Emballage: un design intelligent

Je vais donner ici un exemple d’emballage qui a été conçu de façon brillante, même s’il faut avouer que ce concept existe depuis longtemps. Pour ceux qui ne le savent pas, certains produits sont conçus pour être valorisés, c’est-à-dire d’avoir une seconde vie lorsque leur premier usage est terminé. Grâce à cela, la durée d’utilisation est prolongée, et dans certains cas, est permanente. Cela signifie que ce produit ne sera pas jetté à la poubelle avant un bon moment.

Pour donner un exemple de valorisation, je vais parler du design des contenants de moutarde de dijon Maille. Je ne sais pas pour vous, mais personnellement, j’aime bien la moutarde de dijon dans la cuisine, car ça ajoute un goût un peu… amer et piquant, je dirais. Bon, je cuisine comme un pied, mais je sais ce que j’aime.

(au fait, voilà une bonne photo de la moutarde que j’ai acheté - remarquez la forme du contenant du produit)

Maille offre de la moutarde de dijon en différents formats. Mais depuis quelques années, elle a lancé un emballage bien différent. Si vous allez dans votre épicerie, vous remarquerez que les contenants à moutarde de dijon ont une forme particulière qui pourrait vous évoquer un verre à boire (notez que les contenants maille sont en verre). Si vous pensez cela, c’est peut-être que vous êtes un peu idiot. En fait, le contenant à moutarde de dijon, c’est un verre à boire!

En effet, une fois que vous n’aurez plus de moutarde de dijon, vous n’avez qu’à retirer l’étiquette à l’eau chaude, nettoyer le contenant et vous pouvez l’utiliser comme un verre. Cette valorisation de produit fait que lorsque vous achetez cette moutarde de dijon, vous achetez en fait deux produits utiles: la moutarde et un verre. Cela est une perspective relativement économique, mais cela élimine aussi le fait que le contenant soit souvent vu comme un déchet. Vous payez toujours pour le contenant; s’il est plus coloré, pour attirer votre vue, vous payez votre emballage à un plus gros prix pour les encres. Pire encore, votre produit est plus difficilement recyclable, s’il peut être recyclé et n’a pas de seconde utilité.

Dans le cas de Maille et de son emballage, le concept du déchet est presque éliminé (hormis pour l’étiquette à décoller), vous achetez deux produits en un et vous valorisez votre emballage, qui peut avoir une durée de vie de 5 à 10 ans de plus que le produit principal que vous achetez. En plus de la publicité que ça fait! Chaque fois que vous boirez dans ce verre, vous vous rappellerez un vague moment que ce verre servait de contenant à moutarde de marque Maille. Cela fait aussi que vous n’aurez pas besoin d’acheter un verre de plus.

Voilà donc un exemple de design valorisateur et intelligent, qui a pour but de réduire non seulement les déchets, mais aussi d’améliorer la qualité du produit et sa durée d’utilisation. À long terme, ce type de design, généralisé à notre industrie, peut changer le mode de consommation et réduire le nombre de trucs que l’on jette à la poubelle. Même si cet emballage semble être un geste plutôt “petit”, il est possible de repenser notre mode de consommation et d’adapter d’autres emballages au principe de la seconde vie et de la valorisation.

 

Des projets de société rassembleurs

Alexis St-Gelais demande aux blogueurs politiques de proposer des projets de société pour les Québécois. Cette question est fort difficile, car sur la quasi-totalité des enjeux, le Québec est divisé. Il y a toujours deux camps qui s’opposent dans la majorité des enjeux, mais cela n’a jamais empêché les projets comme le complexe LG.

Tout d’abord, il faut savoir les valeurs des Québécois. En ce moment, il est important de comprendre quelles sont les valeurs des Québécois, pour créer un projet de société vraiment rassembleur.

Les Québécois sont pour le développement durable. Cela signifie qu’un projet rassembleur doit respecter trois critères:

-Il doit être économiquement rentable (rapporter de l’argent)

-Il doit avoir une perspective sociale (création d’emplois, améliorer la qualité de vie des gens, répondre à un besoin)

-Il doit être respectueux de l’environnement (empreinte écologique minimisée, emploi rigoureux des ressources naturelles)

J’ajouterais à ces trois critères un dernier: les Québécois veulent d’un projet innovateur, mais qui aurait prouvé son efficacité. Voilà donc quelques propositions. J’expliquerai un peu d’où elles viennent, mais bon…

Que le Québec devienne le plus grand exportateur d’énergie en Amérique

Non seulement avons-nous le plus grand potentiel éolien et hydroélectrique  en Amérique du Nord, mais nous avons aussi accès à des sources d’électricité extrêmement économiques. En effet, les prix de l’électricité au Québec sont tellement bas que des gens s’en plaignent, affirmant que cela nuit à nos efforts pour favoriser l’efficacité énergétique. Cela nous a par contre attiré des entreprises extrêmement énergivores et employant des technologies avancées, comme les fabriquants d’aluminium, qui importent de la bauxite au Québec pour fabriquer de l’aluminium et l’exportent ensuite vers les États-Unis pour fabriquer des produits à partir de cet aluminium (c’est un peu dommage… mais bon).

Nous avons procédé récemment à un appel d’offres de 2 GW supplémentaires d’éolien, ce qui amènera à 3 GW de production éolienne en 2012 l’énergie produite par le vent, en plus de notre production électrique et de notre centrale nucléaire. Notre puissance en hydroélectricité et en éolien font de nous le plus grand producteur d’énergies renouvelables d’Amérique, en plus d’avoir le plus grand potentiel d’élargissement des activités.

Ajoutons à cela la possibilité de la technologie de la digestion anaérobique qui pourrait gérer encore plus d’énergie, ainsi que l’emploi de la biomasse en général, et nous pourrions produire encore plus d’électricité à partir de sources renouvelables.

Mais le grave problème, et Hydro-Québec l’a compris, est que les Québécois consomment beaucoup d’énergie en hiver, moment où la production électrique de renouvelables est basse. Cette consommation peut être diminuée si l’on améliore le design de notre isolation et en rénovant les murs des maisons plus vieilles. Si vous avez une maison vieille de plus de 20 ans, il serait facile de trouver des failles dans vos murs. Ces failles font perdre d’énormes quantités de chaleur, et fait augmenter votre facture d’électricité. Hydro-Québec aide donc maintenant à financer les rénovations d’isolation, mais la publicité à ce sujet est insuffisante. Il est possible d’effectuer d’énormes progrès en efficacité énergétique en rénovant les maisons.

Donc, je crois que l’on se dirige dans la bonne direction au niveau énergétique, grâce à notre éolien nouvellement développé, au nouveau projet de la Rupert et à l’incitation à l’efficacité énergétique. Ce qu’il faut, c’est poursuivre cet effort.

J’irais plus loin en suggérant aux Québécois de s’inspirer du modèle des coopératives de vents en France, où des communautés investissent elles-mêmes dans les chantiers de construction d’éoliennes et en tirent profit. Cela pourrait aussi contribuer à créer des sociétés d’ingénérie spécialisées dans l’éolien, un des facteurs limitants de notre développement actuel. L’implantation d’une manufacture d’éoliennes pourrait faire de nous un vendeur important en Amérique aussi, car il y a actuellement une pénurie d’éoliennes sur le marché international, et que la demande continue à augmenter.

Diminuer la dépendance au pétrole

Le PQ a raison en proposant cela, et je le pense depuis longtemps. Le Québec ne produit pas de pétrole; il l’importe par cargos. Ironiquement, le Québec est aussi un énorme consommateur de pétrole, du à une grande superficie, une petite densité de population (même dans le Sud) et parce qu’il est le centre d’Amérique du Nord pour l’arrivée de conteneurs, et donc que les camions de cargaison partent de Montréal pour aller de New York à Toronto avec leur stock, et qu’ils détruisent nos rues déjà mal faites.

Pendant ce temps, la ville de Montréal est prise d’un traffic monstre et l’étalement urbain continue à s’accentuer. C’est un peu stupide, car on prévoyait bien depuis un bout que le prix de l’essence monterait, et pourtant la couronne de Montréal s’étend maintenant à un rayon de 45 km.

Le constat est clair: pour le pétrole que l’on paie, on perd de l’argent. Cet argent quitte le Québec et ne profite pas aux Québécois.

Le PLQ a proposé de convertir 5% de la consommation d’essence en éthanol d’ici 2012. Cela pourra lancer économiquement certaines régions. Pour ce faire, il faudra utiliser de l’éthanol de maïs et étudier la faisabilité de l’éthanol cellulosique, par l’utilisation de déchets, de résidus du bois et de récoltes énergétiques (energy crops), comme le panic dressé.

La structure ferroviaire du Québec fait aussi défaut. Via Rail est l’un des seuls fournisseurs de train de transport par passager, et ses prix de 80$ pour Montréal-Québec sont simplement ridicules! Le transport par autobus est déficient et n’offre pas la qualité du transport par train.

Par contre, les pistes cyclables du Québec, chapeau! La route verte est, selon National Geographic, la plus belle piste cyclable du monde! Pas mal, non? Certains ne sont pas d’accord avec ce classement, mais disons que c’est pas mal…

À court terme, l’on verra aussi arriver des voitures à faible consommation d’essence, comme en Europe, et il y a fort à parier que plusieurs se débarasseront de leurs VUS dans un futur proche.

En gros, par la recherche en carburants alternatifs, en favorisant les modes de transport alternatifs à l’automobile, comme le vélo, en améliorant sa structure ferroviaire et les moyens de transport interurbains, le Québec pourrait réduire de beaucoup sa dépendance à une énergie qu’il ne produit pas et qu’il importe de pays éloignés.

Après 3 ans… Ce serait temps!

Ça fait maintenant 3 ans que Omar Khadr, un citoyen canadien accusé de terrorisme, est enfermé à la base militaire de Guantanamo, une prison dénoncée fortement par Amnesty International pour pratiquer la torture et parce qu’elle emprisonne des personnes qui n’ont pas besoin de connaître les motifs de leur accusation.

Le gouvernement au pouvoir se défend de son inaction en rappelant que les Libéraux n’ont rien fait, et que la personne en question est un présumé terroriste (en chambre, certains conservateurs omettent même le mot “présumé”).

Je ne sais pas, mais on n’est pas de retour au droit français au Canada. Notre système de valeurs affirme que l’on est innocent jusqu’à preuve du contraire, et qu’il faut d’abord prouver la culpabilité avant d’émettre de telles accusations. De plus, M. Khadr était mineur au moment du crime dont il est accusé.

Après 3 ans dans une cellule de prison où il ne devrait pas être, ce serait temps que le gouvernement du Canada commence à mettre ses culottes. On se fiche que ce soit les Libéraux ou les conservateurs qui le fassent; le gouvernement DOIT prendre des mesures pour rappatrier Omar Khadr de cette prison, et s’il est accusé de meurtre, de le juger en conséquences.

Quand la sécurité est en jeu

La semaine dernière, Maxime Bernier a piqué une simulation non-convaincante de crise, après avoir accusé les partis de l’opposition en chambre de s’attaquer à lui personnellement, en demandant des informations sur son ex-copine, qui aurait eu des liens avec le crime organisé dans le passé.

Selon les questions demandées, l’inquiétude des partis de l’opposition était plutôt de savoir s’il y aurait pu y avoir des failles dans des domaines de la sécurité nationale. Cela n’est pas flatteur pour la dame en question, mais il doit toujours y avoir une certaine inquiétude quand un ministre des affaires étrangères est proche d’une personne qui a un lien avec quelqu’un ayant eu des contacts avec le crime organisé. Dans ce cas-là, une enquête peut être nécessaire, et c’est par question de sécurité et non pour vouloir s’immiscer dans la vie intime des politiciens. On ne demande pas si Maxime Bernier bande mou, on veut savoir s’il y a eu une faille dans la sécurité nationale.

Dans le passé, il y a eu un cas de ministre ayant eu des contacts avec le crime organisé au Québec. La fille de Marc Bellemare, ministre de la Justice, avait des contacts avec les Hell’s Angels, en 2004. Cela l’avait forcé à démissionner en 2004. L’opposition, en questionnant cette inquiétude, entrait-elle dans la vie privée familiale de M. Bellemare, ou était-elle inquiète de la sécurité nationale du Québec? Quelques mois plus tard, M. Bellemare démissionna de son poste de ministre (ce qu’il fallait faire, pour un ministre de la Justice), et son poste de député.

Je ne crois pas que l’on veuille exiger que M. Bernier démissionne de son poste pour si peu. Ce que l’on veut, c’est de la franchise, des vrais arguments, que l’on admette qu’une enquête est nécessaire pour rassurer la population sur des informations prioritaires du gouvernement. On ne veut pas que Stockwell Day nous rassure à la télé, on veut une enquête et en finir au plus vite.

Résultats partielles 2008

UPDATE: Bon… Je dois l’admettre, j’utilise Safari comme navigateur web. C’est en ouvrant IE et Firefox que j’ai remarqué que mes graphiques ne sortaient pas comme il faut. J’ai changé l’image pour la garder telle quelle, histoire qu’elle paraisse bien sur les autres navigateurs. J’ai mis des liens vers les graphiques, pour les consulter, car ils ne rentrent pas sur les autres navigateurs.

Voilà, je vais y aller circonscription par circonscription avec un graphique comparant les résultats entre les élections de 2007 et les partielles actuelles, pour montrer comment le paysage politique a changé.

Hull - Maryse Gaudreault (PLQ)

Graphique ici

Nombre de votes en 2007: 29 713

Nombre de votes en 2008: 16 426 (34.25%)

On voit dans le graphique la dégelée que l’ADQ a eue. Cinquième, après le Parti Québécois, Québec Solidaire et le Parti Vert du Québec. On remarque que le grand gagnant, au niveau de l’augmentation, est le PQ, qui a joué sur l’enjeu local de la santé en prenant un médecin renommé dans la région comme aspirant député. Oui, on s’attendait à ce que le PLQ gagne, et ce résultat est resté. La députée Maryse Gaudreault a quand même réussi à obtenir un plus haut pourcentage de votes.

Bourget - Maka Kotto (PQ)

Graphique ici

Nombre de votes en 2007: 32 435

Nombre de votes en 2008: 16 291 (34.81%)

Ici, on remarque une présence significative du PI, malgré que petite. C’était d’ailleurs le chef du pari qui se présentait dans le comté. L’ADQ connaît ici aussi une dégelée, malgré un candidat vedette comme Denis Mondor. On remarque aussi que Scott MacKay, qui a fini 3e, a obtenu plus de votes que lorsqu’il était chef du PVQ. Cela signifie qu’il y a un intérêt, une sympathie envers les idées vertes. Encore une fois, les électeurs tendent une perche énorme au PVQ; il faut que ce parti sache la saisir et réussisse à consolider cet électorat qui, à mon avis, est assez mou et pourrait rebasculer vers d’autres partis lors d’une vraie élection.

Denis, avec 9 % des votes dans le comté, est-ce que l’ADQ est encore et toujours le parti de la jeunesse?

Pointe-Aux-Trembles - Nicole Léger (PQ)

Graphique ici

Nombre de votes en 2007: 28 794

Nombre de votes en 2008: 13 572 (34.24%)

Nicole Léger est indubitablement la grande gagnante de son comté. Elle a obtenu 5-6% de plus qu’André Boisclair, à l’époque où il était chef du parti. Diane Bellemare, candidate vedette et conseillère de Mario Dumont, a fini avec la moitié du pourcentage du poteau que l’ADQ avait présenté dans le comté il y a à peine 1 an. Le PLQ, quant à eux, ont aussi connu une croissance raisonnable dans le comté. Ce que l’on peut remarquer est chez les petits partis; Québec Solidaire, qui pouvait espérer avoir plus de votes dans une partielle, a perdu beaucoup de votes. C’est un problème majeur qui montre que dans le complexe industriel, il y a un travail de communications majeur à faire.

Mario Dumont défend ses résultats

Les électeurs ont envoyé un message clair à l’ADQ: elle n’arrive pas à représenter les électeurs. Les trois comtés avaient connu un vote relativement élevé de l’ADQ en 2007 et dans tous ces comtés, l’ADQ a été amputée de la moitié de ses votes en pourcentage.

Il y a des limites à ce que l’on peut extrapoler de ces partielles, mais c’est clair que Mario Dumont devrait prendre ces résultats avec un grain de sel et se dire qu’il pourrait y avoir un problème. M. Dumont défend son parti en affirmant que plusieurs personnes n’avaient pas vu l’intérêt d’aller voter. Mais je crois que peu de gens avaient eu intérêt à aller voter pour Mélissa Dumais (PLQ) dans Pointe-aux-Trembles, par exemple, et que celle-ci a obtenu plus de votes que sa propre conseillère économique.

Ajoutez à cela les résultats des derniers sondages et vous verrez un parti qui ne remplit pas encore son mandat, selon les électeurs. Ils demandent une opposition officielle plus responsable, et si l’ADQ ne veut pas finir comme tiers parti, elle devrait commencer à mettre les efforts nécessaires pour répondre à ce message qu’elle reçoit.

Mes conclusions demeurent les mêmes qu’au dernier sondage, et ces élections le confirment: le PVQ connaît une remontée et les électeurs lui tendent une perche. Il faut qu’il la saisisse avant que les électeurs n’aillent voir ailleurs. L’ADQ, quant à elle, est victime d’une impopularité du à son manquement à réussir dans son rôle d’opposition officielle, et les deux partis en avance sont le PQ et le PLQ.

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