Pas “à la Montréal”

J’allais laisser passer l’affront du site web de Tourisme Montréal tout à l’heure, mais l’occasion était trop belle. Pour la première fois de ma vie, je vais faire une critique sur la qualité d’un site web: le site de Tourisme Montréal.

La page principale est assez bien fait, en plus du vidéo promotionnel génial. On le regarde et l’on a envie de découvrir la ville. J’adore! On sent que l’on est dans une métropole moderne, remplie d’histoires et de trucs passionnants à découvrir. On nous présente le Vieux-Montréal et son image un peu historique, suivie de la modernité du centre-ville, en mettant l’emphase sur sa vie la nuit!

Le palais des Congrès est un exemple de design Montréalais coloré et qui ressort assez bien. L'éclatement des couleurs démontre l'audace de Montréal; une audace qu'il serait sage de présenter aux touristes.

Mais sortez de la section “Montréal TV” et vous serez vite déçus. D’abord, les couleurs beiges et blanc, c’est très conservateur, pas très éclaté et ça ne correspond pas à l’image dynamique que le vidéo donnait à Montréal. Dans la section hébergement, parmi les articles favoris, l’un d’entre eux titre encore “C’est le printemps!” et traite du temps des sucres (vous connaissez beaucoup d’érablières Montréalaises?). Les onglets secondaires sont cachés sur un mince filet dans le haut de la barre, et on peut difficilement se retrouver à naviguer sur le site pour explorer différents sites. Pour une personne intéressée par ce qui se passe à Montréal, ça va assez mal. Ce n’est pas à jour et on ne s’y retrouve pas.

Par la suite, la section “gastronomie” est classée par ordre alphabétique. Il est impossible de chercher un restaurant de petits-déjeûners, ou un restaurant belge. L’onglet de recherche comprend aussi 10 pages. En gros, si vous voulez chercher un bon restaurant, vous ne le trouverez pas sur ce site-là!

Au final, le site de Tourisme Montréal a besoin d’être reconçu; ses couleurs ont besoin d’être plus attrayantes, il doit être plus facilement navigable, mieux informer sur les coins importants de Montréal (comme le Quartier des Spectacles) et pouvoir aider les touristes qui viennent passer un moment dans la ville. C’est le but du site; un paquet d’inconnus qui n’ont jamais découvert Montréal vont se servir de ce site comme vitrine pour découvrir la ville, et ils vont se perdre dans le labyrinthe virtuel que Tourisme Montréal a créé. La structure du site laisse à désirer, mais la page principale et la vidéo nous démontrent bien que les bureaux de Tourisme Montréal sont capables de faire de l’excellent travail pour promouvoir la ville.

Et le logo de “à la Montréal” est naze. C’est bien de jouer sur le romantisme de la ville, mais les nouveaux couples dynamiques du XXIe siècle ne se laisseront pas si facilement avoir par une écriture en lettres attachées et un bisou sous un *merveilleux* fond blanc-crême. Il faut un design de logo minimaliste, mais qui joue aussi sur les couleurs et qui plaît aux yeux. Les logos mélangeant trois couleurs ressortent souvent très bien, comme le fameux logo du CH.

P.S. Ajout: Je voudrais aussi mentionner que ce qui devrait être l’attraction du site, la page “Attractions touristiques”, est un sous-onglet extrêmement bien caché dans la section “Quoi faire”. Et il est, lui aussi, classé par ordre alphabétique. Si un touriste cherche “quoi faire”, il pourra toujours naviguer sur les 30 pages qui s’offrent à lui. S’il vous plaît, rendez ce site plus agréable à visiter!

Ça, c'est un logo qui a de la classe; même s'il n'a pas de texte, il a une histoire et le jeu de couleurs donne un résultat assez bien fait

Retour sur les élections à Montréal

Bon,  j’ai pris quelques jours pour absorber le choc de la réaction des Montréalais lors des dernières élections, où 62% de la population de la ville a manqué à l’appel. Malgré tout, on peut dire que la campagne électorale ne manquait pas de rebondissements, de déclarations choc et de projets intéressants à voir.

L’administration de la ville a été comparée à celle de Palerme par un quotidien Torontois (la première image que je vois en ce moment est pour l’abonnement à MacLean’s, titrant: Montreal is a CORRUPT, CRUMBLING city en rouge sur un scellé de sécurité policière). Bon, disons-le comme ça, le Globe & Mail et MacLean’s sont des anti-Québécois notoires et leur donner l’occasion de critiquer la ville en pleine campagne électorale ne les gêne pas le moins du monde. Je ne sais pas comment un journal peut faire pour critiquer une ville occidentale et son administration alors qu’elle est en campagne électorale, et ce plusieurs semaines après les scandales. Ça ne se fait pas, c’est dégueulasse, mais ça aurait du nous faire réagir. Au lieu de ça, 38% de la population Montréalaise a participé aux élections.

38%; ça satisfait le DGE, sauf que… Avec les publicités du DGE, après la suite de scandales de l’administration Tremblay, lors d’une lutte à trois extrêmement serrée dans les sondages, Montréal a à peine franchi le cap où une personne sur 3 est allée voter (en fait, le taux de vote devrait plutôt aller dans le 40%; on a comptabilisé comme le fait de ne pas voter si on ne votait pas dans les travaux de mairie d’arondissement ou autres). En gros, ce sont les prémisces d’une démocratie en deuil; une démocratie non-participative où, au final, ce sont les gens qui ont le plus d’intérêts à gagner qui l’emportent, et non ceux qui ont l’aval de la population. Avant les élections, un sondage plaçait Gérald Tremblay dernier (près de la marge d’erreur) entre les 3 candidats principaux, et il a fini par être élu.

La question qui demeure pour les électeurs est qu’en période de deuil électoral, qu’est-ce que les citoyens de Montréal peuvent faire? Espérer une intervention divine, l’arrivée du Messie dans 4 ans? Il y a mieux. Depuis longtemps, l’intervention directe auprès des élus a fonctionné. L’implication des citoyens dans la ville de Montréal a laissé sa trace, ou a placé des bâtons dans les roues des projets qui ne répondaient pas aux demandes des Montréalais du 21e siècle.

Deux exemples flagrants de projets que les Montréalais n’aiment pas: la rénovation sans imagination de l’échangeur Turcot et la transformation de la rue Notre-Dame en autoroute urbaine. Dans les deux cas, les citoyens des quartiers ont lancé des groupes de pression très solides. À cause de ces gens, la rue Notre-Dame aura d’ailleurs des voies réservées pour le transport en commun.  D’un autre côté, le BAPE a rejetté, il y a 4 jours, le projet de l’échangeur Turcot (en raison d’acquisition de propriétés – ce que dénonçait le groupe “Mobilisation Turcot”). Ces dossiers, bien montés, peuvent convaincre ou forcer les municipalités à changer leurs positions et amènent des résultats. Vous voulez participer aux décisions de votre ville? La bonne nouvelle est qu’il est de plus en plus facile de le faire et que les gens ont de plus en plus d’impact.

Un autre exemple, plus vieux maintenant; le quartier des Shops Angus. Les shops Angus, après leur fermeture, allaient être achetées par des promoteurs immobiliers qui avaient l’intention de faire des condos. L’endroit était intéressant; à proximité du métro Joliette, entre la rue St-Michel et le Jardin Botanique. C’était donc un coin accessible avec beaucoup de potentiel.

Un groupe d’étudiants en architecture et des urbanistes ont par la suite avancé l’idée que les Shops Angus devaient être un modèle de développement résidentiel urbain. On devait bâtir le quartier pour qu’il rencontre les besoins de la ville. Les élus municipaux ont été intéressés par le projet, et une OBNL (organisation à but non-lucratif) a acquis le quartier, administrée par la municipalité et le gouvernement du Québec. Le quartier des Shops Angus a eu des normes de construction particulière: normes de bâtiments rigoureuses, habitations à 3 étages (ce qui permet de densifier la population urbaine), 40% des logements réservés aux loyers abordables, espaces verts, etc. Les HLM ne sont pas “enfermés” dans un coin et sont intégrés au développement. Le fait que le quartier des Shops Angus soit aussi bien bâti est donc grâce au travail de plusieurs citoyens, qui ont fait des demandes aux élus municipaux et les ont aidés à façonner un projet crédible économiquement et socialement.

Montréal a un problème majeur de communications

Je voudrais aussi ajouter un dernier point sur la ville de Montréal: Bon Dieu, il vous faut un commissaire aux communications compétent! C’est grave! Je vais vous montrer un exemple de communications qui fonctionnent et de communications qui ne fonctionnent pas, en comparant le Quartier des Spectacles de Montréal au Moulin à Images de Québec.

Le Musée d'arts contemporains illuminé la nuit. C'est beau, n'est-ce pas?

Le Quartier des Spectacles, c’est un gros morceau de notre budget. Il est beau, nouveau, flamboyant; rien que de passer dans le centre-ville la nuit et on voit les changements. On a aussi refaçonné les rues Ste-Catherine et Jeanne-Mance pour qu’elles accueillent mieux les Festivals de Jazz et les Francofolies en été (deux de nos 3 plus gros festivals). Facture: 150 millions. Et ça en vaut la peine! Mais regardez le coup de publicité que Tourisme Montréal fait avec ça. Pas de discrimination; on investit 150 millions dans un projet, mais on ne lui donnera pas un espace réservé sur le serveur de l’office du tourisme. On va lui laisser une présentation sobre, sans photo, sans itinéraire, avec un petit paragraphe pour expliquer c’est quoi. Le site de tourisme Montréal, la vitrine touristique de la ville, n’a rien sur ce qui devrait être le plus important élément de Montréal cette année! J’ai vu des annonces de suppositoires mieux présentées que cela.

Au moins, le site du Quartier des Spectacles lui-même, a le don d’être bien fait. On lui donne directement une ambiance de Nightlife, les événements sont bien marqués et à jour. Chaque fin de semaine, on a une liste d’événements qui se passent au centre-ville de Montréal. Ça, c’est beau! Selon moi, il manque de vidéos sur la première page, mais le site est très bien fait. On a compris que quand on investit 150 millions dans un projet, on peut placer quelques dollars dans l’interface graphique du site web. Mais s’il vous plaît, remettez Tourisme Montréal sur la bonne route. C’est le site qui a pour but d’attirer les touristes ici.

Je vais comparer le Quartier des Spectacles au Moulin à Images, d’Ex-Machina et de Robert Lepage. D’abord, le Moulin à Images a eu plus d’attention médiatique que le Quartier des Spectacles. C’est un peu étonnant. L’événement est extrêmement beau, mais le synopsis est totalement différent; à Montréal, on reconstruit le centre-ville, on fait des jeux de lumières pour actualiser la ville au XXIe siècle, on retravaille l’aménagement des rues pour rendre les shows en public plus accessibles et plus intéressant. Et par-dessus tout: on n’en parle pas. À Québec, on fait une entente avec des artistes, on projette des dessins sur des silos à grain abandonnés et on cartonne! Il faut admettre que le résultat est beau, mais on doit beaucoup au fait que la ville et les gens de Québec ont mis leur projet de l’avant. Regardez le site officiel de Tourisme Québec sur le Moulin à Images et comparez-le à celui de Tourisme Montréal. C,est le jour et la nuit!  Le Moulin à Images a aussi son propre site, super bien bâti.

C’est ça que l’on voit en ce moment à Montréal. On a des projets, on les met de l’avant, on invesit de grosses sommes et on chiâle sur l’investissement, au lieu d’en profiter et de s’en servir. Montréal a de beaux projets à offrir et ils ne sont pas mis de l’avant adéquatement, ni par la municipalité, ni par l’office du tourisme. De son côté, le maire Labeaume et la ville de Québec cartonne avec ses événements de qualité. Québec est dynamique et Montréal coule son navirre en ce moment. C’est le temps pour que les citoyens démontrent qu’ils aiment leur ville, qu’ils aiment Montréal. Que l’on mette l’emphase sur nos accomplissements et que la ville en fasse de même. On a une belle ville, il s’y passe de grandes choses, et il serait temps de les reconnaître.

One drop… In a bottle!

Aujourd’hui a été le dévoilement de l’événement de la fondation One Drop et du Cirque du Soleil. L’événement international se voulait un hommage poétique à l’eau, afin de souligner son importance dans la création de la vie. Je me suis dit que ce serait une belle occasion pour se rappeler de la situation de l’eau dans le monde.

Plusieurs personnes n’ont pas encore accès à de l’eau potable, propre à la consommation humaine. Les catastrophes naturelles sont aussi des situations où les bassins hydrographiques, subissant de grands stress, peuvent devenir contaminés. Un système d’égoûts, ça ne filtre pas de l’eau après le passage d’un ouragan.

Je vais donc vous présenter le “Lifesaver Bottle“, une bouteille micro-filtrante capable de traiter, au cour de sa vie, 6000 litres d’eau. L’intérieur peut ensuite être remplacé. En assumant, comme l’EPA, qu’un humain a besoin de 2 litres d’eau potable par jour pour boire, cela signifie que la bouteille dure 8 ans avant que l’on ait besoin de remplacer sa membrane filtrante. La bouteille est aussi disponible dans d’autres formats: en paquet pour les services militaires, ou en bidon pour les plus grandes opérations. Ce système de filtration est suffisament avancé pour stériliser l’eau de virus et de bactéries.

De l’acier biologique

Depuis bientôt 3 ans, les laboratoires intéressés à étudier la soie d’araignée et les nouveaux matériaux ont accès, à travers le monde, à BioSteel, un produit issu du biomimétisme qui imite la toile d’araignée. La matière première qui forme le BioSteel est en fait les protéines contenues dans le lait de chèvres transgéniques. J’ai déjà mentionné que sur une base de masse et de volume, la soie d’araignée était plus robuste que le kevlar (et beaucoup plus que l’acier). Ses applications actuelles sont encore en laboratoire et servent à déterminer ses caractéristiques, mais l’on peut espérer éventuellement que ce coûteux matériaux difficile à reproduire pourra aider dans les domaines médicaux et possiblement dans l’industrie militaire.

La compagnie Nexia offre maintenant son fameux BioSteel, très similaire à une soie d’araignée (l’araignée sécrète différents composés chimiques pour faire différentes parties de la toile – la “soie” d’araignée est donc une partie de la toile, et non le matériau qui la compose). Cette idée vient d’un ancien chercheur de McGill, qui a injecté une partie du code génétique d’araignée dans le génôme de chèvres.

Pour obtenir quelques informations sur le BioSteel, vous pouvez aller sur le site de Nexia.

La révolution verte!

Contrairement à la croyance populaire, la révolution verte (traduction de la “Green Revolution”, qui se traduirait mieux par la “révolution des grains”) n’est pas un mouvement environnemental. Bien au contraire, plusieurs groupes ont décrié les impacts négatifs de cette révolution sur les écosystèmes.

La révolution verte a commencé surtout dans les années ‘60 et concerne plutôt l’arrivée de l’agriculture moderne. Plusieurs affirment que nous sommes encore dans l’époque de la révolution verte. Afin de vous donner un impact de l’ampleur de cette révolution sur l’agriculture, il a fallu mille ans pour réussir à passer d’un rendement de 0.5 à 2 tonnes de blé par hectare de culture en Angleterre; de 1960 à 2000, le rendement est passé de 2 tonnes/hectare à 6 tonnes par hectare. La révolution verte ne s’est pas limitée qu’aux pays développés; elle a d’ailleurs commencé dans les pays d’Amérique du Sud et de l’Est asiatique. C’est à cause de cette révolution si nous sommes capables, avec une “petite” surface agricole, de nourir 6 milliards de personne et que si peu de gens souffrent de malnutrition.

La révolution verte est arrivée avec l’apparition des cultures sélectives, principalement dans des travaux de recherche au Mexique. On essayait, via ces recherches, de croiser des plantes à plus haut rendement. Pour le cas du blé, par exemple, on sélectionnait des plants qui poussaient moins haut et avaient une base plus solides, afin que la plante dépense la majorité de son énergie à faire des grains. Ces innovations concernaient surtout les céréales (le maïs, le blé, le riz, le sorghum et le millet), mais ont aussi affecté d’autres plantes, comme les pois et les fèves ainsi que d’autres légumes.

La révolution verte a permis d’approfondir la responsabilité des agronomes et des ingénieurs agricoles (maintenant devenus ingénieurs en bioressources ou ingénieurs agroenvironnementaux), car ces hausses de rendement sont dues aux nouvelles cultures, mais aussi à d’autres conditions qui ont garanti de meilleures conditions pour les plantes: l’irrigation, l’arrivée des fertilisants à base de combustibles fossiles et la mécanisation.

En conséquence, cette révolution a permis de diminuer le prix moyen de la nourriture (on estime que sans ces percées au niveau de la biologie, des plantes et de l’ingénierie, le prix de la nourriture serait de 35 à 66% plus élevé), à éliminer presque entièrement les famines dans le monde et à augmenter l’apport calorique alimentaire de 30% en moyenne dans les pays du Tiers-Monde. Grâce à cela, l’Inde et la Chine sont devenus des exportateurs net de riz, malgré des populations dépassant le milliard de personnes.

Malgré tout, la révolution verte a aussi eu de grandes conséquences. La dégradation de l’environnement, par l’emploi de pesticides et de fertilisants polluants, est l’une d’entre elles. De plus, les besoins en irrigation ont causé des inégalités entre les régions plus humides ou avec des systèmes d’irrigation et les régions plus pauvres et sèches. Maintenant, le développement agricole tente de diminuer cette différence entre les agriculteurs des régions humides et des régions sèches (l’Afrique sub-saharienne n’a, à ce jour, pas encore été capable d’employer les technologies issues de la révolution verte de façon très développée). On a aussi remarqué qu’il a fallu plus de temps aux petits agriculteurs pour se convertir à la technologie, créant des disparités entre les gros producteurs et les plus petits. Mais malgré tout, cette révolution est la raison pour laquelle moins de gens souffrent de malnutrition, et en soit, c’est un grand accomplissement.

Je voudrais terminer en vous parlant de l’homme qui a nourri le plus grand nombre de personnes sur Terre (et probablement qui a sauvé le plus de vies dans le monde, par le fait même): Norman Borlaug. Cet agronome Américain, prix Nobel de la Paix en 1970, a effectué des recherches au Mexique, en Chine et en Inde, contribuant à l’autonomie alimentaire de ces pays. Ironiquement, le Mexique a été le plus réticent de ces trois pays à appliquer les recherches de Norman Borlaug; maintenant, la Chine et l’Inde sont des exportateurs nets de riz et le Mexique en importe.

Norman Borlaug

Norman Borlaug - Veuillez noter que bien que la photo ne le montre pas, l'honorable docteur a maintenant atteint 90 ans.

La raison pour laquelle nous mangeons plus, dans les pays développés et en développement, et que nous ne craignons plus la famine est du aux travaux d’agronomes comme Norman Borlaug. Malgré une population ayant plus que doublé de 1960 à 2009, malgré une surface agricole n’ayant pas beaucoup augmenté d’une année à l’autre, malgré l’augmentation de la disparité entre les riches et les pauvres ainsi qu’entre les pays riches et les pays pauvres, les gens ont une diète avec un plus grand apport calorique qu’auparavant (et de beaucoup!). La richesse du Nord a entraîné un effet de suralimentation et de sous-exercice, mais ça, c’est une autre question.

Il reste qu’il nous faudra un autre prodige de l’innovation au cour des années à venir si nous voulons nourir 9 milliards de personnes d’ici 2050 et beaucoup d’autres Borlaug qui remporteront des Nobel. L’agriculture ne bénéficie plus du support aveugle des fondations Ford et Rockefeller, le nombre d’agriculteurs en constante décroissance dans les pays développés demande l’emploi de plus en plus de machinerie agricole et les hausses de rendements se font dans le 1.5% par année, au lieu du 3% par année auquel nous étions habitués de 1960 à 1980. Norman Borlaug croit que la voie de l’avenir se trouve dans le génie génétique et les cultures OGM. Je n’aime pas trop cette idée, personnellement (déjà que l’on utilise trop d’engrais chimiques, ajouter des cultures avec des gênes modifiés ne m’enchante pas). Mais il est clair que l’agronomie et l’avenir de l’agriculture doivent trouver des manières de s’adapter pour réussir à rencontrer les besoins de l’avenir.

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