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Quelques chefs d’oeuvres de l’ingénérie (2)


Cette semaine, je vais mettre 3 innovations, créées en agriculture par des agronomes et des ingénieurs, et qui font que maintenant, il est possible de nourir une population de 6 milliards d’êtres humains adéquatement, tout en produisant des biocarburants et en utilisant des terres pour la production de nourriture plus « luxueuse », comme l’alcool et les produits issus des animaux.

Non, les plans alimentaires mondiaux ne sont pas parfaits et de nombreux enjeux les attendent, mais je crois que la profession des spécialistes de l’agroalimentaire sont les gens qui ont permis au plus grand nombre de gens d’aller vivre en milieu urbain, tout en étant les gens qui ont contribué à sauver la vie du plus grand nombre d’humains de l’histoire. L’alimentation plus riche dont nous jouissons est ce qui nous éloigne des disettes, prévient les famines et améliore notre état de santé, nous rendant plus résistants aux épidémies. L’époque de la peste est loin derrière, même s’il reste encore beaucoup de travail à faire.

L’irrigation

Les cercles que vous voyez sont des champs d’irrigation à pivot central, méthode d’irrigation très populaire en Alberta, et là où les ressources d’eau sont limitées ou difficiles à atteindre et à partager. Une tour centrale est reliée à une série de tuyaux remplis d’eau, attachés à des roues qui permettent aux tuyaux de bouger et de former un parcour circulaire. Sur cette série de tuyaux se trouvent des arrosoirs, qui permettent d’irriguer le champ et de produire de plus grandes quantités de nourriture.

À la base, l’irrigation n’est pas une invention nouvelle. Malgré tout, elle est devenue plus accessible et plus utilisée au cour du XXe siècle. Mais l’eau a toujours été d’une importance capitale à l’agriculture, et la possibilité d’approvisionner les champs en eau est ce qui a favorisé l’éruption de l’agriculture vers 3000 et 4000 av. J.-C. dans les régions du Croissant Fertile (Iran et Irak) et en Amérique du Sud.

Maintenant, l’irrigation a connu de grandes révolutions. On tente de trouver des moyens d’utiliser le plus efficacement possible notre eau, car l’agriculture est un des plus grands consommateurs de cette ressource qui devient de plus en plus limitée à certains endroits du monde. Des techniques comme l' »irrigation par périodes » (Surge irrigation) , les plans de gestion des eaux, ainsi que l’emploi d’irrigation de précisions (les arrosoirs et l’irrigation « goutte à goutte ») ont commencé à atteindre les réseaux du monde développé, mais beaucoup de travaux dans le Sud se font pour réussir à apporter de l’eau aux communautés agricoles de façon efficace et à faible coût.

L’alcool

L’alcool est apparue il y a environ 9000 ans, en Chine et en Mésopotamie. Ironiquement, plusieurs millénaires plus tard, le courant bouddhiste s’est propagé des Indes jusqu’en Chine, et plus tard encore, la religion musulmane est née dans le bassin de la Mésopotamie. Plusieurs interprétations de ces mouvements prohibaient l’alcool et le prohibent encore.

L’alcool que nous buvons est issu de la fermentation du sucre contenu dans un liquide, sous l’effet de levures. Biologiquement, c’est un mécanisme de défense des levures, car l’alcool tue les bactéries. C’est pourquoi l’alcool à 40% ou plus est utilisé pour stériliser ou nettoyer les plaies.

Les levures ne peuvent produire qu’environ 15% de volume d’alcool dans un liquide. Passé ce point, les levures elles-mêmes sont intoxiquées par l’acool d’éthyl contenu dans le breuvage. Pour obtenir des boissons plus alcoolisées, on a recour à la distillation.

Le XXe siècle a connu l’arrivée à grande échelle d’alcool de meilleure qualité, produite à une échelle industrielle et mieux contrôlée. Malgré tout, il y a eu plusieurs égarements, comme ce fut le cas pour les cidres fabriqués au Québec dans les années ’70. Le cidre industriel a été retiré du marché, parce que les contrôles de qualité insuffisants rendaient le breuvage dangereux pour la santé. Il pouvait rendre aveugle ou causer des probèmes d’estomac.

La rotation des cultures

Les moines ont trouvé, à l’époque médiévale, des manières d’augmenter les rendements agricoles de l’époque. Il faut comprendre qu’à l’époque, 90% des gens travaillent à se nourir et nourir le 10% qui ne travaille pas dans l’industrie de la nourriture en Europe. La majorité des gens sont des paysans, des fermiers, qui arrivent difficilement à payer la dîme, le seigneur et leur famille. Les années où la récolte se fait plus maigre, le tout est encore plus difficile. De nombreux monastères ont donc expérimenté différentes manières de produire plus de nourriture avec un territoire fini. La rotation des cultures était une bonne façon, selon un plan triennal.

La rotation a lieu sur une surface définie. Le but est de créer un cycle de récoltes qui permettent de fournir au sol des nutriments, ainsi que de consommer des nutriments différents selon la plante qui pousse. Bien entendu, la rotation ne peut se pratiquer qu’avec des plantes annuelles. Mais ainsi, il fut possible de cultiver des sols pendant longtemps et de les garder fertiles sans utiliser de fertilisants artificiels et en employant très peu de fertilisants naturels (le fumier ou le compost, par example).

Par example, dans le champ A, des pommes de terre pousseront la première année; la deuxième année, le sol servira à faire pousser du blé et la troisième année, de l’orge. La quatrième année, le sol sera laissé en jachère et le cycle recommencera.

Les techniques de rotation des sols ont réussi à réduire la consommation énergétique de l’agriculture, à une époque où l’énergie entrant dans les fermes était extrêmement limitée. Elle a sauvé la vie et amélioré les conditions de vie de centaines de milliers d’européens.

3 réflexions sur “Quelques chefs d’oeuvres de l’ingénérie (2)

  1. Est-ce que l’industrie agricole de la Montérégie s’assure de faire une bonne utilisation des sols? J’ai l’impression que la culture industrielle de maïs ne respecte pas les techniques de rotation… est-ce que je me trompe?

  2. Non, ce n’est pas une erreur. Pour la majorité des champs de maïs du Québec, c’est de la monoculture. La rotation des terres a été employée à une époque où les intrants d’énergie étaient minimaux (énergie solaire et fertilisants naturels – comme le fumier de bétail). Maintenant, l’arrivée de fertilisants à base de gaz naturel et le développement de pesticides a permis l’arrivée de la monoculture à grande échelle. C’est problématique, parce que les fermiers se spécialisent et que leurs revenus sont dépendants presque d’une seule source. Si on ne fait que du maïs et que, tout à coup, le prix du maïs chutte, les choses vont mal. Une ferme plus diversifiée permet d’amortir des problèmes dans un secteur agricole en gardant des revenus raisonnables dans d’autres secteurs. C’est pourquoi j’ai un de mes amis qui fait pousser du maïs et du soya, tout en élevant des porcs et en ayant un élevage laitier (en plus de quelques poulets, mais vraiment en quantité limitée).

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