Alimentation

Propagande à Agriculture et agroalimentaire Canada


Quand on a un projet de loi controversé, il y a une ligne mince entre « information » et « propagande ». Venant de la part de partis politiques, on s’attend à ce que cette ligne soit floue et que l’on tente de convaincre les gens, plutôt que de les informer le mieux possible. Mais quand on parle d’un ministère qui est censé représenter la population dans le temps, on a moins de tolérance.

Depuis la mi-décembre, le site d’Agriculture Canada a lancé un « dossier d’information » sur le nouveau projet de loi C-18, qui met fin au monopsone (un seul acheteur) de la commission Canadienne du blé (CCB). L’information est publiée depuis le 16 décembre, au lendemain de l’apposition de la sanction royale sur le projet de loi. Le site contient une foire aux questions sur les conséquences du projet de loi et explique les nouveaux droits et responsabilités des producteurs de blé, de blé dur et d’orge dans les Prairies Canadiennes.

Jusque-là, rien de mal. Le gouvernement fait bien de présenter cette information pour assurer une bonne transition. Le gros défaut, c’est quand l’information devient tendancieuse.

Voilà des exemples d’informations qui ne sont pas supportées par des données sur le site d’Agriculture Canada:

Un marché libre pour les producteurs de céréales de l’Ouest canadien attirera l’investissement et favorisera l’innovation, ce qui par le fait même entraînera la création d’emplois à valeur ajoutée et renforcera l’économie.

Ce premier extrait est ironique. Pendant que l’on parle des bienfaits du libre-marché, Agriculture et agro-alimentaire Canadase vante de la gestion de l’offre dans l’industrie des oeufs. Ce système de quotas fixe le prix et la quantité d’oeufs que les agriculteurs Canadiens peuvent produire. Vu leurs bienfaits, les quotas sont aussi utilisés dans l’industrie laitière ou dans la volaille, pour n’en nommer que deux autres.

Ce n’est pas de la responsabilité d’un ministère de donner ce genre d’opinions quand on a un système Canadien où certaines des plus importantes cultures ne sont pas produites sous un libre-marché.

C’est aux agriculteurs, et non à la Commission canadienne du blé, que le Canada doit sa réputation mondiale de producteur de céréales sûres et de grande qualité, et cela ne changera pas.

En fait, quand on a un seul acheteur, celui-ci adopte ses propres standards de qualité. Cette affirmation est donc tendancieuse.

Si des agriculteurs choisissent de continuer de vendre leurs produits par l’entremise d’une CCB à participation volontaire, on s’attend alors à ce que des employés possédant de solides compétences en commercialisation jouent un rôle essentiel dans cette entité.

C’est un pied-de-nez direct à la CCB, dont le but est de posséder de solides compétences en commercialisation pour vendre tout le blé, le blé dur et l’orge produit dans les Prairies.

Pour terminer, c’est correct de vouloir vendre un projet de loi, surtout s’il a été adopté. Par contre, quand 62% des agriculteurs sondés se prononcent contre votre projet, il faut se garder une petite gêne et ne pas utiliser un ministère pour défendre ses décisions. Si l’on veut défendre un projet de loi, on fait comme le parti Conservateur l’a fait en lançant le sitewww.registreaboli.ca, qui défend les décisions politiques de l’abolition du registre des armes d’épaule. Ce site est financé par le gouvernement conservateur et vise à convaincre les gens à être en faveur de leur nouveau projet de loi. Le ministère de la Justice du Canada ne dépense pas d’argent, ne paie pas des employés pour publier de l’information tendancieuse à cet effet et n’emploie pas sa position pour défendre le projet de loi.

C’est correct de se défendre quand on prend une décision. Ce qui n’est pas correct, c’est quand on mélange ses opinions politiques dans le site d’un ministère pour s’en servir comme machine de propagande. C’est une pratique qui commence à devenir populaire quand on a un projet controversé (comme dans le cas du site du MELS sur la hausse des frais de scolarité, qui a créé de la grogne populaire en utilisant ses fonds pour lancer le site droitsdescolarite.com), mais dont on doit toujours s’abstenir.

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