Alimentation

Un étiquettage intelligent


Je ne sais pas pour vous, mais quand je pense à l’alimentation, je ne pense pas beaucoup à l’innovation en emballage. Encore moins sur l’apparence des dates d’expiration. Mais il faut avouer qu’il devrait y avoir une façon meilleure de lire les dates d’expiration que de mettre une date sur le produit. D’abord, ce n’est pas instinctif, et ensuite, c’est souvent une information faussée. Une rupture sur la chaîne de réfrigération a un effet très important qui ne sera pas noté sur votre date d’expiration. En plus, la date d’expiration est fixée en assumant des conditions très imaginatives (votre produit restera dans le frigo tout le temps, il a été entreposé correctement en tout temps avant que vous ne l’ayé acheté, la pasteurisation/stérilisation a été parfaite, etc.).

Voilà donc deux façons de déterminer la qualité de la nourriture. L’un est basé sur les gaz contenus dans l’emballage et l’autre sur le maintien des conditions dans l’usine.

Les gaz

Pour les produits facilement périssables, comme la viande, de nouvelles étiquettes ont été conçues pour changer de couleur selon l’ammoniaque qui est émis par la viande. Quand l’ammoniaque arrive à un niveau dangereux et que la viande ne devrait plus être consommée, l’étiquette avertit le consommateur de ne pas manger le produit. Les gaz émis par la viande sont probablement la meilleure façon d’évaluer la qualité d’un produit. Le défaut, c’est que le produit n’est pas suivi sur toute la chaîne de production; il est simplement suivi quand le produit est emballé, ce qui est souvent la dernière étape. Le meilleur exemple d’étiquette intelligente dans le domaine est le SensorQ, qui passe d’une couleur orangée au vert au fur et à mesure que la concentration d’ammoniaque dans l’emballage augmente.

L’effet température-temps

OnVu

L'étiquette OnVu est intuitive. De couleur bleutée, elle perd son intensité en fonction du temps et de la température à laquelle elle se trouve. On est loin du "Meilleur avant: 09MA2010". Je ne comprends jamais si c'est mars ou mai, d'ailleurs.

Quand on parle d’entreposage en alimentation, trois principaux facteurs sont importants: l’humidité relative (les microbes adorent l’eau), la température et le temps d’entreposage. L’étiquette OnVu utilise des nouvelles méthodes pour indiquer quand un produit n’est plus bon; en imprimant avec des encres sensibles à la température et se dégradant rapidement, il est possible de voir quand un produit est bon et quand il approche de sa date d’expiration.

Même s’il est moins précis que le SensorQ, OnVu pourrait théoriquement être employé dans n’importe quel produit, et non dans des produits qui émettent de grandes quantités de gaz en se dégradant. Effectivement, l’encre peut être calibrée selon les conditions du produit (un produit en canne peut être gardé pendant 2 ans, mais la viande fraîche ne peut être gardée que 3-4 jours). L’étiquette est facile à lire, élégante et intuitive. En plus, si le produit est étiquetté très tôt, il est possible pour les industries de faire le suivi au fur et à mesure que le produit voyage avant de se rendre en épicerie. Les professionnels pourront voir facilement si le produit a été perdu à cause de mauvaises conditions d’entreposage sur la chaîne de transformation. On sait déjà que la traçabilité (trouver les sources de contamination dans la transformation alimentaire – de la ferme au consommateur) est devenu un enjeu extrêmement important et que le Canada n’est pas à jour dans le domaine.

Extrait de 2010 Food Safety Performance

Traceability and Management was Canada’s weakest comparative performance: It scored a grade of poor and was ranked last [sur 17 pays développés évalués] (16th — because Switzerland earned a grade of not applicable). While the CFIA [Canadian Food Inspection Agency] earned Canada top marks in Governance and Administration, its traceability system is regressive compared with those of its peer countries.

Devant les progrès que les autres pays font en traçabilité alimentaire pour s’assurer de trouver les sources de contamination, le Canada traîne encore de la patte et pourrait s’en sortir mieux s’il adoptait certaines technologies innovatrices, comme l’étiquettage intelligent. De quoi permettre de mieux suivre le produit.

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