Société (archives)

Les travailleurs – obtiennent-ils ce qui leur est du?


Il y a longtemps que je regarde cela. Les gens viennent nous parler de l’importance de la création de la richesse, comme moteur pour améliorer le développement du monde. La création de la richesse réglera la faim dans le monde, la pauvreté extrême, etc. grâce à la mondialisation.

Je ne peux dire le contraire. Il est vrai que la création de richesse aide à offrir à des gens un travail, qui leur assure un revenu et la possibilité de sortir de la pauvreté. Par contre, sort-on les gens de la pauvreté en leur donnant un salaire inférieur à ce qui est nécessaire pour vivre? Il est mieux de leur offrir un mauvais salaire que rien, nous répète-t-on. Mais les gens ne demandent pas à ce qu’on ne les paie pas, mais qu’on les paie décemment. Je suis prêt à payer pour un produit où la personne a obtenu un salaire suffisant pour que ses enfants n’aient pas à travailler, pour qu’il puisse nourrir sa famille et, possiblement et utopiquement, se soigner lorsqu’il est malade et offrir à ses enfants un livre pour apprendre. Mais bon… Revenons au sujet.

The Economist, grande revue de gauche, titrait, il y a une vingtaine d’années de cela, que le salaire d’un pdg d’entreprise ne devrait jamais excéder de 20 fois le salaire moyen de ses employés. On apprend maintenant que dans les plus grandes corporations qu’il n’est pas rare de voir certains dirigeants d’entreprises gagner 100 fois le salaire moyen de leurs employés.

Dans les dernières années, la situation du Canada, en général, est devenue très bénéfique au niveau économique. Des études montrent que les entreprises canadiennes font plus de profits qu’auparavant, grâce au travail des employés, qui font plus d’heures qu’auparavant. Selon Statistiques Canada, un autre organisme gauchiste, de 1986 à 2006, les employés auraient en moyenne passé 30 minutes de plus, chaque jour, dans leur milieu de travail. Ce facteur serait la principale raison qui indiquerait que les parents passent moins de temps avec leurs enfants, d’ailleurs.

On se dévoue donc plus au travail qu’auparavant, et la situation économique des entreprises oeuvrant au Canada s’améliore. L’économie du Québec serait, selon le Devoir, plus compétitive que celle de l’Irlande, appelé à juste titre le « Tigre Européen », et connaissant la croissance économique la plus rapide de l’OCDE.

On croirait que les travailleurs, qui ont bâti cette croissance, tireraient le lot qui leur est du. Malheureusement, le Devoir note que le poids relatif des salaires dans notre PIB diminue. Cela signifie qu’une proportion moins grande de l’argent que les travailleurs produisent revient dans la poche des travailleurs.

Après avoir graduellement augmenté, en passant d’environ 50% au début des années 60 à plus de 56% au milieu des années 70, le poids relatif des salaires et autres avantages sociaux de l’ensemble des travailleurs dans le produit intérieur brut (PIB) canadien s’est graduellement mis à fléchir au fil des cycles économiques, au point de passer, en 2005, sous la barre des 50%.

Ainsi, l’influence du travailleur Canadien dans l’économie de son pays serait revenue à une époque pré-révolution tranquille. Je ne fais pas allusion à la Grande Noirceur de Duplessis, mais à un retour en arrière sur la condition des travailleurs. Un retour en arrière de plus de 40 ans.

Le même retour en arrière apparaît dans l’économie américaine:

Les salaires des travailleurs, après avoir atteint un sommet au début des années 70, n’ont jamais compté pour aussi peu dans le PIB américain depuis que la mesure a été établie en 1947. Les profits des entreprises, quant à eux, ne se sont jamais aussi bien portés depuis le milieu des années 60.

Ainsi, on remarque que nous avons créé de la richesse, avec le temps. Nous remarquons par contre que cette richesse créée revient de moins en moins dans les poches des travailleurs et des employés.

Je me rappelle avoir vu au Rick Mercer Show, l’an dernier, un clip sur un chercheur de l’université de Toronto qui suggérait d’abolir l’impôt aux entreprises, pour que celle-ci diminue ses prix. La réponse de Rick:

[… ]This would put us on the same economic level as such economic power houses as the Isle of Man and Bermuda. The dean claims that if we abolish the tax, corporations would spend the money on boosting wages and lowering prices.

Because that’s on page 1 on every corporate playbook. ‘Pay workers more, Charge public less’. And for God’s sake, ‘don’t harm mother Earth’.

La conclusion de cela: nous traitons nos entreprises mieux, au niveau fiscal, que nos concitoyens. Cela est indéniable. Il en découle des avantages majeurs, comme la création de la richesse, qui peuvent augmenter nos conditions de vie. Par contre, il ne faut jamais oublier que pour que nos conditions de vie s’améliorent par ce moyen, nous devons pouvoir tirer des bénéfices du travail que nous effectuons. Des bénéfices sociaux ou, dans le meilleur des mondes, des bénéfices économiques, quand les entreprises fonctionnent mieux. D’un point de vue global, ce n’est pas encore le cas. En même temps que nous rappelons l’importance de la création de richesse, il est important aussi de rappeler que le SEUL but de la création de la richesse est d’enrichir les gens qui en ont besoin. Les employés figurent parmi ceux-ci.

Les deux encadrés obtenus viennent d’un article du professeur Léo-Paul Lauzon.

Une réflexion sur “Les travailleurs – obtiennent-ils ce qui leur est du?

  1. Très intéressant. Mais déprimant à la fois.

    Voilà la preuve que le corporatisme se base sur des promesses non-tenues.

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