Société

La commission Charbonneau à l’université de Montréal


Cet article fait partie d’une série sur la gestion des établissements d’enseignement supérieur.

La commission Charbonneau s’est peu aventurée hors du système de collusion à la ville de Montréal cet automne, ce qui lui a permis d’explorer ce sujet en profondeur. Malgré tout, on a appris des choses qui ne se limitaient pas seulement à la mauvaise gestion de la ville.

Prenons le cas de Martin Carrier. L’entrepreneur de Céramiques Lindo a gagné un appel d’offres en 2004 avec l’Université de Montréal pour poser de la céramique dans les pavillons Jean-Coutu et Marcelle-Coutu. L’entrepreneur principal était Pomerleau. Le nouveau bâtiment de l’UdM (séparé en deux pavillons) abrite la faculté de pharmacie et des laboratoires de recherche en immunovirologie et cancer.

Appelé en novembre dernier à témoigner à la commission Charbonneau, M. Carrier répondit à des questions au sujet de menaces qu’il reçut, comme il l’a appris plus tard, de la part d’un proche de la mafia. Celui-ci est désormais sous les barreaux suite à des accusations, entre autres, de gangstérisme. Le contrat que M. Carrier avait obtenu à l’Université de Montréal était supposé aller à M. Francesco Bruno, de BT Céramique.

Les menaces se poursuivirent un mois plus tard, au téléphone, ainsi qu’en 2011, lorsqu’il reçut le cannevas d’une carte de condoléances que l’on enverrait à sa famille s’il n’arrêtait pas de faire des soumissions à Montréal.

Suite à son témoignage, Mme France Charbonneau se permit une des rares interventions où elle fut appelée à donner un message à un témoin:

M. Carrier, je vous remercie infiniment et vous félicite pour le courage exceptionnel dont vous faites preuve et j’encourage d’autres personnes à faire comme vous. Merci beaucoup.

Cet épisode de la commission, bien que bref, alla chercher une dimension bien particulière. Car le contrat que M. Carrier a obtenu n’était pas avec la ville de Montréal, mais bien avec une université. La collusion à la ville, telle que dénoncée en commission cet automne, s’étendait jusqu’à déterminer qui pourrait poser du nouveau carrelage à l’Université de Montréal.

Martin Carrier a parlé publiquement de cette affaire à 2 reprises : en 2010, lors de l’émission Enquête, et le 15 novembre 2012 en commission d’enquête. Dans les deux cas, M. Carrier semble croire qu’il n’est pas le seul à avoir reçu ce genre de menace pour se tasser d’un appel d’offres.

La question qui demeure est donc la suivante : y a-t-il d’autres appels d’offre en construction, dans les universités du Québec, qui ont été truqués par la mafia?

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