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Gratuité scolaire, un choix social nécessaire!


Mmh… Je m’étais dit que je ne posterais pas souvent (peut-être aux 3-4 jours…), mais malheureusement, on dirait que ce ne sera pas le cas. Je passe pas mal de temps sur ce blog, et je commence à trouver d’autres blogs intéressants, soit pour en montrer la simplicité ou un raisonnement pas très poussé, soit pour appuyer des idées que je trouve bien.

Mais bon, le moment est venu de parler un peu d’un enjeu qui me tient à coeur: la gratuité scolaire. Pour ceux qui ne le savent pas encore, j’effectue quelques furetages ou je lis quelques études par moments sur l’environnement et l’éducation (je n’oserais jamais parler de « recherche » pour ce que je fais), car ce sont les deux sujets qui s’approchent le plus de mes idéaux et qui me semblent férocement négligés/ignorés par la population en général, ou par les médias. Mon discour sur la gratuité, par contre, se trouve à être purement idéologique, par contre, et ne se base que sur très peu de recherches.

Pourquoi la gratuité scolaire?

D’abord, il faut savoir qu’actuellement au Québec, nos frais de scolarité oscillent, pour le réseau universitaire, entre 1400 et 2200$ par année, ce qui est très bas par rapport aux autres provinces et au reste de l’Amérique, qui tire de l’arrière, et de loin, derrière nous. Au cégep, ce montant est beaucoup plus bas (pour ma part, je paie 206$ par année, dont une partie va pour les services étudiants, comme l’asso, le club de jeux de rôle, d’électronique, etc.). Pourtant, au secondaire, les frais de scolarité sont nuls, à moins d’aller à l’école privée. Les gens croient donc qu’il est important que l’éducation soit accessible, au moins jusqu’à un certain point.

Personnellement, je crois qu’elle devrait être entièrement financée par l’État. Je crois avoir expliqué dans mon premier message que si nos frais sont si bas, c’est car nous avons décidé de favoriser l’éducation dans notre société, et que celle-ci soit abordable. Cela a ramené en quelques années notre taux de scolarité à presque rattraper la moyenne de l’Ontario, au niveau du ratio de personnes ayant suivi des études de niveau supérieur (remarquez que cette année, nous remarquons une légère chutte de personnes postulant au cégep). On ne peut nier que la fondation d’une éducation laïque et la prise en main des institutions d’enseignement supérieur par l’État a été un des pas marquants de la Révolution Tranquille, avec la nationalisation de la santé et le développement progressif d’Hydro-Québec. En baissant les frais de scolarité et en créant un régime de prêts et bourses (nous sommes encore la seule province à en avoir un), nous avons aidé à l’entrée à l’école de milliers d’étudiants, qui sont maintenant sur le marché du travail et contribuent à l’épanouissement de notre société.

On nous dit pourtant que nos frais de scolarité sont devenus « trop » bas. L’ADQ propose une indexation à l’inflation (alors que le salaire minimal, lui, n’arrive même pas à la suivre, mais que le salaire des cadres supérieurs des écoles, lui, augmente de façon constante) qui endetterait les étudiants un peu plus chaque année, le salaire moyen étudiant étant loin de suivre ladite inflation.

Le PLQ, quant à lui, va encore plus loin, en proposant une hausse de 50$ par session pendant 10 sessions (pour nous induire en erreur, ils préfèrent dire « 5 ans »), ce qui résulterait en une hausse de 500$ par session en 2012 par rapport aux frais actuels (1000$ par année, en vérité, contrairement à ce que disent les médias – et je vous invite vous-mêmes à faire le calcul). Mais cela a déjà été mentionné auparavant dans mon dernier article…

L’Iris a effectué une étude indépendante, commandée par L’Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante (ASSÉ), et a estimé le coût de la gratuité scolaire à 550 millions de dollars par an. Interrogés sur ces chiffres, les représentants du ministère de l’Éducation ont balayé du revers de la main cette étude, car elle affirme qu’elle ne tient pas compte du nombre d’étudiants supplémentaires qui s’inscriraient au cégep et à l’université si elle était gratuite (retenez bien ce point, il est extrêmement important). Selon eux, une telle mesure coûterait plutôt un milliard de dollars, suite à l’embauche d’un plus grand nombre de progesseurs pour combler l’arrivée de nouveaux étudiants.

Mais bon… en voulant avancer trop vite, j’oublie où j’en suis rendu. Je dois expliquer un peu pourquoi je crois en la gratuité scolaire. Je crois en celle-ci, comme les révolutionnaires tranquilles croyaient que Hydro-Québec allait profiter au peuple, même si le projet était fort audacieux et fort coûteux. Qui, maintenant, irait contredire qu’ils ont fait le meilleur choix? La vérité est que la gratuité scolaire favoriserait l’entrée de plus d’étudiants dans les cégeps et universités, ceux-ci n’ayant plus besoin de se soucier de la barrière financière que sont les frais de scolarité, qui grugent le peu de sous dans les poches des étudiants. Cela permettrait à la classe plus pauvre, aux notes moyennes, mais insuffisantes pour obtenir des bourses, de pouvoir étudier sans avoir à s’endetter à outrance. Ces gens pourront suivre une formation qui fera d’eux des ingénieurs, des travailleurs sociaux et des infirmiers qui pourront ensuite contribuer au mieux-être de notre société, non seulement en exerçant un travail qualifié, mais aussi parce qu’en général, un bachelier redonne en impôts beaucoup plus qu’un élève avec un DES ou un DEP. De plus, plusieurs affirment que nous subissons une concurrence déloyale (mais méritée) de la part des pays du Tiers-Monde, qui sont prêts à travailler jour et nuit pour une bouchée de pain. Or, des emplois à haute formation scolaire sont plus stables que des emplois moins scolarisés, et il y a très peu de chances que des ingénieurs indiens viennent nous concurrencer dans la fabrication de nos ponts. Une formation supérieure et une population mieux éduquée assure de plus grandes perspectives d’emploi pour les individus, mais aussi une croissance plus élevée et plus stable pour l’État. De plus, de nombreuses études disent que de nombreux postes se libéreront, avec la retraite à venir des baby-boomers, et il nous faut une main d’oeuvre qualifiée pour la remplacer. L’UQAM a même du ouvrir, il y a un an, un programme de gestion publique, car aucune autre institution ne l’offrait et que d’ici 10 ans, 60% des hauts fonctionnaires de l’État auront pris leur retraite (plusieurs ne seront pas remplacés, rassurez-vous).

Devant un État en besoin urgent de main d’oeuvre qualifiée et de citoyens érudits, dans un contexte où une grande partie des postes moins qualifiés sont exportés vers des pays en voie de développement, le gouvernement peut-il se permettre d’imposer des contraintes financières aux étudiants qui désirent étudier aux cycles supérieurs? La réponse est simple: non!

Mais la situation est toute autre pour le gouvernement. En plus de vouloir hausser les frais de scolarité, les universités inventent de plus en plus de frais afférents (Radio étudiante, installations sportives, matériel de laboratoire, matériel technique – ce qui n’est pas la même chose que le matériel de laboratoire selon les dirigeants d’université) pour hausser en cachette la facture étudiante. Au lieu de planifier un meilleur avenir, l’État tente de décourager les gens prêts à étudier et s’ampute de futurs travailleurs qualifiés. Elle baisse les impôts des particuliers (particulièrement des entreprises), offre des exemptions d’impôts à d’autres, ne lutte pas contre l’évasion fiscale, et vient ensuite nous prévenir que les années à venir s’avèrent plus difficiles, car nous perdons notre capacité à payer et que notre dette augmente, qu’il faudra couper dans nos programmes sociaux et que le Québec n’a plus la capacité de payer des frais de scolarité abordables.

L’État doit d’abord faire son Mea Culpa en matière de problématiques, car elle-même contribue à cette « apocalypse » qu’elle prédit, par son irresponsabilité. En même temps, elle doit investir dans l’avenir, afin qu’il puisse être florissant. L’avenir du Québec, c’est les jeunes. Ces jeunes qui s’entassent dans des appartements, étudiant 15 heures par semaine, travaillant à ces études 15 à 20 heures de plus, et utilisant une autre partie importante de leur temps à effectuer un emploi à un salaire de crève-faim (souvent, le salaire minimum, car peu d’employeurs sont prêts à offrir un salaire à prix décent s’ils savent que la personne doit travailler à temps partiel et qu’ils ne peuvent la contacter tout le temps, car celle-ci est aux études). Le salaire moyen des étudiants étant de 9700$ (pour les hommes, car il est de 1000$ plus faible pour les femmes) doit donc payer l’appartement, la nourriture, les vêtements, le chauffage, l’eau chaude, le transport, les frais de scolarité et les livres (sans oublier un surplus pour quelques imprévus et parfois des sorties), plusieurs sortent de l’université avec une dette pouvant atteindre 10 000$, sur lesquels des intérêts s’activent après 6 mois. La situation étudiante n’est pas la même pour tous, mais plusieurs personnes doivent tenter durant leurs études de trouver un moyen pour joindre les deux bouts, avec un salaire de 3000$ sous le seuil de la pauvreté. Ce n’est pas tout le monde qui, comme moi, a des parents qui ont accepté de payer les frais de scolarité.

Un autre point m’intrigue: les Québécois reconnaissent l’importance de la gratuité d’un système public au secondaire, afin de permettre aux personnes moins fortunées d’avoir un DES. Suivant cette optique, ils reconnaissent que jusqu’au secondaire, l’éducation est un droit universel, et presque un devoir. Ce choix de société, de dépenser de l’argent pour que tous aient cette chance, ne s’étend pas jusqu’au cégep et à l’université. Pourquoi? Pourquoi n’est-ce pas aussi important de permettre à quelqu’un de s’éduquer jusqu’à son plein potentiel, s’il en a les moyens intellectuels? À mon avis, le choix de société que nous avons fait n’est pas suffisant: il doit s’élargir à une éducation gratuite en totalité, et accessible à tous et à toutes, peu importe leur situation financière.

Les arguments réfractaires

La gratuité scolaire est encore très contestée et on en parle très peu, une fois le Bac en main. Pourtant, son coût est extrêmement bas; 550 millions ne représente que 1% du budget provincial, et les plus pessimistes balancent au hasard le chiffre de 1 milliard de dollar, ce qui n’en représenterait que 2%. Chaque année, le Québec perd 2,6 milliards de dollars en évasion fiscale. La branche la plus aisée, quant à elle, trouve des moyens de s’exempter de sommes importantes d’impôt, ce qui peut totaliser 450 millions. Le PLQ propose des baisses d’impôt de 1,9 milliards de dollars. La question que tous cherchent: avons-nous les moyens de nous permettre la gratuité scolaire? OUI, et il le faut!

Compte tenu qu’un bachelier rapporte, dans sa vie, 550 000$ de plus à l’état qu’une personne ayant un DES, une telle mesure se veut même être un investissement à long terme.

Un autre argument que j’entends souvent chez les plus âgés est que les étudiants sont des glandeurs, qu’ils ratent leurs cours, ne sont pas motivés et que les universités sont des « machines à BS ».

Premièrement, je connais plus de personnes qui n’ont pas de Bac qui sont sur le bien-être social que de bacheliers, de maîtres, de docteurs ou de techniciens. Deuxièmement, la taxe à l’échec a été abolie il y a quelques années, justement parce que l’on ne veut pas brandir la menace de l’argent sur les étudiants, comme une épée de Damoclès, pour les inciter à performer.

Là où vous avez raison est que CERTAINS étudiants (ne généralisons pas) ne travaillent pas suffisament à l’école (je fus parmi eux). Mais cela ne signifie pas qu’ils sont stupides, qu’ils n’ont aucun potentiel ou qu’ils ne feront pas d’excellents travailleurs. Je me suis trouvé choqué, d’ailleurs, que l’on se dise que la solution à un tel problème serait de faire payer à tous les étudiants des frais de scolarité, comme si cela allait aider les gens à se « prendre en main ». Ce genre de problèmes est peu fréquent, il peut être réglé par de bien meilleurs façons que par l’endettement étudiant (des centres d’aide, de mentorat, des activités en groupe qui favorisent l’étude, un meilleur encadrement).

Un autre argument, plus individuel, est celui qui dit que lorsque les gens étaient jeunes, ils payaient leurs frais de scolarité. En 1970, les frais étaient de 500$ par année. En suivant l’inflation, ils devraient être actuellement de 800 à 900$. En vérité, nous sommes rendus de 1400 à 2200$. Qui plus est, je crois que vous (et moi, dans 3 ans) avez un choix à faire: oui, il est difficile de concilier le travail et les études, avec ou sans frais de scolarité, mais vous avez la possibilité d’alléger d’une partie de leur fardeau la prochaine génération. C’est d’abord votre choix, et non celui des étudiants, mais selon ce que je sens, quand ceux-ci seront diplômés, ils n’oublieront pas leur lutte pour une éducation accessible à tous.

Le dernier argument est celui des politiciens: aucune étude ne prouve que la gratuité scolaire augmenterait le nombre d’inscriptions. Non. Mais pourtant, le ministère de l’éducation et des loisirs lui-même a prétendu (plus haut) que les chiffres de l’étude sur la gratuité scolaire de l’IRIS étaient irréalistes, car elle ne tenait pas compte du nombre d’étudiants supplémentaires qui s’inscriraient dans les cycles d’études supérieures. Donc, même s’ils prétendent qu’aucune étude ne le prouve, eux aussi présument qu’un plus grand nombre de personnes voudront suivre une formation post-secondaire, advenant la gratuité scolaire.

Alors, est-ce une mauvaise chose d’étudier? Est-ce une mauvaise chose de ne laisser comme seul critère de sélection pour l’admission aux études post-secondaires les notes d’évaluation? Est-ce une bonne chose que les étudiants sortent de l’université avec une dette de 10 000$?

Sommes-nous vraiment si sans le sous qu’on le prétend? Une population éduquée, mieux rémunérée et qui rapporte plus d’argent en impôts, et se tient à l’abri de la concurrence des pays moins scolarisés, est-ce un mauvais investissement pour l’État?

Site web sur la gratuité scolaire: http://www.gratuitescolaire.info/spip.php?rubrique2

2 réflexions sur “Gratuité scolaire, un choix social nécessaire!

  1. Vous avez écrit ce texte alors que vous étiez au Cégep?

    Vous êtes vraiment complexant!

    ENTÉK

    Bonne Fête des Patriotes!

    L’Engagé

  2. Haaa les classiques du cégep. Remarque que je suis toujours en faveur de la possibilité d’avoir des études gratuites, mais pas au niveau de la nécessité de les avoir.

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