Société

La coopération internationale, pourquoi?


Il y a deux semaines, le ministre des relations internationales a annoncé publiquement que l’ACDI gèlerait les efforts à Haïti lors de son prochain appel de projets afin de réévaluer la qualité de l’aide allouée au pays. Outre le fait qu’un ministre s’est directement immiscé dans les décisions d’une agence (au Québec, on a failli lancer une commission parlementaire parce que Daniel Breton aurait peut-être fait ça au BAPE – et s’il l’avait fait, il aurait été destitué), on a accepté ce geste parce que le gouvernement Harper est majoritaire et qu’une partie de la population du Canada pense qu’il n’a pas tort.

Cette grogne a été crystallisée en temps réel par Don Cherry : les Haïtiens ne se prennent pas en main et cet argent (50M$) serait mieux investi pour les soins de santé. Le budget du Québec en santé, à lui seul, sera bientôt de 30 milliards de dollars; si ré-investir un budget 600 fois plus petit que le budget de santé d’une seule province peut régler l’attente dans les hôpitaux, nous sommes ouverts aux suggestions. On va se cottiser.

Mais c’est vrai que puisque les finances publiques sont de plus en plus serrées, on ne doit pas financer quelque chose d’inefficace.

Et l’aide internationale (particulièrement Canadienne) n’est pas toujours efficace. Le sénateur Dennis Dawson rapportait en 2007 que l’ACDI était réputé pour un processus lent, comparativement aux autres agences de coopération internationale. On soulevait aussi qu’une large proportion de l’agence travaillait à Ottawa au lieu de travailler directement sur le terrain. Il y a des progrès à faire. Ce n’est pas ce qui est critiqué en ce moment, par contre. Ce que l’on critique, ce sont les résultats des ONG sur le terrain quand elles adoptent un projet.

L’ACDI a mentionné qu’elle continuerait de fournir de l’aide pour des crises environnementales à Haïti. Par exemple, l’ouragan Sandy qui a frappé la côte est Américaine en fin-2012 avait aussi touché le pays.

Un projet de développement international, ce n’est pas facile. Plusieurs enjeux font que malgré les meilleures volontés et un travail ardu, plusieurs projets se soldent par un échec. Dans le domaine des affaires classiques, c’est aussi le cas. Mais le développement international a ses propres difficultés.

Les différences culturelles, des attentes conflictuelles entre les donateurs et les bénéficiaires du projet, la formation des membres sur le terrain et l’équilibre entre les résultats immédiats (rapportables au donateur) et les résultats à long terme (bénéficiant beaucoup plus aux bénéficiaires) en sont quelques exemples.

Qui plus est, il existe aussi la menace du dilemme du Samaritain. Cette situation arrive lorsqu’un projet exige peu de travail pour les bénéficiaires pour avoir des bénéfices avantageux. Si on donne trop de choses facilement, cela n’encourage pas les gens à travailler pour mériter ce qu’ils obtiennent. Heureusement, ce genre de situations n’arrive pas souvent.

Mais je crois qu’au contraire, les échecs et les défis du développement international rendent cette discipline encore plus nécessaire. Il y a des défis profonds à régler et je vois difficilement comment, par exemple, un gel des fonds à Haïti pourra aider un pays à se reconstruire. C’est un avis partagé par plusieurs ONG Québécoises et par le ministre des relations internationales du Québec, Jean-François Lisée, qui s’est vidé le coeur vendredi dernier. Celui-ci a aussi vertement critiqué M. Fantino pour avoir comparé Haïti à la République Dominicaine, alors que celle-ci est réputée pour ses meilleures opportunités économiques depuis des décennies.

Bonnes nouvelles

Le ministre Fantino s’est fait de plus en plus silencieux par rapport à son annonce. Il remettait la semaine dernière des médailles de bravoure à des policiers qui ont été aider à Haïti et a refusé de répondre aux journalistes. Il semblerait que l’annonce du ministre n’a pas eu l’effet qu’il espérait et qu’il n’apprécie pas être sous la loupe des journalistes en ce moment. C’est une bonne nouvelle car il semblerait que les Canadiens sont plus solidaires avec le peuple Haïtien qu’on ne le croyait.

Malgré tout, le gouvernement Harper coupera quand même de 14% le budget de l’ACDI d’ici 2015.

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Une réflexion sur “La coopération internationale, pourquoi?

  1. Salut bien timide notre equipe de bisous. Jpasse ma casse noisette no peanuts Merci @)-;–;
    MAVOIX BScN bien Feminine.(-.-) ce kay mouin? Tallè map fè w gratte fatras nan soley. BIEN Dr Clown. :o) et accompagné de Regine Laurent FIIQ+ et coprésidente de Maison d’ Haïti.
    P.S. : Prends ton sac pis tabarouette au school!

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