Environnement

Contamination par gaz de shale


C’est un secret de polichinelle que les gaz de shale sont polluants. On les appelle souvent, à tort, les gaz de schiste (lire l’article ici avant d’utiliser ce terme). La principale crainte au sujet des gaz de shale concerne la contamination des eaux de surface et des eaux sous-terraines. Jusqu’à récemment, les entreprises se défendaient d’un manque de documentation reliant la contamination avec l’exploitation des gaz de shale pour ne pas avoir à faire beaucoup d’efforts de mitigation dans leurs projets. Plusieurs comtés ont prié les entreprises de fournir et livrer de l’eau potable aux habitants de leur région en compensation, suite à la contamination des aquifères ou des eaux sous-terraines.

Récemment, des chercheurs de Duke University, par contre, viennent de prouver que la fracturation hydraulique était reliée à la contamination au méthane des eaux de surface dans les régions de New York et du Nord-est de la Pennsylvanie. En évaluant les concentrations d’un nombre important de puits de petite profondeur (36m à 190m), les chercheurs ont montré que les puits à moins de 1 km d’un site d’exploitation de gaz de shale avait une eau souvent plus contaminée que les puits se trouvant plus loin. La valeur moyenne de méthane des puits près des exploitations, d’ailleurs, était plus élevée que la valeur suggérée par le département de l’intérieur pour procéder à des mitigations. Une concentration record de 64 mg/L de méthane a été mesurée.

Concentration de méthane dans les puits (mg/L)

Puits à plus de 1km des exploitations (13 sites): 1.1 mg/L

Puits à moins de 1km des exploitations (21 sites): 19.2 mg/L

On commence donc à mieux mesurer l’impact de la fracturation du shale, ce qui est une bonne nouvelle. La mauvaise nouvelle, c’est peut-être la clarté du résultat. Avec le temps, si d’autres résultats dans le genre se répètent, il faudra forcer l’industrie à faire plus attention.

La cause

En allant plus loin, il faut aussi évaluer la cause de la contamination au méthane. Et si tout cela n’était qu’une coïncidence?

L’analyse montre que le ratio méthane vs produits du carbone à plus longue chaine semble montrer que la contamination des puits n’est pas de nature biologique.

En fait, les craintes actuelles sont que cette contamination des eaux est causée par l’opération de fracturation, qui sert à libérer le gaz naturel du shale. Depuis, beaucoup de critiques sont venues au sujet de la fracturation et de sa sécurité, voire de sa pertinence.

Je pense personnellement que l’industrie du gaz de shale ne pourra plus se cacher derrière le manque de données scientifiques d’ici quelques mois. En attendant, l’article actuel est inquiétant quant à la façon dont on exploite la ressource. En attendant que l’on se dotte de meilleures manières de mesurer le méthane et que l’on puisse imposer des règles strictes, l’industrie devrait commencer dès maintenant à s’équiper pour trouver des façons de réduire les fuites de gaz naturel dans les aquifères et les puits d’eau potable en surface. En ce qui a trait de l’exploitation du gaz de shale au Québec, contrairement à Lucien Bouchard, je ne crois pas que ce soit pertinent d’ici au moins 5 ans.

Demain aura lieu une manifestation contre le gaz et le pétrole de schiste, devant l’édifice Hydro-Québec à Montréal. La marche commence à 14h30.

Source:

Methane contamination of drinking water accompanying gas-well drilling and hydraulic fracturing, publié dans le Public National Academy of Sciences of the United States of America

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