L’électricité Québécoise: à l’heure de la biomasse

En novembre 2008, Hydro-Québec Distribution lançait un appel d’offres de 500 MW pour les projets éoliens de 25 MW et moins, le tout séparé en 2 tranches: 250 MW iraient à des projets dirigés par des nations autochtones et 250 MW dans des projets de ce que l’on appelle ailleurs des “coopératives de vent”. Le tout devrait être disponible dès 2014.

En janvier 2009, Hydro-Québec Distribution a lancé un appel d’offres qui a pourtant laissé lettre morte dans la presse Québécoise, et je dois avouer ne pas comprendre pourquoi. L’appel d’offres d.Hydro-Québec concernait l’achat de  125 MW d’électricité produite par cogénération de biomasse (au minimum de 75% – en hiver, il est parfois nécessaire d’enrichir la biomasse au gaz naturel).  Le tout devrait être disponible d’ici 2012.

Même si l’on en parle très peu, 125 MW, ce n’est pas rien; c’est l’équivalent d’environ 65,000 résidences.

Le système de base de la cogénération est simple à expliquer; son cycle thermodynamique est un peu plus complexe. Afin d’éviter le mal de tête, je vais simplement parler des résultats: le but de la cogénération est de générer de l’énergie sous deux formes: électrique ET thermique. En ne fournissant que de l’énergie électrique, on obtient une efficacité énergétique moins grande que par cogénération. Ces systèmes polluent plus (en relâchant plus de chaleur dans l’atmosphère et, souvent, plus d’autres contaminants) et génèrent moins d’électricité, mais coûtent moins cher à implanter. On juge toutefois, par cet appel d’offres, qu’il vaut mieux produire de l’électricité de façon plus efficace et moins polluante, quitte à ce que cela coûte un peu plus cher.

Actuellement, Hydro-Québec achète environ 47.5 MW d’électricité par cogénération de biomasse venant de 3 fournisseurs. En voulant augmenter cette capacité à 172.5 MW d’électricité, cela représente une croissance de production d’électricité par cogénération de biomasse de 53.7% par année. Et malgré tout, ce n’est pas encore assez, à mon avis. Nous pouvons faire mieux.

La France produit un total d’environ 500 MW en électricité à partir de biomasse (478 MW selon les chiffres de 2007 – Une augmentation de 10% par rapport à 2006). En gardant cette croissance constante, en 2012, la production électrique sera d’environ 700 MW. L’Allemagne a franchi le cap des 1000 MW de cogénération par biomasse en 2007. L’Inde a lancé un plan qui fait que d’ici 2012, ils produiront 1,700 MW à partir de cogénération de bagasse (résidu de l’extraction de suc de la canne à sucre). Suite à l’appel d’offres, le réseau Québécois achètera 172.5 MW d’électricité par cogénération de biomasse de différents fournisseurs. Nous possédons une des capacités en biomasse les plus élevées au monde et n’en tirons pas assez profit. Tembec Temiscaming traite partiellement les eaux usées de son usine de pâtes et papiers tout en générant du biogaz qui fournit l’électricité de sa centrale, en plus de vendre 8MW d’électricité par année à Hydro-Québec en utilisant un minimum de 75% de produits de la biomasse (lire: pas du gaz naturel ou du pétrole). Si notre objectif est de devenir les leaders en énergie renouvelable en Amérique, nous devons tirer un meilleur profit de nos installations existantes et diversifier nos sources d’énergie, ce que notre gouvernement a compris en favorisant d’autres sources d’électricité que l’hydroélectricité. Cet appel d’offres reconnaît l’importance d’autres énergies, mais comparé à la capacité de production d’autres pays, il nous reste encore beaucoup de chemin à faire.

Je présume que les groupes environnementaux devraient eux aussi avoir cette vision moins réductrice de la production d’électricité. Ceux-ci font de plus en plus de lobbying afin de pousser le gouvernement du Québec à développer notre filière éolienne, qui peut être rentable et offre un grand potentiel. Afin de préserver des emplois dans l’industrie forestière et de fournir d’autres sources d’énergie renouvelable, j’aimerais qu’ils poussent aussi vers une filière bois énergie, comme c’est le cas ailleurs dans le monde.  Ce type d’énergie serait facile à répandre au Québec, vu l’accessibilité de la ressource.

La norme FSC

Depuis plus de 10 ans, les entreprises désirant obtenir des produits issus d’une forêt administrée de façon durable et responsable ne peuvent plus crier qu’il est difficile d’obtenir une certification crédible, et ce grâce à la certification du Forest Stewardship Council (FSC). Cette norme, maintenant une référence dans l’industrie forestière durable, a été établie en 1993 par des forestiers, des entreprises forestières, des entreprises transformant le bois et même des groupes environnementaux (dont Greenpeace, qui se dit très fière des résultats de ces négociations). C’est un accomplissement en soi, que d’avoir placé des groupes qui ont tous des intérêts différents dans l’industrie du bois, et d’être arrivé à définir les balises d’une certification solide et reconnue de tous.

On estime qu’actuellement, 50% de la forêt mondiale a été détruite ou convertie à d’autres utilités (comme l’agriculture). Les 2/3 de la forêt restante, selon la FAO, se retrouvent dans 10 pays, dont le Canada fait partie. 64 pays sont moins chanceux; c’est le nombre de nations qui ont moins de 10% de leur territoire couvert par la forêt. Cela entraîne des conséquences majeures: Haïti, par example, a totalement détruit son industrie du bois en l’utilisant pour chauffer des maisons. Leur voisin, la République Dominicaine, un pays dépendant du tourisme et notamment du tourisme écologique, a fait un usage plus responsable de la ressource, si bien que si l’on regarde une photo satellite de la frontière entre ces deux pays, cela donne un résultat comme celui-ci.

Haïti n’a pas détruit ses ressources forestières volontairement et un climat de guerre, associé à la pauvreté dans les régions rurales, ont détruit les ressources de bois dans le pays. Par contre, les conséquences sont multiples: les arbres contrôlent les ressources en eaux en créant des pluies (ce qui garde l’eau à la surface de la Terre, au lieu de la piéger dans le sol, où elle devient plus difficile à retirer) et en prévenant les innondations. Ils combattent l’érosion des sols en créant un réseau complexe de racines qui le maintiennent en place, le solidifient et en attirant la biodiversité. Finalement, et c’est là que le bas blesse, ils sont aussi une ressource économique dont le pays le plus pauvre d’Amérique s’est départi pour les décénnies à venir.

Cela démontre l’importance de la forêt dans la vie de tous les jours. Elle remplit des buts économiques, sociaux, environnementaux et écologiques, car d’autres espèces que la nôtre en dépendent. La norme FSC s’attaque à toutes ces questions. Certains critères pour obtenir une gestion forestière certifiée FSC incluent la diversification des produits issus de la forêt (bois d’oeuvre, pâtes et papiers, etc. – et non uniquement faire des 2”x4”, ce qui peut avoir des conséquences dans la communauté si une partie du marché s’effondre), le maintien des eaux et des espèces afin de promouvoir un milieu plus “naturel”, de couper la forêt à un rythme qui représente sa capacité regénérative, d’éviter l’utilisation de pesticides ainsi que l’entraînement et la supervision des employés, qui travaillent avec des outils qui peuvent mettre leur vie en danger, sans la formation appropriée. Une liste plus détaillée des principes de la norme FSC se trouve ici, classée selon les types de forêt Canadiennes. Il faut bien noter que les forêts anciennes, comme celles de Colombie-Britannique, ne peuvent pas être régies de la même façon que la forêt boréale Québécoise. Les standards varient donc d’une région à l’autre, mais sont déterminés par les mêmes valeurs de gestion forestière.

Il faut toutefois voir les limites de cette certification. D’abord, l’office de certification FSC est décentralisé; cela signifie qu’il donne à des groupes indépendants le droit de donner une accréditation de certification FSC aux entreprises de foresterie de la région. Cela permet de respecter des standards particuliers à chaque région (comme mentionné plus haut, on ne gère pas la forêt boréale comme une forêt ancienne), mais cela peut aussi signifier que certains groupes d’accréditations sont plus permissifs que d’autres au niveau de l’interprétation des normes. C’est pour cela que FSC-Watch, un groupe indépendant du Forest Stewardship Council, observe minutieusement le travail des groupes de certification FSC et des entreprises forestières accréditées afin de s’assurer du respect des normes. Dans le passé, FSC-Watch a déjà dénoncé des entreprises forestières qui ont, par la suite, perdu leur accréditation pour avoir mal géré leur forêt. Le regroupement est un peu cynique face à la gestion du Forest Stewardship Council, mais le FSC a eu la crédibilité d’observer les plaintes portées par FSC-Watch dans le passé et d’avoir agi en conséquence.

Il faut aussi savoir que la norme FSC ne concerne que la gestion forestière directement. Elle ne garantit pas une saine gestion du papier certifié FSC et ne s’occupe pas du traitement effectué sur les 2”x4”. Elle ne se soucie que de la façon dont la forêt est gérée. Une entreprise forestière pourrait vendre son bois à une usine de pâtes et papiers qui décharge une trop grande quantité d’eaux usées dans le Saint-Laurent et ce papier serait tout de même apte à être certifié FSC. Il faut donc reconnaître les limites de la certification afin de comprendre l’influence que celle-ci peut avoir sur l’industrie du bois. Il est toutefois possible d’obtenir du papier ou d’autres produits certifiés FSC, mais en pratique, ce sceau signifie simplement que le bois acheté vient d’une forêt durable.

Quelques chiffres pour terminer

Actuellement, environ 10% de la production mondiale forestière est certifiée FSC (chiffres de décembre 2008). 112 millions d’hectares (1.12 millions de kilomètres carrés) de forêt sont sous la certification FSC dans le monde, dont 27 millions d’hectares au Canada. Le Québec est la deuxième province avec le plus grand territoire certifié FSC (après l’Ontario), soit 5.9 millions d’hectares. Actuellement, la certification est très présente en Europe et en Amérique du Nord; elle fait des progrès en Asie, mais doit encore faire des efforts pour gagner du terrain en Amérique du Sud et en Afrique.

La certification FSC est donc une excellente certification pour la gestion des forêts partout à travers le monde. Elle reconnaît l’importance de la localisation géographique de la forêt, de sa capacité à fournir du bois, mais aussi des impacts environnementaux, sociaux, économiques et écologiques d’une saine gestion forestière. Elle est limitée par le fait qu’elle ne s’étend qu’à la coupe forestière et par sa politique de décentralisation de la norme, mais elle a le mérite d’avoir obtenu le respect des gens dans l’industrie du bois en général, des groupes environnementaux aux compagnies de coupe. Elle a permis de montrer aux gens que malgré des buts totalement opposés, il est possible de créer des ententes respectables entre ces groupes. La certification FSC permet aux entreprises de gérer une ressource renouvelable de façon respectueuse en s’assurant que dans 50 ans, ils pourront toujours couper du bois sur le même territoire. Les groupes environnementaux voient que dans cette norme, ils bâtissent de meilleurs écosystèmes forestiers et que les communautés de la région bénéficient d’une activité commerciale qui leur donne des emplois.

L’agriculture, plus précise que jamais!

Les agriculteurs du Québec traitent souvent de leurs problèmes. À tous les 10 ans, notre province perd l’équivalent de l’île de Montréal en sols arables pouvant être utilisés pour l’agriculture. À ce niveau, l’UPA a lancé une campagne présente dans plusieurs régions du Québec: “Pas de nourriture sans agriculture.” Dans ce slogan, l’UPA essaie d’attirer l’attention de la population par rapport aux problèmes actuels de l’industrie agricole, qui doivent souvent céder leur place à d’autres projets et qui sont tout bonnement ignorés par la population. Personne ne s’indigne bien longtemps de la perte de 350 hectares pour prolonger l’autoroute 30, mais plusieurs personnes mettent l’emphase sur des projets (tout aussi importants) comme la création de l’autoroute urbaine de la rue Notre-Dame ou du manque de verdure près de l’échangeur Turcot.

C’est important de donner au domaine agricole ses lettres de noblesse, mais je ne crois pas que la méthode actuelle de l’UPA ne serve à grand chose. Effectivement, qui, en dehors des fermiers, connaît vraiment leurs revendications? On en parle à la radio pendant le traffic pendant 15 secondes et on l’oublie quand on arrive au bureau. Le gros défaut est que pour plusieurs, les régions, c’est du pasé. Montréal et les environs comprennent la moitié de la population du Québec, sans compter d’autres grandes villes, comme Québec et Sherbrooke.

Pour que l’agriculture paraîsse intéressante aux gens, il faut parler des nouvelles technologies, du fait que l’agriculture est arrivée au XXIe siècle elle aussi. C’est difficile, parce que l’agriculture évolue très lentement et que les changements sont parfois très simples et donnent l’impression d’être bien ordinaires. Ce n’est pas le cas de l’agriculture de précision, par contre.

L’agriculture de précision se base sur le principe que sur un terrain agricole, les propriétés du terrain et des plantes elles-mêmes diffèrent énormément. Cela signifie que les terrains n’ont pas besoin d’un apport uniforme en nutriments (azote, phosphore et potassium, principalement) ou de pesticides (naturels comme artificiels – le biologique employant aussi des pesticides). En fait, une fertilisation uniforme, c’est un peu comme dire que tous les êtres humains sur Terre ont besoin d’une diète de 2200 calories par jour, des athlètes olympiques aux bébés de 3 mois. Ça ne marche pas comme ça.

Actuellement, notre outillage est fait pour lancer des concentrations relativement uniformes dans les champs, ce qui signifie qu’à certains endroits, on injecte trop de nutriments et on crée de la pollution (le phosphore, par example, est movible et peut se retrouver dans les eaux – ce qui favorise la prolifération d’algues bleues). À d’autres endroits, c’est le contraire: on injecte moins de nutriments qu’il ne serait suggéré pour avoir le meilleur rendement, et à cause de ces deux raisons, on se ramasse avec une terre qui produit moins de nourriture qu’elle ne peut réellement le faire et qui, en plus de cela, a une empreinte écologique plus grave. Dans cette situation, les cultivateurs, l’environnement et la population en général se retrouve perdante, parce que l’on n’utilise pas suffisament intelligement les moyens à notre disposition. L’un perd des revenus, l’autre doit subir plus de pollution et les consommateurs se retrouvent avec moins de nourriture produite.

L’agriculture de précision utilise des données prises sur le terrain et applique la technologie pour être capable de mieux évaluer les besoins d’une terre. Elle peut se baser sur des analyses de sol, des photos aériennes ainsi que des calculateurs de rendement (selon certains spécialistes, l’outil le plus rentable par rapport à son coût initial en agriculture). Un point en commun avec l’agriculture de précision: elle est basée sur les systèmes d’information géographique, comme le GPS, afin de bien localiser les besoins d’une terre. Elle nécessite un suivi constant des terres agricoles et la compilation de plusieurs données complexes, préférablement sur plusieurs années. 

Il y a quelques mois, j’ai pu voir une conférence au sujet de l’agriculture de précision en Nouvelle-Écosse concernant le bleuet sauvage. Veuillez noter qu’ironiquement, le “bleuet sauvage” est un type de bleuet, et non un bleuet qui pousse uniquement sans intervention humaine. La recherche portait sur l’emploi de caméras pour calculer les rendements des bleuets à certains points précis d’un champ à fertiliser. En prenant des photos à partir de la récolteuse et en comptant le nombre de pixels bleus sur les photos prises (une plus grande présence de pixels bleus signifie une plus grande quantité de bleuets), il était possible d’évaluer de façon assez fiable les rendements d’une terre et ce, sans calculateur compliqué. La prochaine étape est ensuite de lancer un plan de fertilisation plus précis qui tient compte des données géographiques et des rendements obtenus.

C’est donc un peu ironique que l’on considère l’agriculture comme “vieux-jeu”, alors que l’on voit que celle-ci profite de technologies avancées employées dans les autres industries. Le GPS, les systèmes d’informatisation robotisée et les progrès en sciences des sols et des plantes sont des éléments qui pourront aider les agriculteurs à nourrir la planète dans l’avenir, et je crois que cette image est celle que les agriculteurs devraient montrer aux gens, afin de leur expliquer que l’agriculture actuelle n’est ni ringarde, ni attardée technologiquement. L’agriculture est arrivée au XXIe siècle au Québec et en Amérique, et cela promet de grands succès dans l’avenir.

Voilà une petite vidéo qui explique plus en profondeur les implications de l’agriculture de précision. Veuillez noter que c’est une campagne d’information et une publicité commandée par la compagnie Tyler. Ils avaient le vidéo le plus complet, mais je ne vous encourage pas nécessairement à acheter leurs produits. Ce ne sont pas les seuls à faire de l’équipement en agriculture de précision, et les entreprises se sont fait un point d’honneur à rendre leurs technologies compatibles entre elles afin de rejoindre le plus d’agriculteurs possible.

L’agriculture de précision est un domaine en cour de recherche au Canada et aux États-Unis de façon active. Voilà une liste de recherches que l’université Cornell effectue en ce moment dans le domaine.

Avoir du coeur

Je ne fais pas souvent de plugs, mais celle-là, j’y tiens!

Un de mes amis du département, Christopher (Chris) Young a lancé le projet zero2zero4heart. Suite à l’infarctus de sa mère, qui a été sauvée par une intervention chirurgicale en 2007, Chris a décidé de lancer une grande campagne de financement à travers le Canada pour supporter la fondation des maladies du coeur. Cette fondation offre des formations en premiers soins et permet de faire beaucoup de recherche et de développements afin de sauver la vie des gens.

Afin de les aider, Chris va faire la traversée du Canada a débuté la traversée du Canada à vélo, afin de lever des fonds et de sensibiliser les gens aux maladies cardiaques et à la recherche qui a lieu. Chris a eu beaucoup d’appuis dans la région de Ste-Anne-de-Bellevue (dont le mien, celui du département et de ses étudiants, ainsi que de la communauté de Ste-Anne-de-Bellevue en général) et son épopée a soulevé plusieurs personnes dans les Maritimes. En 13 jours, il a presque fini de traverser les 4 provinces et est actuellement à Edmundstun, près du Québec.

Alors je vous invite tous à aller voir le site de www.zero2zero4heart.com et, si le coeur vous en dit, de supporter la Fondation des Maladies du Coeur contre l’une des plus importantes causes de mortalité dans les pays développés.

C’est pas ça, étudier en génie!

Avant de lire le texte, je vous réfère au nouveau site d’Ingénieurs Canada, qui a lancé une campagne de publicité pour favoriser l’engagement en génie: http://www.pourquoilegenie.ca/

Vous avez vu la même image que moi? Bien! Ça a frustré beaucoup les ingénieurs du Québec, qui considèrent d’abord la publicité comme laide, naze et mal intégrée. Au Québec, les gens graduent du cégep à 18 ans; ils font eux-même leur choix de carrière et, bien qu’il soit influencé par leurs parents, une campagne de publicité en faveur du génie doit d’abord être axée vers les gens qui appliquent. Et quand je vois cette publicité, je n’ai sérieusement pas envie d’appliquer en génie.

Les programmes d’ingénieurs sont variés et concernent l’application de la science. Je considère qu’être ingénieur, c’est d’avoir le travail de concevoir l’environnement physique dans lequel les humains évoluent. C’est un travail noble et qui doit être vu comme tel, vu notre apport à la société et la lourdeur de notre responsabilité (c’est parce que l’on travaille sur de tels projets que l’on a un Ordre qui supervise nos pratiques professionnelles). C’est aussi en parlant de cela que l’on incitera les jeunes à aller étudier le génie; pas en incitant les parents à forcer leurs enfants.

Une campagne de publicité pour les ingénieurs devrait donc s’adresser aux jeunes, probablement en affichant d’abord et avant tout de jeunes ingénieurs qui ont eu des projets novateurs. Le CRSNG a d’ailleurs concentré sa publicité de recherche en génie sur cet aspect.