Environnement (archives)

L’environnement nuit à l’économie… Non! L’économie nuit à l’environnement!



Je me suis dit de mettre ça comme titre de message, que ça ferait pas mal l’affaire dans ce cas-ci. Le ministre John Baird a obtenu les conclusions d’une sérieuse enquête qui explique que pour appliquer le projet de loi C-288 (le vote des partis de l’opposition en faveur du respect des éléments du protocole de Kyoto), le Canada devrait de toute pièce créer une récession économique.

Voilà quelques conclusions:

275 000 Canadiens perdraient leur emploi d’ici 2009;
le prix de l’électricité bondirait de 50 % après 2010;
le coût du plein d’essence pour une voiture bondirait de 60 %;
le coût du chauffage au gaz naturel d’une maison doublerait.

Loin de mettre en doute ces chiffres, je me contente de faire un constat bien simple… L’environnement (par l’atteinte des cibles de Kyoto) NUIT à l’économie. C’est la conclusion que l’on nous donne, par ces graphiques et cette étude du ministère même de l’environnement.

Ouep, je dois avouer que je n’ai jamais aimé notre modèle économique, basé sur du financement public pour que des entreprises restent dans notre province/pays afin qu’il crée des emplois. Je n’ai jamais aimé voir l’imposition moyenne d’un contribuable être de 45%, celle d’une entreprise à 31% (d’ailleurs, plusieurs font des achats au nom de leur entreprise, ça revient moins cher). Je ne comprends pas pourquoi personne ne s’est jamais insurgé du fait que l’on donne 30 ans de crédits d’impôts à certaines compagnies. Elles assurent des jobs? Et alors? L’argent des individus, par l’entremise de l’état, est investi dans cette entreprise, pourquoi celle-ci devrait être financée par nos impôts, être créditée des siens (qui sont moins élevés que les nôtres) pour assurer des emplois qui paieront des impôts qui leur reviendront en partie, du au financement qu’on leur donne? Enfin… je cracherai pas mon venin plus longtemps.

La seule chose que j’ai de la difficulté à comprendre est le constat suivant: l’environnement nuit à l’économie, c’est un fait. Mais l’économie nuit-elle à l’environnement? Qu’est-ce qui est plus important au ministère de l’environnement? Atteindre les cibles de Kyoto ou atteindre les cibles d’un déficit zéro? Que l’on emploie l’incompétence d’autres pays et une possible récession économoique comme arguments centraux, moi, ça me dégoûte profondément. « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » (Ghandi).

Les citoyens ont des propositions, qui n’entraîneraient aucune récession économique, et qui ne fonctionnent que par la conscientisation.

1. Arrêter le lobbying des promoteurs immobiliers qui demandent aux urbanistes de dézoner les milieux humides (qu’ils s’installent ailleurs).

2. Indiquer à l’achat d’un véhicule sa consommation en essence ET ses émissions de GES (deux indicateurs très différents) sur sa fiche signalétique, lors de la vente.

3. Émettre des droits d’immatriculation plus élevés aux véhicules plus polluants.

4. Émettre un quota d’exploitation pétrolière pour assurer une ressource qui sera encore profitable aux actionnaires de Shell dans 25 ans. Cela réduira aussi la contamination des rivières albertaines.

5. Instaurer des centres de recherche en génie environnemental. Actuellement, le génie environnemental de la polytechnique est une spécialisation (Disponible aux membres de l’Ordre des Ingénieurs et non aux nouveaux étudiants). Il faut être ingénieur déjà pour pouvoir étudier dans ce domaine. Le génie le plus proche de l’environnement, en majeure/baccalauréat, est la majeure de 111 crédits de génie des bioressources de McGill, qui offre une spécialisation en génie bioenvironnemental ou dans des domaines connexes.

6. Ne pas refuser un investissement de 4,5 milliards en éolien au Québec venant d’une entreprise privée (je martèle ce point, devant l’incompétence du gouvernement Charest au niveau d’une saine gestion éolienne).

7. La création d’une bourse du carbone, qui récompenserait les entreprises qui émettent peu de GES au détriment de celles qui en émettent trop.

8. Inciter les gens à se procurer des toits-verts, des chauffe-eau solaires (toutes les maisons en possèdent au Japon et leur prix est d’environ 500$ – de marque Toshiba – ne serait-ce pas une brillante façon pour les manufactures automobiles de l’Ontario de développer un nouveau marché et de faire des profits supplémentaires en développant une telle technologie?) passifs et offrir un tarif spécial d’achat d’électricité pour les gens qui produisent moins de 3-4 MW (en gros, les maisons qui utilisent une énergie d’appoint en électricité).

9. Investir dans les initiatives écologiques. Je parle d’ingénieurs qui font des recherches en environnement, de prototypes de moteurs électriques, de recherche et développement en énergie éolienne et de développement de nouveaux plastiques faits de biopolymères, et non de dérivés du pétrole.

Ces méthodes feront-elles une récession économique majeure? Non. Qu’est-ce qu’elles demandent? Que l’on reconnaisse, non seulement que l’environnement peut nuire à l’économie, mais que l’économie nuit actuellement grandement à l’environnement. Que l’on reconnaisse qu’en ce moment, le rôle de l’environnement est toujours derrière celui de l’économie, comme la lutte sociale est derrière l’enrichissement des bourgeois par cette même économie, et que c’est à cause de cette mentalité réfractaire si le problème de pauvreté est toujours aussi frappant dans le monde, et que nous assistons à un réchauffement progressif de la planète du à des facteurs humains (en plus des taches solaires). L’approche que je propose est celle d’un développement durable qui n’ampute pas notre avenir, mais assure sa prospérité. Et par prospérité, je parle de prospérité environnementale, économique et sociale. Utiliser un seul de ces trois termes pour parler de prospérité, c’est en négliger les facettes. Les conservateurs ont raison de dire que l’atteinte de Kyoto est difficile à réaliser, mais que ce n’est pas de leur faute. Ils ont tord de ne pas mettre leurs culottes et de trouver des façons de montrer aux gens comment ils peuvent faire une différence importante dans l’atteinte de ces objectifs. Je sais que ce n’est pas leur priorité, mais dans ce cas, qu’ils n’emploient pas d’études ridicules qui expliquent en quoi les objectifs de Kyoto sont irréalisables. Au moins, on pourra se mettre d’accord, au Canada, pour dire qu’on est pas d’accord avec eux.

Graphique des émissions globales de GES depuis 1990: http://www.ec.gc.ca/doc/media/m_123/images/figure3_l_f.gif

Communiqué de presse du ministère de l’environnement
http://www.ec.gc.ca/default.asp?lang=Fr&n=714D9AAE-1&news=2EF3E5A6-6015-46E8-A0E5-08B1C88FB4C0

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3 réflexions sur “L’environnement nuit à l’économie… Non! L’économie nuit à l’environnement!

  1. Merci pour l’analyse, je n’ai pas eu le temps de lire le rapport.

    Concernant l’environnement qui nuit à l’économie. Est-ce qu’elle nuit uniquement dans le contexte où l’on priorise le statu quo dans notre modèle économique? Je pense que oui. Si nous développons davantage de technos favorisant l’économie d’énergie, on ne parlerait pas de l’environnement comme une source de récession.

    Les lobbys exigent le maintien de notre consommation d’énergie à ce niveau et ils ne veulent pas diminuer leur marge de profit.

    Quant à moi, l’économie irait bien mieux sans ces profiteurs.

  2. Comme le disait Archer dans Blood Diamond: « Les compagnies créent une situation dans laquelle c’est payant d’alimenter la guerre civile. »

    Dans ce cas-ci, le modèle économique actuel a été fait pour que ce soit payer de consommer plus que ce que l’on aurait vraiment besoin. C’est le principe de surconsommation. Il faut commencer à le changer et déjà plusieurs grandes entreprises l’ont compris.

    General Electric fait des éoliennes

    Toshiba des chauffe-eau à énergie solaire passive.

    Siemens est une entreprise que j’admire, pour avoir toujours respecté une base de développement durable dans ses projets.

    Bombardier a acheté des entreprises qui fabriquent des tramways. Elle en contrôle 40% du marché et celui-ci connaît un boom partout à travers le monde.

    Vidéotron qui affirme qu’ils planteront un arbre pour chaque abonnement vendu (morale de l’histoire: ne plantez pas d’arbre, abonnez-vous à Vidéotron, c’est plus simple).

    Les parcours de golf utilisent maintenant du brin de scie au lieu de pesticides dangereux pour leurs gazons (pas les greens encore, c’est pas très bien de tapper une balle dans du brin de scie).

    L’économie s’adapte… Lentement. Les entreprises reconnaissent qu’elles doivent changer, mais il y a toujours des gens plus récalcitrants au changement que d’autres. C’est ces entreprises-là qui, un jour ou l’autre, vont tomber.

  3. Et oui, l’économie s’adapte, mais si lentement. La volonté politique n’y est pas.
    Le jour où des petits génies que vous sauront allier capitalisme et environnementalisme, nous serons sauvés.

    En attendant… kaching$!

    Philippe J Fournier
    Nation montréalaise.org

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