Société

Les stages en enseignement: l’arnaque!


Bon, ça faisait un bout que je ne parlais pas d’activités étudiantes. Mais voilà une histoire qui me met en rogne!

La semaine dernière, j’ai été appelé à donner une discussion sur les stages en ingénierie. J’ai commencé en disant quelque chose que les étudiants en génie des bioressources n’entendent pas souvent: je leur ai dit qu’ils sont privilégiés. Ils sont privilégiés, parce que même lorsqu’ils sont étudiants, les stagiaires en génie sont reconnus pour leur travail, et la plus grande preuve est que les employeurs sont prêts à payer les stagiaires, même dans les stages coopératifs. Quand un employeur te forme et qu’en plus, il est prêt à te payer pendant ta formation, cela veut dire que l’on reconnaît tes efforts.

Le cas des étudiants en enseignement au secondaire, c’est autre chose. Lors de leurs études, les étudiants ont des stages obligatoires, qu’ils prennent souvent dans des écoles publiques. Ces stages donnent des crédits pour leurs cours. Mais il y a quelque chose d’étrange pour moi: malgré les heures de travail que le stage demande, ce sont des stages non-rémunérés.

C’est un peu stupide, parce que le Ministère de l’Éducation, des Loisirs et des Sports (MELS) reconnaît, en créditant le stage, que l’étudiant est en train de travailler et que sa formation a une valeur académique. D’un autre côté, le MELS, en tant qu’employeur des étudiants stagiaires, ne reconnaît pas que les étudiants en enseignement travaillent pour lui, parce qu’un tel travail mériterait une rémunération. À la fin du baccalauréat, les étudiants ont même une charge de cour, et malgré tout, ils ne sont pas payés.

Les étudiants en enseignement ont donc levé les cours jeudi dernier, de façon symbolique, afin de manifester à Québec afin d’être payés pour leurs stages. Ces stages payés pourraient permettre aux étudiants de payer leur épicerie, leurs frais de scolarité et leurs appartements. Et ça leur donnerait une dignité, parce qu’on reconnaîtrait que leur travail mérite un salaire. De toute façon, leur travail pendant les études est similaire au travail qu’ils font lorsqu’ils graduent (la différence entre un prof. avec une charge de cour et un stagiaire avec une charge de cour, elle varie d’un seul mot).

Pour moi, c’est aberrant. Il n’y a aucune firme de consultants en ingénierie qui peut affirmer qu’un stagiaire ne mérite pas d’être payé. Mais déjà, plusieurs autres professions avec des stages obligatoires (dont le bac en diététique) surveillent ce qui se passe du côté de Québec; la question des stages non-payés n’est pas exclusive aux enseignants. Le baccalauréat en diététique à McGill, par exemple, exige 3 stages lors de la formation. Ces stages sont hors du calendrier scolaire (au début de l’été) et ne sont pas payés. En gros, on place les gens dans des entreprises, ce qui retarde leur recherche d’emplois d’été, et on ne les paie pas.

J’ai une amie qui, par exemple, a été placée dans la cafétéria du collège privé numéro 1 au Québec des dernières années. Son stage en diététique, c’était le suivant: servir des plats à des élèves au secondaire dont les parents paient plus de 3000$/an pour que leurs enfants aillent étudier là-bas. Et cette école engageait des diététiciens ou diététiciennes comme simples serveuses de plats à la cantine, et ce sans même les payer. À ce niveau-là, un stage chez McDonald aiderait les étudiants tout autant dans leur acquisition de connaissance. Mais au moins, ils auraient le privilège d’être payés!

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