Environnement

Gaz de shale: pas encore profitable


Je dis bien « encore ». Au prix du marché du gaz naturel dans les dernières années, les puits de gaz de shale dans le Sud des États-Unis sont majoritairement en train de faire de bien maigres profits; de quoi inviter les Québécois à prendre leur temps pour développer cette industrie des gaz de shale sur leur territoire. Avec ce qui nous attend, de toute façon, il n’y a pas de presse.

Le New York Times a publié, relativement récemment, un dossier gaz de shale, comportant entre autre des échanges de courriel entre des géologues des entreprises exploitant les installations et la US Energy Information Administration. On en tire des propos parfois troublants. On y parle d’entreprises qui surestiment les réserves de leur puits, de puits se vidant plus rapidement que prévu au fil des années, du prix du gaz naturel qui, malheureusement, est resté stable au cour des dernières années (ironiquement, c’est du en partie à cause du fait que l’on exploite de plus en plus le gaz de shale), etc.

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Le constat est donc simple; les gaz de shale, c’est une industrie jeune avec beaucoup d’inconnues. On n’a pas encore d’exploitation de référence, par opposition aux sables bitumineux, qui ont profité de décénnies de recherche subventionnée par les subventions fédérales. Quand on s’est mis à faire une exploitation brutale de ce pétrole, on savait assez bien ce qu’on y trouverait, quels étaient les risques environnementaux et comment les éviter.

Quand je vois ces conclusions, je trouve que l’on fait bien d’attendre. Le gaz naturel, ça ne s’envole pas, sa demande augmente et les technologies entourant le gaz de shale ne peuvent que s’améliorer. Si on se met à faire de l’exploration plus concentrée dans 5 ans, en espérant avoir des puits dans 10 ans qui respecteront nos règles environnementales, en plus de changer notre loi sur les mines comme il le faut pour que les profits des gaz de shale reviennent aux communautés qui l’exploitent, je pense que le Québec ne s’en portera que mieux. En plus, le tout pourrait arriver à un moment où le gaz naturel vaudrait son juste prix et où l’on pourrait faire de l’argent avec nos puits, au lieu de travailler fort pour arriver à une situation de « break-even », tout en risquant de contaminer les puits de surface des terres les plus riches du Québec.

Finalement, ce qui me dégoûte le plus avec le gaz de shale, c’est la campagne de relations publiques. Aux États-Unis, Chesapeake et Talisman Energy ont créé des livres à colorier pour enfants qui expliquent comment le gaz de shale est produit et, via des raccourcis très simples, pourquoi c’est une énergie propre. Tant que l’on ne peut pas convaincre les adultes que cette technologie est sécuritaire, de telles compagnies ne devraient pas avoir le droit d’essayer de convaincre les enfants en leur lavant le cerveau pendant qu’ils dessinent des dinosaures.

Je vous laisse un pearltree avec des articles du New York Times, les fuites (oops) publiées dans les médias et un blogue intéressant qui critique les articles écrits dans le NYT à ce sujet, parce que c’est toujours bien de voir les deux côtés de la médaille. Chacun d’entre eux apporte des points qui méritent d’être mentionnés.

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