Sénégal/WTF?

Sénégal: Immigrer au Canada


Au début du mois de janvier, je suis parti au Sénégal travailler pour une ONG Canadienne dans un programme Ouest-Africain.

Le drapeau Sénégalais comporte 3 couleurs et un symbole. Le vert représente les champs du Sénégal durant l’hivernage, le jaune représente le Sénégal durant la saison sèche et le rouge sur le drapeau représente le sang qui a coulé durant l’histoire du pays. L’étoile, au centre du drapeau, est un symbole Africain qui représente l’ouverture de l’Afrique aux 5 continents et au monde entier. C’est de cela dont on va parler.

Pourquoi immigrer

Une question qui revenait souvent quand je discutais avec les gens était de savoir comment un Sénégalais pouvait quitter l’Afrique et immigrer au Canada ou en Amérique. C’est un sujet très délicat parce que, d’abord, on ne le sait pas vraiment, et que deuxièmement, répondre précisément à cette question est parfois un problème. Les jeunes posent particulièrement cette question.

Jusqu’à un point, les Africains ont une image précise de l’Amérique et de l’Occident. Ils savent ce que l’on possède. Ils ont des amis ou des connaissances qui ont immigré. Mais ils ont une image un peu déformée de notre vie de luxe; ils croient que les autres pays sont accueillants comme eux.

La question de l’immigration m’a beaucoup choqué parce que quand l’on quitte son pays pour aller habiter pendant 6 mois au Sénégal, pays de la téranga (amabilité en Wolof), les choses sont bien différentes. Les gens sont très accueillants. Vers 14h, des travailleurs de la construction de l’autre côté de la rue vont te crier : « Toubab*, viens manger » en te tendant une cuillère pour partager leur maféh. C’est une pratique normale au Sénégal de tout partager.

*Toubab : homme blanc

Le maféh est une base de riz sur laquelle on ajoute des légumes, du poisson ou de la viande et une sauce aux arachides

Ce que les Sénégalais comprennent, par contre, c’est que pour s’enrichir et améliorer leurs opportunités, il faut quitter le village et travailler à Mbour, Thiès, St-Louis ou Dakar. Rendu à Dakar, si on veut s’enrichir encore plus, il faut obtenir un contrat de travail, un visa ou des papiers pour immigrer à Paris, à Montréal, à Toronto ou à New York. S’élever dans la société, c’est d’abord et avant tout quitter le lieu où l’on se trouve et aller ailleurs.

Malgré tout, les Sénégalais sont très fiers d’être ce qu’ils sont. Quand on discute avec eux, on s’aperçoit rapidement qu’ils veulent immigrer parce qu’ils savent que les Occidentaux possèdent beaucoup de choses. Malgré tout, les Sénégalais prêts à quitter leur pays pour trouver des opportunités ailleurs veulent rester Sénégalais.

Immigrer au Canada

Après 3 mois, j’ai changé le lieu de résidence sur mon compte Facebook, remplaçant Montréal, Canada par Wack Ngouna, Sénégal. C’est drôle qu’un simple changement d’adresse modifie soudain les publicités que tu reçois sur la barre de droite. Celle qui m’a le plus marqué, c’était la petite publicité d’Accès Canada, une agence qui veut encadrer les gens qui font une demande de visa pour travailler chez vous.

On voyait leurs pubs partout : durant les matchs de soccer de la ligue des Champions, à la télévision nationale, dans les journaux, etc. Leur organisation a des bureaux en France et sur toute la côte Ouest-Africaine. Et bien sûr, elle a un bureau important sur l’avenue Léopold Senghor à Dakar. Les publicités expliquaient qu’il était possible de traiter les demandes plus rapidement pour les infirmières, les ingénieurs civils et les soudeurs spécialisés voulant immigrer au Canada.

Au fil du temps, j’ai vu ces publicités avec un certain recul. Ici, on prévient les gens de se méfier des agences d’immigration. Mais sérieusement, immigrer au Canada, en France ou aux États-Unis est un tel marasme de papiers à remplir, de documents à obtenir et de paperasse que je comprends les gens de vouloir demander de l’aide. C’est un peu drôle parce que comme je suis rentré au Sénégal par la frontière terrestre avec la Gambie, tout ce qu’il me fallait pour entrer dans le pays était un passeport en règle.

Finalement, du point de vue de quelqu’un qui revient au pays, je crois que d’accueillir plus de Sénégalais et de gens venant d’autres cultures au Québec, ce n’est pas une mauvaise chose.

 Cet article fait partie de ma série sur le Sénégal

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