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Des fermes en ville


 

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Selon les experts, environ 80% du territoire agricole est déjà utilisé. Il y a donc un manque en nouvelles terres agricoles, et plusieurs ne sont pas aussi fertiles qu’elles pourraient l’être. Une grande partie de ces terres se situerait en Russie et dans la région du Kazakhstan. Ainsi, la hausse de la production de nourriture ne peut plus être vraiment attribuée à l’utilisation de plus grandes superficies. Ou est-ce vraiment le cas?

L’agriculture urbaine permettrait d’utiliser des territoires que nous n’utilisons pas encore par des méthodes traditionnelles d’agriculture. Elle règlerait par contre un problème qui devient et deviendra de plus en plus grave au fur et à mesure que le prix de l’essence augmentera (et il augmentera): de trouver des manières économiques de transporter la nourriture du lieu de production au lieu de consommation afin de nourir les plus démunis. Attendez-vous à voir de plus en plus d’alternatives dans ce genre prendre du contenu et être sérieusement envisagées, avec l’appui de la population.

Voilà le projet Vertical Farm. Ce projet, simple en essence, est de ne plus penser à l’agriculture en termes de superficie, mais bien en termes de volume. Selon Dickson Despommiers, professeur de sciences environnementales à l’université de Columbia, une sorte de « serre » de 21 étages aurait un potentiel équivalent à 588 acres de terres et pourrait produire 12 millions de terres de laitue. L’emploi de techniques d’irrigation particulières et la possibilité de faire pousser des produits à l’année longue augmente les rendements.

En ce moment même, de tels projets pourraient être rentables dans certaines régions urbaines. L’implantation d’un des designs de Despommiers coûterait 84 millions de dollars à fabriquer, des coûts d’opération de 5 millions par année et générerait des profits de 18 millions de dollars sur cette même période de temps. CNN-Money a jugé le projet assez intéressant pour le publier, et l’on sait que CNN est un gros repaire d’environnementalistes.

Le projet Vertical Farm a aussi l’intention de s’impliquer dans l’environnement urbain en tant que modèle de développement durable. À titre d’exemple, les architectes tentent de profiter de plusieurs facteurs naturels, comme des chambres pour laisser circuler le vent, ou d’employer l’énergie solaire passive (ce que les serres font avec grand talent pour augmenter la lumière, facteur important pour faire pousser des plantes). L’emploi d’énergies renouvelables est au premier plan: on suggère de récupérer des déchets de restaurants, qui doivent actuellement payer pour s’en débarasser, afin d’utiliser la matière organique pour générer des biogaz qui pourraient produire de la chaleur pour le bâtiment. Le recyclage des eaux usées peut aussi être employée. Finalement, l’emploi d’énergies éoliennes et solaires à des fins de production électrique peuvent, pour des projets à cette échelle, fournir l’électricité nécessaire au reste du chauffage du bâtiment, à l’éclairage et aux opérations du gratte-ciel.

Devant cette idée innovatrice, il faut tout de même voir qu’avec la situation actuelle, l’agriculture urbaine s’avérera être une avenue importante pour régler les problèmes de nourriture dans l’avenir. Les fermes verticales sont un bon moyen d’obtenir des rendements élevés en production de nourriture dans les villes.

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5 réflexions sur “Des fermes en ville

  1. Quelle merveilleuse idée ! Voilà une solution qui me semble très potable surtout pour contrer l’utilisation des engrais, des pesticides, du pétrole, et même l’utilisation de l’eau.

  2. Salut,

    Ça me semble un projet très intéressant. La hauteur est déjà venue en aide aux humains par le passé et il semble qu’elle lui sera encore d’une grande utilité.

    Cette idée demanderait une étroite législation afin d’éviter que ces «tours agricoles» ne deviennent l’équivalent urbain des «champs d’éthanol». Il y a le danger que la demande excessive des mieux nantis de ce monde, qui mangent beaucoup plus de nourriture qu’il leur en faut, ne provoque un étalement abusif de ces bâtiments au détriment des logements sociaux et autres infrastructures servant les moins biens nantis.

  3. On sait que l’on est à cour de terres cultivables pour produire de la nourriture, mais l’on n’est pas à cour d’idées. On arrive même à créer des milieux où l’on pratique de l’agriculture sans sol (les serres hydroponiques, ça ne sert pas qu’à faire pousser du pot). D’ailleurs, une compagnie du Canada a parti des méthodes d’hydroponiques verticales avec les bacs Hydro-Stackers.

    http://www.hydrostacker.com/

    On est capables de trouver des façons de valoriser des terres où l’on ne pratique pas une agriculture conventionnelle. L’agriculture urbaine aurait pour avantage de pouvoir assurer un meilleur contrôle des pestes et de nécessiter beaucoup moins de pesticides. Il y a quelques autres fantaisies, comme la possibilité de faire un certain traitement des eaux par des installations de type « machine vivante » (voir les travaux de John Todd pour purifier de l’eau avec des roches, des plantes et des micro-organismes). Les gens s’avancent loin en voyant les possibilités que ce type d’agriculture ouvre, mais les gens qui en entendent parler en sont charmés.

  4. Projet intéressant, mais de telles serres érigées en gratte-ciel ne capteraient-elles pas la pollution dûe au trafic urbain? On sait que le smog est un problème majeur dans les grandes villles occidentales et on ne peut, à mon avis, envisager la création de ces serres verticales sans éliminer les émanations polluantes des voitures et de l’activité industrielle.

  5. Mmh… Excellente question. Au mieux de mes connaissances, ce que je sais qui est le plus contaminé et affecte les récoltes en milieu urbaine, c’est les sols. Des articles ont montré, par exemple, que les sols de Montréal contenaient maitenant plus de métaux lourds que les sols agricoles des basses terres du Saint-Laurent (je le sais à cause de ma recherche sur l’agriculture urbaine – et parce que c’est un prof de Soil Science de mon campus qui a fait cette recherche ^^). Ça, c’est un facteur très important: pour produire de la nourriture de qualité en ville, il faut soit décontaminer le sol, soit l’importer et l’entretenir, soit utiliser de l’hydroponique (ce qui est le plus économique dans les serres classiques).

    Mais en tant qu’égnégneur, je peux te dire que les serres du Jardin Botanique, par exemple, ne devraient pas avoir un sol contaminé. Sinon, il existe des systèmes de purification d’air passif pour faciliter la circulation d’un air plus pur dans la serre, soit des pousses plus solides et mieux adaptées à un environnement avec un air contenant plus de poussières.

    Mais oui, le type d’air est un facteur qu’il faut tenir en compte en milieu urbain et qui demande une certaine adaptation. Il existe des solutions, mais il faut y penser pareil.

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