Environnement (archives)/Uncategorized

Le retour au Moyen Âge


L’an derniers, Sylvio Berlusconi redevenait le chef d’État d’Italie, suite en grande partie à la promesse électorale de faire de la situation des déchets à Naples la première de ses priorités.

À la mi-juillet, Berlusconi a finalement soulagé les habitants de la ville et des environs, soulignant que la crise « est terminée » à Naples, bien qu’il reste encore quelques efforts à fournir. En un an, 35,000 tonnes de déchets ont été sorties des rues de la ville et des environs pour être enfouies ailleurs ou incinérées en Suisse, comme l’avaient proposé leurs compatriotes Européens devant l’urgence d’une telle situation.

Depuis 14 ans, la ville de Naples subit un problème au niveau de la gestion des résidus solides, en partie parce que les entreprises qui géraient les dompes (souvent appartenant à une branche de la mafia: la Camorra) étaient mal gérées et se sont remplies à un rythme effrenné. Suite à cela, la ville a été replongée dans le Moyen Âge; en 2007, des déchets tronquaient la beauté de la ville Napolitaine. Les conséquences sont venues d’elles-même: l’arrivée de rats, de moustiques, l’ôdeur plus ou moins sulfureuse de la matière organique en décomposition (dans certaines banlieues, les piles de déchets ont atteint les 3 mètres de hauteur). La situation a été à ce point alarmante qu’à la mi-2007, certaines écoles ont fermé prématurément, avant la fin du calendrier scolaire, car ces déchets étaient devenus un risque pour la santé des plus jeunes. Selon BBC News, ces déchets ont même ramené des maladies, comme certains cas de choléra, dans la ville. Le tout a été si grave que même le monde agricole en a été touché; on a détecté des cas de bufflones (un type de vache qui produit le lait pour le mozarella) qui produisaient un lait contenant trop de dioxines. Cela serait du au fait que l’on aurait nourri ces animaux dans des pâturages où ont été relâchés des déchets toxiques.

Devant cette crise, on a assisté à plusieurs comportements; certains ont voulu brûler les détritus, ce qui relâchait des fumées cancéreuses dans un environnement non-protégé. Les pompiers ont du intervenir dans plusieurs de ces cas. L’an dernier, afin d’éviter que de tels cas n’empirent encore davantage l’environnement urbain et péri-urbain de Naples, Romano Prodi avait fait intervenir l’armée dans les rues de la ville pour mieux gérer cette crise (notamment en retirant les ordures aux abords des écoles).

C’est un peu paradoxal que l’on nous dise que l’environnement dans lequel nous vivons n’est pas un facteur très important, car il a été prouvé dans le passé qu’il affecte le bien-être mental et physique, en affectant nos émotions et notre système immunitaire. On a déjà parlé de la vitamine « G » (pour « Green ») et les études se contredisent entre elles pour mesurer le degré d’influence de politiques vertes ou favorisant l’activité physique. Mais l’exemple de Naples nous montre les risques d’une mauvaise gestion basée sur le profit et ne tenant pas compte des externalités (la capacité d’enfouissement des sites), ainsi que l’inaction gouvernementale.

Mais il y a une chose de sûre: je préfère habiter à Vienne, qui a une ceinture verte de 30% de son territoire, que de vivre à Naples où le choléra est ré-apparu.

Une réflexion sur “Le retour au Moyen Âge

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