Alimentation/Société

La commission Canadienne du blé


Cela semble bien loin du Québec, mais la commission Canadienne du blé est un enjeu central dans l’ouest.En fait, la CCB contrôle 15 millions de tonnes de blé par année, en plus de 3.5-4 millions de tonnes de blé dur. Ses revenus totalisent entre 7 et 14 milliards de dollars par récolte, ce qui en fait un joueur central pour le marché des grains dans le monde.

La CCB est un organe très particulier parce qu’il crée un marché monopsonique (un seul acheteur, par opposition à un monopole, où il n’y a qu’un seul vendeur). Si vous produisez du blé ou du blé dur dans les prairies Canadiennes (et juste dans les prairies), vous devez vendre vos produits à la CCB. La commission a aussi des règles sur la vente de blé; afin de ne pas innonder de blé le marché mondial pendant la récolte, la CCB achète une partie de votre production à des dates fixes. Cela force les producteurs à devoir entreposer leurs produits au courant de l’année. Les revenus de la vente sont ensuite étalés sur l’année, avec des périodes de paiement pré-déterminées pour que l’agriculteur ait des fonds au cour de l’année.

Bénéfices

Les trains de la CCB sont visibles à travers le pays

L’avantage de la commission est que le blé vendu sur le marché a beaucoup de standards et que ses standards de qualité sont sévères. Comme le blé Canadien garde une bonne réputation et qu’il n’y a qu’un seul vendeur, la CCB exerce un grand pouvoir sur le prix de ce qu’elle vend. C’est le cas particulièrement du blé dur, qui sert entre autres à faire des pâtes. Dans les années ’90, on estimait que la CCB faisait augmenter le prix de vente du blé Canadien de 13,35$/tonne. Ce bénéfice permet donc de réduire les besoins en financement gouvernemental en agriculture. Le blé est une culture qui coûte très cher aux états Européens et aux États-Unis parce qu’il est supporté par le gouvernement, alors que la commission Canadienne du blé a su réduire les besoins du Canada en financement.

Le second bénéfice est que certains pays veulent négocier avec des agences centralisées et refusent toutes les offres de petits vendeurs. Plusieurs pays de l’Europe de l’Est ont encore l’habitude de ne faire affaire qu’avec les commissions et agences de gros pays producteurs. La CCB donne donc des accès dans certains marchés.

Problèmes

Des opérations coûteuses: l'entreposage et le transport

La CCB offre plusieurs défauts malgré tout. Comme les producteurs de la CCB sont dans les prairies, ceux-ci sont très dépendants du réseau de chemin de fer pour transporter leurs 15-20 millions de tonnes de grains chaque année. Les terres plus loin des lignes de chemin de fer doivent donc payer de plus hauts coûts pour envoyer leurs grains. Comme le produit est vendu sur le marché au même prix, ces producteurs n’ont pas de moyens de différencier leur blé pour essayer d’avoir un avantage sur ses compétiteurs, même si les coûts de transport sont plus élevés.

Le second problème est que comme les agriculteurs ne peuvent pas vendre leur blé d’un coup, ils sont obligés de créer des silos d’entreposage coûteux en attendant les dates de livraison. Plusieurs agriculteurs préféreraient vendre leur blé à plus bas prix pour ne pas avoir à investir dans ces installations coûteuses.

Finalement, le canola est aussi en grande croissance dans les prairies, pour faire de l’huile ou pour servir de nourriture pour animaux. Durant certaines années, il y a plus de surfaces en canola que de surfaces de culture de blé dans les prairies Canadiennes.

En quoi ça nous concerne

En fait, les Canadiens sont tous affectés parce que le parti conservateur ne cache pas son envie de fermer la CCB. En fait, d’ici l’an prochain, le projet de loi C-18 va mettre fin au monopole, même si les agriculteurs s’y opposent. L’abolition de la CCB nous touche particulièrement parce que le Canada finance le blé quand les agriculteurs sont en difficultés, par exemple quand il y a des innondations importantes ou si l’année est mauvaise. Si la CCB est abolie et que dans 10 ans, les agriculteurs ont besoin de plus de soutien financier de l’État, il faudra que l’on débourse plus d’argent pour les aider.

La semaine dernière, un juge a jugé illégale la loi C-18 parce que le gouvernement n’avait pas consulté les agriculteurs qui ont un livret de la commission Canadienne du blé. C’est un peu comme si le Canada abolissait les quotas laitiers au Québec sans demander l’avis des producteurs laitiers. Ça risque de donner un travail mal fait dont on n’a pas été capable d’évaluer les conséquences. Les Conservateurs se justifient en disant qu’ils veulent abolir le monopole avant la livraison de blé du 1 août 2012, mais cela leur donne un bon total de 8 mois pour arriver avec un plan mieux construit et pour parler aux fermiers.

Malgré le jugement de la cour, le parti Conservateur a dit qu’il irait de l’avant avec sa loi illégale. Un récent sondage affirme que 62% des agriculteurs supportent la commission Canadienne du blé. À la fin, il y a des avantages et des inconvénients à la CCB, mais l’important est d’être capable d’évaluer les risques et les bénéfices que la fin de ce monopole imposent. De plus, il faut aussi se rappeler que les Conservateurs retourneront en élection un jour; si les changements qu’ils font en ce moment ne sont pas acceptés par la population, il faudra que le gouvernement Canadien travaille fort pour reconstruire ce que le PCC a détruit ou fait trop rapidement.

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