Environnement (archives)/Transport

Le coût du transport


Ouep, je savais que je pèterais ma bonne intention de faire une publication par jour… Au moins en faire une coupe quand même.

Aujourd’hui, je vais parler du coût environnemental du transport. Cette situation sera moins complexe que tout ce dont je parle en environnement, car elle découle de la simple logique.

Le transport est le problème #1 en environnement, au niveau des émissions de gaz à effet de serre (GES). D’une étude à l’autre, il oscille entre 65 et 80% des émissions totales du Canada, bien que les statistiques du gouvernement tendent à prouver que ce nombre serait plus proche de 80 que de 65%. Contrairement à la croyance populaire, les émissions de GES au niveau du transport ont augmenté depuis 10 ans, à un ratio d’environ 20%, ce qui est équivalent à la diminution de tous les GES dans les autres domaines. Il est donc légitime que l’on en parle un peu.

Je crois que l’on sait déjà tous que l’arrivée de certains véhicules polluants sur le marché (VUS) qui ne vont pas en synegie avec les besoins du moment cause une partie du tord. L’étalement urbain vers des zones qui n’offrent pas de transport en commun efficace en fait autant. Comme les gens ont tendance à s’éloigner des centres, ils ont plus de chemin à faire, souvent en voiture, et dans le trafic, au lieu de profiter de stationnements incitatifs déficients. Ça, on le sait très bien.

Ce que l’on ne sait pas, ou plutôt ce que l’on néglige, c’est le coût du transport de la matière. Par exemple, quel chemin a fait une banane avant de se ramasser à Berthierville? (Ville prise presque au hasard, il se trouve que je la connais alors…)

1. La banane est cueillie en Afrique.
2. Un camion achemine la banane jusqu’à une ville, où elle est vendue (avec plusieurs de ses amies) à une entreprise.
3. L’entreprise achemine un autre transport par camion jusqu’à un port, ou à un aéroport, jusqu’à Montréal.
4. Pendant que les bananes murissent dans la cale, l’avion/le bateau arrive à Montréal. On prend les caisses et on les amène dans un autre camion jusqu’à Berthierville, où la elle sera vendue.
(5. Si on veut vraiment aller pousser très très loin: vous achetez votre banane et prenez l’auto jusqu’à la maison… Mais là c’est pousser très très loin.)

On note que pour transporter la banane du bananier à votre assiette, il aura fallu 3 camions, un avion ou un bateau et une automobile (la vôtre!). Cela n’inclut pas les fréquents intermédiaires entre le producteur et le revendeur qui se charge d’amener le produit par avion ou par bateau. Le temps que cela prend avant de se ramasser dans notre assiette est si élevé qu’on dit que les aliments « murissent dans les caisses ». Même lorsque vous mangez chez MacDonald’s, il faut se rappeler que le boeuf de votre hamburger a été élevé au Brésil, transformé aux États-Unis et servi au Canada. Ça en fait, du transport!

Selon Laure Waridel, auteure de « L’envers de l’assiette », un produit parcourt 2500 à 4000 km en moyenne avant d’atterir dans votre assiette. Qu’il soit économique financièrement ne signifie pas qu’il est économique écologiquement.

La solution à cela? Mangez le plus possible localement. Ce n’est pas facile de trouver des fruits en hiver ici, mais il faudrait encourager les gens à bâtir des serres qui permettent de pratiquer une agriculture à l’année longue et fournissent des fruits et légumes de qualité. L’été, par contre, aucune excuse n’est valable. Au prix où les producteurs « donnent » (vendre est un terme bien trop fort, vu le maigre profit qu’ils font) leur maïs, au nombre de kiosques de marchés locaux qui sont ouverts durant la saison des pommes ou des baies l’été, il n’y a aucune excuse.

Une meilleure agriculture n’est pas seulement biologique. N’oubliez pas que ce que vous mangez et qui vient d’ici a eu le temps de murir sur la vigne ou dans son habitat naturel, qu’il a été cueilli souvent moins de 24h auparavant et qu’il n’a pas parcouru l’équivalent d’un océan avant d’arriver dans votre estomac.

Suggestions de lecture:

Le CÉCRIER de l’UQAM a créé le guide de consommation responsable DÉCODE! Le guide est disponible en version pdf sur leur site:
www.cecrie.org

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