Environnement (archives)/WTF? (archives)

Le « greenwashing »


Le greenwashing, c’est la prétention de commercialiser un produit « vert » qui ne l’est pas tant que ça lorsque l’on regarde un peu plus en profondeur. Le terme a été inventé en 1986 lorsque les hôtels encourageaient les gens à « sauver l’environnement en ré-utilisant leurs serviettes ». En vérité, les hôtels faisaient très peu pour sauver l’environnement. 22 ans plus tard, plusieurs hôtels n’ont pas encore de politique de recyclage. La ré-utilisation des serviettes avait plutôt pour but de permettre aux gestionnaires de couper dans les coûts de nettoyage et de blanchisserie de ce produit très utilisé en hôtellerie.

La majorité des labels verts comportent, à un endroit ou un autre, du « greenwashing ». Dans la majorité des cas, on se concentre sur un attribut vert en cachant les autres attributs. Par exemple, un papier fait de fibres recyclées vendu sous cette marque de commerce cache souvent qu’il aurait employé d’énormes quantités de chlore pour retirer les encres du papier à recycler. Plusieurs usines de fabrication de papier recyclé relâchent dans leur écosystème des boues chlorées néfastes à l’environnement.

Mais récemment, je pense qu’on a vraiment atteint le fond du barril avec l’entreprise BAE systems, un des plus grands fabricants d’armement, qui veut créer des armes dans une perspective environnementale (car bien sur, on doit s’assurer que l’utilisation de nos armes ne fasse de mal à personne)! J’aime le titre de cet article: Environmentally-friendly fire. La compagnie voudrait utiliser des véhicules d’assaut hybrides pour réduire les émissions de dioxyde de carbone et retirer de ses jets certains RDD. Pour réduire les risques de santé dus aux balles de fusil, BAE voudrait aussi réduire la quantité de plomb dans les balles de fusil. Ces initiatives ont été appuyées par le Ministry of Defence Britannique.

Cela vient bien sur s’ajouter aux autres concepts un peu stupides, comme les cigarettes biologiques et les produits garantis sans CFC (note: les CFC ont été bannis de toute utilisation par le protocole de Montréal, émis en 1987, mais plusieurs produits affichent encore fièrement ne pas en contenir). Certains produits, biologiques ou non, avec impact ou non sur la couche d’ozone, ne devraient pas se vanter d’aider l’environnement. C’est un peu ce que je pense au sujet des armes et des cigarettes… Je n’ai rien contre le fait de produire des armes moins dangereuses pour l’environnement, mais à mon avis, ça ne devrait pas être le souci principal des fabricants d’armes… Ce devrait être de produire moins d’armes!

7 réflexions sur “Le « greenwashing »

  1. Je crois que vous seriez plus en mesure que moi de nous éclairer sur les réelles vertus d’un autre produit « écologique » que je soupçonne être du « greenwashing ». Il s’agit des articles oxo-dégradables comme les contenants Bioxo.

    Les plastiques oxo-dégradables ont la particularité de se dégrader à l’air ambiant et à la lumière, contrairement aux produits biodégradables qui requièrent un agent biologique pour se décomposer. D’une part, cela rend presque impossible la conservation de ces contenants sur une longue période, alors que vous pourrez garder votre bouteille biodégradable tant que vous ne la mettez pas au compost (façon de parler). En plus, on parle bien ici de dégradation. Selon ce que j’ai entendu dire, le plastique oxo-dégradé existe toujours sous forme de plastique mais en poudre. Bref, le consommateur est heureux, car il ne voit plus le plastique; toutefois, il subsiste dans l’environnement cette poudre qui prendra des siècles à se décomposer.

    Ces informations sont-elles fondées ou s’agit-il de mythes? Je me demandais si vous pouviez éclairer ma lanterne…

  2. Mmh… L’oxo-dégradation, c’est connu, tu en as partout Alexis… C’est bien la première fois que j’entends parler de quelqu’un qui crée un produit avec la propriété de s’oxyder.

    De la rouille, c’est une forme d’oxo-dégradation (ou « oxydation »). Théoriquement, tout s’oxide sur une certaine période de temps.

    L’Environmental Agency d’Angleterre croit, par contre, qu’il n’y a pas assez de preuves qui montrent que l’oxydation de ces plastiques crée un produit ne posant aucun risque environnemental. Ils avisent que ce produit ne doit pas servir de compost ou être enfoui dans le sol.

    Donc en théorie, c’est un matériau qui s’oxide, est possiblement dangereux et n’apporte aucun nutriment en fin de vie. Sa composition au cycle final de sa vie est trop inconnue encore pour déterminer qu’il ne pose aucun risque. Dans un site d’enfouissement, je ne crois pas que ça pose problème (on jette quand même du fer dans les sites d’enfouissement), mais ce plastique finit en déchet comme les autres, en gros.

    http://www.scottish.parliament.uk/business/committees/environment/inquiries/pb/BioBags_supp_evid.pdf

    Un chercheur a d’ailleurs fait une expérience sur le plastique oxo-dégradable dans le compost. Celui-ci n’est PAS biodégradable par les bactéries anaérobiques du compost (oxodégradable n’est donc pas biodégradable).

    « The oxo-biodegradable plastic bags, LDPE plastic bags and
    UV-degradable plastic bag did not experience any degradation and did not fragment into smaller
    pieces. »

    http://www.sperecycling.org/GPEC/GPEC2008/GPEC%202008%20-%20Technical%20Papers.pdf

    GPEC 2008, Paper Abstract B6

    À mon avis, ce type de produit ne ment pas. Cela semble vrai que le plastique s’oxyde après 18 mois. Le problème est que ses sous-ensembles (minéraux et matières premières) restent encore présents. Qui plus est, le produit en soit ne se compost pas, ce qui laisse à désirer. En ce moment, on fait de la recherche sur des plastiques dérivés de switchgrass, de patates et de maïs, qui se dégradent dans l’année dans un composteur ou dans un site d’enfouissement. Ces avenues me semblent plus intéressantes si c’est dans la direction de l’emballage vert que l’on veut aller.

    http://news.cnet.com/Plastic-goods-for-your-compost-heap/2100-1008_3-6178533.html

  3. Des guerres vertes… on aura tout vu! Tout est recyvalble n’est-ce pas? Même l’approche écologique…

    « Ici le Présdient des États-Unis, je vous annonce que nous allons envahir l’Iran. Mais, n’ayez crainte. Notre stratégie de bombardement respecte l’environnement. Nous avions une approche orange au Vietnam, nous avons maintenant une approche verte.. »

    Quel monde de fous…

  4. Nah je pense que le président actuel est un « dangerous hazard ». Le mieux qui puisse arriver avec lui, c’est que les Américains le jettent à la poubelle.

  5. Bien des choses s’oxydent, mais pas tout… Je ne sais pas si les plastiques en font partie!

    Cela confirme donc mes soupçons quand aux plastiques oxodégradables: greenwashing. Les compagnies qui fabriquent ces produits font croire aux consommateurs qu’ils protègent l’environnement, alors qu’on n’a fait que jouer sur la visibilité des déchets produits.

  6. Théoriquement, tout s’oxyde à un certain rythme. Les premiers millions d’années sur Terre étaient dans des conditions invivables parce que toute matière inorganique était oxydée, du à un surplus d’oxygène. Les sols eux-mêmes ont des réactions d’oxydation (certains sols très riches perdent même 1-2 cm par année, en bonne partie par oxydation)

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