Alimentation

De nouvelles étiquettes


Les tableaux d’ingrédients et d’informations nutritionnelles sont tellement compliqués au Canada que des diététistes nous rappellent souvent comment les utiliser. Quand on aime faire l’épicerie en moins de 30 minutes sans se poser trop de questions, voilà quelques défis:

  • Le tableau est souvent caché à l’arrière du produit; il n’est pas à l’avant-plan
  • Par contre, les allégations nutritionnelles et reliées à la santé le sont, elles
  • Le tableau est écrit tout petit. Pour les ingrédients, c’est bien pire.
  • Le tableau n’a pas de conception invitante à lire et est visuellement ennuyant
  • Il n’est pas toujours simple de concevoir ce qu’est une portion; apportez votre calculatrice

On peut s’entendre assez facilement pour dire que le tableau d’information nutritionnelle permet de faire de bons choix, une fois compris. Pour choisir le meilleur sac de chips, il faut prendre tous les sacs séparément, les retourner à l’envers, passer 10 minutes à faire des calculs pour avoir une portion similaire et prendre une décision en fonction des chips ayant le plus de goût, de sel, de gras, etc. Personne ne fait ça et on se ramasse habituellement à décider de prendre la même marque que d’habitude. Tout cela fait qu’au Canada, le taux d’obésité est d’environ 15% et que l’outil qui vous renseigne sur ce que vous achetez ne sert pas à grand chose. Prendre toujours la même marque, ça ne marche pas!

C’est Santé Canada qui émet les règlements sur l’étiquettage des produits, via une poignée de documents légaux qui datent entre 2005 et la fin des années ’80. À la base, presque tous les produits alimentaires vendus au Canada doivent être étiquettés (avec tableau d’information nutritionnelle), à l’exception de certains fruits et légumes et dans un contexte très restrictif (par rapport à la méthode de cueillette et à l’emballage). Les règlements déterminent aussi ce que l’on a le droit de dire au sujet d’un produit (par exemple, un produit sans gras contient moins de 0.5g de gras par portion, alors qu’un produit avec peu de gras en contient moins de 3g).

Pour faire des choix éclairés, il semble clair en ce moment que l’accent est mis, chez le manufacturier, sur les allégations santé (ce produit a moins de sel) plutôt que sur l’étiquette nutritionnelle, qui est cachée en arrière ou sur le côté du produit, moins visible, à côté de la liste d’ingrédients. Cela fait qu’un manufacturier pourrait très bien faire un produit faible en gras et, par soucis de goût, ajouterait une quantité énorme de sel pour compenser. Il pourrait donc mettre une allégation « faible en gras » tout en s’assurant que le produit n’est pas vraiment santé. C’est malhonnête pour le consommateur et c’est malhonnête pour les compétiteurs qui tentent vraiment de créer un produit qui goûte bon et est meilleur pour la santé.

Pour moi, l’étiquettage des valeurs nutritionnelles et des ingrédients devrait obligatoirement figurer sur la partie visible d’un étalage d’épicerie, au même titre que le poids ou le volume du produit (affichée à l’avant dans tout produit emballé). Ce n’est pas normal qu’on vous vende un produit sous un nom quelconque, qu’on vous dise quelle quantité il contient et qu’on ne vous dise pas, du premier coup d’oeil, ce qu’il y a à l’intérieur de la boîte et ce que vous pouvez espérer pour votre santé.

Je reconnais, par contre, que l’étiquette actuelle des produits alimentaires n’est pas intéressante. L’étiquette doit obligatoirement être blanche, sa forme ne peut être changée et elle n’est pas plaisante à consulter (avec ces tout petits caractères). Le format brut de l’étiquette (et l’information qu’elle contient) n’a pas changé depuis plus de 20 ans au Canada. C’est prodigieux; très peu de domaines peuvent dire que le format de l’information de base relayée au consommateur est resté inchangé en 20 ans et qu’il demeure encore et toujours inefficace et difficile à comprendre pour le consommateur moyen.

Récemment, la UC (University of California) Berkeley a décidé de lancer un concour de design pour « repenser l’étiquette nutritionnelle ». La grande gagnante, Renee Walker, a créé une étiquette belle, facile à lire et qui contient des raccourcis visuels vers la liste d’ingrédients. Elle a aussi remporté le choix du public. Je vois ce genre d’étiquette comme quelque chose qu’on pourrait retrouver facilement à l’avant de nos étalages d’épicerie.

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