Société

Les parachutes dorés à Concordia


Cet article fait partie d’une série sur la gestion des établissements d’enseignement supérieur.

En 2011, la ligue des contribuables du Québec, un groupe qui travaille à trouver l’argent mal investi au Québec, accordait le Glouton de bronze à l’Université Concordia pour les généreuses primes de départ de plusieurs cadres qui ont quitté l’université au cours des dernières années. Cette ligue, qui accepte ouvertement une hausse des frais de scolarité, reconnaît par contre que l’université a été mal gérée au cours des dernières années. J’ai de la difficulté à forcer les étudiants à payer parce que les CA universitaires gaspillent de l’argent, mais si d’autres sont en désaccord, c’est correct.

Les démissions récentes de cadres de Concordia auraient, selon une enquête du Journal de Montréal, donné un total d’environ 5M$ en primes de départ, si l’on inclut le bonus de M. Claude Lajeunesse lors de sa démission en 2007.

Entre 2005 et 2010, l’université Concordia a connu deux recteurs qui ont démissionné à mi-mandat. Claude Lajeunesse (2007) et Judith Woodsworth (2010) auraient tous deux démissionné après 2-3 ans de mandat. Dans le cas de Mme Woodworth, plusieurs émettent des doutes quant aux raisons de sa démission. Alors que le conseil d’administration disait qu’elle avait démissionné pour des raisons personnelles, plusieurs croient qu’elle aurait été encouragée à le faire par des membres du conseil d’administration. Celle-ci le confirmera en entrevue à CTV plus tard. Elle s’en ira avec une prime de plus de 750 000$, en plus de 165 000$ pour se réinsérer dans un autre poste (elle redeviendra professeure). La prime de départ équivaut à environ deux ans de salaire, soit environ la période qu’il lui restait à remplir pour terminer son mandat.

La situation était inacceptable au point que Line Beauchamp, alors Ministre de l’Éducation, des Loisirs et du Sport, donna une amende de 2 millions de dollars à l’Université Concordia pour avoir mal géré ses fonds.

L’intérim

Suite aux démissions de Mme Woodsworth et de M. Lajeunesse, l’université rappela son ancien recteur Frederick Lowy pour combler un intérim d’un an et demi. Par contre, comme celui-ci était en train de quitter la ville de Montréal, l’université lui accorda un prêt afin qu’il puisse s’acheter une maison à Toronto tout en gardant son condo de Montréal pendant qu’il exerçait ses fonctions de recteur. Ce prêt s’élevait à 1,4M$ et était garanti par l’Université Concordia, sans intérêts.

Cela rappelle le prêt de 500 000$ que l’université McGill alloua à Arthur T Porter lorsqu’il devint président du centre universitaire de santé de McGill (CUSM) pour qu’il puisse se loger à Montréal. McGill est en train de chercher à se faire rembourser plus de 300 000$ de ce prêt.

Des cadeaux pour Mme Woodsworth

Un dernier détail important est qu’alors que Mme Woodsworth était rectrice à Concordia, celle-ci se fit offrir par un fournisseur de l’université (Bell) un voyage aux jeux Olympiques de Vancouver. Mme Woodsworth s’est pliée aux règles du CA de Concordia en ne participant pas à des votes et discussions impliquant les contrats que Concordia accorde à Bell (téléphonie dans les bureaux), mais parfois, il faut faire attention lorsque l’on accepte une telle offre. Le voyage aurait coûté 30 000$ et aurait été défrayé par Bell. Quelques mois plus tard, Concordia signait un contrat de 900 000$ avec l’entreprise.

Conclusion

Le nouveau recteur, Allan Sheppard, est entré en fonction le 1er août 2012. Il promet de faire preuve de transparence et d’assurer que son administration montrera patte blanche. Pour l’instant, il est un peu tôt pour évaluer son mandat, mais il n’y a aucun doute sur les bonnes intentions du nouveau recteur et sa volonté de sortir l’université d’une culture un peu trop généreuse envers ses recteurs et les membres du conseil d’administration. Il est temps qu’une partie moins importante des fonds de l’université serve à prêter de l’argent à des cadres ou à assurer la démission de certains membres.

Le nouveau recteur de Concordia reçoit un salaire de 357 000$, plus une prime pour la location de son véhicule de 1200 $/mois et 4200 $/mois en prime de logement. J’essaie toujours de comprendre quel employeur paie la voiture et la maison d’un employé, mais il semble que c’est devenu une pratique courante à l’université.

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