Environnement (archives)/Transport

Montréal, ça roule… Beaucoup trop!


Mmmh… Désolé pour mes amis des régions, mais ce message s’adressera surtout aux usagers qui passent souvent dans Montréal. Je profite du message pour donner quelques éclairements en même temps sur ma vie ^^.

En ce moment, je suis bien occupé par l’organisation d’un Grandeur Nature dans la région de Saint-Barthélémy (près de Berthierville, entre Montréal et Québec quoi!), une de mes passions. Ceux qui me connaissent savent que même si ma tête est à l’environnement et la justice sociale, mon coeur demeurera dans les jeux de rôles, à rêver de refaire tout ce qui existe.

D’ailleurs, pluggons notre site: www.geocities.com/asganar5

Comme vous vous en doutez, vu la simplicité crasse du site, une version plus jolie est en cour. Il faudra simplement attendre quelques jours avant que celle-ci ne soit disponible. Cette petite page web n’est que la version html simplifiée de notre site.

Mais oui, maintenant que j’ai pluggé mon GN, parlons un peu de choses moins importantes. Aujourd’hui, je me suis présenté à une conférence sur le transport à Montréal, donnée par le chef de Projet Montréal, Richard Bergeronm dans le cadre de la semaine de l’environnement. Vous devinerez que comme ce domaine est mon fer de lance, d’autres articles viendront garnir ce blogue au courant de la semaine. Je vais me donner un défi d’un message par jour, mais je sens que je vais rater mon objectif mardi… Enfin!

Projet Montréal est le parti municipal qui s’oppose au parti de Gérald Tremblay et propose d’audacieux projets à la population de la ville. Le principal d’entre eux est de diminuer le nombre de voitures qui circulent dans la ville et d’encourager un tranport en commun efficace. Pour cela, on propose une tarification abordable, la fermeture partielle ou totale de certaines rues clés de la ville au transport automobile, le déplacement à vélo et la construction de tramways sur certaines artères principales de la ville.

Les cyniques ne se plaisent pas à balayer du revers de la main tout le projet, refusant même d’écouter un seul argument de ce que les gens ont à dire à ce sujet. Les médias, quant à eux, n’en parlent jamais. Où alors en parlerons-nous? Bah, pourquoi pas ici?

Plusieurs gens qui n’habitent pas à Montréal se plaignent que lorsqu’ils allument la télé, on leur donne l’état du trafic dans la ville. Je suis totalement d’accord avec eux; j’habite Montréal, et l’état du trafic ne m’intéresse pas non plus. Que l’on en entende parler dans les radios de Chicoutimi rend la situation encore plus absurde.

Je ne parlerai pas de la Montréalisation dans ce sujet, peut-être un autre par contre, mais je vais parler du transport à Montréal. D’abord, ce qu’il faut savoir, c’est que notre ville est assez bien faite au niveau du transport, si nous ne parlons que du centre-ville. Nous avons un métro, 200 lignes d’autobus, 5 lignes de train de banlieue, une ligne de métro qui va à Longueuil et, à partir de la semaine prochaine, une autre qui viendra de Laval. Niveau étalement urbain, je crois que nous avons fait des accomodements très raisonnables avec les banlieues. Ce qui me surprend, c’est que malgré tout, chaque matin, le pont Jacques-Cartier et l’autoroute 40 soient toujours – et seront probablement encore très longtems, engorgés. Ce qui est frustrant là-dedans est que non seulement ces routes sont engorgées par des voitures, mais que les gens soient seuls dans ces voitures, pour la grande majorité. Le co-voiturage, c’est un tabou dont on parle une fois aux deux ans, en voyant une pub à la télé et en riant de celle-ci. Pourtant, si la moitié des gens se mettaient à deux par voiture avec leur voisin ou même, comble de l’inconcevabilité, leur femme ou leur mari (dans certains cas, cela se fait déjà), l’engorgement serait déjà moins important.

Les Statistiques du Canada tendent à montrer que nous n’atteindront pas les enjeux du protocole de Kyoto, et ce même dans notre province. Pourtant, au Québec, le secteur des bâtiments résidentiels, malgré une hausse ces dernières années des projets de constructions, a su diminuer ses émissions de GES de 12%. Les journalistes, quant à eux, dénoncent le fait que le domaine commercial ait, en même temps, connu une hausse d’émissions de GES de 78%. Mais malgré cette hause qui nous semble si astronomique, nous serions capables de respecter les enjeux de Kyoto, si ce n’était d’une hausse de 30% d’émissions de GES de la part des véhicules (toutes sortes confondues – automobiles, véhicules légers, motos, etc.), qui sont responsables actuellement de l’émission de 80% des GES émis au Québec, et a connu une hausse importante depuis 1992. Le pourcentage d’augmentation est moins élevé que dans le domaine commercial, mais comme les automobiles étaient déjà responsables de 75% de la pollution en 1992, il est vrai, comme le prétend Stephen Harper, que les objectifs du protocole sont irréalisables, À LA SEULE ET UNIQUE CONDITION QUE NOUS NE REMETTIONS PAS EN CAUSE NOTRE FAÇON DE VOYAGER. Comment pourrions-nous réduire nos émissions de GES de 12% si nous accroissons sans arrêt le nombre d’automobiles sur nos routes, alors que nous savons que c’est là la principale cause de cette pollution.

Avec un étalement urbain croissant, un manque d’incitation à prendre le transport en commun, un transport en commun déficient dans les banlieues et un nombre croissant de gens qui troquent, même en ville, l’autobus pour l’automobile, pensant que le VUS hybride (comble de l’aberration, le VUS étant un véhicule à tendance polluante et ne répondant pas à des besoins, mais bien à des caprices) guérit de tous les péchés, nous devenons de plus en plus esclaves de l’industrie polluante. Comment expliquer autrement que notre rapport exportations-importations au Québec a chutté de 14 milliards (plusieurs blâment encore les syndicats) en 5 ans, alors que durant cette même période, nous avons importé 11 milliards de dollars de plus en pétrole pour combler cette demande dans le domaine des transports, alors que le prix du baril de pétrole échappe totalement à notre contrôle, puisque nous n’en produisons pas.

Montréal est d’ailleurs le centre de ces problèmes, avec le trafic que les radios annoncent jusqu’en Gaspésie. La solution au problème de trafic que propose le PLQ serait d’ouvrir des voies pour les automobiles en construisant de nouveaux ponts? Non! La solution est beaucoup plus simple: revoyons notre façon de voyager. Ouvrons des voies au transport en commun sur certains autoroutes et augmentons les stationnements incitatifs, si l’on veut faire une différence. Avec moins d’automobiles sur ces routes, moins d’engorgements, et une partie de ce que nous dépensons en transport en commun sera économisé dans l’entretien des routes, les soins de santé dus au smog (qui tue prématurément 1500 québécoisEs chaque année) et donnera une économie à celui qui utilise le transport en commun, car il n’aura pas à payer trop de gaz (d’ailleurs, qu’est-ce qui est plus polluant que de laisser son moteur au neutre dans le trafic pendant 1h et avancer de temps en temps).

L’automobile est le principal problème environnemental de Montréal. Pourtant, notre gouvernement continue de prioriser son utilisation dans la ville. Pire encore, ils croient ensuite qu’il sera possible d’atteindre leurs engagements (non pas objectifs, mais bien des engagements) pris à Kyoto. En n’incitant pas leur population à commencer à trouver d’autres solutions de transport et en ne rendant pas ces services disponibles, ils encouragent indirectement la pollution.

Quelle solution serait la meilleure?

D’abord, inspirons-nous de l’Europe. L’automobile apportait plusieurs problèmes dans la ville, car il était difficile de trouver des places de stationnement (L’opéra de Détroit est d’ailleurs un stationnement à étages actuellement). Les solutions avancées en Europe et de plus en plus en Amérique sont de livrer la guerre aux automobiles à l’intérieur des grandes villes. Pour cela, il faut offrir aux gens une alternative fonctionnelle et efficace. Actuellement, 275 villes dans le monde ont adopté les tramways.

Le défaut du bus est qu’il emploie la même route que l’automobile. Celui du métro et du monorail est qu’ils n’empiètent pas sur les automobiles. Seul le tramway est un moyen de transport efficace, rapide et fiable qui prend du terrain sur la route en empiétant sur la circulation des voitures. D’ailleurs, la compagnie qui produit 40% des tramways du monde est… Bombardier!

(Je dois partir à mon cour d’histoire, la suite sera ajoutée ce soir)

Suite…

Oui, l’entreprise qui construit 40% des nouveaux tramways est Bombardier, cette entreprise dont le siège social est au Québec. Cette entreprise qui risque de signer un audacieux projet de tramways à Toronto de 200 km, mais qui n’en a pas encore signé à Montréal.

A-t-on besoin d’autres exemples? Voyons certaines villes qui ont adopté le tramway ou vont l’adopter. Les citoyens de la ville de Munich, par exemple, capitale de la BMW, utilisent le transport en commun 340 fois par année en moyenne. Dans la région de Montréal, c’est 120 fois par année. Pour se rendre de la ville à l’aéroport, un important complexe a été bâti afin d’assurer le transport, grâce à un train à lévitation magnétique. Au lieu de voir cela comme une dépense folle, la population de Munich voit en cela un investissement qui facilite le transport des passagers de l’aéroport à la ville, leur permet de visiter la ville sans utiliser le transport automobile et accroît le tourisme.

Une autre donnée intéressante: toutes les villes de plus de 200 000 habitants en France sont maintenant dotées de tramways; c’est la même chose en Allemagne. La Suède, quant à elle, offre un système de trains efficace, alors qu’au niveau de la superficie et de la répartition de la population dans son territoire, elle se compare au Québec. Le TGV, quant à lui, fait la fierté de la France.

Besoin d’exemples plus proches de nous et de quitter le vieux continent pour avoir certains faits d’ici? Toronto planifie un projet de 200 km de tramways, proposé non pas par le parti de l’opposition dans la ville, mais par le parti au pouvoir. Buffalo, cette petite ville américaine, possède 145 km de tramways. Houston, une des capitales de l’automobile (comme Munich), en possède 120 km.

Outre le tramway, il serait temps de repenser notre application du transport. Ne serait-il pas plus profitable pour notre santé, notre environnement et notre dépendance économique au pétrole de promouvoir des énergies plus saines et un mode de transport public efficace à l’intérieur de Montréal, ainsi que de l’extérieur vers l’intérieur. Afin de mener cette guerre au trafic et à l’automobile, dont nous dépendons si honteusement alors que nous avons la possibilité de l’utiliser beaucoup moins, ne serait-il pas mieux de commencer à faire ce que toutes les autres villes sont en train de faire: lui restreindre l’accès? Favoriser des allées piétonnières (lors d’activités piétonniaires sur Ste-Catherine ou à la plaza St-Hubert, les rues sont toujours bondées, comme au festival de Jazz)? De créer des pistes cyclables? De retirer l’accès à l’automobile pour certaines rues en construisant un tramway?

Données par internet:

Le chemin ferroviaire de Suède: http://www.canit.se/~griffon/railways/maps/swerails2000.png

Projet Montréal:
www.projetmontreal.org

Une réflexion sur “Montréal, ça roule… Beaucoup trop!

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