Environnement (archives)

Énergies, Partie 1: L’énergie éolienne au Québec


Je vais utiliser certaines connaissances acquises sur le net pour cette mince recherche que j’ai fait à propos de l’énergie éolienne, pour dresser un portrait de la situation québécoise, et expliquer pourquoi je crois que la direction prise n’est pas très bonne.Je vais uniquement parler des grands projets éoliens, laissant possiblement l’énergie éolienne domestique pour un autre article.

Tout d’abord, je dois commencer par affirmer mes opinions. Aucun moyen de production d’électricité n’est, à mon avis, propre. Chaque moyen de création pollue, d’une façon ou d’une autre, ou comporte des risques gérables. Le nucléaire crée des déchets, l’hydroélectricité détourne des rivières, crée des bassins hydrauliques qui innondent du territoire et font entrer des composantes dans l’eau de la rivière (hormis pour les centrales au fil de l’eau, qui produisent une plus petite quantité d’électricité, mais ont une empreinte écologique beaucoup plus petite) et ne parlons même pas du gaz naturel ou de centrales au charbon.

L’éolien, quant à lui, a aussi une certaine empreinte écologique. Les matériaux pour construire une éolienne ou le petit nombre d’oiseaux qui se prennent dans les pales (les « branches » qui tournent avec le vent) ne sont pas le principal enjeu, ni la pollution dite « visuelle », mais plutôt la pollution sonore de l’éolienne.

Le bruit d’une éolienne dépend du matériau employé, de la puissance de l’éolienne, de la vitesse des vents, etc. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, pour s’assurer d’un sommeil paisible, le bruit ambiant devrait être inférieur à 30dB. En France, des tests près d’une éolienne ont montré qu’au pied d’une éolienne de 2,5 MW, le bruit était de 55 dB, soit l’équivalent d’un bureau achalandé. Au Québec, les mesures à 400m d’une éolienne sont de 40 dB, soit 10 dB au-dessus de la norme de l’OMS. Pourtant, on permet aux entreprises de placer leurs éoliennes à 350m des habitations.

Concrètement, qu’est-ce que cela signifie? Certains médecins ont remarqué que les populations qui vivaient près des éoliennes montraient plus de cas de vertiges, de stress, de maux de têtes, de nausées, de dépressions ou de troubles de sommeil. Pour les parcs éoliens contenant des prototypes plus puissants (et donc plus bruyants), comme en Angleterre, les médecins suggèrent même de bâtir des éoliennes jusqu’à 1500m des habitations.

La pollution éolienne est particulière, car elle cause des problèmes inattendus. Mais l’impact de ces problèmes se minimise par une gestion responsable de l’énergie, en harmonie avec la population qui habite proche de l’éolienne. Au Québec, placer les éoliennes à 800m de la population serait sûrement une mesure suffisante pour réduire l’impact de cette « pollution par le bruit ».

Un autre problème avec les éoliennes au Québec est qu’il est contrôlé par d’importantes entreprises, mais que peu d’entre elles sont expérimentées dans le domaine. Dans la MRC de Matane, par exemple, peu d’entreprises impliquées dans l’éolien ont de l’expérience dans le domaine. Qui plus est, elles servent des intérêts étrangers, ce qui fait que peu d’argent a été investi dans la communauté autour des éoliennes installées. Des propriétaires terriens, dont plusieurs maires des villes de Matane, louent une parcelle petite de leur terrain aux entreprises et permettent parfois de retirer une partie des retombées économiques (3 à 10% des revenus), mais hormis cela, peu d’argent revient dans les poches des gens qui occupent le territoire où sont placées les éoliennes, et ce même s’ils doivent subir les conséquences de la pollution sonore.

Il faut donc tirer certaines conclusions d’un développement éolien si mal géré. Premièrement, il faut reconnaître que le développement actuel de cette énergie ne rapporte pas beaucoup au niveau économique à notre province, la plus grande partie du lot allant à des actionnaires étrangers. Ensuite, il faut aussi voir que ce développement s’avère négatif pour une partie de la population, qui subit des conséquences au niveau de sa santé, du à un développement mal réglementé. En conclusion, malgré que le Québec soit la région au potentiel éolien le plus élevé en Amérique du Nord, reconnaissons que nous gâchons cette richesse que nous possédons en l’exploitant d’une si mauvaise manière.

La solution à cela? D’abord, il faut développer un champ d’expertises en éoliennes, au niveau local. Nous devons commencer à effectuer de la recherche dans ce domaine, avec ou sans l’aide d’entreprises privées, comme Siemens, qui était venue proposer d’investir 4,5 milliards dans les projets éoliens du Québec et de créer un institut de recherche affilié à l’école polytechnique. Nous devons resserer les mesures de construction pour que les éoliennes soient placées plus loin des habitations, afin de ne pas nuire à la santé de la population autour. Finalement, la population autour du parc éolien doit être consultée dans la prise de décisions et incitée à participer à ce développement. C’est à la population locale, d’abord, que les éoliennes doivent profiter, afin de pouvoir développer des régions de plus en plus négligées.

En France, des projets de coopératives de vents ont été lancées, où les citoyens demandent l’expertise d’ingénieurs pour établir des parcs éoliens dans leurs régions. Suite à l’investissement de départ, les citoyens deviennent les propriétaires de l’électricité produite, qu’ils revendent par la suite pour s’assurer un profit, investi dans la communauté.

Liens:
Eole-prudence, mouvement citoyen en faveur de mesures renforcées sur l’éolien:
http://www.eoleprudence.org/
Article de wikipedia:
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89olienne
Québec Solidaire et sa position sur l’énergie éolienne:
http://www.quebecsolidaire.net/frontenac/eolien-pas-de-developpement-durable-sans-nationalisation
Conseil québécois de la coopération et de la mutualité:
http://www.coopquebec.coop/pub/presence%20cooperative/Des%20cooperatives%20de%20vent%20-%20pour%20prendre%20le%20controle%20de%20ses%20affaires/index.html

6 réflexions sur “Énergies, Partie 1: L’énergie éolienne au Québec

  1. Texte très intéressant pour moi qui ne connaissait rien dans ce domaine.

    Mais qui a pris la décision de laisser ça en « free for all » pour le privé? (J’aimerais bien que ce soit Johnny pour avoir une raison de plus de l’haÏr…)

  2. Tu en as une de plus. En fait, la bonne partie du blâme va à Pierre Corbeil, son ministre des ressources naturelles.

    Un article que j’ai trouvé affirme même qu’il aurait refusé une offre de Siemens de 4,5 milliards, pour créer des parcs éoliens de 9 MW, une usine d’éoliennes au Saguenay qui auraient pu s’actionner à une température de -50 et de créer un institut de recherche en éoliennes affilié à la Polytechnique de Montréal. Au lieu de donner ce contrat de 9 MW, M. Corbeil aurait lancé un appel d’offres de 2MW en éoliens et de continuer le barage sur la Rupert (projet de 8,5 MW qui inclut le détournement d’une rivière, la formation d’un bassin hydroélectrique et la contamination par le mercure de la rivière pendant 10 ans selon les experts, ce qu’ils appellent un « développement durable »), une quantité trop petite pour être laissée à un promotteur comme Siemens. Ceux qui en ont profité n’ont d’ailleurs aucune expertise en éolien; leur spécialité est, la majorité du temps, des centrales thermiques qui sont dans le nord-est des États-Unis (Northland Power, par exemple).

  3. Merci de me répondre d’une manière si précise! Comme le bum, tu m’impressionnes beaucoup!😉 Tu connais très bien tes dossiers.

    Bon, je sais que les gouvernements péquistes n’ont pas été parfaits mais ça fait du bien de savoir que les libéraux ont été pire.

  4. Très intéressant! Il faudrait vraiment s’y mettre au plus tôt à l’oéolien… avant que le privé ne prenne toute la place!

  5. Bon texte et bon résumé. L’énergie hydroélectrique et éolienne sont les moins polluantes, mais il faut limiter les dégâts. Côté environnement, l’éolien est moins dommageable, s’il n’est pas installé dans une ZEC ou un autre endroit protégé. Donc, il faut surveiller le côté mercantile du milieu des affaires.

    Concernant le bruit pour les résidents, j’ai une suggestion. Lors de mon passage au Danemark j’ai observé que les éoliennes étaient situées dans l’eau (fleuve ou rivière) près d’un quartier industriel, en plus. Au Québec, le vent ne souffle pas uniquement en montagne, au abord du Fleuve St-Laurent, cela mérite sûrement que quelqu’un étudie la question.

    En tout cas, Le Danemark est le producteur numéro 1 dans le monde et nous devons les observer et les imiter, le plus possible.

    Concernant le privé vs public. Il est trop tard, le gouvernement a laissé le privé prendre le dessus et il a développé une expertise qu’Hydro-Québec n’a pas. Vraiment pas dans le coup Hydro-Québec.

    Juste pour rire, on devrait laisser aux Amérindien négocier les ententes avec le privé, on serait riche…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s