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Le cas du kudzu


Le génie des bioressources traite de l’aspect biologique des applications d’ingénérie. En gros, nous nous spécialisons dans les traitements qui mettent en lien un aspect de la biologie. Ces aspects sont utilisés en sciences des sols, des eaux, dans le domaine de l’agriculture et de la nourriture, dans la foresterie (quoiqu’il y a déjà des ingénieurs forestiers) et dans les travaux de décontamination, entre autres.

L’utilisation de la biologie fait d’elle une science complexe à comprendre, car elle dépend de mécanismes sur lesquels on a très peu de contrôle et qui peuvent dégénérer facilement. Je crois que l’un des meilleurs exemples de cela vient des espèces que l’on importe d’une région du monde à une autre et qui finissent par créer des torts. Ici, on a eu la coccinnelle, mais ce n’est pas vraiment un problème, surtout si on le compare à l’infestation du kudzu dans le Sud-Est des États-Unis.

Zones infestées par le kudzu aux États-Unis

Zones infestées par le kudzu aux États-Unis

Le kudzu est une plante grimpante originaire de la Chine et du Japon. Elle peut servir de nourriture, de fourrage et prévient l’érosion grâce à un système de racines extrêmement profondes (pouvant aller jusqu’à 2m – note: le maïs atteint habituellement un bon 90 cm).

En Alabama, on appelle le kudzu de différents noms, dont la « vigne à pôteaux de téléphone » (telephone vine). Si vous voulez comprendre pourquoi, cliquez ici.

Image Flickr, a47nn: "The Wizard of kudzu"

Ce que vous voyez plus haut, c’est un pôteau électrique et un lampadaire au coin d’une rue. La plante a grimpé naturellement jusque-là. On estime que le kudzu a envahi 2.8 millions d’hectares aux États-Unis. Il a originalement été implanté dans leur pays comme plante décorative ou comme plante fourragère, mais malheureusement, le climat du Sud était approprié pour qu’une telle plante devienne invasive; la chaleur, la grande humidité, les pluis relativement abondantes et l’absence de prédateurs naturels ou de parasites ont donné à cette plante les conditions gagnantes pour qu’elle pousse… comme de la mauvaise herbe (le kudzu est considéré comme une « mavaise herbe » par le gouvernement américain depuis les années ’70). L’absence de prédateur naturel pour la majorité des plantes étrangères peut causer un problème si son mode de reproduction est rapide.

Au total, le US Geological Survey (USGS) a estimé que la plante de kudzu coûtait 500 millions de dollars par an aux autorités gouvernementales et aux citoyens. Le problème est que le kudzu est difficile à retirer (si on ne se débarasse pas de la couronne des racines), demande de l’herbicide en bonnes quantités et demande beaucoup de patience… Un autre problème est que le kudzu pousse aussi sur d’autres types de végétation et les couvrent entièrement. En poussant sur des arbres, le kudzu empêche celui-ci de faire ses propres feuilles pour récolter l’énergie solaire nécessaire à sa photosynthèse, et finit par littéralement « étouffer » son hôte. Le USGS estime donc que le kudzu est aussi responsable de la perte de nombreuses terres forestières.

Les citoyens du Sud se sont habitués, depuis une cinquantaine d’années, à la présence du kudzu. La plante est même utilisée aux États-Unis pour faire de la gelée sucrée. Elle possède donc ses propres utilités, et l’on espère lui en trouver d’autres à long terme, comme son emploi dans l’éthanol cellulosique. Défricher des terres de kudzu, qui poussent naturellement et sans pesticide ni engrais, pour en créer un produit utile, serait une avenue prometteuse. Mais en attendant, je vous laisse sur ce petit reportage de l’université du Tennesse au sujet du kudzu (l’accent est dur à comprendre, par contre).

3 réflexions sur “Le cas du kudzu

  1. N’y a-t-il pas une espèce semblable dans le sud de l’Ontario? À Pointe Pelée, le point le plus au sud du Canada, la végétation est tout à fait particulière. Entre autres choses, la forêt a presque l’air d’une jungle, puisque bien des arbres sont couverts et étouffés par une sorte de plante grimpante…

  2. Mmh… Je ne sais pas trop pour les espèces d’Ontario. Il faut savoir aussi faire la différence entre une plante grimpante et une plante comme le kudzu, qui couvre même le feuillage ou les aiguilles des plantes (ce sont ces parties qui ont besoin d’être exposées au soleil pour la photosynthèse). Il faudrait voir un peu les conditions climatiques du coin et avoir un peu plus d’informations sur la plante elle-même, histoire de savoir si la plante Ontarienne nuit vraiment aux autres pousses.

  3. De mémoire, je crois que cette sorte de lierre couvrait l’intégralité de certains arbres, qui semblaient morts. Je n’ai malheureusement pas plus d’informations. Je sais seulement que Pointe Pelée est un havre unique au Canada de la forêt carolinienne, avec un climat assez chaud et humide.

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