Environnement (archives)

Le ministère de l’environnement


J’aime bien, finalement, que mon blog prenne une approche plus environnementale que politique, quoique ces enjeux sont souvent liés. En effet, l’environnement est lié intimement aux politiques gouvernementales, celles-ci tentant d’exprimer la voie du peuple, et les décisions du gouvernement affectant fortement les impacts environnementaux, vu les conséquences multiples qu’elles impliquent.

Après tout, ce sont les gouvernements qui décident du zonage des territoires, afin de permettre aux promoteurs de construire des maisons extrêmement énergivores sur les milieux humides de Terrebone. Ce sont aussi eux qui construisent un nouvel autoroute pour assurer un accès plus facile vers la ville de Montréal pour les automobiles. Ce sont aussi eux qui appuient (ou n’appuient pas), à l’échelle du pays, les entreprises qui oeuvrent dans l’environnement. Leurs politiques affectent le « marché du carbone », comme les paroles des conservateurs (les engagements de Kyoto sont « irréalistes »), qui détruisent toute la crédibilité de nos entreprises dans un nouveau marché mondial, lucratif, mais fragile.

Mais ce sont aussi eux qui s’assurent de nos programmes de recyclage, au niveau municipal. Qui tentent (enfin, certains partis le tentent) de favoriser un développement d’énergies vertes par l’éolien. Ce sont les municipalités qui assurent un transport en commun entre les villes qui s’avère souvent efficace. Ce sont les MRC qui appuient des entreprises en recherche environnementale pour que celles-ci les aident à régler des problèmes de pollution en faisant preuve d’innovation et en utilisant des technologies plus vertes.

Le lien entre la politique municipale, provinciale et fédérale, et la lutte pour l’environnement, est extrêmement serré. Chaque décision d’un gouvernement a une empreinte écologique énorme. Mais c’est à se demander parfois si le gouvernement s’en soucie vraiment, ou remarque la profondeur des conséquences de ses actes.

Inutile de dire que le ministère de l’environnement a une enveloppe budgétaire de 120 millions au provincial, soit 0,2% du budget (en gros, on paie des inspecteurs avec ça… Et encore, les inspecteurs des eaux sont tenus de faire un checkup aux 5 ans dans les usines).

Mais en outre-passant simplement l’argent, car l’environnement est une valeur et cela, ça n’a pas de prix, voyons qui ont été les derniers ministres de l’environnement:

Au fédéral:

Le ministre actuel, John Baird, est un ancien politicien provincial de l’Ontario. De sa vie, il a toujours fait de la politique. Son site explique qu’il fut d’abord conseiller spécial au ministre fédéral des communications et ne relate pas d’expérience antérieure.
http://www.johnbaird.com/about_john.asp

La mielleuse (mais honorable) Rona Ambrose, sa prédécesseure, était d’abord chroniqueure politique en Ontario et travaillait dans une firme privée sur les législations publiques. Son site, malheureusement uniquement en anglais, est disponible ici.

http://www.ronaambrose.com/default.asp?id=66&menuID=66

Avant elle, Stéphane Dion était responsable de l’environnement, prétendant qu’il allait « sauver la planète » à la conférence de Montréal sur les changements climatiques. Il a enseigné l’administration publique et les sciences politiques (notamment l’économie politique) jusqu’en 1996, où il a fait le saut en politique. Sa formation est spécialisée en sociologie.

http://www.stephanedion.parl.gc.ca/biography.asp?lang=fr

Au provincial:

Line Beauchamp, nouvelle ministre de l’environnement et du développement durable, possède une formation en psychologie. Elle fut adjointe à l’enseignement dans ce domaine à l’UdM, dg d’une station de radio, membre du CA de l’ACEF-centre (l’Association coopérative d’économie familiale), membre du CA de mon cégep et dans le CA de la régie des installations olympiques.

http://www.assnat.qc.ca/fra/Membres/notices/b/beal2.shtml

Avant elle, Claude Béchard dirigeait ce ministère. Ce docteur en administration publique a enseigné au département d’aménagement de l’université Laval, fut conseiller du PM et est vice-président du PLQ.

http://www.assnat.qc.ca/fra/Membres/notices/b/becc1.shtml

Thomas J. Mulcair le précédait. Il avait une formation en droit et en droit civil de l’université de McGill. Il travailla comme professeur en droit, avocat et notamment en tant que président de l’Office des professions du Québec. Il fut aussi un excellent entraîneur de hockey amateur.

http://www.assnat.qc.ca/fra/Membres/notices/m-n/mult1.shtml

Lors du dernier mandat péquiste, André Boisclair était ministre de l’environnement. Il a suivi des études en sciences économiques à l’UdM avant de partir faire une maîtrise à Harvard. Il fut président de la FAECQ (ancêtre de la FECQ) et son expérience est surtout en politique.

http://www.assnat.qc.ca/fra/Membres/notices/b/boia1.shtml

La conclusion…

Je sais que la lecture plus haut fut assez longue et répétitive, mais je tenais quand même à montrer que ces gens sont des politiciens respectables, plusieurs ont d’ailleurs toujours une position élevée (en fait, tous sauf Thomas Mulcair, mais cela ne saurait tarder).

Par contre, en lisant tous ces CVs, une chose frappe. Hormi leur titre de ministre de l’environnement, aucun de ces hommes et aucune de ces femmes n’a d’expérience, de formation ou ne s’est impliqué(e) socialement dans un domaine environnemental avant d’avoir été nommé ministre de l’environnement. Je ne questionne pas leurs motivations, je sais que plusieurs ont fait un excellent travail durant leur fonction (d’autres moins), mais je me questionne: pourquoi a-t-on besoin de nommer des avocats, des économistes, une « columnist » ou une diplômée en psychologie dans le domaine environnemental? À la limite, pourquoi des administrateurs publiques?

Pourquoi ne pas favoriser des gens dont le champ d’expertise est l’environnement? Pourquoi les 3 derniers ministres, autant au provincial qu’au fédéral (et je ne parle pas des précédents) n’ont-ils, dans leur CV, aucune expérience liée directement à l’environnement? Une formation dans le domaine? Peut-on accepter, par exemple, de mettre quelqu’un qui n’a eu aucune implication sociale, aucune formation ni aucun lien dans le domaine de la santé au ministère de la santé? Cela serait illogique, et reviendrait à gâcher le potentiel réel de ce ministère. Alors pourquoi le fait-on en environnement et surtout, pourquoi les citoyens l’acceptent-ils?

2 réflexions sur “Le ministère de l’environnement

  1. Intéressant votre blogue, je me répète, mais c’est pas grave!

    J’ai un post au sujet des écosystèmes et la santé humaine. J’aimerais bien votrew avis.

  2. Bonjour,
    Je vois que vous vous êtes interressé aux CV des anciens ministres de l’environnement.

    Il ne faut jamais oublier que chaque ministre a fait faire un petit pas en avant à son époque, car cela prend beaucoup de temps a faire comprendre les valeurs environnementales à certains.

    Exemple de quelqu’un qui n’a rien comprit : un hommes d’affaires de l’Abitibi pour palier au désastre du bois de main-d’oeuvre décide d’utiliser à 100% les arbres abbatus, ne laissant même pas une branche en nourriture pour la repousse. Il veut en faire des granules de chauffage.

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