bouffe (archives)

La taxe calorique


C’est un sujet qui brasse beaucoup d’idées et d’opposition aussi. Plusieurs personnes suggèrent de plus en plus sérieusement de taxer la malbouffe. Récemment, l’université Harvard a prouvé l’efficacité de l’implantation d’une telle idée.

Après un essai de 4 semaines dans un l’hôpital Brigham de Boston, il a été démontré, d’abord, que les campagnes de sensibilisation, même bien organisées, n’avaient pas d’effet important sur la consommation de boissons gazéifiées normales. Par contre, une taxe de 35% sur les boissons gazéifiées normales (les boissons qui n’ont pas le mot « diète » devant) a fait diminuer de 26% la consommation de boisson forte en calorie. D’un autre côté, les cafés et les boissons de type « diète », qui n’étaient pas taxés, ont connu une hausse de ventes.

Ce que cette expérience veut dire est que lorsque l’on a une alternative valide (comme des breuvages moins caloriques) qui ne sont pas taxés, les consommateurs font le choix le plus économique et le plus intéressant. Ce serait probablement un bon modèle à appliquer dans des lieux où la malbouffe est un problème sérieux, comme près des écoles et dans les hôpitaux. Est-ce que ce serait une bonne idée, par exemple, d’imposer une taxe sur les breuvages de plus de 100 calories à l’école?

Détails

Coca-Cola Lmtd., l'emblême des boissons gazeuses, n'hésite pas à mettre de l'avant ses alternatives meilleures pour la santé par rapport au Coca classique.

Une cannette de Coca-Cola normale contient 155 calories. Une cannette de Coca-Cola diète en contient 4 calories.  Le Coke zéro contient 0 calories. Les diététiciens du Canada assument que les gens devraient consommer en moyenne 2000 calories par jour (plus pour les hommes, mais le régime calorique dépend de plusieurs autres facteurs). Une cannette de Coca-Cola standard contient donc 7-8% des calories de votre journée. C’est beaucoup, pour un breuvage. C’est encore plus quand les alternatives sont très faibles en calories.

Opposition

Les producteurs de breuvages gazéifiés préviennent les politiciens qu’il serait injuste de ne viser qu’un produit, comme les boissons gazeuses. Pour une politique efficace, il faudrait effectivement viser d’autres produits, comme les repas principaux. L’avantage principal des boissons gazéifiées, c’est que l’on a des alternatives qui sont meilleures pour le consommateur et presque similaires (le Coca-Cola, diète ou non, a sensiblement le même goût). Avec l’arrivée du rebaudioside A, qui pourra remplacer une partie de l’aspartame, ce sera encore plus intéressant. Mais il est vrai que pour être juste, il faudra trouver des moyens de taxer d’autres produits et de s’attaquer, notamment, aux plats principaux. Des taxes municipales supérieures pour des fast-food installés à 300m des institutions scolaires et des hôpitaux serait une autre alternative viable, selon moi.

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5 réflexions sur “La taxe calorique

  1. Très bonne idée de taxer davantage la malbouffe; mais l’autre Maxime, Bernier celui-là, ne serait pas content.
    En passant, j’ai migré de Bon Blogue Bad Blog vers Le Gentiblogue. une mise à jour de votre blogroll serait apprécié.

  2. C’est vrai, un Jos-Louis (qui accompagne le coke) contient 290 calories, dont 8g de gras saturés ( plus de 40% de l’apport quotidien recommandé). Comme collation c’est assez mauvais!

    Il y a une taxe sur l’alcool et la cigarette, non? Ce serait une bonne façon de financer des programmes sportifs et alimentaires.

  3. Bonjour,
    Dans une méta‐analyse de 88 études, la consommation de boissons gazeuses a été associée à un apport calorique supérieur et à un gain de poids, mais aussi à une plus faible consommation de lait, de calcium et d’autres éléments nutritifs ainsi qu’à un risque accru de plusieurs problèmes médicaux (par exemple, le diabète).
    Les boissons sucrées ont scientifiquement été reliées à plusieurs problèmes de santé. Voilà pourquoi ces breuvages sont en première ligne pour être taxés!
    Taxer la « malbouffe » d’une manière générale s’avère être bien difficile à proposer… Il faudrait pour cela définir la malbouffe et ce n’est pas chose aisée!
    Une taxe dédiée sur les boissons gazeuses et énergisantes serait intéressante car les revenus générés pourraient être investis directement dans des programmes de prévention et d’éducation.

  4. @ l’Astineux
    Whaou! Merci, j’étais en retard sur l’update. Je viens de changer le lien.

    Bernier peut bien chiâler, à condition qu’il boive du 7Up diète. Ça calme les nerfs, moins de sucre et moins de calories.

    @ L’engagé
    Oof, je ne savais pas que le Jos Louis frappait un tel sommet. Ça me rappelle qu’une fois de temps en temps, ça va, mais que je fais bien d’en prendre une fois aux 2 mois…

    @ Marion
    On a des règlements très compliqués. Le défi sera d’évaluer ce que les gens voient et ne voient pas comme de la malbouffe taxable. Mais c’est clair que le lobby des boissons gazeuses a raison de demander à ne pas être la seule cible de la colère des gens. C’est leur business qui est ouvertement critiquée et la seule visée. Pourtant, ce sont aussi ces compagnies qui détiennent la solution, en ayant développé des alternatives et en faisant de la recherche pour remplacer le sucre dans les breuvages.

    Pour la présence du lait, je pense que les boissons gazéifiées sont là pour rester. Il faudrait viser à long terme de faire des campagnes de communication solides. À court terme, ça ne fonctionne pas, mais à long terme, on peut s’attendre à ce qu’une population sensibilisée revoit sa consommation.

    Et en plus, je serais pour utiliser l’argent de la taxe dans des programmes de santé. Les budgets d’activités parascolaires, par exemple, ce serait intéressant. Par une taxe municipale sur le McDonald’s d’à côté, une école pourrait encourager ses élèves à faire de l’exercice.

  5. Une taxe sur la mal-bouffe, c’est pas une mauvaise idée.
    Par contre, allez dire cela à la droite politique et elle vous qualifiera de communiste! N’est-ce pas aux individus et non à l’État de décider ce qui est bon ou non? Le laissez-faire actuel est tellement lucratif à l’industrie du « fast-food » et les dépenses que cela engendre, évidemment, reviennent au publique.

    De plus, sur quoi baserons-nous nos critères? Sur l’apport en calorie? Donc les noix et arachides devraient subir cette taxe? Et les boissons gazeuses à 1 calorie le seraient pas? Les critères ne sont pas faciles à établir…

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