Environnement

Le bois en construction


Le bois est une des ressources renouvelables du Québec; en fait, avec l’eau et le pétrole, je ne m’aventure pas loin en disant que c’est une des ressources que l’on utilise le plus. Toutes les régions en dépendent et on l’utilise pour plusieurs usages: dans les pâtes et papiers, pour faire des biocarburants, en génération d’électricité, en emballage, etc. Aujourd’hui, on se concentre sur le bois de construction.

En 2008, le gouvernement du Québec lançait sa stratégie d’utilisation du bois en construction (voir le lien plus bas). On est en récession, l’industrie du bois est en difficultés et multiplie les mises à pied depuis quelques années et pour ajouter une couche, la cause de la récession est une crise de l’habitation (les sub-primes), ce qui ne stimule pas beaucoup l’industrie de la construction non plus. Le plan du gouvernement est donc une opération de charme, qui s’étale sur 16 millions de dollars, et vise à encourager:

  • à bâtir de nouvelles infrastructures
  • à  favoriser le bois dans sa construction

Le plan de 16 millions est conçu ainsi:

Promotion

6,0 M$

Innovation, nouvelles technologies

5,0 M$

Soutien aux municipalités

2,5 M$

Développementd’outils techniques

1,0 M$

Valorisation d’infrastructures existantes

1,0 M$

Soutien administratif

0,5 M$

Tel que montré plus haut, le principal coût du programme repose sur la promotion de l’utilisation du bois (1M$/an) et, légèrement sur la recherche de nouveaux produits. Pour ce domaine, un portefeuille de 5M$ sur 6 ans, ça demeure très petit. J’ai déjà vu une chaire de recherche en biocarburants qui accotait le 50M$ en 5 ans.

Mais la particularité de ce programme est justement son humilité. Ce n’est pas une grosse dépense et on prévoit faire beaucoup de marche avec très peu d’argent. C’est parce que, dans plusieurs projets, le bois est déjà compétitif avec le béton ou peut parfois être moins cher. Le gouvernement favorisera donc des projets qui utilisent le bois à la condition que ces projets soient moins de 5% plus chers que des projets n’en utilisant pas.

Cette permission de voir plus loin que l’idée de prendre l’offre la plus abordable dans un appel d’offres tient compte de richesses non-évaluables. Certaines vont considérer la séquestration du carbone, d’autres les usages du bois une fois la construction terminée. En voici quelques exemples.

Le bois peut servir après sa durée de vie utile

Une fois que le bâtiment est détruit, le bois a encore une valeur. Il peut être réutilisé dans une nouvelle structure, peut être réduit en morceaux pour faire de panneaux de fibre (les fameux MDF), peut être brûlé comme moyen de chauffage, générer de l’électricité ou même être utilisé pour faire de l’éthanol. Comme un bâtiment dure environ 50 ans, on peut s’attendre facilement à ce que le produit puisse être utilisé pour de nouveaux usages. La lignine, par exemple, peut aussi être utilisée pour créer des effets visuels de haute technologie.

Évidemment, tous les produits du bois ne sont pas re-transformables tel quel, mais une bonne partie peut être ré-utilisée. Cela veut dire que lors de la destruction de la structure, le bois a encore une valeur et une vie utile. Le béton, une fois fini, peut difficilement servir à autre chose que d’être concassé.

Le bois séquestre du carbone et est moins polluant

Selon une règle simple, le bois demande à peu près deux fois moins d’énergie pour être transformé que le béton, à travail égal en structures. C’est parce que le béton demande beaucoup d’énergie pour être chauffé afin que la réaction chimique qui le forme puisse être déclenchée.

De plus, le bois séquestre du carbone. Pendant que la forêt pousse, elle absorbe le dioxide de carbone dans l’air, qui lui sert de source de carbone pour grandir. Comme cette réaction se fait surtout pendant que l’arbre pousse, d’un point de vue d’analyse de carbone, la meilleure séquestration se ferait si on gérait notre forêt de façon durable, qu’on en rasait une bonne partie et qu’on l’utilisait pour un usage à long terme (utilisation en construction, suivi d’une autre utilisation à la fin de la vie du bâtiment). Pendant ce temps, la forêt repousserait et séquestrerait plus de carbone.

Finalement, comme le béton relâche du dioxide de carbone pendant sa réaction chimique et que le bois, non, une structure en bois prévient aussi des émissions supplémentaires. Si on utilise le carbone à la fin de sa vie pour faire de l’éthanol et remplacer du pétrole, on séquestre encore plus de carbone.

En ce moment, chaque mètre cube de bois de construction économise environ 1 tonne de carbone. On estime que la stratégie actuelle du gouvernement permettrait d’économiser 593 tonnes de CO2. Si on avait une bourse du carbone, ça revient à 27$/tonne. C’est un chiffre qui est, en soi, presque avantageux! C’est un peu drôle, puisque le but de ce projet n’est pas nécessairement de créer une opportunité de bourse du carbone.

Le bois partage notre histoire

On a appris à bâtir des habitations en bois depuis longtemps en Amérique. Le bois, ça fait partie de notre patrimoine architectural. Par contre, les matériaux que l’on utilise maintenant sont très différents du rondin. On est capable de faire des travaux d’ingénierie avancés, comme l’élégant pavillon Kruger de l’université Laval (voir liens à la fin).

Le bois a partagé notre histoire, mais il évolue aussi avec nous pour créer des matériaux de plus en plus innovateurs, pratiques et beaux.

Le bois, c’est beau!

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Vous avez vu des structures en béton à chaque jour. Pour moi, une maison en béton, c’est un gros bloc dans lequel on a percé des trous pour y mettre des petites fenêtres, histoire qu’on vous pointe du doigt et qu’on puisse rire de vous. Le bois, c’est esthétique, c’est un matériau de design et ça plaît à nos yeux. Je pense que c’est le meilleur argument pour l’utiliser.

Il reste encore des préjugés sur le bois, par rapport aux incendies par exemple (petit détail: le bois de construction brûle en 45 minutes, d’ailleurs). C’est la raison pour laquelle le programme gouvernemental cherche à changer ces préjugés sur le bois et à montrer que la construction en bois crée des oeuvres modernes, qui utilise de nouvelles technologies (plusieurs développées au Québec) et qui pourrait peut-être racheter cette image si mauvaise de l’industrie de la construction actuelle.

Liens

Vous pouvez voir le document du gouvernement du Québec, les projets de CECOBOIS et d’autres informations sur le pavillon Kruger de l’université Laval ici.

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