Tuvalu et les Maldives: la mort des nations

Mohammed Nasheed, un ancien prisonnier politique et maintenant président élu des Maldives, a un plan qui semble inhabituel: actuellement, son gouvernement achète des territoires dans d’autres pays, au cas où il devrait évacuer la population de son pays. Les îles des Maldives, dans l’Océan Indien, sont en moyenne à environ 1.5m au-dessus du niveau de la mer, sont susceptibles aux montées des eaux, et craignent la hausse du niveau de l’eau. Le point le plus élevé sur l’île est à 2.7m au-dessus du niveau de la mer. Afin de vous donner une bonne idée, le niveau du Saint-Laurent varie et la station de Varennes enregistre une variation moyenne de 1.64m du niveau de notre fleuve.

Une île touristique des Maldives... avec la plage sous le niveau de la mer

Pour pallier à ce problème, les Maldives ont pris des actions pour réduire leurs émissions de carbone et sont aussi en train de monter des plans d’évacuation. Sur l’argent taxé auprès des touristes, une partie de ce montant est utilisée pour acheter des terres ailleurs, en cas de besoin de relocalisation.

Une des îles de Tuvalu. On peut voir que le niveau de l'eau est légèrement supérieur à la moyenne, vu le sol brunâtre au centre qui est sous le niveau de l'eau.

Les Maldives ne sont pas les seuls à prévoir la « mort » de leur pays comme une possibilité; l’île de Tuvalu, le 4e plus petit pays du monde, cette fois dans le Pacifique (entre l’Australie et Hawaï) a aussi prévu un scénario-catastrophe. Après plusieurs problèmes politiques, l’île de Tuvalu a su prévoir qu’en cas de nécessité d’évacuation, certains réfugiés climatiques pourraient obtenir l’asile politique en Nouvelle-Zélande et en Australie, entre autres. En 2008, le pays négociait encore avec l’Australie.

L’île de Tuvalu a fait parler d’elle à Copenhague, si bien que l’on a parlé de leurs positions à l’international. En effet, Tuvalu a proposé de donner des mesures restrictives sur les pays développés pour qu’ils réduisent leurs émissions de GES. Le gouvernement de l’île a refusé d’appuyer l’accord de Copenhague, qui ne plaçait pas de cible restrictive.

Plusieurs gens commencent à se concentrer sur les cas des îles de Tuvalu et des Maldives, car même si le sérieux des allégations du GIEC sont constamment critiquées, le risque que ces îles ont est trop élevé pour ne pas prendre de précautions. C’est un peu effrayant d’y penser comme cela, mais il se pourrait que dans les décénies à venir, l’ONU perdre 2 membres.

Alternatives, pas au Canada

Selon les informations obtenues par le National Post, Alternatives sera la seconde ONG à voir son financement coupé par le gouvernement fédéral Canadien et la ministre Bev Oda, qui a été fort joyeuse de nous annoncer cette semaine que son gouvernement n’aimait pas que l’on utilise de l’argent Canadien dans des ONG de développement international comme Kairos. En ce moment, Alternatives attend encore un financement de 2,7 millions  de dollars (elle doit obtenir 25% de ce montant de sources indépendantes) pour des projets internationaux, qu’elle semble ne pas s’attendre à recevoir.

L’histoire m’a confus. J’ai travaillé bénévolement pendant un court moment pour un projet financé par Alternatives et j’ai écrit un article ici, sur mon blogue, à ce sujet. J’ai interviewé un membre d’Alternatives au sujet du projet « Des jardins sur les toits », les ai assistés dans leurs projets et ai aidé à monter, en compagnie d’un des membres de leur conseil d’administration, un jardin à l’UQAM il y a 2 ans. Pas une seule fois, on n’a parlé de politique, et en fait, je n’aurais jamais cru que l’on viendrait dire que de planter de la nourriture sur les toits de McGill et de l’UQAM représentait un appui au Hezbollah et au Hamas.

Alternatives se défend actuellement sur son site web et son magazine, suite à cette annonce. Les 2,7 millions en attente sont placés dans des plans bien précis et seront investis dans des causes supervisées par leur groupe:

appuyer des groupes sociaux en Irak, en Haïti, en République démocratique du Congo, en Afghanistan et en Amérique Centrale. Les thématiques abordées sont la lutte au changements climatiques (Haïti), les droits des femmes et des minorités (Irak), l’accès à l’information (RDCongo), le développement rural (Afghanistan) et les droits des travailleurs et travailleuses [...]

Je sais aussi qu’Alternatives est très axée sur l’implication étudiante à l’internationale, et que plusieurs étudiants paient de leur poche pour avoir des stages dans ces projets qui les intéressent. Mais il semble que l’approche d’Alternatives, qui est d’utiliser ses moyens pour favoriser le développement de valeurs sociales à l’échelle locale et internationale, ne soit plus l’objectif du gouvernement Canadien.

En attendant, Kairos a reçu une lettre de rejet de financement le 30 novembre dernier pour un programme d’une valeur de 9 millions de dollars (7 millions étaient requis par le gouvernement fédéral). Kairos effectue ce type de demandes depuis 35 ans, possède une bonne réputation, et prétend que son dossier était bien monté. De son côté, l’organisme gouvernemental en charge du financement lui a poliment renvoyé une lettre de refus de financement, sans justification aucune. Une lettre de refus sans justification, ce n’est pas quelque chose de normal quand une ONG fait des demandes de financement depuis 35 ans auprès de votre gouvernement.

Pas « à la Montréal »

J’allais laisser passer l’affront du site web de Tourisme Montréal tout à l’heure, mais l’occasion était trop belle. Pour la première fois de ma vie, je vais faire une critique sur la qualité d’un site web: le site de Tourisme Montréal.

La page principale est assez bien fait, en plus du vidéo promotionnel génial. On le regarde et l’on a envie de découvrir la ville. J’adore! On sent que l’on est dans une métropole moderne, remplie d’histoires et de trucs passionnants à découvrir. On nous présente le Vieux-Montréal et son image un peu historique, suivie de la modernité du centre-ville, en mettant l’emphase sur sa vie la nuit!

Le palais des Congrès est un exemple de design Montréalais coloré et qui ressort assez bien. L'éclatement des couleurs démontre l'audace de Montréal; une audace qu'il serait sage de présenter aux touristes.

Mais sortez de la section « Montréal TV » et vous serez vite déçus. D’abord, les couleurs beiges et blanc, c’est très conservateur, pas très éclaté et ça ne correspond pas à l’image dynamique que le vidéo donnait à Montréal. Dans la section hébergement, parmi les articles favoris, l’un d’entre eux titre encore « C’est le printemps! » et traite du temps des sucres (vous connaissez beaucoup d’érablières Montréalaises?). Les onglets secondaires sont cachés sur un mince filet dans le haut de la barre, et on peut difficilement se retrouver à naviguer sur le site pour explorer différents sites. Pour une personne intéressée par ce qui se passe à Montréal, ça va assez mal. Ce n’est pas à jour et on ne s’y retrouve pas.

Par la suite, la section « gastronomie » est classée par ordre alphabétique. Il est impossible de chercher un restaurant de petits-déjeûners, ou un restaurant belge. L’onglet de recherche comprend aussi 10 pages. En gros, si vous voulez chercher un bon restaurant, vous ne le trouverez pas sur ce site-là!

Au final, le site de Tourisme Montréal a besoin d’être reconçu; ses couleurs ont besoin d’être plus attrayantes, il doit être plus facilement navigable, mieux informer sur les coins importants de Montréal (comme le Quartier des Spectacles) et pouvoir aider les touristes qui viennent passer un moment dans la ville. C’est le but du site; un paquet d’inconnus qui n’ont jamais découvert Montréal vont se servir de ce site comme vitrine pour découvrir la ville, et ils vont se perdre dans le labyrinthe virtuel que Tourisme Montréal a créé. La structure du site laisse à désirer, mais la page principale et la vidéo nous démontrent bien que les bureaux de Tourisme Montréal sont capables de faire de l’excellent travail pour promouvoir la ville.

Et le logo de « à la Montréal » est naze. C’est bien de jouer sur le romantisme de la ville, mais les nouveaux couples dynamiques du XXIe siècle ne se laisseront pas si facilement avoir par une écriture en lettres attachées et un bisou sous un *merveilleux* fond blanc-crême. Il faut un design de logo minimaliste, mais qui joue aussi sur les couleurs et qui plaît aux yeux. Les logos mélangeant trois couleurs ressortent souvent très bien, comme le fameux logo du CH.

P.S. Ajout: Je voudrais aussi mentionner que ce qui devrait être l’attraction du site, la page « Attractions touristiques », est un sous-onglet extrêmement bien caché dans la section « Quoi faire ». Et il est, lui aussi, classé par ordre alphabétique. Si un touriste cherche « quoi faire », il pourra toujours naviguer sur les 30 pages qui s’offrent à lui. S’il vous plaît, rendez ce site plus agréable à visiter!

Ça, c'est un logo qui a de la classe; même s'il n'a pas de texte, il a une histoire et le jeu de couleurs donne un résultat assez bien fait

Retour sur les élections à Montréal

Bon,  j’ai pris quelques jours pour absorber le choc de la réaction des Montréalais lors des dernières élections, où 62% de la population de la ville a manqué à l’appel. Malgré tout, on peut dire que la campagne électorale ne manquait pas de rebondissements, de déclarations choc et de projets intéressants à voir.

L’administration de la ville a été comparée à celle de Palerme par un quotidien Torontois (la première image que je vois en ce moment est pour l’abonnement à MacLean’s, titrant: Montreal is a CORRUPT, CRUMBLING city en rouge sur un scellé de sécurité policière). Bon, disons-le comme ça, le Globe & Mail et MacLean’s sont des anti-Québécois notoires et leur donner l’occasion de critiquer la ville en pleine campagne électorale ne les gêne pas le moins du monde. Je ne sais pas comment un journal peut faire pour critiquer une ville occidentale et son administration alors qu’elle est en campagne électorale, et ce plusieurs semaines après les scandales. Ça ne se fait pas, c’est dégueulasse, mais ça aurait du nous faire réagir. Au lieu de ça, 38% de la population Montréalaise a participé aux élections.

38%; ça satisfait le DGE, sauf que… Avec les publicités du DGE, après la suite de scandales de l’administration Tremblay, lors d’une lutte à trois extrêmement serrée dans les sondages, Montréal a à peine franchi le cap où une personne sur 3 est allée voter (en fait, le taux de vote devrait plutôt aller dans le 40%; on a comptabilisé comme le fait de ne pas voter si on ne votait pas dans les travaux de mairie d’arondissement ou autres). En gros, ce sont les prémisces d’une démocratie en deuil; une démocratie non-participative où, au final, ce sont les gens qui ont le plus d’intérêts à gagner qui l’emportent, et non ceux qui ont l’aval de la population. Avant les élections, un sondage plaçait Gérald Tremblay dernier (près de la marge d’erreur) entre les 3 candidats principaux, et il a fini par être élu.

La question qui demeure pour les électeurs est qu’en période de deuil électoral, qu’est-ce que les citoyens de Montréal peuvent faire? Espérer une intervention divine, l’arrivée du Messie dans 4 ans? Il y a mieux. Depuis longtemps, l’intervention directe auprès des élus a fonctionné. L’implication des citoyens dans la ville de Montréal a laissé sa trace, ou a placé des bâtons dans les roues des projets qui ne répondaient pas aux demandes des Montréalais du 21e siècle.

Deux exemples flagrants de projets que les Montréalais n’aiment pas: la rénovation sans imagination de l’échangeur Turcot et la transformation de la rue Notre-Dame en autoroute urbaine. Dans les deux cas, les citoyens des quartiers ont lancé des groupes de pression très solides. À cause de ces gens, la rue Notre-Dame aura d’ailleurs des voies réservées pour le transport en commun.  D’un autre côté, le BAPE a rejetté, il y a 4 jours, le projet de l’échangeur Turcot (en raison d’acquisition de propriétés – ce que dénonçait le groupe « Mobilisation Turcot »). Ces dossiers, bien montés, peuvent convaincre ou forcer les municipalités à changer leurs positions et amènent des résultats. Vous voulez participer aux décisions de votre ville? La bonne nouvelle est qu’il est de plus en plus facile de le faire et que les gens ont de plus en plus d’impact.

Un autre exemple, plus vieux maintenant; le quartier des Shops Angus. Les shops Angus, après leur fermeture, allaient être achetées par des promoteurs immobiliers qui avaient l’intention de faire des condos. L’endroit était intéressant; à proximité du métro Joliette, entre la rue St-Michel et le Jardin Botanique. C’était donc un coin accessible avec beaucoup de potentiel.

Un groupe d’étudiants en architecture et des urbanistes ont par la suite avancé l’idée que les Shops Angus devaient être un modèle de développement résidentiel urbain. On devait bâtir le quartier pour qu’il rencontre les besoins de la ville. Les élus municipaux ont été intéressés par le projet, et une OBNL (organisation à but non-lucratif) a acquis le quartier, administrée par la municipalité et le gouvernement du Québec. Le quartier des Shops Angus a eu des normes de construction particulière: normes de bâtiments rigoureuses, habitations à 3 étages (ce qui permet de densifier la population urbaine), 40% des logements réservés aux loyers abordables, espaces verts, etc. Les HLM ne sont pas « enfermés » dans un coin et sont intégrés au développement. Le fait que le quartier des Shops Angus soit aussi bien bâti est donc grâce au travail de plusieurs citoyens, qui ont fait des demandes aux élus municipaux et les ont aidés à façonner un projet crédible économiquement et socialement.

Montréal a un problème majeur de communications

Je voudrais aussi ajouter un dernier point sur la ville de Montréal: Bon Dieu, il vous faut un commissaire aux communications compétent! C’est grave! Je vais vous montrer un exemple de communications qui fonctionnent et de communications qui ne fonctionnent pas, en comparant le Quartier des Spectacles de Montréal au Moulin à Images de Québec.

Le Musée d'arts contemporains illuminé la nuit. C'est beau, n'est-ce pas?

Le Quartier des Spectacles, c’est un gros morceau de notre budget. Il est beau, nouveau, flamboyant; rien que de passer dans le centre-ville la nuit et on voit les changements. On a aussi refaçonné les rues Ste-Catherine et Jeanne-Mance pour qu’elles accueillent mieux les Festivals de Jazz et les Francofolies en été (deux de nos 3 plus gros festivals). Facture: 150 millions. Et ça en vaut la peine! Mais regardez le coup de publicité que Tourisme Montréal fait avec ça. Pas de discrimination; on investit 150 millions dans un projet, mais on ne lui donnera pas un espace réservé sur le serveur de l’office du tourisme. On va lui laisser une présentation sobre, sans photo, sans itinéraire, avec un petit paragraphe pour expliquer c’est quoi. Le site de tourisme Montréal, la vitrine touristique de la ville, n’a rien sur ce qui devrait être le plus important élément de Montréal cette année! J’ai vu des annonces de suppositoires mieux présentées que cela.

Au moins, le site du Quartier des Spectacles lui-même, a le don d’être bien fait. On lui donne directement une ambiance de Nightlife, les événements sont bien marqués et à jour. Chaque fin de semaine, on a une liste d’événements qui se passent au centre-ville de Montréal. Ça, c’est beau! Selon moi, il manque de vidéos sur la première page, mais le site est très bien fait. On a compris que quand on investit 150 millions dans un projet, on peut placer quelques dollars dans l’interface graphique du site web. Mais s’il vous plaît, remettez Tourisme Montréal sur la bonne route. C’est le site qui a pour but d’attirer les touristes ici.

Je vais comparer le Quartier des Spectacles au Moulin à Images, d’Ex-Machina et de Robert Lepage. D’abord, le Moulin à Images a eu plus d’attention médiatique que le Quartier des Spectacles. C’est un peu étonnant. L’événement est extrêmement beau, mais le synopsis est totalement différent; à Montréal, on reconstruit le centre-ville, on fait des jeux de lumières pour actualiser la ville au XXIe siècle, on retravaille l’aménagement des rues pour rendre les shows en public plus accessibles et plus intéressant. Et par-dessus tout: on n’en parle pas. À Québec, on fait une entente avec des artistes, on projette des dessins sur des silos à grain abandonnés et on cartonne! Il faut admettre que le résultat est beau, mais on doit beaucoup au fait que la ville et les gens de Québec ont mis leur projet de l’avant. Regardez le site officiel de Tourisme Québec sur le Moulin à Images et comparez-le à celui de Tourisme Montréal. C,est le jour et la nuit!  Le Moulin à Images a aussi son propre site, super bien bâti.

C’est ça que l’on voit en ce moment à Montréal. On a des projets, on les met de l’avant, on invesit de grosses sommes et on chiâle sur l’investissement, au lieu d’en profiter et de s’en servir. Montréal a de beaux projets à offrir et ils ne sont pas mis de l’avant adéquatement, ni par la municipalité, ni par l’office du tourisme. De son côté, le maire Labeaume et la ville de Québec cartonne avec ses événements de qualité. Québec est dynamique et Montréal coule son navirre en ce moment. C’est le temps pour que les citoyens démontrent qu’ils aiment leur ville, qu’ils aiment Montréal. Que l’on mette l’emphase sur nos accomplissements et que la ville en fasse de même. On a une belle ville, il s’y passe de grandes choses, et il serait temps de les reconnaître.

One drop… In a bottle!

Aujourd’hui a été le dévoilement de l’événement de la fondation One Drop et du Cirque du Soleil. L’événement international se voulait un hommage poétique à l’eau, afin de souligner son importance dans la création de la vie. Je me suis dit que ce serait une belle occasion pour se rappeler de la situation de l’eau dans le monde.

Plusieurs personnes n’ont pas encore accès à de l’eau potable, propre à la consommation humaine. Les catastrophes naturelles sont aussi des situations où les bassins hydrographiques, subissant de grands stress, peuvent devenir contaminés. Un système d’égoûts, ça ne filtre pas de l’eau après le passage d’un ouragan.

Je vais donc vous présenter le « Lifesaver Bottle« , une bouteille micro-filtrante capable de traiter, au cour de sa vie, 6000 litres d’eau. L’intérieur peut ensuite être remplacé. En assumant, comme l’EPA, qu’un humain a besoin de 2 litres d’eau potable par jour pour boire, cela signifie que la bouteille dure 8 ans avant que l’on ait besoin de remplacer sa membrane filtrante. La bouteille est aussi disponible dans d’autres formats: en paquet pour les services militaires, ou en bidon pour les plus grandes opérations. Ce système de filtration est suffisament avancé pour stériliser l’eau de virus et de bactéries.

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