Société (archives)

Un sportif rassasié


C’était un merveilleux match, enfin pour la côté de patinoire pour lequel je prends ^^. Non, je ne parle pas du fameux 6-5 des Canadiens cette semaine (enfin, quel match quand même!). Je parle bien entendu de l’émission « Il va y avoir du sport », avec Patrick Lagacé cette semaine. C’est bizarre, mais à chaque fois que je la vois, j’ai l’impression que c’est lui qui l’anime… preuve que je ne l’écoute pas assez.

La première question? « L’avenir du système de santé passe-t-il par le privé? »

Les invités? Du côté du « OUI », Paul Daniel Muller, président de l’IEDM et Yves Bolduc, médecin. Du côté du « NON », Amir Khadir, médecin et co-porte-parole de Québec Solidaire, ainsi que Lina Bonamie, de l’association des infirmiers et infirmières du Québec.

Ce qu’il faut savoir, c’est que sur 4 invités, seulement trois sont des professionnels de la santé. L’autre est simplement un type avec un diplôme d’économie qui croit qu’il est en place pour dire aux médecins comment ceux-ci devraient soigner leurs patients.

Le débat a commencé de façon assez directe et agressive, M. Muller affirmant que depuis 20 ans, le système public additionne les échecs et que le système public-privé français fait des miracles. Les répliques ont été on ne peut plus cinglantes. Le système public-privé français est privatisé à 24%; au Québec, 30% de notre système de soins de santé a été privatisé au cour des dernières années.

Plus le débat avançait et moins on sentait l’importance du système de santé public ou privé. L’essentiel, pour les médecins et professionnels de la santé, c’est de trouver les meilleurs moyens de soigner les patients. Et ce n’est pas un institut économique qui va venir dire comment faire. Les médecins ne sont pas tous d’accord sur la place que le privé doit avoir dans les soins de santé, mais ils sont d’accord pour dire que le privé n’offre pas de solution miracle ou de panacée.

Les trois indicateurs de l’OCDE, pour mesurer l’accessibilité des soins de santé, sont les suivants: Nombre de lits par 100 000 habitants, nombre d’infirmiers et infirmières par 100 000 habitant, nombre de médecins par 100 000 habitant. Si le privé n’offre pas de solution pour améliorer de façon considérable ces trois indicateurs, il n’aide pas à l’accessibilité.

Malheureusement, au Québec, nous n’avons pas un problème de qualité de soins. Nous sommes très bien soignés, une fois que nous avons passé la file. Le problème, c’est les listes d’attente, c’est d’avoir accès à des soins de santé (quoique si vous avez une situation d’urgence, i.e. perte de conscience, vous allez passer en premier dans l’urgence). Notre problème en est un d’accessibilité universelle. Et la conclusion que l’on a pu tirer de ce débat est que si le privé n’offre pas de solutions à l’accessibilité, ce n’est pas le moment de penser à lui implanter une plus grande place.

Devant les conclusions que l’on a pu tirer de l’émission, il était clair que M. Daniel Muller était le seul à ne pas abonder dans ce sens, contre l’opinion de 3 professionnels de la santé. M. Bolduc croit plutôt que le privé peut trouver des façons d’améliorer cette situation. Le président de l’IEDM, quant à lui, veut privatiser pour privatiser. Cela n’est peut-être pas étranger au fait que sa boss, Mme Hélène Desmarais (je vous laisse faire le lien, en vous disant qu’elle a pris le nom de famille de son mari) et sa famille possèdent l’une des plus grandes firmes d’assurance privée au Canada. On sait aussi qu’advenant une ouverture de l’assurance privée, ce serait les entreprises d’assurance d’Amériqu du Nord qui s’empareraient du marché. Ayant des fonds de base, ils seraient capables d’offrir à prix auquel nous ne pourrions concurrencer des régimes d’assurance. Et avec notre signature de l’ALÉNA, nous ne pourrions pas imposer quelconque sanction pour favoriser des sociétés d’assurance du Québec.

Au final, le débat était un 3 contre 1, pour savoir qui était mieux en place pour décider comment on ferait pour vous soigner. Préférez-vous faire confiance aux médecins ou à un institut économique? À mon avis, la personne la mieux placée pour évaluer l’état de santé et poser un diagnostic sur notre système de soins, c’est un médecin. Je suis content de voir M. Khadir et M. Couillard parler du système de santé. Ce sont des gens qui ont soigné/soignent des patients, ont une expérience des soins de santé ailleurs dans le monde (n’ayant pas toujours oeuvré au Québec) et savent comment on aide les gens en santé, comment on les soigne et ce qui peut être fait pour améliorer la situation Québécoise. Ces deux hommes ont toute ma confiance.

Pour revoir l’émission de Patrick Lagacé sur la question, elle est en rediffusion ce soir à 18h30 et lundi à 14h.

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