Société

Benoît Labonté et la commission Charbonneau


Vous souvenez-vous de Benoît Labonté? C’est l’ex-maire de Ville-Marie à Montréal et un ancien membre du conseil exécutif de Gérald Tremblay entre 2006 et 2007. Il a par la suite quitté Union Montréal pour devenir chef de l’opposition à la ville de Montréal avec Vision Montréal, l’actuel parti de Louise Harel.

Moins d’un mois avant l’élection municipale de novembre 2009, sa réputation était entachée parce qu’on l’accusait d’avoir reçu de l’argent de façon douteuse de la part de Tony Accurso. Le 17 octobre, Louise Harel lui demande de se retirer, ce qu’il fera le lendemain.

Mais le 22 novembre 2009, deux semaines avant les élections, il déballa son sac à Radio-Canada, refusant de prendre le blâme seul pour un système gangrené.

C’est bien important de revisiter cette entrevue, car ce fut la plus flamboyante de toutes et que, vu la progression de la commission Charbonneau, les segments les plus importants de ce témoignage ont été corroborés par différents témoins qui ont confirmé, sous serment, ce que Benoît Labonté a exposé ce jour-là.

L’entrevue commence quand Benoît Labonté parle de l’existence d’un « système mafieux » dans l’octroi des contrats à la ville. Il en ajoute en disant que le financement populaire au Québec est une fiction, avec des dons allant à un maximum de 3000$ (et maintenant 1000$). Par personnes interposées, il a appris qu’au PQ, au PLQ, à Union et à Vision Montréal, un système de prête-noms s’était bâti.

Pour ce qui est du PLQ, Lino Zambito a prouvé cela, affirmant avoir donné de l’argent à Pierre Bibeau pour financer le parti libéral et avoir eu recours à des prête-noms pour un événement de financement pour Nathalie Normandeau, où il amassa 110 000$. Zambito utilisait aussi un stratagème de prête-noms pour donner au PQ, mais les gens savaient qu’il était d’abord et avant tout un libéral.

Il y a de l’argent qui est ramassé cash, qui est redonné à des prête-noms, qui, eux, font un chèque personnel, individuel

Benoît Labonté, dans son entrevue, va plus loin en disant que certains élus profitaient du système, empochant des ristournes sur certains contrats qu’ils favorisaient. Refusant de se mouiller, Labonté ne donnera pas le nom des élus en question, mais un témoin de la commission en a donnés.

Selon Lino Zambito, Frank Zampino aurait favorisé l’entreprise Simard-Beaudry dans la démolition d’un viaduc dans Poînte-aux-Trembles. On y a bâti un rond-point pour remplacer le viaduc qui unissait les rues Notre-Dame et Sherbrooke, à la pointe est de l’île. À un autre moment, Zambito aurait été forcé d’employer un produit particulier pour gagner un appel d’offres. Cette commande viendrait de Robert Abdallah.

« Bernard Trépanier 3 % »

Vous vous rappelez de lui? C’est la personne en charge des finances d’Union Montréal. Benoît Labonté disait que dans les couloirs, on l’appelait Bernard Trépanier 3%. C’est le montant qu’il collectait avant l’attribution d’un contrat pour garnir les coffres du parti de Gérald Tremblay. Durant la commission, Martin Dumont confirme que des entrepreneurs venaient dans le bureau de M. Trépanier à volets fermés et qu’il comptait de grandes sommes d’argent. En fait, il avait tellement d’argent que le coffre-fort qu’il gardait dans son bureau était trop plein. Cela incluait des coupures de 50, 100 et 1000$ (même si les billets de 1000$, bien qu’encore « légaux », n’étaient plus en circulation depuis quelques années).

Hé bien, à ce moment, deux entrepreneurs appelés à témoigner devant la commission Charbonneau, soit Lino Zambito et Michel Leclerc, confirment avoir payé le 3 %. Zambito confirme que ce montant allait à Union Montréal, alors que M. Leclerc rapporte qu’on lui avait dit que ce montant allait à « la politique ».

Alors on voit que finalement, les plus importantes parties du témoignage de Benoît Labonté en 2009 étaient des affirmations relativement solides, car elles sont maintenant corroborées par plusieurs témoins sous serment.

Ce qui est fâchant, c’est que 2 semaines avant les élections municipales, on avait ce témoin crédible, avec une grande expérience du domaine municipal, qui venait dire à la télévision nationale que Gérald Tremblay et son parti n’était pas fiable. Que Gérald Tremblay n’était pas si naïf et qu’il connaissait ce système. Malgré tout, Union Montréal a remporté l’élection de novembre de 2009 pour devenir le parti majoritaire au conseil de ville.

À mon avis, Union Montréal a eu ce qu’elle méritait en devenant un parti minoritaire à la ville de Montréal, en perdant la mairie de la ville et en ayant plus de 10 démissionnaires dans les dernières semaines. Union Montréal n’a rien à demander à personne, sauf notre pardon.

Mais comme le disait un témoin à la commission Charbonneau, je ne pense pas que la population pardonne.

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