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L’agriculture, plus précise que jamais!


Les agriculteurs du Québec traitent souvent de leurs problèmes. À tous les 10 ans, notre province perd l’équivalent de l’île de Montréal en sols arables pouvant être utilisés pour l’agriculture. À ce niveau, l’UPA a lancé une campagne présente dans plusieurs régions du Québec: « Pas de nourriture sans agriculture. » Dans ce slogan, l’UPA essaie d’attirer l’attention de la population par rapport aux problèmes actuels de l’industrie agricole, qui doivent souvent céder leur place à d’autres projets et qui sont tout bonnement ignorés par la population. Personne ne s’indigne bien longtemps de la perte de 350 hectares pour prolonger l’autoroute 30, mais plusieurs personnes mettent l’emphase sur des projets (tout aussi importants) comme la création de l’autoroute urbaine de la rue Notre-Dame ou du manque de verdure près de l’échangeur Turcot.

C’est important de donner au domaine agricole ses lettres de noblesse, mais je ne crois pas que la méthode actuelle de l’UPA ne serve à grand chose. Effectivement, qui, en dehors des fermiers, connaît vraiment leurs revendications? On en parle à la radio pendant le traffic pendant 15 secondes et on l’oublie quand on arrive au bureau. Le gros défaut est que pour plusieurs, les régions, c’est du pasé. Montréal et les environs comprennent la moitié de la population du Québec, sans compter d’autres grandes villes, comme Québec et Sherbrooke.

Pour que l’agriculture paraîsse intéressante aux gens, il faut parler des nouvelles technologies, du fait que l’agriculture est arrivée au XXIe siècle elle aussi. C’est difficile, parce que l’agriculture évolue très lentement et que les changements sont parfois très simples et donnent l’impression d’être bien ordinaires. Ce n’est pas le cas de l’agriculture de précision, par contre.

L’agriculture de précision se base sur le principe que sur un terrain agricole, les propriétés du terrain et des plantes elles-mêmes diffèrent énormément. Cela signifie que les terrains n’ont pas besoin d’un apport uniforme en nutriments (azote, phosphore et potassium, principalement) ou de pesticides (naturels comme artificiels – le biologique employant aussi des pesticides). En fait, une fertilisation uniforme, c’est un peu comme dire que tous les êtres humains sur Terre ont besoin d’une diète de 2200 calories par jour, des athlètes olympiques aux bébés de 3 mois. Ça ne marche pas comme ça.

Actuellement, notre outillage est fait pour lancer des concentrations relativement uniformes dans les champs, ce qui signifie qu’à certains endroits, on injecte trop de nutriments et on crée de la pollution (le phosphore, par example, est movible et peut se retrouver dans les eaux – ce qui favorise la prolifération d’algues bleues). À d’autres endroits, c’est le contraire: on injecte moins de nutriments qu’il ne serait suggéré pour avoir le meilleur rendement, et à cause de ces deux raisons, on se ramasse avec une terre qui produit moins de nourriture qu’elle ne peut réellement le faire et qui, en plus de cela, a une empreinte écologique plus grave. Dans cette situation, les cultivateurs, l’environnement et la population en général se retrouve perdante, parce que l’on n’utilise pas suffisament intelligement les moyens à notre disposition. L’un perd des revenus, l’autre doit subir plus de pollution et les consommateurs se retrouvent avec moins de nourriture produite.

L’agriculture de précision utilise des données prises sur le terrain et applique la technologie pour être capable de mieux évaluer les besoins d’une terre. Elle peut se baser sur des analyses de sol, des photos aériennes ainsi que des calculateurs de rendement (selon certains spécialistes, l’outil le plus rentable par rapport à son coût initial en agriculture). Un point en commun avec l’agriculture de précision: elle est basée sur les systèmes d’information géographique, comme le GPS, afin de bien localiser les besoins d’une terre. Elle nécessite un suivi constant des terres agricoles et la compilation de plusieurs données complexes, préférablement sur plusieurs années. 

Il y a quelques mois, j’ai pu voir une conférence au sujet de l’agriculture de précision en Nouvelle-Écosse concernant le bleuet sauvage. Veuillez noter qu’ironiquement, le « bleuet sauvage » est un type de bleuet, et non un bleuet qui pousse uniquement sans intervention humaine. La recherche portait sur l’emploi de caméras pour calculer les rendements des bleuets à certains points précis d’un champ à fertiliser. En prenant des photos à partir de la récolteuse et en comptant le nombre de pixels bleus sur les photos prises (une plus grande présence de pixels bleus signifie une plus grande quantité de bleuets), il était possible d’évaluer de façon assez fiable les rendements d’une terre et ce, sans calculateur compliqué. La prochaine étape est ensuite de lancer un plan de fertilisation plus précis qui tient compte des données géographiques et des rendements obtenus.

C’est donc un peu ironique que l’on considère l’agriculture comme « vieux-jeu », alors que l’on voit que celle-ci profite de technologies avancées employées dans les autres industries. Le GPS, les systèmes d’informatisation robotisée et les progrès en sciences des sols et des plantes sont des éléments qui pourront aider les agriculteurs à nourrir la planète dans l’avenir, et je crois que cette image est celle que les agriculteurs devraient montrer aux gens, afin de leur expliquer que l’agriculture actuelle n’est ni ringarde, ni attardée technologiquement. L’agriculture est arrivée au XXIe siècle au Québec et en Amérique, et cela promet de grands succès dans l’avenir.

Voilà une petite vidéo qui explique plus en profondeur les implications de l’agriculture de précision. Veuillez noter que c’est une campagne d’information et une publicité commandée par la compagnie Tyler. Ils avaient le vidéo le plus complet, mais je ne vous encourage pas nécessairement à acheter leurs produits. Ce ne sont pas les seuls à faire de l’équipement en agriculture de précision, et les entreprises se sont fait un point d’honneur à rendre leurs technologies compatibles entre elles afin de rejoindre le plus d’agriculteurs possible.

L’agriculture de précision est un domaine en cour de recherche au Canada et aux États-Unis de façon active. Voilà une liste de recherches que l’université Cornell effectue en ce moment dans le domaine.

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