’environnement et des parcs du Québec encourage les autres épiciers à instaurer un prix symbolique (5 sous, ce n’est pas beaucoup) sur les sacs de plastique afin d’aider à en diminuer l’utilisation.

Loblaws garantit aussi que la somme amassée par ce prix sera ré-investi dans des activités ayant pour but d’améliorer l’environnement.

De telles initiatives ont permis à l’Irlande, via une politique nationale de plastax (taxe sur le sac de plastique), de réduire leur quantité de sacs de plastique de 1200 millions de sacs à 200 millions (17% de la quantité initiale) en une seule année. La politique de Loblaws est un pas dans la bonne direction qui pourrait donc encourager d’autres commerçants à les suivre.

Syncrude s’excuse!

“Avant de partager avec vous les découvertes de notre enquête, permettez-moi de vous dire que nous sommes vraiment désolés pour cet événement.”

Cette phrase a été prononcée (en anglais, je me suis contenté de la traduire) par le pdg de Syncrude, M. Tom Katinas, lors d’une conférence de presse en mars 2009. La semaine précédente, cette entreprise faisait face à la justice, suite à un événement ayant eu lieu en avril 2008, lors de la migration des canards. Ayant pris les étangs de décantation du territoire albertain pour des étangs dans lesquels ils pouvaient se poser, une large population de canards avait trouvé la mort par empoisonnement.

Les étangs de décantation

Aussi appelés “tailing ponds” en anglais, les étangs de décantation contiennent les résidus du traitement du bitumen Albertain. Le pétrole contenu dans les sables bitumineux albertains étant emprisonné dans le sol, dans l’argile et dans la roche, son extraction relâche aussi de lourds contaminants qui étaient chimiquement reliés au sol et nécessite l’utilisation de grandes quantités d’eau. Les étangs de décantation permettent au sable de se déposer dans le fond rapidement alors que les résidus plus dangereux peuvent rester dans l’eau pendant 30 ans. Un étang de décantation mature peut avoir une composition allant jusqu’à 29% de particules solides (sur une échelle de masse) et 68% d’eau. Les étangs de décantation sont considérés comme toxiques, vu le contenu de la matière solide et parce que la présence d’activités bactériologiques génère du méthane, à un niveau qui peut être mortel. La surface totale des étangs de décantation Albertains équivaut actuellement à 125 km².

En avril 2008, Syncrude avait lâché un avertissement au ministère de l’environnement de l’Alberta, après qu’une population d’environ 500 canards ait été retrouvée dans le bassin de décantation Aurora, près de Fort McMurray. Les canards avaient touché à l’étang et étaient presque tous morts. Les canards pouvant être sauvés ont été envoyés à Edmonton au Wildlife Rehabilitation Centre. Selon Syncrude, des 500 canards ayant été retrouvés sur l’étang, seul 5 pouvaient être sauvés.

Les canards: beaucoup d’efforts en conservation


Si les populations de canards sont encore bien portantes en Amérique, c’est en grande partie grâce à l’ONG Ducks Unlimited (DU). Elle a été fondée en 1937 par des entrepreneurs et des chasseurs qui s’inquiétaient de la diminution des milieux humides et des habitats naturels des gibiers d’eau.  DU se consacre à la restauration et la préservation de milieux humides, de prairies d’herbes longues (qui permettent au gibier de se protéger contre les prédateurs) et à d’autres activités de conservation. Son budget de 2008 a été de 261 millions de dollars, dont 80% ont été investis en projets de conservation. D’ailleurs, la forêt boréale et les prairies sont deux des territoires les mieux protégés par DU, si bien que Ducks Unlimited Canada a actuellement 1800 projets en cour d’élaboration en Alberta.

*Petit point au sujet de Ducks Unlimited: si vous êtes intéressés par des projets de restauration, notamment avec des milieux humides, certains ingénieurs m’ont souligné que DU appuie financièrement plusieurs projets sérieux qui auraient un potentiel de conservation, particulièrement dans les milieux humides.*

Je tenais à souligner la participation de DU à la préservation de la faune pour expliquer à quel point tuer 500 canards n’est pas qu’une petite bêtise. Quand une ONG de 72 ans se consacre à la protection des canards et que son budget est supérieur à celui du ministère de l’environnement et des parcs du Québec (236.5 millions de dollars pour 2009-2010), la mort de 500 canards, d’un seul coup, ça fait un très mauvais coup de pub pour Syncrude. Mais attention, car ce n’est pas fini…

La surprise de 2009

Dans le communiqué de presse que j’ai placé en extrait plus tôt, le pdg de Syncrude s’excusait d’abord de l’événement. Il était aussi placé dans l’embarras, car une enquête interne de son entreprise était arrivée à la conclusion que la majorité des canards avaient coulé dans le fond de l’étang de décantation Aurora, et qu’au lieu d’avoir tué 500 canards, 1606 d’entre eux avaient perdu la vie. Ce nombre a été publié par Syncrude et a nécessité une permission de la cour avant d’être divulgué.

Plusieurs groupes ont démontré leur inquiétude quant aux étangs de décantation depuis cet événement. Alors que le président des États-Unis essaie de diminuer la dépendance au pétrole étranger et depuis le numéro de National Geographic (les photos et témoignages sont d’ailleurs très enrichissants) au sujet des sables bitumineux, le gouvernement du Canada essayait de défendre son exploitation de combustibles fossiles en affirmant que les régulations sévères permettaient d’éloigner la nature de ces exploitations. À défaut de ne pas avoir un impact environnemental très éloquent, les exploitations de sables bitumineux avaient le mérite de tout mettre en oeuvre pour éloigner la faune des exploitations, afin de les protéger. L’événement de l’an dernier a encore une fois prouvé que la méthode actuellement employée n’était pas suffisante pour éloigner les animaux de milieux qui pouvaient être dangereux pour leur santé.

Mais…

Ce serait facile de lancer des roches à Syncrude au sujet de la mort des populations de canards. Depuis 30 ans, Syncrude utilise des moyens pour éloigner la faune et les gibiers d’eau des étangs à décantation. En mars 2008 , Syncrude faisait notamment patrouiller des épouvantails sur les étangs, afin de donner l’illusion d’une occupation humaine. Elle avait d’ailleurs aussi commencé à utiliser des canons au gaz naturel qui relâchent un bruit monstrueux afin d’éloigner la faune des étangs. Finalement, des radars tentent de suivre de façon plus active la migration des oiseaux afin de resserer la sécurité des étangs à décantation au printemps et à l’automne.

Syncrude a fait ses preuves que la sécurité de la faune leur tenait à coeur, mais que les mesures qu’elles avaient mis en oeuvre jusqu’à l’an dernier étaient insuffisantes. Les canards se sont habitués à la présence d’épouvantails en acier sur les étangs. Il faut maintenant trouver des façons mieux développées pour repousser les animaux des étangs à décantation. Par contre, cela ne réglera jamais le problème fondamental, qui est de l’impact environnemental horrible des sables bitumineux via les étangs de décantation. Ce n’est pas normal pour une industrie de contaminer 125 km² d’étangs au poing de pouvoir tuer des animaux de masse moyenne, comme les gibiers d’eau, et que l’on devra s’occuper de ces énormes territoires contaminés pendant 30 ans.

J’ai ma bourse!

C’est un billet un peu plus personnel…

Dimanche après-midi: Max est sur l’ordi à faire des recherches d’emploi. C’est qu’il a postulé pour une bourse d’études du CRSNG (Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada), mais que son université l’a accepté sur la liste d’attente; au cas où un des étudiants méritants viendrait à refuser sa bourse de USRA (Undergrad Student Research Award), on me gratifierait de ses restes. La date limite où l’on pouvait me demander si je voulais de la bourse étant le 25 mars (et l’on était rendus en avril), je ne me faisais pas trop d’illusions et j’avais fini de re-travailler mon CV, en espérant ne pas finir sauveteur comme ce fut le cas dans les autres années.

Après avoir passé une partie de la soirée à envoyer, à contre-coeur, des e-mails, je vais me coucher pour me préparer à la journée de cours du lendemain.

Lundi matin: Après le cour de la matinée au centre-ville, Max retourne à son campus pour organiser deux ou trois trucs (ce qu’il fait un peu trop souvent). Entre-temps, il ouvre son ordinateur et va voir ses e-mails. L’un vient de la responsable des bourses du campus, et lui annonce qu’il a jusqu’au 15 avril pour remplir ses papiers de bourse pour le USRA, ou qu’il peut refuser sa bourse d’études cet été. La réponse se fait très rapide!

Voilà, cette année, j’ai obtenu une bourse de recherche pour travailler sur le campus sur des projets! Je voulais écrire un petit message ici, parce que ça m’a vraiment rendu joyeux! Même mon prof s’attendait à ce que j’aie été refusé, vu la longueur du délai, mais on a tous été heureux de voir que ce ne fut pas le cas. Et je comprends son enthousiasme en voyant l’horraire de l’été que l’on a devant nous. Disons que ça ne va pas chômer! Pour ceux qui ne le savent pas, je suis un work-aholic dans mon domaine, parce qu’il me passionne vraiment. Alors la venue de cette bourse, c’est pour moi un emploi aussi amusant que de me faire payer pour déguster des bonbons qui ne font pas grossir.