bouffe (archives)

Pour une nouvelle certification


On nous dit que le Bloc Québécois agit de moins en moins? Pourtant, l’on vient de voir, le 5 mai dernier, que les partis du PLC et du PC ont enterré le projet de loi du Bloc qui aurait rendu l’étiquetage des produits contenant des OGM obligatoire.

C’est étonnant, car une majorité de consommateurs concernés voudraient bien avoir un sceau qui marquerait quels produits contiennent des OGM. Par contre, cela peut être compliqué. Que fait-on, par exemple, d’OGM qui ont été transformés, comme dans le cas de blé utilisé pour faire des biscuits, ou d’huile de maïs BT. Que fait-on aussi du porc, qui peut être nourri à partir de maïs génétiquement modifié?

Malgré tout, une loi sur l’étiquettage de produits génétiquement modifiés pour des produits issus directement de la transformation (exemple: les biscuits ou les céréales faits avec du blé génétiquement modifié) devrait être lancée. Pour l’instant, le Canada a une loi sur l’étiquettage volontaire des produits génétiquement modifiés. Cela signifie qu’une entreprise avec un bon coeur aurait le droit de confirmer sur ses produits que ceux-ci contiennent des OGM. Bien entendu, jusqu’à maintenant, aucune compagnie ne l’a faite. Je ne le ferais pas, moi non plus.

Il devient clair qu’en ce moment, le gouvernement ne veut pas répondre aux soucis des électeurs/consommateurs qui veulent savoir ce qu’ils mangent. Certaines personnes ne sont pas inquiétés outre-mesure par les OGM, mais la majorité des Québécois voudraient pouvoir avoir de meilleures informations sur les produits qui en contiennent. En 2007, un sondage montrait que 86% des Québécois désiraient un étiquettage obligatoire des produits avec OGM. Au Québec, le PLQ avait promis en 2003 de rendre cet étiquettage obligatoire dans la province. 5 ans après leur élection, les citoyens attendent toujours.

Devant ces faits, il est clair que le gouvernement est incapable de répondre aux demandes des consommateurs en domaine d’OGM. Cela est du à des pressions de lobbys et à la complexité que peuvent avoir l’application de ces règlements. Mais voilà: je crois qu’il y aurait une solution plus simple qui pourrait, au moins temporairement, répondre aux besoins des consommateurs qui veulent de meilleures informations.

En 2000, Unibroue avait sur toutes ses bières un sceau « Sans OGM ». Leur but était de pouvoir exporter ces produits sous ce sceau et de rassurer les consommateurs nationaux et internationaux sur leur produit. Ce sceau résultait de la reconnaissance d’une certification de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). En 2001, l’ACIA a retiré cette certification, et ce même si les produits d’Unibroue n’avaient pas changé et qu’ils ne possédaient toujours pas d’OGM. Greenpeace estime encore que les produits Unibroue sont sans OGM, et à mon avis, leur guide est beaucoup trop sévère. C’est tout dire…

Voilà ce qui me mène à la suggestion: au lieu de demander un étiquettage gouvernemental sans OGM et au lieu de se fier à un étiquettage volontaire inefficace, pourquoi ne pas créer une agence non-gouvernementale et indépendante qui pourrait tester des produits et octroyer une certifications « sans OGM »? L’une des normes de l’Union Européenne, pour obtenir une certification de « produit biologique », est que le produit contienne moins de 0.9% d’OGM, car il est possible qu’un produit soit contaminé par la prolifération d’autres plants génétiquement modifiés environnants. Par contre, il faut aussi que le producteur montre qu’il emploie des moyens pour tenter de prévenir ce genre de prolifération. Les produits certifiés équitables ont aussi des normes anti-OGM importantes.

Donc, pourquoi ne pas lancer une ONG, similaire à celles des produits certifiés équitables ou biologiques, qui effectuerait un étiquettage volontaire des produits? Voilà une mesure qui s’avérerait bien plus efficace, plus respectueuse des inquiétudes des consommateurs et qui serait plus facile à implanter.

En attendant que cette idée ne soit mise en application, vous pouvez consulter le guide de Greenpeace, sur les produits courants contenant et ne contenant pas d’OGM. Je trouve le guide extrêmement sévère, alors il est à prendre avec un grain de sel.

7 réflexions sur “Pour une nouvelle certification

  1. Bon billet Manx. Incroyable le poids que les grandes « chimiques » peuvent avoir sur nos partis politiques. On se croirait à Washington. Donc, si je comprend bien, seuls le Bloc et le NPD étaient en faveur? Était-ce un vote libre ou a-t-on appliqué la ligne de parti?

    Quand le poids du fric est plus puissant que l’opinion publique… « Selon Greenpeace, ces résultats confirment que 156 députés ont préféré les intérêts économiques de Monsanto, la multinationale des produits chimiques et des OGM, à ceux des consommateurs canadiens… »

  2. C’est pas nécessairement un choix pro-Monsanto. Un étiquettage obligatoire est une mesure complexe qui peut contenir des choses assez chiantes à faire. Ce que ça a démontré n’est pas nécessairement que le gouvernement a opté pour les intérêts de Monsanto, mais plutôt qu’ils ont été incapables de répondre à une inquiétude des citoyens.

    Selon ce que j’ai vu du vote, les libéraux ont été libres de voter (la majorité a voté contre la loi) et les conservateurs ont été forcés de voter contre.

  3. Pingback: Pour une nouvelle certification « Progressistes

  4. Pingback: Les OGM non-alimentaires « Le blog de Manx

  5. Pingback: Les OGM: plus que de l’alimentation | Le Globe - regard citoyen

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s