Environnement (archives)

L’agriculture urbaine à La Havane


Bon, je sais que Cuba est une île bien particulière. Sous blocus américain, son plus proche voisin, depuis bientôt une cinquantaine d’année, ce pays subit une dictature qui a eu ses moments de gloire et de graves moments de crise. Là-dessus, j’espère que tout le monde s’entendra. La révolution de Fidel Castro a été nécessaire dans un climat où les esclaves que l’on appelait employés avaient à peine de quoi se payer ce qu’ils produisaient, pendant qu’on vendait ces cigares à prix exhorbitants aux riches du voisin d’à côté. Maintenant, les gens de Cuba sont en santé et savent lire et écrire, malgré que, malheureusement, on leur interdise d’écrire ce qu’ils veulent… 

Mais je vais plutôt parler de ce que l’agriculture urbaine a entraîné comme révolution dans les régions de Cuba, mais surtout dans sa capitale, La Havane. En 1990-1991, suite à la chutte de l’URSS, la majorité des pays communistes, comme Cuba, sont tombés dans une récession économique majeure. Le plus gros poids de leur axe venait de s’effondrer, et plusieurs de ces pays s’en sont à peine remis. À cause de cela, le prix des fertilisants (faits à base de gaz naturel, et qu’il fallait donc importer) avait augmenté drastiquement sur l’île, ce qui fit augmenter le prix des denrées alimentaires.

Pour compenser à ce manque, les Cubains ont du faire preuve d’ingéniosité. Tout d’abord, ils passèrent à une agriculture plus soutenable pour les sols, quitte à diminuer la production, pour employer moins d’engrais. Par la suite, on créa des départements gouvernementaux qui eurent pour mandat de favoriser l’agriculture en milieu urbain. Le principal centre fut, bien entendu, situé à la Havane.

Suite à l’implantation d’incititatifs pour favoriser l’agriculture en ville, certains marchés de producteurs prirent naissance. Cette influence des marchés locaux aida les villes. Une étude de 1999 du RUAF (Resource Centers on Urban Agriculture and Food Security) montre que dans les années qui suivirent l’implantation de l’agriculture urbaine à La Havane, les prix de la nourriture dans les grandes épiceries ont grandement diminué, pour se stabiliser environ 5 ans après à un prix qui pouvait être de 2 à 3 fois moins élevé.

Cet example en est un qui montre qu’en cas de pénuries de nourriture, il devient non seulement économique, mais aussi un enjeu social, de développer un réseau d’agriculture urbaine, car cela permet d’ajouter des revenus à bien des gens et permet de nourir plus de personnes, grâce à un coût de production plus bas. Et avec un prix du brut qui continue à augmenter, le transport de nourriture deviendra un facteur de plus en plus important dans le prix des produits. « Think globally, eat locally » passera de plus en plus d’un enjeu environnemental à un enjeu social sur l’alimentation.

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Une réflexion sur “L’agriculture urbaine à La Havane

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